ZIMMER : “J’ESSAIE DE CRÉER LA B.O DES IMAGES QUE J’AI EN TÊTE”


Photos de Julio Bandit
 
Baptiste alias Zimmer, 27 ans, débarque cet été avec son nouvel EP Coming Of Age. Pourtant l’ancien designer originaire d’Annecy n’a rien d’un débutant.
Depuis 2005, cet autodidacte mixe, compose, voyage, imagine. Coming of Age c’est un peu la bande originale de sa vie, de la deep house bien planante, des sonorités au goût d’escapades. Et c’est exquis à déguster cet été sur un transat, mojito en main, la mer au loin.
 
Paulette : Ça fait 10 ans que tu es DJ, 5 ans que tu produis ta propre musique. Comment tu en es arrivé là ?
Un peu par hasard, je n’ai jamais pensé en faire mon métier un jour ! J’ai fait du piano étant petit, et ado j’avais envie d’un truc un peu plus sexy alors je me suis mis à mixer. J’ai toujours fait ça en parallèle de mes études, de mon travail -j’étais designer pour des applis destinées aux DJ, donc déjà un peu dans le domaine- jusqu’au jour où c’est devenu un job à plein temps. J’ai appris tout seul, c’était vraiment du Do It Yourself de A à Z !
 
Pourquoi Zimmer, ça veut dire quoi ?
Il faut vraiment que je trouve une bonne histoire à raconter (rires) ! Je trouvais que ça sonnait bien et puis j’ai des racines alsaciennes, donc c’est un petit hommage. En allemand, “zimmer” est un mot hyper utilisé, ça veut dire “chambre”.
 
Tu es franco-américain, tu te considères plus français, ou américain justement ?
Plutôt français, j’ai habité 4 ans aux États-Unis quand j’étais petit mais ma nationalité est française, même si je retourne souvent outre atlantique. Avec mes parents, on était plus en observation de la culture américaine, que dedans. C’était intéressant comme posture et ça m’a beaucoup influencé.


 
Tu es parti plusieurs fois en tournée outre atlantique justement, les publics sont-ils différents ? Tu confirmes les stéréotypes comme quoi les parisiens sont un peu plus compliqués ?
Complètement. Le public français est plus exigeant, il faut que ce soit pointu alors que les américains sont plus enthousiastes. Tu veux jouer un classique, Intro d’Alan Braxe & Fred Falke par exemple, aux États-Unis les gens deviennent fous ! À Paris, les gens se disent “Ouais, c’est bon, on l’a déjà entendue celle-là, joue-nous un truc moderne” (rires). Mais ce n’est pas plus mal, ça te pousse à te renouveler et pour moi c’est positif.
 
Coming Of Age, ça veut dire que tu te sens plus mature, c’est pour ça que tu as mis 4 ans à sortir cet EP ?
Oui je pense. Le titre c’est à la fois une référence à ça et surtout un clin d’œil au film américain “Coming of age”, un film d’ado qui parle de la transition vers l’âge adulte. Ça m’amusait d’imaginer ça comme une BO. Et c’est vrai que concernant mon parcours de producteur, je me sentais enfin prêt pour un format un peu plus long.
 
Et l’album c’est pour bientôt ?
J’aimerais bien, forcément ça m’a donné envie, j’ai repris goût à écrire mes propres morceaux. J’ai un peu fait ma mue ces 2 dernières années à passer de DJ/producteur à quasi songwriter. Et d’ici un an et demi, deux ans, j’aimerais bien sortir l’album.
 
Tu fais tout de A à Z ? Comment s’est passé la construction de l’EP ?
Tous les morceaux de l’EP, je les ai composés. Après se rajoutent les voix des chanteuses, Emilie Adams et Polina. Ce sont des filles que j’ai dénichées sur Soundcloud, dont j’aimais beaucoup le travail.
 
Les sonorités font penser aux voyages : Lost In Translation au Japon pour We Are Infinite, échappée au cœur des Fjords pour Escape… Tu  t’inspires de ton expérience personnelle quand tu composes ?
Je pense que c’est une influence indirecte de tout ce que j’ai vu. Même si je n’y réfléchis pas trop, le fait d’avoir beaucoup voyagé m’inspire, et puis tout cet univers franco-américain aussi. Ça m’a tellement marqué que j’essaye toujours de faire la bande-son des images que j’ai en tête. C’est mon subconscient qui parle !


 
Tu as été influencé par certains artistes ?
Je n’aime pas trop raisonner en terme d’influence, je fais mon chemin. Évidemment j’écoute plein de choses, par exemple la vague Nu-disco 2009-2010 à l’époque : Aeroplane, Todd Terje, Moullinex… Et puis toute la French Touch, c’est ça qui m’a fait découvrir la musique électronique, les Cassius, Étienne de Crécy, Daft Punk, Alan Braxe, Fred Falke….
 
Si on te disait : Le son de l’été 2015 ? Le genre de morceau que tu écouterais demain au bord du lac à Annecy ?
Un remix de Time de Jungle par mon pote Darius. Vous verrez, c’est incroyable. Sinon en ce moment j’adore Leon On de Major Lazer & DJ Snake, il est fou ! Et puis comme j’ai remixé Mø l’année dernière, je suis content de voir que la petite danoise monte tout en haut des charts.  
 
Tu as fait les Solidays en juin, il y a un autre festival qui te fait rêver ?
Calvi, ça fait 3 ans de suite que j’y joue, on peut dire que j’ai réalisé mon rêve. C’est la meilleure semaine de l’année pour moi ! Si je peux y rejouer l’année prochaine je serai très content. Et puis Coachella aussi, quand même…
 
Et une scène en particulier qui te branches ?
Le Trianon à Paris. Quand tu y joues c’est un peu la consécration dans la capitale, et c’est à 500 mètres de chez moi ! C’est une des plus belles scènes et j’adore jouer à Paris plus que n’importe où ailleurs. C’est le meilleur public, quand on est vraiment bon on te le rend, et vraiment bien. Ça te pousse à te surpasser ! Et puis j’aime quand mes amis sont avec moi, la musique c’est avant tout du partage. J’essaie de pousser mes parents à venir me voir à une heure raisonnable (rires).

 
Le meilleur souvenir en tournée ? Et le pire ?
Une soirée à Beyrouth en juin, dans un endroit incroyable. C’était un ancien club de plage des années 50 construit sur les falaises, ambiance et dancefloor disco avec les avions qui passaient à côté, magique !
Un des pires, à Kansas City, un lundi soir. Forcément il n’y avait personne et en plus le promoteur avait oublié de venir me chercher ! Une heure après le début de mon set, j’étais devant un film.
 
Tu es arrivé dans le label Roche Musique l’année dernière. C’est une histoire de potes avant tout ?
Complètement. Je suis arrivé à Paris en 2010, et Jean (alias Cézaire) est une des premières personnes du monde de la musique que j’ai rencontrée. Il blogguait sur Boule à Facettes, un gros blog musique qui m’a énormément influencé dans tout ce que j’ai écouté. Et très vite, j’ai rencontré tous les autres, Kartell, Cherokee, Darius… Et puis on ne s’est jamais perdu de vue. Avant j’étais chez Disco Texas, un petit label portugais très cool, mais j’avais envie de vrai, simplement de voir les gens avec qui je travaillais.
 
Un EP qui fait pas mal de bruit, c’est quoi la prochaine étape ?
La suite très immédiate, c’est que je pars en tournée pour partager Coming Of Age au plus grand nombre. J’ai 35 dates en 4 mois, un peu partout dans le monde.

ZIMMER :: COMING OUT OF AGE (EP)
Roche Musique
A retrouver sur Itunes.
 
Concerts :
Le 31/07 :  Concorde Atlantique, Paris
Pour l’ensemble de son tour date, rendez-vous sur sa page Facebook.
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