TALENT D’ACTRICE : JULIANNE CÔTÉ

 
Premier rôle du film Canadien Tu dors Nicole, en salle depuis mercredi 18 mars, la jeune comédienne Julianne Côté incarne une femme à mi-chemin entre l’adolescence et l’âge adulte. Ennuyée mais pas ennuyante, elle passe son été à se poser quelques questions sur la vie, sur l’amour et en pleine canicule, avec sa meilleure amie Véronique et son frère musicien (Marc-André Grondin, graooou). Un très joli film poétique, en noir & blanc, à découvrir sans hésiter.
 
Paulette : Qu’est-ce que tu faisais avant d’atterrir devant une caméra, de devenir actrice ?
Julianne Côté : Je suis comédienne depuis que j’ai 11 ans donc c’est arrivé assez tôt dans ma vie. Avant, j’étais juste en secondaire (au collège pour vous). Et j’ai fait une rencontre avec un agent qui l’est toujours aujourd’hui, une amie de mon père. Je lui ai juste parler d’une certitude pour moi sans jamais vraiment l’avoir choisi, le fait d’être comédienne. Ça me fascinait et ça m’effrayait, je voulais jouer mais les caméras me faisaient peur.
 
Tu as commencé par jouer dans des séries TV, c’est bien ça ?
Oui, pas mal de séries TV, des publicités et quelques petits rôles au cinéma. Tu dors Nicole, c’est mon premier grand rôle au cinéma.
 
Comment es-tu arrivée au casting de ce film ?
L’équipe du film a vu beaucoup de non actrices pour le rôle, il y a eu un appel sur Facebook, tout simplement et une centaine de filles a répondu. Ils ont vu environ 100 filles au total. Puis ils se sont rendus compte qu’il y avait 28 jours de tournage et le personnage principal apparaissait sur chaque plan du film. Il y a eu un petit vertige, l’équipe s’est dit que c’était un peu risqué donc ils ont vu des comédiennes professionnelles, en agence. J’ai fait deux auditions, il y a eu les vacances et deux mois et demi après, j’ai appris que j’avais le rôle.
 

Comment pourrais-tu décrire Nicole, ton personnage, avec ton ressenti ?
Je la vois comme une jeune femme entre deux eaux, elle n’est pas animée par une passion, elle ne sait pas vraiment ce qu’elle veut faire et en même temps, elle n’est pas tout à fait adulte à prendre des décisions, elle n’est pas non plus encore adolescente. Je la vois comme une fille perdue, un peu lunaire, introvertie. Elle travaille chez Renaissance, chez nous c’est un peu comme l’Armée du Salut, ils embauchent des handicapés pour une réinsertion au travail. Avec eux, des marginaux, elle s’entend bien. C’est pareil avec Martin, le garçon qu’elle garde, qui a cette voix adulte, cette voix grave, elle se sent à son aise. Pour résumer, c’est une introvertie avec du caractère.
 
Qu’est-ce que tu as mis de toi dans ton personnage, comme ça se passe parfois au cinéma ?
J’y ai mis de l’amour je pense. On est très différentes mais j’ai essayé de la rendre attachante, avec de l’humour, des mimiques, un truc dans le regard, j’ai voulu garder ce petit pétillant là pour que ça reste intéressant pour le spectateur, qu’on ne lasse pas de la regarder. Elle s’ennuie mais ce n’est pas une femme ennuyante. J’ai apporté quelque chose d’énergique malgré son côté placide.
 
Le film a été tourné en couleur à la base puis il a été monté en noir & blanc au final. Comment s’est passé le tournage, était-ce un moment coloré aussi ?
C’était une belle atmosphère ce tournage, c’est vraiment le cliché de la vraie belle grande famille, on était tous très bien. Je ne connaissais pas les autres acteurs avant de tourner avec eux. Ma meilleure amie dans le film Véronique, l’actrice Catherine St-Laurent, on s’est rencontrés en audition. On est allées ensuite souper, on a pris des verres, on a fait un travail de lecture. Ce n’est pas un film qui se répétait facilement parce qu’il n’y a pas de grandes scènes avec des grands phrasés et de fortes émotions, c’était plutôt sur du concret, de la vie. Ensuite, sur le plateau, c’était super, Stéphane Lafleur (le réalisateur) est quelqu’un de très ouvert, très généreux mais aussi très précis. Pour une actrice, c’est le meilleur de deux mondes, tu sens que tu peux apporter ta couleur et en même temps, il va t’amener où il veut lui. On ne passait pas à la prochaine scène sans avoir tout ce qu’il désirait voir.
 

Une meilleure amie et aussi un grand frère, joué avec Marc-André Grondin, comment ça s’est passé tous les deux ?
Les dialogues étaient joués mot à mot, il n’y avait pas beaucoup d’improvisation. Tout est placé, calculé, d’où une esthétique précise, la caméra est à sa place à chaque scène, les plans sont précis, presque à la Wes Anderson ou même plutôt comme des tableaux. Marc-André est un être très généreux, le courant est passé même dans les silences. Stéphane Lafleur ne s’attendait pas à ce que la relation frère-soeur prenne autant de place dans son film, je pense que l’on s’entendait bien, il y avait une belle chimie entre nous.
 
C’est ton premier grand rôle au cinéma, qu’est-ce que ça t’a donné de faire encore plus dans ta jeune carrière d’actrice ?
Ça m’a redonné un peu de confiance… Quand on commence jeune, on a cette naïveté d’y aller, de jouer et de s’amuser. J’ai 24 ans, je ne suis pas vieille mais ça fait 13 ans que je travaille. C’est un métier où l’on apprend constamment. Là, avec ce rôle, je me suis dit que j’étais à la bonne place. À l’adolescence, j’ai pris un appartement, j’avais besoin de travailler aussi pour un souci monétaire et je suis devenue plus consciente en audition, j’avais perdu un peu le plaisir, l’insouciance. Et là, disons que j’ai retrouvé tout ça. Comme Nicole, je ne pouvais plus auditionner pour des rôles d’enfant mais pas non plus pour des rôles de femme. Ça m’a redonné du pep’s.
 
“Ma grande idole c’est Michelle Pfeiffer, je l’adore, je la trouve magnifique !”
 
Avec qui aimerais-tu tourner prochainement ? Quelles sont tes idoles ?
Ce qui m’intéresse, ce sont les seconds rôles. J’aime travailler tout le temps et je trouve que ce sont souvent ces rôles là dont on se rappelle… Après, l’idée ça serait d’accepter un maximum de bons rôles, de rôles riches. Ma grande idole c’est Michelle Pfeiffer, je l’adore, je la trouve magnifique ! Ce n’est pas l’actrice la plus populaire au monde mais je la trouve dans son jeu naturelle, belle, c’est une grande actrice et c’est grâce à elle que j’ai eu envie de devenir comédienne… Dans Batman Returns, elle était Catwoman, j’avais 3 ans et j’étais subjuguée.
 
Quelle scène as-tu eu le plus de plaisir à jouer ?
J’ai vraiment eu du plaisir tout le temps ! Mais si je devais choisir, ça serait la fin. Peut-être le seul moment où Nicole éclate, elle a toutes ces émotions, elle se braque, elle réagit. C’est le tournant pour elle, ça m’émeut à chaque fois que je revois ces scènes et je me dis, tiens, elle va peut-être enfin prendre le contrôle de sa vie !
 
Si je te dis Paulette, tu penses à qui, à quoi ?
C’est une bonne question ! C’est un vieux prénom, ça revient à la mode je crois ! Pour moi, c’est une fille branchée, qui a de l’ambition, jolie et aussi qui aime la mode. Et elle a juste un nom un peu vieillot. (Rires).
 
“Vous êtes vraiment distingués, je ne me lasse pas de vous regarder dans la rue.”
 
Un message à nos lecteurs, lectrices ?
C’est ma première escale en France, je trouve que c’est un pays ravissant, les gens sont élégants, vous êtes vraiment distingués, je ne me lasse pas de vous regarder dans la rue. Je trouve que vous êtes un beau peuple, très pétillant. Vous êtes aussi très accueillants, cinéphiles. Parfois au Québec, les salles sont un peu vides… Ici, c’est toujours bien rempli, les gens sont attentifs et respectueux. Le cinéma a une belle place dans vos vies, pour vous, du coup, c’est beau de le voir, de le découvrir.
 

> Tu dors Nicole, de Stéphane Lafleur
 
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