UNE DÉCENNIE, UN CERCLE D’AMI.ES ?

Je crois que c’est ce qui m’a percuté la tête, ce matin, quand j’ai regardé ce que je considérais comme un portrait de famille il y a quelques années. Une bande de copains.copines, tous sourires, qui pensaient vieillir ensemble. Et pourtant, cinq étés plus tard, cette osmose n’est plus. Beaucoup ont changé, évolué et grandi de leur côté. Et comme mes 30 bougies approchent, je m’interroge : chaque décennie semble rythmée par de nouvelles rencontres, des ruptures, des bonnes surprises et des déceptions.

Et si c'était vrai.

Il me reste des copines, certes, connues dans les bacs à sable et auxquelles j’échangeais des bracelets BFF Forever au collège… Je ne vais pas le nier. Seulement, hors famille, les liens tissés à l’école, au travail ou en vacances n’ont cessé d’évoluer. Certaines amitiés se sont dispersées, de par nos changements de vie ou choix professionnels. Pendant que d’autres se sont renforcées. En bref, on ne choisit pas sa famille mais on choisit ses amis : cette phrase est bel et bien la raison de nos nouvelles rencontres et ruptures passées.

Amitié : "Sentiment d'affection entre deux personnes. Attachement et sympathie que l'on témoigne à quelqu'un d'autre"

Je crois en l’idée que l’amitié est indispensable au bon équilibre d’une vie. On a besoin d’être entouré.e pour évoluer en société et s’épanouir. Seulement, je remarque que papa avait raison : tes 1000 ami.es du collège, tu ne les compteras que sur une main à 30 ans. Preuve en est, les tumultes de la vie ont changé mes relations moult fois et de temps en temps à mes dépens. Déménagements, disputes, ruptures amoureuses et désaccords ont souvent séparé de bons amis. Existe aussi la réalité selon laquelle on prend des chemins différents, des modes de vie et de pensée qui ne se plus compatibles. Et la distance s’installe, même si ce.cette BFF que tu voyais quatre fois par semaine il y a trois ans vit toujours à quelques minutes de chez toi.

Robert Waldinger, psychiatre à Harvard et directeur de la Grant Study, l’affirmait par ailleurs dans une conférence Ted en 2015 : les amitiés sur Facebook ne comptent pas. Par-contre, il est scientifiquement prouvé que les sujets entretenant des relations amicales et amoureuses au sein de leur communauté sont les plus heureux. Et cette étude menée par le gouvernement américain depuis 1940 est sans appel : qu’importe la décennie et les changements du cours de la vie, de vrais copains restent la clé du bonheur pour une vie saine. Et ce, qu’importe le milieu social, le sexe ou les différences de chaque être humain.

Des amitiés pour mieux régner ?

Et pourtant, les amitiés perdues ou brisées peuvent aussi nous rendre bien malheureux.ses. Il semblerait que l’être humain reste jaloux, et des psychologues comme Peter DeScioli ont ainsi établi que ces relations pouvaient aussi se résumer par des échanges de faveur pour mieux vivre. Une facette que je ne préfère pas retenir, car trop négative à mon sens, mais qui reste cohérente. Cela voudrait dire que l’on change d’ami.es lorsque leurs ressources sont épuisées ou inutiles à notre bonheur. Cette explication peut être valable pour certaines de nos rencontres, mais je ne l’appliquerais pas à tout le monde puisque l’on conserve des liens avec certains sujets toute sa vie. En ce qui me concerne, mes groupes de fréquentation ont changé tous les dix ans or mes ami.es proches restent les mêmes. 

L'amitié , ça va et ça vient

Certaines ruptures amicales se font toutefois à nos dépens puisqu’elles ne nécessitent qu’une décision, et non pas un accord entre deux sujets pour opérer. Raison pour laquelle un couple séparé peut créer une discorde dans une bande de copains, qu’une dispute avec un membre du gang peut entraîner d’autres et que perdre un.e ami.e peut apparaître comme un véritable choc émotionnel. C’est typiquement ce qui m’est arrivé il y a quelques années, et j’ai eu du mal à me relever. La conclusion de cet écrit n’est donc pas de pointer du doigt l’amitié ou d’en faire un manifeste du bonheur. Il est ici question de rappeler qu’une chute amicale, un changement de vie, ou une simple distance avec quelqu’un que l’on aimait / estimait énormément ne vous empêchera pas d’être heureux.se. Si l’on a besoin d’ami.es pour sa quête du bonheur, on a aussi le droit d’en changer ou d’en avoir moins. Et si chaque décennie se doit d’être un peu différente un vendredi ou un samedi soir, l’important est peut être de savoir quel type de personne nous mérite et inversement. Voyons donc cet « échange de faveur » comme un échange de bonheur, un pari gagnant et bienveillant pour faire de son quotidien, et de ses moments de temps libre, une expérience agréable et ensoleillée. Cette photo sur mon mur, que je chérissais tant car elle incarnait ma définition de l’amitié, représente donc mes jeunes années. Depuis, ma vie a changé mais je n’exclus pas l’idée que nous reprendrons peut être un jour le même cliché. A dopo !

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