THE TEEERS : DES BABY ROCKERS DEVENUS GRANDS


©Liza Manili
 
“Le groupe est en bac blanc à cette date-là, peut-on décaler l’interview ?” Vous l’aurez compris, les trois garçons de The Teeers sont jeunes. Très jeunes. Paulette leur prédisait il y a quatre ans déjà un avenir prometteur.
A 17 ans et plus que jamais sérieux, les teenagers aux gueules d’anges s’associent à Séverin, producteur et icône de la French pop, pour concevoir Blow, un EP ambitieux.  Dix ans après l’apogée du mouvement musical des baby rockers, rencontre avec les Teeers dans le studio d’enregistrement de Séverin, leur parrain de la pop music.
 
Paulette : Salut les Teeers ! Que s’est-il passé depuis notre dernier entretien ?
Clément : Il y a trois ans,on a sorti notre premier EP.
Odilon : Après ça, on s’est entraîné à la rythmique pendant un an, parce qu’à trois, c’est très important de la maîtriser parfaitement. On a voulu trouver notre style, car on était vraiment petit. On copiait beaucoup les groupes d’Alex Turner (Arctic Monkeys, The Last Shadow Puppets) qu’on a vus en concert plus de cinq fois ! Maintenant on peut dire qu’on est jeune.
Victor : Notre musique est beaucoup plus personnelle maintenant.
Odilon : On a été aidé par Séverin et mon père, qui est là depuis le début.
Clément : Ils nous a vraiment poussé.
Odilon : Il nous demandait de “sortir de la cage” !
Clément : Oui, c’est sa grande phrase. On s’est libéré grâce à lui, en faisant de la pop, même si c’est un ancien punk. Il nous disait de jouer, pas de recopier ce qu’on écoutait. Ça a été une étape très importante pour nous. On a mis plus d’un an à se détacher des Arctic Monkeys, c’était très dur.
Odilon : Dès qu’on composait on retombait dedans. On ne trouvait pas de morceau, mais ça a été vraiment bénéfique pour nous.
Victor : On est très content du résultat.
 
Séverin, comment est née ta collaboration avec les Teeers ?
Séverin : Je connais bien le père d’Odilon, qui est un ancien musicien. C’est lui qui m’a présenté aux garçons. A l’époque, ils avaient dix ans. J’allais souvent les voir répéter et je sentais qu’ils avaient un truc, mais ils avaient encore trop de références. C’est quelques années plus tard qu’ils ont trouvé leur style. Des groupes d’adolescents qui copient des grands noms du rock, il y en a des centaines. Mais des groupes qui jouent aussi bien à cet âge-là, il y en a très peu. Surtout en France. Ce qui m’a plu, c’est que c’est un vrai groupe. Et avec eux, je me revois à 17 ans quand je jouais seul de la musique dans ma cave. J’aurais rêvé de rencontrer un producteur qui a des contacts et du savoir-faire.
Cette année, leur EP  Blow est sorti sur mon label Neon Napoleon, un single paraîtra au printemps prochain et nous commençons à enregistrer un album, en jonglant avec leur emploi du temps de lycéens.

Coolos ! Les garçons, quelles sont vos influences aujourd’hui ?
Odilon : J’essaie d’écouter de tout. Je ne juge plus par rapport au style de musique.
Victor :Il faut se diversifier.
Clément : On écoute surtout du rock et de la pop. Récemment, on est allé voir Tame Impala, Mac DeMarcoThe Growlers, King Krule…
 
Vous allez faire des études après le Bac ?
Odilon : Oui. Après, il faut savoir lesquelles ! C’est dur.
Clément : On veut faire des études. C’est suicidaire de se lancer dans la musique sans une issue de secours. Faut avoir la tête sur les épaules.
 
Que pensez-vous de la carrière d’Adrien Gallo des BB Brunes, lui aussi ancien baby rocker ?
Clément : Son nouvel album est très bon.
Odilon : Il est très fort, il a de beaux textes, les mélodies sont cool et même en live c’est bien. Il est vraiment doué. Je préfère ça aux BB Brunes. Mais, typiquement, il y a trois ans, on n’aurait pas aimé.
Clément : Ce qui était moche avec les BB Brunes, c’était ce côté rock et en même temps variété française.
Odilon : C’était sûr qu’il allait faire une carrière solo. Les membres des BB Brunes étaient vraiment effacés derrière lui.
Victor : Après, nous, on est potes avant tout ; le groupe est une unité pure. Même si on sera accompagné d’un de nos meilleurs potes sur scène aux pads, parce qu’à trois c’est compliqué de gérer cette partie, il ne composera pas.
 
Justement, comment se déroule la composition d’un morceau ?
Clément : Victor ramène une base à la mélodie à la guitare et à la voix, après on la travaille tous les trois. Les paroles viennent plus tard.
Victor : On n’est pas inspiré pour les paroles. Y a pas vraiment de sujets.
Clément : C’est pour ça qu’on chante en anglais. C’est une belle langue et tout ce qu’on écoute est en anglais.
Odilon : Les paroles,c’est ce qu’il y a de plus dur à maîtriser, mais ça viendra avec le temps.
 
Une dédicace à Paulette ?
On espère que Paulette va danser sur notre musique entraînante !
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