UNISON, LA NOUVELLE SENSATION WITCH HOUSE

Photos, Antoine Chesnais pour Paulette

Mélanie et Julien se sont rencontrés il y a trois ans sur internet et depuis, ils ne se lâchent plus. Rencontre à La Chapelle avec un couple "à l’unison".

Paulette : Vous êtes rencontrés sur internet c’est bien ça ? Pas sur Meetic rassurez-moi ?
Mélanie : Oui c’est ça. Sur le site Audiofanzine, le Meetic des musiciens. À l’époque, on habitait en province, on ne se connaissait pas. Je cherchais un nouveau projet, je suis tombée sur Julien. On s’est rencontrés, il m’a fait écouter ses trucs et tout de suite je me suis dit : "Waouh le truc énorme !" Je trouvais ça hyper nouveau, je voulais absolument en être. Et puis a bien accroché…
Julien : Tellement bien accroché que du coup, on est devenus un vrai couple ! Je portais le projet depuis des années, j’avais pas mal d’ébauches en stock mais c’est vrai que depuis qu’on est ensemble, le son a beaucoup évolué.

Quel a été votre premier contact avec la scène Witch House ?
Julien : Notre premier contact a été la découverte de Salem sur Myspace, en 2007. Ensuite on s’est fait embrigader par les acteurs du mouvement sans avoir rien demandé. White Ring a été la première à venir nous voir à l’époque où l’on était signés sur un petit label US. Puis Ritualz et les autres se sont enchaînés comme Telepathe, les Creep qui sont une bande de copines… Tout ça par internet essentiellement. On forme une famille !


 Ce qui est marrant c’est que Salem, censés être les pionniers, récusent ce mouvement…
Julien : Tout à fait. Ils considèrent qu’ils n’en font pas partie alors même que le mouvement est composé pour moitié de gens qui essaient de faire le même son qu’eux ! C’est un peu comme à l’époque où l’on confondait Square Pusher et Aphex Twin, au point que certains croyaient que c’était le même mec qui se cachait derrière. C’est un peu similaire à ce qui se passe entre nous et Salem… Et puis il va sans dire que beaucoup de gens les imitent pour faire partie du buzz. Le truc était plus intéressant au début.

Chaque mouvement musical revendique une attitude, une façon de vivre qui lui est propre, je pense au punk par exemple. Quelles seraient celles de  votre tribu ?
Julien : C’est assez similaire au punk en fait, avec un esprit réfractaire à l’origine puis récupéré par les gens de la mode…

"ON N’AIME PAS TROP LES POSEURS"

Le son de Salem a en effet été récupéré pour un défilé Givenchy l’année dernière
… Mais vous, quels sont vos centres d’intérêt ?
Julien : Nous ne sommes pas forcément attirés par la mode dans notre quotidien, ça ne compte pas dans notre démarche. Peut-être plus Mélanie parce que c’est une fille ! (Rires.)
Mélanie : Nous, on n’aime pas trop les "poseurs", les gens superficiels… Ce qui nous nourrit, c’est notre couple, notre relation, notre passé, la mélancolie…
Julien : On fait de la musique avec nos tripes, pas pour faire danser les gens dans des soirées fluos ou les faire oublier leur boulot. C’est pas notre truc.

Parlons de l’album, sorti le 12 septembre dernier. Que pouvez-vous nous dire sur les titres, assez noirs non ?

Mélanie : Certains morceaux ont une valeur très sentimentale, notamment les premiers comme "Outside" ou "Brothers and Sisters", ceux sont eux qui ont tout déclenché. Pour moi ils sont très particuliers. Surtout quand je les chante sur scène.
Julien : Tout s’articule assez naturellement tant du point de vue des thèmes que de la musique. Ça faisait longtemps que je cherchais à marier certains côtés de la musique électronique avec certains côtés de la musique rock. Je pense notamment au mouvement shoegaze, de l’électro un peu barré à la Aphex Twin… J’ai réussi à faire ce que je voulais avec ça. Et puis la voix de Mélanie a orienté pas mal de choses, normal c’est ma muse !

Mélanie, j’imagine que ta voix n’était pas comme ça à l’origine…
Mélanie : Je n’aurais jamais pensé que je pouvais chanter comme ça ! J’ai toujours été dans des groupes où je devais chanter un peu en force. La première fois, Julien m’a dit : "Chante comme si t’étais morte !" (Rires.) Et c’est comme ça que je me suis découvert une voix que je ne connaissais pas. Parfois, je ne me reconnais pas moi-même !


 

"Chante comme si t’étais morte" ! Pourtant vous avez l’air tout roses, tout heureux tous les deux. Pourquoi cette fascination pour le morbide ?
Julien : Contrairement à toute cette scène qui ne parle que de gothique, de croix à l’envers, de satanisme, nous, on aime bien aussi la lumière, la puissance, tout ce qui remonte un peu le moral. On joue sur les contraires avec le noir, la mort, la mélancolie.

Pas de sacrifices d’animaux alors ?
Julien : Pas du tout. En plus on est végétariens ! (Rires.) On est pas du tout gothiques, nous ce qui nous caractérise c’est notre mélancolie. C’est un peu "Seuls contre tous", même sur internet on s’est frité avec pas mal de gens. On parle de ça dans nos paroles.

Unison c’est quoi alors ?
Julien : Unison reflète notre couple. L’idée c’est aussi de prôner l’amour entre les personnes. 

 

  UNISON
Lentonia records/module

Disponible depuis le 18 septembre  

Concerts 

19/11 : Rennes

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