THE GROWLERS, L’AMÉRIQUE À PLEINS POUMONS

Photos d’Elodie Daguin pour Paulette Magazine
 
Tels des chats sauvages se prélassant sous le soleil de Californie, les Growlers ronronnent et feulent des paroles saugrenues sur leur troisième album “Hung At Heart”, jeté comme une bouteille à la mer.


Après “Are You In or Are You Out?” (2009) et “Hot Tropics” (2010), les rats des plages offrent des chansons sombrement romantiques, folk, toujours aussi psychés et surf rock. Paulette a discuté avec Brooks Nielsen – dont les cordes vocales sont imbibées de whisky – et son boys band de skateurs/surfeurs de la Côte Pacifique.

Paulette : Bienvenue à Paris les mecs ! Comment se passe cette première tournée européenne ?
Merci ! Ca se passe super bien. C’est génial ! C’est plus que fantastique. C’est la meilleure tournée qu’on n’ait jamais faite. C’est merveilleux.
Vous avez joué avec LA FEMME , classe ?
Ouais. On les a rencontrés en Californie. Ils ont dormi chez nous à Costa Mesa, dans des conditions assez difficiles. On mangeait des chips de chez Trader Joe’s (chaîne de supermarchés, ndlr). Ils les adorent !
 
Racontez-nous l’histoire de The Growlers.
Brooks et Matt se sont rencontrés à Dana Point en Californie en 2006 et ont commencé à traîner ensemble et à jouer de la guitare. Puis, ils ont joué à une fête, un barbecue, plus précisément, et ont fait la connaissance des trois autres membres du groupe, Scott, Anthony et Kyle.
 
"NOS FANS ? ELLES GRIMPENT SUR LES ÉPAULES
DE LEUR MEC ET SE METTENT SEINS NUS"
 
Que s’est-il passé avec Dan Auerbach des Black Keys qui devait produire votre album ?
La collaboration n’a pas aussi bien marché qu’on l’espérait. On s’est bien amusé, c’était une bonne expérience, on a beaucoup appris pendant cette session d’enregistrement. Seulement parfois, il arrive que ça ne colle pas. On a donc terminé l’enregistrement et la production chez nous. Nous avions 60 ébauches de chansons et nous n’en avons gardé qu’une quinzaine. On en a mis quelques unes sur la cassette “Beach Goth”. On ne revient pas souvent sur les anciennes chansons que l’on traîne. Ce n’est pas une perte ; elles sont très similaires à celles que l’on a déjà enregistrées.
 
On dirait que ce disque sort tout droit des années 1960. Quelles sont vos influences?
Seulement les années 1960 ! (rires) On a travaillé sur du matériel analogique des sixties. De l’équipement datant de l’époque des dinosaures, en gros. On a utilisé plus de chambre d’écho que de réverb. Et ça a été enregistré sur bande. Concernant les inspirations plus actuelles : comment ne pas être influencés par The Black Lips, White Fence, The Abigails, Night Beats, Ty Segall ou encore Shannon & The Clams ?


 

Existe-t’il un stéréotype du fan de The Growlers ?
Brooks :Non. Oui. Ça ne peut pas s’expliquer. Peut-être un mec ressemblant à un hipster.
Les autres :Oh ! Come on! Tu ne peux pas dire ça! Fais gaffe ! Tu es à Paris ! Brooks :Il y a aussi pas mal de belles gosses avec des tresses, quelques dents cassées et des fringues moulantes (rires). Les Mexicaines sont les plus chaudes. Mais attention, chaque pays est différent.
 
Que préférez-vous dans votre job ? Est-ce quand il y a des filles topless à vos concerts ?
Oh oui. Définitivement. Exactement. Celles-ci représentent typiquement les fans de The Growlers. C’est comme à Woodstock. Elles grimpent sur les épaules de leur mec et se mettent seins nus. On passe vraiment de bons moments. Bons concerts, bons bars, bonne bouffe, belles filles, bonnes soirées. (Rires) Tout cela n’est que sarcasme évidemment.
 
Une anecdote de tournée à raconter ?
"Ce qui se passe en Europe, reste en Europe". Peut-on supprimer cette phrase ? Nous sommes déjà allés trop loin….
 
Que se cache-t-il derrière les chansons “Uncle Sam’s A Dick” et “Gay Thoughts?”
Ce sont des chansons contestées. (rires) “Uncle Sam’s A Dick” est une chanson écrite par Matt après un passage de frontière Canada – Etats-Unis qui a été compliqué. Et “Gay Thoughts” au départ s’appelait “Bad Thoughts”. Puis on s’est dit que ça ferait une bonne chanson pour les gays, et on en a fait une vidéo.
 
Il y a beaucoup de chansons romantiques dans lesquelles vous parlez de ruptures. Des thèmes plus tristes que dans vos précédents albums. Quelles sont vos inspirations ?
Oui, on vieillit. Nous ne sommes malheureusement plus célibataires… (rires)
 


Selon vous, pourquoi la musique country est si rentable ?
Parce que c’est incroyable. C’est très vrai et drôle. Il y a une foule de gens simplets à chaque évènement country. C’est pour les nigauds. Et en Amérique, ce qui marche le plus reste la pop music, dont la country fait amplement partie. Avec son lot de gros demeurés – cela va de la grand-mère aux petits-enfants – qui se comportent comme des animaux.
Vos autres projets ?
Probablement boire des coups. Dès que l’on rentre, on se remet à composer des chansons et organiser notre prochaine tournée en Europe. En espérant revenir ici en automne 2013 !
 
Un dernier mot ?
Philanthropie…
BONUS

 

THE GROWLERS :: HUNG AT HEART
Fat Cat Records
Sortie le 8 avril 2013

En écoute sur Spotify

 

 

 
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