TALENT D’ACTRICE : CAMILLE RUTHEFORD


 
C’est l’histoire de deux amants, de deux amours, de jeunes gens beaux et sensuels. C’est l’histoire d’un enfermement, d’une poésie racontée aujourd’hui, de questions sans réponses. Dans "Low Life", sorti mercredi dernier, Camille joue Carmen.  Elle nous explique son début de carrière, son approche du Cinéma avec un grand C.
 
Paulette : Bonjour Camille. Pour que l’on apprenne à te connaître, est-ce que tu peux nous parler un peu de toi, d’où viens-tu?
Camille : J’ai 21 ans, j’ai commencé le théâtre il y a 7-8 ans, la raison principale, c’est que j’étais un vrai cancre et j’adorais raconter des histoires et faire n’importe quoi ! Et puis j’ai continué, ça m’a plu, j’ai tout de suite été très passionnée.
Après le bac, je suis rentrée au Conservatoire National de Paris, je suis sortie de là en juin. J’ai commencé à tourner des courts-métrages avec des potes et très vite, je suis arrivée sur le film de Nicolas Klotz (ndlr, le réalisateur), alors que j’étais en 2e année au Conservatoire. J’ai été appelée par le directeur de casting, on s’est rencontrés pour des essais, on s’est revus deux fois la semaine d’après puis j’ai rencontré Arash, qui joue aussi dans le film. J’ai eu le rôle en mars 2010. On a commencé à tourner en octobre, on a répété pendant un mois.
 
Tu étais étonnée de ce coup de fil ? Qu’avais-tu fait avant d’arriver sur ce film ?
Pas grand-chose ! Je n’avais que 19 ans, je suis restée deux ans au Conservatoire avec un emploi du temps surchargé, j’avais juste tourné dans des courts métrages avec des copains et deux petits rôles dans deux films, "Un été brûlant" de Philippe Garrel et" Des filles en noir" de Jean-Paul Civeyrac. Je viens vraiment du théâtre, du spectacle vivant, j’ai donc beaucoup travaillé.
 
Du coup, qu’as-tu ressenti au cours de cette première expérience ? Qu’est-ce qui t’a le plus plu ?
J’étais un peu comme le ravi de la crèche sur le tournage ! J’ai découvert que c’était vraiment sublime de voir une histoire écrite en train de se tourner réellement, j’aimais bien m’asseoir, me taire et regarder les gens travailler. C’est peut-être puéril mais regarder les gens travailler ça me plaisait tellement !
Je trouve ça incroyable, on est tous un peu tarés pour vouloir faire ce métier, et je me suis dit, c’est super on a écrit une histoire, et malgré les aléas, les problèmes d’argent, tout le monde fait de son mieux pour tourner. Tout le monde s’active…
 

 
Je te sens fascinée par le cinéma finalement, toi qui viens du théâtre… 
Oui totalement, ça me fascine, je trouve ça beau et passionnant. Les rencontres, je suis devenue très amie avec Michaël et Luc, maintenant on est très proches, on se voit tout le temps. On se ressemble beaucoup, avec Luc on était les plus jeunes. On a des goûts communs, en littérature, en cinéma, on aimait aussi aller marcher, se balader, parler, rigoler. Comme quand on sort de l’adolescence où on sent que tout est possible… 
 
Pour ce premier grand rôle, qu’est-ce qui t’a semblé le plus dur à surmonter ? 
J’avais très peur. J’avais un trac monstrueux. J’étais habituée à jouer au théâtre et même si j’étais en confiance avec Nicolas, le réalisateur, j’avais peur de mal faire mon travail, d’être une imposture.
Au théâtre, pour être honnête, je suis habituée à jouer des rôles de pièces comiques. Alors qu’au cinéma, à l’image, j’avais très peur d’avoir un sentiment de blocage, de ne pas y arriver, de ne pas trouver ma liberté. On tourne le moment présent, il faut que ça soit tout de suite juste.
Je voulais vraiment interpréter ce personnage du mieux que je pouvais, c’est un film particulier, avec un univers singulier.
 
Comment pourrais-tu justement nous décrire le film, cet univers?
Nicolas résume bien le film quand il dit : "J’ai filmé une jeunesse antique". C’est vraiment ça, un univers qui mélange le film fantastique, il est très proche du cinéma muet, des premiers films en noir et blanc, des films de Borzage, de Murnau. Il aime les visages, il tombe amoureux. Comme un peintre, il a les visages expressifs…
 
Et toi ? Quels sont tes modèles, tes références ?
Je ne connaissais pas Bresson avant de tourner ce film, j’ai découvert et j’ai adoré. J’aimerais, à mon époque, jouer des rôles comme Bette Davis dans "Eve", je n’aurais pas peur de me salir. Et sinon, si j’ai la chance de films demain encore des films, j’ai envie de faire de belles rencontres.


 

Si demain on te dit, Camille, tu peux jouer avec tel acteur ou tourner avec tel réalisateur, tu penses à qui en premier?
Leos Carax, je rêverai d’avoir un rôle avec lui! Mike Leigh, le réalisateur anglais… Et des cinéastes indépendants, Dan and Joshua Safdie, qui sont américains, ils ont fait un film magnifique, "Lenny and the kids". Mon papa est anglais, j’ai un lien très fort avec l’Angleterre, j’adore le cinéma social anglais, la musique anglaise, j’aimerais jouer en anglais.
 
Un mot à nos Paulette ?
Il y a tellement de choses à vous dire les Paulette… Profitez de chaque instant, vivez dans la joie… La joie, la joie, la vie est dure mais belle. Il faut assumer tous les jours qui on est, et surtout, prendre une bonne dose de rire tous les jours! Et dansez ! Faites des auto-teufs, ça fait extrêmement du bien. 
 
Les auto-teufs ? C’est quoi ce concept ?
 

Je conseille ça à toutes les femmes. Une fois seule chez soi, on est énervées à cause du travail, de l’amour, de l’argent, on met la musique à fond, par exemple ABBA et là, on danse seule ! 

 
LOW LIFE, de Nicolas Klotz et Elisabeth
Perceval
Sortie le 4 avril 2012

Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *