TALENT D’ACTRICE : VIRGINIE LEDOYEN

À 37 ans, Virginie Ledoyen reste l’éternelle jolie actrice du cinéma français. N’ayant peur d’aucun rôle, c’est vers des metteurs en scène que la belle parisienne se laisse entraîner, plus aventuriers et innovants que jamais. Après Benoît Jacquot, Claude Chabrol ou encore François Ozon, c’est entre les mains d’un tout jeune réalisateur Arnold de Parscau que Virginie joue Léa, aux côtés de Denis Ménochet, Florence Thomassin et Yolande Moreau.

 
Ce premier film Ablations – dont la sortie est prévue le 16 juillet 2014 – raconte l’histoire d’un homme qui se réveille un matin sans rein, d’une épouse victime de son incompréhension et de son ignorance, d’une maîtresse au bord du gouffre de l’amour… Le tout sur la base d’un fait divers. Le rendez-vous de l’angoisse et de la peur est pris, rayon thriller, section hallucination.
 
Paulette : Comment es-tu arrivée au casting d’Ablations ?
Ce qui m’intéressait dans ce premier film, c’est tout d’abord l’idée d’une promesse de cinéma. C’est un jeune homme qui a un univers très particulier, et pour son jeune âge, seulement 25 ans, il a une belle maîtrise, il sait précisément ce qu’il fait. Ça m’amusait aussi de m’embarquer dans cet univers écrit par Benoît Delépine. J’ai beaucoup de respect pour lui, je le trouve tellement intéressant !
 
À la lecture du scénario justement, comment as-tu réagi ?
J’ai trouvé ça culotté ! Le film est radical, il n’est pas banal dans son propos et je pense que c’est une jolie histoire… enfin jolie on s’entend ! Mais c’est vraiment un film sur la folie, la solitude, sur un homme qui devient prisonnier de ses propres démons. La narration est passionnante. Tous les personnages sont intrigants et bizarres. On se rendait compte dès la lecture qu’il y avait des ambitions.

 
Ton personnage est une mère, une épouse, plutôt dans l’attente, l’angoisse. Est-ce que ça te ressemble dans la vie ?
Pas autant heureusement ! (Rires). Dans le film, je suis une femme amoureuse de son mari, quand même. Avant d’être une épouse et une mère, c’est une femme. Elle sent son mari lui échapper et elle n’arrive pas à le rattraper, elle le voit s’enfoncer et elle ne peut rien faire car elle a ses attentes à elle. Elle ignore ce qu’il va se passer. À son tour, elle rentre dans ses propres névroses, sa jalousie, que si son mari est comme ça, c’est qu’il a quelqu’un… Chacun face à sa situation exacerbe ses propres névroses. Elle est en réaction, elle ne va pas très bien. Elle est capable de tout jusqu’à observer voire analyser un cheveu sur les vêtements… Ça montre bien que les gens ne sont pas ensemble par hasard !
 
Comment s’est passé le tournage ? Pour un premier film, on entend beaucoup de ce jeune réalisateur qu’il est inspiré par David Lynch
J’étais très étonnée par le calme d’Arnold. Mais réellement ! C’était épatant. C’était quand même particulier pour son premier film, il y avait beaucoup d’effets spéciaux. Il ne s’est jamais départi de son assurance, de ce qu’il faisait et comment il allait le faire.
 
Et quelle était l’ambiance entre les acteurs ?
C’était chouette, c’était marrant ! Alors que le film ne l’est pas. On était tous heureux d’être là, Denis Ménochet était hyper enthousiaste avec le projet, il avait envie. Il joue tellement bien, il est très attentif aux autres, il joue avec les autres !
 
Tu as joué des femmes très différentes à l’écran, douces, belles ou très caractérielles, fortes, quel rôle aimerais-tu que l’on te propose ?
C’est drôle car je n’ai aucune idée préconçue d’un personnage. C’est ça qui est génial quand on est actrice, ce n’est pas le personnage qui est top mais le regard d’un metteur en scène sur ce personnage. Un personnage totalement ordinaire peut devenir totalement extraordinaire et l’inverse aussi, tout dépend de la manière dont il est mis en valeur. J’ai envie d’être plongée dans un bel univers. Je ne me suis jamais dit que je voulais jouer tel personnage. J’ai envie de me balader, que se soit dans un film de genre, une comédie, un drame, un film d’époque. C’est ça, la richesse d’un acteur ! Traverser les genres, les atmosphères, les époques. C’est ce que j’essaie en tout cas !
 
“J’ai du mal avec les films où on n’aime pas les personnages que l’on filme”
 
À contrario, quel rôle ne pourrais tu pas tenter ?
Plus qu’un rôle, un film ! Un rôle tout seul, ça ne veut pas dire grand chose. Je ne pourrais jamais accepter un film malhonnête, dans pourquoi il est fait. J’ai du mal avec les films où on n’aime pas les personnages que l’on filme. Même si les personnages sont atroces, il faut les respecter quand on les filme. Ne serait-ce même que pour comprendre et pour pouvoir les regarder.
 
Avec qui aimerais-tu faire un prochain film ?
Il y en a tellement ! En ce moment, je suis fan d’une jeune metteur en scène, c’est Céline Sciamma. Elle a tellement de talent. J’attends son prochain film, “Bande de filles”, avec impatience (à retrouver dans le numéro de rentrée). “Tomboy” est un excellent film.
 
Quand tu n’es pas sur un plateau de cinéma, qu’est-ce que tu fais ?
Ça dépend. Je vis à Paris, j’ai des rendez-vous de travail, je m’occupe aussi de mes enfants, je vois mes amis, je lis, je vais au cinéma, enfin je vis quoi !


 
Tu t’imagines où dans 10 ans?
Vivante, j’espère. (rires). C’est vrai après tout…
 
Plus au théâtre, au cinéma, continuer comme ça?
Où je serai bien ! Au cinéma, aujourd’hui c’est ce dont j’ai envie, peut être que dans 5 ans j’aurais plus du tout envie de ça, je ne sais pas mais en tout cas être heureuse dans ce que je fais, quoi que je fasse.
 
À Paris toujours peut être?
Certainement, oui. J’ai du mal à imaginer vivre ailleurs. Mais après….
 
“Je n’ai pas d’Iphone, pas d’Ipod”
 
Côté musique, tu as le temps d’écouter quelques artistes?
Non, ça fait longtemps que j’ai pas découvert un artiste. J’écoute souvent la même chose. Je n’ai pas d’Iphone, je n’ai pas d’Ipod. J’ai encore des CD et une chaîne. J’écoute le Velvet Underground, Bowie, Gainsbourg. En fait j’écoute toujours ce que j’écoutais jeune fille. C’est marrant d’ailleurs.
 
Quels sont tes projets dans les semaines à venir ?
Au mois de septembre, je commence un autre premier film, d’Éric Hannezo. C’est avec Lambert Wilson, Guillaume Gouix, c’est un espèce de road-movie, j’imagine que le film va être très fort. Une autre aventure !
 
Ça te plaît les premiers films ?
Oui, on peut le voir comme ça ! Mais au final, c’est toujours le film et le projet qui me plaisent avant tout et je n’ai jamais l’impression que je prends des risques avec un premier film ou que je fais une fleur à quelqu’un.

 
Le film Ablations sort en ce doux mois de juillet, as-tu des envies de vacances ?
Oui ! Je pars dans le Sud-Ouest, dans les Landes. Je vais retrouver l’océan.
 
Dernière question, si je te dis Paulette, ça te fait penser à quoi ?
Ça me fait penser tout de suite au film Ponette de Jacques Doillon. (Rires.). J’aime vraiment ce film !
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