XY, LE PREMIER MÉDIA TRANSFÉMINISTE FRANÇAIS

Six jeunes femmes trans décident de se jeter dans le grand bain des médias. Qui de mieux que les personnes concernées pour parler de la cause transféministe, de son actu, de son histoire ? Militantes, travailleuses de l’audiovisuel ou du milieu associatif, elles ne sont pas journalistes mais engagées. XY nait d’un besoin criant de nouvelles représentation transféministes dans les médias (et dans l’immédiat) et également d’une volonté d’y apporter un regard sincère. Une plateforme inclusive et féministe, drôlement bien documentée et à suivre de toute urgence.

Ce collectif de meufs trans produit des vidéos explicatives et des témoignages sur des thématiques bien précises (les arguments trans dans le socialisme, la non-binarité…). L’objectif est de riposter face aux innombrables représentations caricaturées et/ou faussées dans les médias traditionnels actuels. Si vous n’êtes pas familier·e avec les termes d’intersectionnalité ou encore de transféminisme, XY est là pour vous éclairer. Pour créer du contenu plus long et durer sur le long terme, elles lancent une campagne de crowfunding.

« On veut des putains de droits »

C’est ce que l’on peut lire sur l’un des panneaux d’un·e manifestant·e lors des 5 ans contre la loi Prostitution en France. Le reportage le plus récent mis en ligne sur la chaîne YouTube de XY média donne la parole aux militant·e·s. Précarisation et mise en danger des travailleur·euses du sexe (dont nous parlons ici beaucoup plus en détails), ce sont des témoignages filmés et poignants pris sur le terrain lors d’un évènement trop peu médiatisé. D’ailleurs, valoriser les personnes invisibilisé·e·s est l’un des enjeux premiers de XY.

Visible ou invisible ?

Vénus, transféministe et co-créatrice du média, explique dans une vidéo être « piégé·e dans un imaginaire selon lequel nous sommes des femmes à bite gigantesque dont la seule fonction reviendrait à souiller les hommes ». Les personnes trans seraient en fait sur-représenté·e·s dans l’industrie du porno et utilisé·e·s comme « victimes pathétique » ou « agresseur·euses psychopathes » dans les films. Par ailleurs, lorsque les personnes trans – telles que les créatrices de XY le font – s’expriment et souhaitent s’émanciper des discours arriérés et tronqués, elles subissent du harcèlement. L’exposition donnée dans les médias rend finalement plus vulnérables les personnes trans. Ainsi, il est temps d’agir et de continuer à construire une nouvelle image publique à cette communauté.

« La visibilité c’est à double tranchant. Être visible sans aucun pouvoir, c’est une mise en danger pour nous », Sofia, co-créatrice de XY.

Mais finalement, transféminisme et intersectionnalité, qu’est-ce que ça veut dire ?

En fait, une minorité du mouvement féministe avait, initialement et brutalement, exclu les femmes trans de la lutte féministe. Aujourd’hui, le transféminisme inclut ces femmes et est également ouvert à d’autres. Selon la militante et érudite Emi Koyama, « le transféminisme s’ouvre aussi aux queers, personnes intersexes, hommes trans, femmes et hommes non trans ». Également, « aux sympathisants étant au fait des besoins des femmes trans, et qui considèrent leur alliance avec les femmes trans, essentielle pour leur propre libération ».

C’est un féminisme inclusif informé sur l’ensemble des droits et politiques trans. D’ailleurs, des chiffres malheureux concernant les féminicides et plus particulièrement les meurtres transphobes révèlent un racisme toujours présent. En effet, aujourd’hui, « 79 % des personnes trans assassinées aux États-Unis étaient non blanches », affirme Vénus dans une vidéo sur les violences transmisogynes. Cela met en valeur une autre problématique : la pluralité des discriminations envers une seule et même personne. C’est ce qui est appelé, l’intersectionnalité. Parmi les multiples facettes de ce concept, il y a par exemple, l’afro-féminisme. XY en a fait une superbe vidéo témoignage qui prête à la réflexion et qu’on vous encourage fortement à regarder.

Si les questions autour du transféminisme vous intéressent, vous concernent ou vous touchent par n’importe quel biais, n’hésitez pas à soutenir ce nouveau média en faisant des dons sur leur campagne Kisskissbankbank. Lancée depuis moins de dix jours, la campagne a déjà dépassé le troisième pallier (équivalent à 36 000 €). Ainsi, les membres de l’équipe de XY pourront également se rémunérer pour leur travail. Les projets futurs seront des reportages, moyens et longs-métrages sur le transféminisme. Longue vie à XY média !

À retrouver sur Youtube, Instagram et Twitter

Article de Margot Hinry

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