TEMPS FORTS AU FESTIVAL DE CANNES : LA SOIREE PAULETTE ET XAVIER DOLAN

Theophilus London à la soirée Paulette Magazine

Mercredi 21 mai, Paulette a organisé sa soirée à la Chambre Noire Belvedere Marriott. L’occasion pour les invités de venir participer aux ateliers organisés l’après midi et de profiter d’un live des We are Knights et d’un bar à cocktails la soirée.

Au programme :
– Atelier coiffure avec Babyliss
– Atelier couronne de fleurs avec Pimkie
– Atelier gravure d’initiales sur les pochettes Delsey
– Atelier manucure avec Variance
(Les photos arrivent très vite, on les postera sur le Facebook de Paulette Magazine)

Marion Galtier, Justine Pinaud et Eleonore Merieux, la team Paulette à Cannes

Vendredi 22 mai, avant dernier jour sur la Croisette et journée Cinéthon. On enchaîne 3 films à la suite sous un ciel gris et un temps maussade (Cannes sous la pluie, ce n’est pas Cannes ! Chaque année c’est la même chose : il pleut pendant le Festival Voilà donc une édition qui ne déroge pas à la règle).

Le Palais des Festival sous la pluie

>Jimmy’s Hall de Ken Loach

Le pitch :
1932, après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis. Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. Mais les idées progressistes de Jimmy ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.
Le film raconte l’histoire de Jimmy Gralton. Nous sommes en 1932. Après un exil forcé en Amérique, Jimmy rentre chez lui pour s’occuper de la ferme de sa maman, une dame enveloppée et douce comme celle des Raisins de la colère de John Ford… Mais son passé le poursuit : dix ans auparavant, il avait créè un lieu étrange, mi-dancing, mi salon philosophique où la jeunesse pouvait se réunir en toute liberté. Totalement déprimés tant par la crise que par les adultes bornés qui les entourent, les ados de la petite ville le supplient de renouveler l’expérience. Le « Jimmy’s Hall » renaît, donc, à la grande fureur de l’évêque local et des propriétaires terriens. Le premier y voit un lieu de débauche (pensez-donc, on y joue du jazz!), les seconds, un centre pré-révolutionnaire, destiné à saper leur autorité.
En savoir plus sur http://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2014/jimmy-s-hall-et-ken-loach-fit-valser-la-tyrannie,112789.php#KkLyl86CrLWoQFrL.91930, après dix ans d’exil, dans son pays d’origine. Une Irlande profonde bercée par des collines d’un vert presque fluorescent et d’un véritable espoir quant au changement du gouvernement après des années de guerre civileA l’arrivée, le garçon charismatique retrouve sa vieille mère, trop heureuse à l’idée qu’il reprenne la modeste ferme après la mort de son frère. Il est attendu par ses vieux amis… mais aussi par ses ennemis de toujours. Dans le film, on apprend qu’il avait été poussé à l’exil. Ce « Hall » « où l’on peut s’amuser et s’améliorer » avait irrité l’union sacrée du clergé avec les traditionnalistes et les gros agriculteurs. Les autodidactes incontrôlables du Hall font réfléchir les gens gratuitement et librement. Assouvir cette soif d’apprendre est une menace pour le monopole des prêtres et des maîtres qui tiennent l’instruction du peuple dans leur main.
Le verdict :
Un mot : Déception.
Dans la salle, la personne derrière moi a pronconcé une phrase qui m’a marquée « Un mauvais Woody Allen reste un très bon film en comparaison à tout ce qui se fait dans le cinéma. Et c’est pareil pour Ken Loach. Ce film est un mauvais Ken Loach, mais il est largement supérieur à la moyenne ».
En somme, c’est un joli film mais il n y a pas l’étincelle. Le réalisateur est un très bon raconteur d’histoires et réussit à créer des atmosphères uniques (on se rappelera de l’Irlande dépeinte dans le film Le Vent se lève, qui a eu la palme en 2006), mais il y a trop de bons sentiments. 
Ken Loach est un homme de gauche, empli de convictions, et dépeint dans Jimmy’s Hall une très belle fresque sociale vantant le communisme. Malheureusement, à force de beaux discours et de longues morales, et, si on exagérait, on dirait même qu’on en deviendrait presque lassé par tant d’entraides et de solidarité. Il aurait d’ailleurs fallu appeler le film « Jimmy le Frondeur »…

Antoine Olivier Pilon, dans Mommy de Xavier Dolan. Une revelation.

>Mommy de Xavier Dolan

Attention, méga COUP DE COEUR. Emballement total pour ce film que l’on souhaite voir raffler tous les prix !

Le pitch :
Diane, une veuve mono-parentale un brin vulgaire hérite de la garde de son fils, Steve, un adolescent TDAH – Trouble Déficit de l’Attention Hyperactivité impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de s’en sortir, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Ensemble, ils forment un trio d’apparence insummersible, jusqu’au jour où l’irréparable se produira…

Notre avis  :
De la première à la dernière scène, Xavier Dolan, 25 ans seulement, nous scotche. C’est simple, il n y a pas un moment où l’on décroche. Entre rires et pleurs, tendresse et compassion, notre coeur se serre à chaque scène, qu’il s’agisse d’un monologue hilarant ou une tirade poignante, un plan esthétique ou une ritournelle enivrante, on enchaîne les bonnes surprises.
Personne ne peut sortir indemne de ce film drôle et déchirant à la fois, qui rend hommage aux mères courages, ces femmes invicibles qui se sacrifient pour leurs enfants, et qui représente ode à la liberté.
En tout cas, chez Paulette, l’histoire et le film nous ont marqué au fer rouge. Merci Xavier Dolan.

Les points forts :
La bande originale est parfaite. Dolan ose les morceaux populaires voire kitsch et balance pêle mêle du Céline Dion (la chanson « On ne change pas » participe d’ailleurs à faire de ce film un film culte), du Dido, Lana del Rey et même du Andrea Boccelli (seconde scène marquante, ce moment où Steve prend le micro dans un karaoké pour interpréter le tube italien. Vivement que le film sorte en dvd que l’on se passe ce moment en boucle !)
La mise en scène est inédite. Dolan joue notamment avec la taille de l’écran et une scène centrale (je ne vous en dis pas trop pour pas spoiler) a d’ailleurs valu un tonnerre d’applaudissement en plein milieu du film. Assez rare pour être signalé !

On espère la Palme d’Or pour le film et le prix d’interprétation pour les 3 acteurs, remarquables : Antoine-Olivier Pilon, Anne Dorval et Suzanne Clément.

La plus belle affiche du Festival selon nous

>Still the water de Naomi Kawase

Le pitch :
Deux adolescents de 16 ans, Kyoto et Kaito, vivent sur l’île d’Adami. La mère de Kyoto est atteinte d’une grave maladie alors que les parents de Kaito sont séparés, ce qui perturbe énormément ce jeune garçon. Chacun son problème, chacun ses interrogations.

Notre avis :
C’est un film japonais, et, à l’instar de ce qui caractèrise le cinéma japonais, c’est relativement contemplatif. C’est à dire que c’est lent, avec très peu de dialogues et beaucoup de questions sont soulevées, sans forcément que des réponses soient apportées. La plus marquante, certainement celle de Kyoto qui se demande : Pourquoi faut-il que les gens naissent et puis, ensuite, qu’ils meurent ?

Au spectateur de faire son cheminement. Un exercice parfois éprouvant mais que la réalisatrice facilite avec des symboliques récurrentes, toujours imagées par la Nature. La vague et le vent représentent la force, la mer calme la sérénité,  les arbres l’âme etc. C’est un film tendre, complexe et intelligent et il faudrait avoir un coeur de pierre pour rester insensible à la poésie de Naomi Kawase. Entre nous, mes voisins dans la salle ont chacun verser leur petite larme. Seule femme réalisatrice à avoir obtenu la Palme d’or en 1993, la présidente du jury, Jane Campion, choisira peut être la cinéaste japonaise comme digne succésseur !

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