TALENT D’ACTRICE : LOUISE GRINBERG

Librement adapté d’un fait divers adolescent, le film 17 filles sort aujourd’hui en DVD. L’occasion de vous dévoiler en exclu l’interview de Louise Grinberg, qui joue le rôle-titre, publiée dans le n° 2 de Paulette version papier.

 
Paulette : Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir actrice ?
Louise : J’ai toujours fait du théâtre sans jamais m’être dit pour autant : "Je veux faire ce métier". C’est en tournant le film Entre les murs de Laurent Cantet (Palme d’or à Cannes en 2008, ndlr.) que j’ai vraiment pris goût au cinéma. Pour le moment, ça me plaît, j’ai envie de continuer.
 
Dans 17 filles, tu incarnes Camille, peux-tu nous parler de ton personnage ?
Camille est une fille assez déterminée qui s’ennuie un peu dans la vie, avec ses copines, dans sa famille…Quand elle tombe enceinte sans le vouloir, elle décide donc de garder l’enfant. Elle pense que cet événement lui permettra de faire quelque chose de sa vie, quelque chose de spécial. Que ce sera le moyen d’accéder à une autre vie. Son caractère de meneuse va encourager ses copines à faire de même, persuadées que cette folie va changer leurs vies.
 
Comment décrirais-tu le caractère bien trempé de Camille ?
Elle est très forte, elle ne montre pas ses sentiments, elle est toujours dans la joie, la spontanéité, la générosité avec ses copines. Elle a aussi un côté maternel, elle aime couver son petit groupe alors qu’avec sa mère, elle est en conflit permanent. Ce qui l’anime, c’est un véritable désir de chan­gement, ce qui lui donne ce côté lucide et mature par rapport à son entourage. Sa pire crainte, c’est faire comme tout le monde. C’est cela qui fait qu’elle est à part !

"JE ME RETROUVE DANS LE PERSONNAGE DE CAMILLE"



Qu’est-ce que ça t’a fait, le temps du film, d’être enceinte ?
Ça m’a fait tout drôle ! C’était agréable car je savais que c’était pour de faux. Mon ventre factice m’a permis de rentrer dans le personnage. Ça m’a aidé pour imiter la démarche, je le mettais et puis hop, que je l’enlevais ! (Rires.)
 
Concrètement, comment t’es-tu préparée pour ce rôle ?
Dès la lecture du scénario, j’ai tout de suite compris qui elle était et quels étaient les points communs entre nous. Je me suis identifiée à elle, j’ai cherché à me l’approprier tout de suite. J’ai ensuite travaillé avec un coach avant le tournage pour apprendre à imiter la démarche d’une femme enceinte, à comprendre l’évolution du person­nage du début à la fin, de son projet initial à sa grossesse… Pour moi, au début, elle a une sorte d’impulsion, elle ne réfléchit pas, elle ne s’attend pas à ce que tout le monde fasse comme elle. Puis son choix devient une utopie de groupe, tout change autour d’elle, elle devient finalement une sorte de leader, et de ce fait, elle doit tenir ce rôle, y croire totalement. C’est ce passage de la peur à cette sensation de plénitude que j’ai voulu montrer. Avant que tout ne dérape…
 
Quelle était l’ambiance sur le tournage avec les autres filles ?
On a répété avec une grande partie de l’équipe à Lorient pendant deux ou trois semaines, juste avant le début du tournage. C’est durant cette période que l’on a fait la découverte des lieux de tournage, des réalisatrices. On se baignait, on s’amusait, on est toutes devenues amies très vite. Puis le tournage a commencé. L’ambiance était top, nos chambres étaient collées, on passait notre vie ensemble ! Presque une colonie de vacances ! À la fin, une sorte de bulle s’était formée autour de nous.
 
"L’EFFET DE GROUPE REND L’ACTE ENCORE PLUS FORT"
 
17 fillesva sans doute créer la polémique. Tu en es consciente ?
Je pense que le film parle avant tout d’un acte de rébellion, d’un signal qui doit être interprété comme un malaise. Les jeunes de 18 ans ont parfois l’impression que leur avenir est bouché, qu’il n’y a pas d’horizon. 17 filles traite d’un acte désespéré, épousé par des filles qui instrumentalisent leurs corps. La seule façon qu’elles ont d’exprimer leur désarroi est de faire un enfant toutes seules, comme si c’était la seule chose qu’il restait à faire. C’est à la fois triste et touchant, l’effet de groupe rend l’acte encore plus fort, plus solidaire. Je trouve cela magnifique, c’est ce que j’adore dans le film d’ailleurs.
 
Est-ce que l’amitié a la même place dans ta vie personnelle que dans celle de Camille, ton personnage ?
Camille est toute seule, ses parents sont absents, son frère aussi, bref, elle n’a que ses amies. Moi j’ai ma famille, j’ai un amoureux alors qu’elle non, donc c’est totalement différent. Mais nous avons tout de même en commun notre côté solitaire, même si j’adore mes amies !

Quels sont tes autres points communs avec Camille ?
J’ai tendance comme elle à garder les choses pour moi. Et puis aussi ce tempérament « petit chef ».  Quand j’étais petite, je commandais tout le temps ! Du coup j’ai l’impression de connaître cette sensation de dégager une certaine détermination, voire une certaine autorité sur les autres. Mais moins forte que celle de Camille quand même !
 
Quels sont tes projets en cours ou futurs ?
Je viens d’achever le tournage du premier film de Cécilia Rouaud (Je me suis fait tout petit, aux côtés de Vanessa Paradis, Léa Drucker et Gilles Lellouche, ndlr.).
 
Un petit mot aux Paulette pour terminer ?
Faites attention avec les Georges les filles, ne tombez pas enceintes ! 
Interview publiée dans la version papier de Paulette magazine, n°2 (décembre 2011 – janvier 2012)
 
17 fILLES
Un film de Delphine et Muriel Coulin                     
Sortie DVD le 18 avril 2012
 

 
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