UN TÉMOIGNAGE CHOC DÉNONCE LE HARCÈLEMENT SEXUEL DANS LES TRANSPORTS

“Toi, j’vais te baiser”. Les mots sont durs. La scène l’est aussi. La réaction, elle, est parfaitement adaptée à la situation. Vincent Lahouze, un jeune homme de 28 ans, raconte sur son blog Artiste comptant pour rien une agression dont il a été témoin dans le métro toulousain. Son récit, partagé plus de 21 400 fois sur Facebook, est devenu viral.

Vincent raconte comment, le 21 avril, il a pris le métro comme tous les jours. Comment il a compris qu’une femme était en train de se faire agresser sous ses yeux, et comment il a décidé d’agir, en dépit de l’indifférence des autres usagers.

“De loin, on aurait pu penser que c’était un jeune couple en train de se disputer. L’homme se tenait à quelques centimètres de la jeune femme, la main sur son poignet et il semblait être parti dans un long monologue pour la convaincre de rester. J’essayais d’imaginer ce qu’il avait bien pu faire pour qu’elle l’ignore à ce point. Sûrement une histoire de tromperie. C’est ce que j’ai cru, au début. Mais quelque chose dans le regard de l’homme m’a fait changer d’avis.”

“La jeune femme avait le visage tourné vers la vitre, elle semblait tétanisée.”

En rapportant les propos obscènes tenus par l’agresseur à la jeune femme, le texte permet de rendre compte de la violence de la situation.

“La jeune femme avait le visage tourné vers la vitre, elle semblait tétanisée. Je me suis approché encore, pour écouter ce que l’homme lui disait, collé à elle. (Toi j’vais te baiser tu sais oh oui j’vais te baiser salement et tu vas aimer ça hein bien sûr que tu vas aimer ça mmh allez t’écoutes ce que j’dis petite pute réponds petite salope j’sais que tu en as envie je l’ai vu dans ton regard de petite chienne en chaleur fallait pas porter une jupe si t’es pas intéressée ouais toi j’vais te baiser…) La jeune femme ne disait rien, le regard fixé sur son reflet, sans sourire, pétrifiée.”

“C’est fou comme la peur nous paralyse dans ces moments-là, vraiment.”

Vincent explique avoir d’abord hésité. Il a finalement réagi de la meilleure des manières, en faisant mine de connaître la jeune femme.

“L’homme a immédiatement retiré sa main, comme si les fils de sa marionnette venaient de se couper, comme s’il venait de se brûler au contact de la peau de la jeune femme. Sans un regard, il s’est levé, et il est sorti de la rame sans se retourner.”

Ce récit a vocation à prouver qu’avec une action simple, il est possible de lutter contre le harcèlement. “J’ai écrit ce texte pour montrer qu’avec quelques mots, on peut renverser une situation, on peut intervenir et ne pas regarder une agression se dérouler sous nos yeux sans rien faire.”, assure Vincent Lahouze.

Ce n’est pas la première fois que le Toulousain s’engage contre le harcèlement. Il y a un an, il avait déjà écrit un texte sur le port du short et les différences entre sa condition et celle d’une femme : si un homme peut se promener tranquillement en short dans la rue, une femme peut se faire agresser pour la même chose.

> 100 % des femmes auraient déjà été victime de harcèlement

Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Selon un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, publié en avril 2015, 100% des femmes affirment avoir subi au moins une fois du harcèlement ou une agression sexuelle dans les transports en commun. Une campagne de sensibilisation avait été lançée par le gouvernement en novembre 2015 pour lutter contre ce fléau. Comme le rappelle la loi, ces actes ne doivent pas rester impunis.

> Article de Clémence Simon

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