TALENT D’ACTRICE : ANNE AZOULAY

Photo, Pauline Darley pour Paulette

Belle, élancée et sensible, elle se veut aguicheuse et obstinée dans son personnage de jeune étudiante obsédée par le regard des autres. Interview-réflexion sur la femme d’aujourd’hui et l’image de soi… 

 
Paulette : Quel chemin t’a mené à Léa ?
Anne : Mon parcours est plutôt classique, quoi que non (rires) ! Enfin il débute de façon classique avec des cours à l’école de la rue Blanche à Paris. Ce qui est un peu moins classique, c’est mon départ rapide de cette école, l’enseignement ne me plaisait pas et j’ai donc très vite commencé à travailler au théâtre, pour la télévision, le cinéma. Après, c’est une histoire de rencontres et une question de travail tout simplement. 
 
Dans Léa, tu joues une jeune femme à mi-chemin entre Sciences-Po et un club de strip-tease, comment le rôle est-il venu à toi ? 
Bruno Rolland m’a proposé le rôle alors qu’il n’existait pas encore puisque voulait qu’on l’écrive ensemble. L’idée du film lui est venue en rencontrant une strip-teaseuse. Je savais dès le début que ce rôle était pour moi.


Quelles sont les scènes qui t’ont le plus marqué ? 

Au moment de l’écriture, les scènes avec la grand-mère me touchaient particulièrement car j’ai eu moi-même une grande tante atteinte d’Alzheimer et dont j’étais très proche. Le film lui est dédié d’ailleurs. 
 
Comment s’est déroulé le tournage ?
C’était un tournage assez facile et ludique même si le film est violent. D’une façon générale, je me suis amusée à interpréter Léa, et les scènes avec Ginette Garcin (qui joue la grand-mère de Léa, ndlr.) étaient formidables. On a beaucoup rigolé entre les prises. 
 
Et les scènes de strip-tease ?
Il y a eu une grosse préparation avec la chorégraphe Chris Gandois. La scène à la barre, la première scène du film, était la plus difficile pour moi car je ne suis pas danseuse, et même si j’y étais préparée, me retrouver seule en piste avec tous ces hommes qui regardaient, c’était très difficile. Donc un vrai trac. Une vraie peur. Mais je savais que Bruno Rolland allait bien filmer et que je n’étais pas face à artiste voyeur, il n’y avait pas de souci de ce côté-là. 
 
Léa est en quête de liberté, elle est vivante, caractérielle aussi, est-ce qu’il y a une part de toi en elle ? 
Dans son côté révolté, rebelle, certainement ! Son côté antipathique je n’espère pas (rires). La grosse différence entre nous c’est que Léa rêve, fantasme sur ce qu’elle pourrait être et se perd. Moi, lorsque je rêve, je sais très bien que c’est irréel donc j’aime bien rêver ! Forcément lorsque l’on joue, on prend beaucoup de soi, sinon ça serait raté !

 
Tu parlais du regard des hommes, quelle image de la femme est véhiculée dans Léa ? 
Je pense que c’est une image de femme qui peut véritablement déranger. C’est une femme qui se prend en main, qui se joue de l’image qu’on s’exténue de donner à la femme, du cadre dans lequel on tente de l’enfermer. C’est une fille qui décide à un moment de dire : "Ok, je vais tirer profit de ma féminité, je vais faire de l’argent". Je trouve ça vraiment intéressant et ça dérange beaucoup. Une femme forte, ça énerve j’ai l’impression, encore aujourd’hui ! Même si elle n’a pas choisi le bon chemin, Léa est une fille courageuse.
 
As-tu eu des problèmes avec le fait de tourner souvent nue mais surtout à vif ? 
Non ce n’était pas difficile, c’était intéressant car je ne suis pas torturée moi-même, et cette fille, Léa, je l’aime tellement ! La nudité je m’y suis préparée pour que ça ne soit pas un problème, comme quoi on peut avoir des enfants et faire en sorte que ça ne soit pas un souci. Des gens ont dit : "Mais elle ne peut pas le faire, elle a un enfant…". Je ne voyais pas le problème ! 
 
Quels sont tes futurs projets ?
Je serai à l’affiche de L’Exercice de l’Etat de Pierre Shoeller à la rentrée avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou… Très bon film politique. J’ai un beau rôle, vous verrez… et puis du théâtre, je vais faire un texte, Nathan et le sage, classique mais avec pas mal d’échos, une jolie pièce à découvrir. Sinon, Bruno Rolland m’a parlé de deux projets d’écriture à venir.
 
Un mot à nos Paulette ?
Les filles, gardez la tête haute ! 
 
LÉA :: BRUNO ROLLAND
avec Anne Azoulay, Ginette Garcin, Eric Elmosnino…          
Actuellement en salles
 
 
 
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *