TALENT D’ACTRICE : ASTRID BERGÈS-FRISBEY

Photos de Sébastien Vincent pour Paulette magazine. Merci à l’Alba Opera Hotel.
 
Elle est belle, sensuelle et sympathique. Elle, c’est Juliette mais surtout l’actrice Astrid Bergès-Frisbey. Après avoir joué Suzanne dans le film de Rithy Panh, Un barrage contre le pacifique, on la retrouve cette fois-ci dans la peau d’une jeune femme de 25 ans entre deux amants, deux parents, deux choix de vie… De Paulette à Juliette, il n’y a qu’une interview…
 
Paulette : Comment es-tu arrivée sur le film Juliette ? Comment ça a commencé ?
Astrid : Un ami m’a appelé un jour en me disant : "Voilà, j’ai un pote qui a notre âge, qui a écrit un scénario et qui pense à toi. Est-ce que je peux lui donner ton email pour qu’il t’envoie son scénario ?". On s’est rencontrés au mois de novembre, il y a deux ans. J’étais frappée par le fait qu’il puisse dresser le portrait d’une jeune femme alors que c’est un réalisateur – et souvent, les hommes écrivent sur des personnages plutôt masculins que féminins. Là, ça m’intriguait.

Il n’a pas fait d’école, je voulais savoir d’où il venait, il fait très jeune en plus, il a 6 mois de moins que moi et il fait encore plus jeune que moi ! C’était frappant. Je me souviens avoir appelé mon agent en sortant des essais, je lui ai dit : "Écoute, je ne sais pas ce qui va se passer mais je rêve de bosser avec lui ! Il a tout compris". Très peu de temps après, on a fait à nouveau des essais, il y avait une effervescence, on a décidé de se faire confiance et on a enchaîné sur les décisions, la préparation, le tournage.

 
Est-ce que tu peux nous décrire Juliette, qui est-elle ?
Juliette a 25 ans, elle a fait des études en finance, elle n’a pas trop réfléchi après le bac. Elle ne savait pas vraiment où ça allait la mener. Juliette, le film, c’est une tranche de vie de cette femme là. Ce moment-là, où elle a fini ses études, une espèce de ligne droite, elle ne sait pas ce qu’elle veut faire exactement. Elle est dans une phase de sa vie où elle ne sait pas ce qu’elle veut devenir, ni comment, ni pourquoi. Elle ne veut pas s’enfermer dans une voix. Après, elle écrit, elle a des facilités pour écrire. Elle n’a plus sa mère, partie aux États-Unis. Elle a nourri un imaginaire autour de sa mère, et dans le film, on la voit écrire une histoire, elle va reprendre un manuscrit qu’elle a écrit petite, l’histoire d’une petite-fille aux États-Unis qui vit dans les semi-remorques de ses grands frères. Elle a beaucoup de frères. Elle a été élevée par son père, il a un certain âge.

C’est un père qui a choisi le moment parfait pour avoir des enfants, il les a élevés tout seul. C’est la petite dernière, ma sœur dans le film c’est Élodie Bouchez. Juliette a ce truc de petite dernière, que l’on protège. Elle a eu une éducation, elle vient d’un milieu aisé. Son père a une patience incroyable, il la soutient, il la guide. J’adore cette relation avec son père dans le film. C’est une fille hyper entière, possessive, pleine d’énergie et un esprit flottant à ce moment-là de sa vie. Comment gère-t-elle sa vie sentimentale ? Si on se met du point de vue des garçons, on se dit : "Mais elle est atroce cette fille !". Mais comme on la suit depuis le début, on comprend, elle est assez honnête. Elle veut vivre sa vie à fond. C’est quelqu’un qui ne se prend pas la tête.
 

"J’ESTIME ÊTRE QUELQU’UN RAVAGÉ PAR LES DOUTES"
 
Est-ce qu’elle te ressemble Juliette? Est-ce un peu toi que l’on vient de décrire ?
On se retrouve sur certaines choses, oui. Certaines personnes font le parallèle avec le fait que j’ai perdu mon père assez jeune… Mais dans le caractère, on est vraiment différente. Par exemple, je ne suis pas du tout possessive, je peux être très patiente. Même si on a le même âge, on n’est pas au même stade dans nos vies. J’estime être quelqu’un ravagé par les doutes. Ce sont des moments où l’on va chercher au fond de soi des solutions. J’ai beaucoup d’affection pour mon personnage, Juliette. Avec le recul, je l’ai vraiment aimée Juliette. Elle m’a appris beaucoup de choses. Dans ses extrêmes de caractère entre elle et moi, j’ai vu l’autre côté. C’est génial quand on fait ce métier, on se retrouve à jouer des personnages loin de soi, on apprend, on ressent. Physiquement, il n’y a pas d’artifices, elle n’est pas maquillée, oui là on se ressemble! On peut se dire que j’y suis allée comme ça, alors que l’on a beaucoup travaillé.

 
Comment as-tu préparé ce rôle? 
On a travaillé en équipe, avec Pierre Godeau, le réalisateur, et les autres comédiens. Je suis allée visiter les décors, j’avais des discussions sur les costumes. Je n’ai pas énormément d’expérience mais dans le regard de Pierre, j’en avais beaucoup. Il me posait pas mal de questions pour ne pas me décevoir, c’était tellement agréable. Je faisais pareil, il avait voulu sa Juliette, il m’a fait confiance, on a eu une belle motivation pour ne pas décevoir l’autre. On a donné le meilleur, j’espère que ça se sent dans le film.
 
Es-tu aussi cruelle avec les hommes?
Non, je ne pense pas. Je n’ai pas cette facilité à sauter d’un truc à l’autre, aussi facilement. Mais je ne critique pas. Pour moi, Juliette est une femme d’aujourd’hui, moi je ne le suis pas. C’est très drôle car là, pour cette interview, on est juste avant que le film sorte. Tout le travail est fini, on a commencé une espèce de deuil, on est dans un moment où c’est génial car on va pouvoir se libérer et donner ce travail au public… Mais en même temps, on ne l’a plus pour nous tout seul ! Je me dis que j’ai vécu avec Juliette et maintenant, elle va appartenir aux gens… (Rires).
 
Tu as 27 ans, comment se sont passés tes débuts au cinéma, quand tout a commencé pour toi ?
J’étais en cours d’Art Dramatique à Paris. Je me destinais vraiment à être actrice, j’y travaillais. À un moment donné, j’ai trouvé un casting sur internet sans vraiment chercher quelque chose en particulier. Je suis allée sur une plateforme, en sachant qu’il n’y a jamais vraiment rien pour des emplois lambdas. De façon incroyable, j’ai décroché un film via ça ! C’était un film où après j’ai été coupée au montage. Un film de Jean-Jacques Annaud, pas rien donc… Ma scène a été coupée mais ça m’a donné une carte, ça m’a permis d’avoir un agent. Par la suite, j’ai eu la possibilité d’aller à des castings et c’est un âge où toutes les portes sont ouvertes !

 
Si tu nous parlais un peu plus de toi ? Tu es née à Barcelone. On te connaît aussi un peu comme mannequin. Comment as-tu combiné toutes ces casquettes avec ton arrivée à Paris ?
Je suis arrivée en France, à Paris, quand j’étais enfant. Très vite, on est partis vivre en Charente maritime. Je suis revenue sur Paris il y a 10 ans environs. Ça, c’est pour la situation géographique ! Non, sinon, je ne suis pas mannequin ! Ce n’est pas une critique. J’ai fait une publicité, pour une marque de vêtements, French Connection. Ils cherchaient une jeune comédienne française. C’était sous la forme de petits films, avec du second degré. Ils ne voulaient pas "juste" une mannequin mais une comédienne qui voulait jouait, participer. On m’a collé cette étiquette de mannequin, on m’a même posé des questions en me demandant si c’était mon expérience de mannequin qui m’avait permis psychologiquement de pouvoir décrocher des films… Je ne critique pas du tout ce monde-là, je trouve que certains mannequins sont admirables mais ce n’est pas du tout mon parcours. C’était rigolo à faire, après c’était il y a longtemps !
 
Quel est le vêtement que tu préfères de ton dressing ?
Ma pièce que j’adore, je le dis tout le temps, mais le jour où elle sera trop usée pour que je la porte j’en serai malade… C’est l’ancienne veste d’uniforme de ma mère de chez Chanel. Elle est coupée hyper bien. La veste a 15 ans, on a le même gabarit. Elle me l’avait donnée il y a des années, 9 ans environs. Elle est géniale cette veste, elle va avec tout, elle a de grandes poches.
 
Quels sont tes projets ?
J’ai tourné un film cette année, il sortira l’année prochaine. C’est un film indépendant américain, d’un réalisateur qui avait fait Another Earth. Il s’appelle Mike Cahill. On a tourné à New York. Je ne peux pas encore trop en parler, juste que le rôle principal c’est Michael Pitt (l’acteur qui a incarné Kurt Cobain, ndlr).
 
Dernière question, si je te dis Paulette, tu penses à quoi ? À qui ?
Toutes les Pauline, je les appelle "Po’". Donc Paulette… C’est déjà un joli prénom. Et c’est chouette car les Paulette, vous avez un univers très pastel, ça matche bien avec ce prénom.
 
>Juliette, de Pierre Godeau
Sortie le 17 juillet

 

BONUS
 
Paulette vous offre 2 x 5 places de cinéma pour assister au film Juliette. Les gagnants seront tirés au sort parmi la bonne réponse en commentaire à la question suivante : Quel groupe interprète la chanson dans la bande-annonce du film ?

Concours clos : Bravo à Clémence, Marlone, Leops, Lucie et Laura.

 
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