UN FESTIVAL CARITATIF POUR LUTTER CONTRE LES VIOLENCES INTRAFAMILIALES ?

Ça existe et ça s’appelle le Hope Sound Festival. Ça se tient le samedi 28 août, à proximité de Lyon, et c’est super cool. À la progra ? Mlle K, Bandit Bandit, Baron.e, Cavale et Martin Luminet. Des artistes talentueux·ses, et surtout ravi·e·s de pouvoir agir pour cette cause. Interview croisée.

Cette idée géniale, ce festival, on le doit à Viriginie Aiassa, co-présidente de l’association Get Hope, qui a pour objectif la mise en sécurité des victimes de violences intrafamiliales. Son médium ? L’organisation d’événements caritatifs, et justement de ce festival. Parce qu’aujourd’hui, en France, il existe encore trop de violences. Par exemple, pour ne donner qu’un chiffre, « durant le confinement, le nombre d’appels reçus par le Centre d’Écoute des victimes de violences conjugales a bondi jusqu’à 400% »… Et c’est affolant. Alors, si vous avez envie de vous amuser – tout en luttant pour une noble cause, on se voit le 28 août ! Et en attendant, on a eu la chance d’interviewer (presque) tous·tes les artistes qui vont y participer…

 

Pour commencer, bonjour à tous·tes ! Le festival se tient dans un peu moins d’un mois, comment vous sentez-vous ? Excité·e·s, heureux·ses de retrouver votre public ?

Cavale : À la fois excitée, impatiente mais aussi un peu de trac… Je vais remonter sur scène (enfin !) après 1an et demi ! J’ai vraiment hâte de retrouver le public et de faire découvrir mes nouvelles chansons que j’adore.

 

Baron.e : Plus qu’heureux·se, on est super impatient·e·s et curieux·se·s. On vient de Suisse et c’est la deuxième fois qu’on joue en France, donc on a hâte de faire votre rencontre !

Martin Luminet : Reprendre les concerts me donne l’impression d’avoir été privé d’un organe vital durant plus d’un an, et à chaque fois que je descends de scène, je me demande comment on a fait pour tenir tout ce temps. C’est de la science-fiction !

 

Bandit Bandit : C’est vraiment du pur bonheur de pouvoir retrouver les sensations du live, des gens·tes, le retour du public est fou. C’est exactement ce qu’on imaginait, une cohésion totale et beaucoup d’amour.

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour les Paulette qui ne vous connaissent pas ?

Cavale : Cavale, c’est mon double scénique, mon nom de scène. Je suis autrice-compositrice-chanteuse et productrice, et je fais de l’indie pop. J’écris en anglais des textes dans lesquels je parle de ma condition de femme, des injonctions que nous subissons, d’emprise, de vulnérabilité, de quête de légitimité…

 

Baron.e : On est un duo composé d’Arnaud et de Faustine. Sur des sons électropop, on s’évade de la morosité pour mettre en musique notre regard sur le monde, pour danser la mélancolie et pleurer la fête.

 

Bandit Bandit : Hugo et moi (Maëva) sommes un duo à la ville comme à la scène, nous sommes également accompagné·e·s de nos deux acolytes Anthony à la batterie et Ari à la basse. On fait du rock brut et psychédélique avec des références françaises sixties.

 

Martin Luminet : Moi, j’écris des chansons violemment sensibles. Je ne parle que d’intimité et des choses qui hurlent en moi. J’essaye de parler de tout ce qui brûle sous la peau, ces choses que l’on cache au quotidien alors que ce sont celles qui nous définissent le plus.

Le Hope Sound Festival a été organisé par l’association « Get Hope », et cherche à lutter contre les violences intrafamiliales. C’est une cause qui vous tient à cœur ?

Martin Luminet : Terriblement. Je suis sensible à toutes ces violences invisibles, ces violences qui anéantissent des vies dans le plus grand silence. D’autant plus que notre société continue de déplorer des milliers de victimes ainsi que des intimités brisées à jamais. Ces violences logées dans les sphères familiales peuvent prendre tellement de formes qu’il existe encore trop peu de recours pour se défendre, ni même se rendre compte que l’on en est victime. Et je crois que c’est cela qui me glace le plus.

 

Bandit Bandit : On a été très touché·e·s et ravi·e·s que l’asso nous contacte pour participer à cette belle édition. Nous sommes profondément féministes avec Hugo, nous avons la chance d’avoir une belle relation de couple basée sur la discussion, la déconstruction, l’adelphité et d’avoir un entourage sensible à toutes ces thématiques. Il y a un vrai travail en profondeur à effectuer au sein de nos sociétés patriarcales. Les jeunes générations sont, il me semble, plus alertes sur ces problématiques et à certains comportements systémiques. La parole se libère sur le viol, l’inceste, les violences conjugales… Les choses avancent. Lentement, mais elles avancent. C’est douloureux mais terriblement nécessaire.

C’est important, pour vous, de lier votre passion de la musique au caritatif (et à une cause comme celle-ci) ? Voyez-vous la musique comme une façon de faire passer des messages ?

Baron.e : On ne se voit forcément pas comme des artistes militant·e·s, en revanche on se sent individuellement engagé·e·s dans des combats importants à nos yeux. Donc, c’est sûr que dans notre musique il y a une forme de lutte qui se dégage. Peut-être de manière indirecte, entre les lignes. Nous n’avons pas la prétention de dire que notre musique porte un message, mais on peut espérer qu’elle saura toucher certaines personnes sur certains sujets.

 

Cavale : Il m’est essentiel de me positionner et de soutenir ces sujets-là, de participer. Je parle beaucoup de féminisme dans mes textes, en me racontant et en racontant les femmes qui m’entourent… Ce sont des sujets récurrents et nécessaires pour moi. Je crois que la musique a toujours été et sera toujours un excellent moyen de faire passer des messages. Et le mien est en corrélation totale avec le festival !

Concrètement, savez-vous comment ce festival va agir contre les violences intrafamiliales ?

Bandit Bandit : Nous savons que le festival va faire de la sensibilisation, de la prévention et de la prise de conscience sur les violences intrafamiliales. C’est un terme qui englobe beaucoup de choses différentes. Il y aura des stands tenus par des associations et des ateliers divers pour pouvoir aborder ces sujets à n’importe quel âge.

 

Baron.e : Mais aussi (et surtout), le festival va reverser ses bénéfices à l’association Get Hope, qui l’organise [ndlr, ces excédents seront ensuite reversés par Get Hope à des associations d’aide aux victimes, comme The Sorority et Cœurs de Guerrières]. On remercie d’ailleurs toutes les personnes qui s’engagent dans cette lutte et qui font avancer les choses, en y mêlant musique et culture en plus…

Un message à faire passer à nos lecteurs·rices ?

Cavale : Venez au Hope Sound Festival. Car, non seulement vous permettrez à cette association géniale et nécessaire de se développer, mais en plus, elles ont de super bons goûts musicaux, et la programmation est juste dingue ! Elle est variée, qualitative… Bref, prenez vos billets !

 

Bandit Bandit : Et enfin, si vous êtes témoin ou victime de violences à l’intérieur de votre foyer, n’hésitez en aucun cas à vous rapprocher d’associations telles que Get Hope pour trouver de l’aide. Il y en a pratiquement dans chaque ville. N’hésitez pas également à composer le 3919, numéro pour les femmes victimes de violences ou encore le numéro d’aide aux victimes, 116 006. Le site internet du gouvernement peut aussi vous aider. Vous n’êtes pas seul·e·s ! ♥︎

 

Merci à tous·tes !

 

Le Hope Sound Festival se tient le 28 août à proximité de Lyon. Pour réserver vos places, ça se passe ici ! Besoin de plus d’info ? Rendez-vous sur leur site internet. Et n’oubliez surtout pas de suivre ces super artistes !

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