YASMINE HAMDAN, ENTRE MOYEN-ORIENT ET OCCIDENT


Icône de la scène underground libanaise et connue pour avoir formé le duo Y.A.S avec Mirwais il y a 3 ans, l’auteur compositeur et interprète Yasmine Hamdan revient en solo avec un album éponyme. Produit par Marc Collin (Nouvelle vague), l’album revisite et s’inspire de morceaux orientaux des années 50 et 60, le tout avec des mélodies contemporaines très pop.

Paulette : Soapkills, Y.A.S… Tu as eu différents projets musicaux, aujourd’hui, tu utilises ton nom. Pourquoi avoir fait un tel choix pour ce nouvel album ?
Yasmine : Cet album, c’est un projet que j’ai tout particulièrement planifié, drivé du début à la fin. C’est un projet beaucoup plus personnel que les autres projets que j’avais eus jusqu’à présent. Dans Y.A.S, c’était plus un duo, les parties étaient vraiment séparées, j’avais la partie composition. Pour cet album, j’ai plus travaillé, peaufiné les chansons, je les ai minutieusement choisies l’une par rapport à l’autre.
 
Pourquoi avoir choisi de revisiter des classiques orientaux ?
J’ai toujours fait ça ! J’ai d’abord démarré dans la musique en chantant en anglais, puis dès que je me suis mise à chanter en arabe, j’ai chanté une chanson d’Asmahan, une diva syro-libanaise qui chantait en égyptien. Elle m’a ouvert la porte vers les vieilles chansons arabes. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à collectionner les musiques et que j’ai commencé à avoir envie de chanter en arabe. J’ai eu envie de créer un projet alternatif en langue arabe. Dans cet album, il y a à la fois des compos, des reprises et des vieux poèmes sur des mélodies que j’ai composées.


 

Cela demande un travail de recherches en amont…
Complètement ! Cette partie de recherches je la fais tout le temps. Je n’arrête jamais, comme je collectionne des vieux trucs, j’échange des choses avec des amis. C’est un travail qui me nourrit et j’ai vraiment un besoin de faire ça. Après tout dépend des projets, dans Y.A.S, j’ai fait aussi énormément de recherches, mais c’était différent. Je me réappropriais des références socio-politiques.
 
« Chaque dialecte arabe a sa propre musicalité »

Tu chantes dans de nombreux dialectes arabes. As-tu dû les apprendre ?
Non, c’est naturel. J’ai habité dans les pays du Golf donc j’ai grandi sur la musique. Je suis libanaise, j’allais régulièrement en Egypte et je vis avec un palestinien. Après c’est assez facile à apprendre, car tous ces dialectes se ressemblent. Même si chaque dialecte a sa propre musicalité, le libanais est plus lyrique, l’égyptien est très fluide et crée une atmosphère très nostalgique.
 
Cela ressemble un peu à un parcours géographique…
Je ne l’ai pas pensé comme ça. J’utilise les différents dialectes pour dessiner différents reliefs, c’est parce que ça créé différentes ambiances, différents rythmes. C’est ma propre géographie. Je viens d’une région, d’un pays assez compliqués, il n’y a rien de linéaire. L’histoire du pays est très fragmentée. Quand j’ai commencé la musique dans les années 90 au Liban, cela m’a réconcilié avec la culture arabe. Cela m’a permis de tracer des points de repères, des points géographiques. C’est aussi pour cela que c’est naturel pour moi de chanter ces chansons là, dans ces dialectes là.


 

Comment te définis-tu musicalement ? Tu as touché à énormément de choses, électro, pop…
Je n’ai pas de style particulier. J’aime expérimenter des choses en arabe, j’ai une matière née. En fonction des collaborations, en fonction de l’ouverture et du talent, une chanson naît, mais ce n’est pas prémédité. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes touchent à plusieurs styles. J’aime beaucoup naviguer d’un style à l’autre, j’aime recycler mes envies et avoir toujours du désir, né d’une rencontre, provoqué par une envie.

« Je ne me sens chez moi que dans mon appartement »

Tu es arrivée à Paris en 2002. Te sens-tu parisienne ?
Oui ! C’est ici que j’ai mes amis et que je me sens libre. C’est une ville qui m’inspire beaucoup. Mais quand il ne fait pas beau, je ne suis pas contente ! C’est devenu chez moi mais je voyage beaucoup. C’est important pour moi de ne pas être au même endroit tout le temps. Mon appart, c’est chez moi.
 
Et donc quel rapport entretiens-tu avec ton pays d’origine le Liban après avoir été une des figures majeures de l’underground libanais ?
Ce n’est pas parce que j’habite aujourd’hui à Paris, mais j’ai avec le Liban un rapport que je ne comprends pas, que je n’arrive pas à cerner. Je suis beaucoup plus distante qu’avant. J’ai un pied dedans, un pied dehors, je n’ai aujourd’hui plus les mêmes attaches, je ne peux pas dire que c’est chez moi là-bas. Pourtant, j’aime toujours y aller, c’est un peu comme un cordon ombilical.
 
 
YASMINE HAMDAN :: YASMINE HAMDAN
Kwaidan Records / Idol
Sortie le 21 mai 2012
 
 
Concert :
11/09 : Café de la danse, Paris

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