TALENT D’ACTEUR : YANNICK CHOIRAT

Photos de Michael Luppi pour Paulette Magazine

Brillant acteur de théâtre, on a vu Yannick Choirat dans les séries "Vous les femmes" et "Caméra Café". Actuellement à l’affiche de De rouille et d’os d’Audiard il nous a parlé un peu théâtre et beaucoup de cinéma.

Retenez bien son nom, parce qu’avec autant de charme et de talent, il se pourrait qu’on le voit, de plus en plus souvent !
 
Paulette : Yannick, comment as-tu fait partie du film De rouille et d’os ?
Yannick : Ça s’est fait par casting. Après un premier essai, j’ai rencontré Jacques Audiard. Là, tu te retrouves à regarder tes propres essais avec lui à tes côtés, qui les commente, qui analyse. Il rythme tout, il travaille beaucoup à l’oreille, il est impressionnant.

 

Quel rôle as-tu ?
J’ai une courte scène, je joue Simon, l ‘homme avec qui le personnage de Marion Cotillard vit au début. C’est vraiment un beau film, sur les coups et les blessures qu’on s’inflige. Le travail de l’image y est remarquable.
 
Comment s’est passé le tournage?
C’était à Nice, la lumière d’hiver sur la côte d’Azur était vraiment très belle. Ce n’était qu’une journée de tournage pour moi, donc je n’ai pas eu vraiment le temps de me rendre compte, ça t’oblige à aller à l’essentiel. Il faut réussir à équilibrer pression et plaisir. Au final, bien sûr c’est du plaisir. Jacques Audiard est quelqu’un de disponible, à l’écoute des propositions, même sur un petit rôle comme le mien, il te laisse une marge de manœuvre. Le personnage doit être là, d’emblée, parce qu’ensuite on ne va plus le voir. L’ambiance de tournage était studieuse; j’avais une sensation d’artisanat, au sens noble du terme. C’était une sorte de "concentration artisanale".
 
 
"L’AMBIANCE DE TOURNAGE ÉTAIT STUDIEUSE, IL Y AVAIT BEAUCOUP DE CONCENTRATION"

Et jouer face à Marion Cotillard, qualifiée d’icône, ça fait quoi ?
C’est une bosseuse, elle était très concentrée. Mais encore une fois, j’ai eu peu de temps. Je suis arrivé, je n’avais qu’une scène. Elle, elle y travaillait depuis un moment, elle était déjà dans son rôle, dans l’aventure du film.
 
Comment as-tu commencé le cinéma ?
J’ai eu un rôle en 2005 dans "J’attends quelqu’un", de Jérôme Bonell, c’était ma première expérience. Ensuite, j’ai joué dans les quatre saisons de la série "Vous les Femmes", et j’ai eu le rôle de Rémy dans la nouvelle version de "Caméra Café". C’était un vrai exercice de style, ça m’a beaucoup appris. Et j’ai un très bon agent, ça aide beaucoup.

 

Quels sont tes projets?
À la rentrée, je serai à l’affiche de "Télégaucho", de Michel Leclerc, comédie sociale autobiographique (voir notre numéro 4 Paulette, "Présidentiel", ndlr.). J’ai aussi un projet au théâtre et je continue à passer des castings. On m’a proposé des séries dans le registre policier, mais en France, on n’est pas forcément très doués pour ça.

On donne peu l’occasion aux scénaristes de développer des choses originales. On se retrouve à faire un peu toujours la même chose. J’aimerais me retrouver dans un univers un peu plus novateur. J’aspire aussi à un rôle plus complexe, pas que des figures.
 

Tu préfèrerais te consacrer au cinéma ou au théâtre?
J’aimerais concilier les deux, dans l’idéal. J’ai une formation théâtrale (Yannick sort du TNS, une des écoles de théâtre les plus prestigieuses), je me suis retrouvé dans des expériences de théâtre très fortes, où je jouais pendant dix heures. Au cinéma, tu ressens plus le sentiment de solitude, à part si tu restes vraiment longtemps sur un tournage. Une troupe de théâtre ce n’est pas pareil.

Mais j’espère quand même continuer le cinéma, j’aime vraiment ça. Par contre, avoir fait du théâtre me permet de mieux décortiquer un scénario, d’avoir un regard plus critique sur la construction par exemple.

 

Après avoir joué pour Jacques Audiard, on devient plus exigeant du coup… ?
Bien sûr, je suis ravi d’avoir travaillé pour lui. Mais j’aime travailler avec d’autres personnes aussi, chaque tournage est différent et t’apporte de toute façon quelque chose. C’est ma nature optimiste qui me fait penser ça.
Il y a beaucoup de réalisateurs que j’apprécie: James Gray, Fatih Akin, ou encore le réalisateur iranien de "Une Séparation", Asghar Farhad… J’ai aussi l’envie de travailler avec de jeunes réalisateurs. J’ai découvert Xavier Dolan par exemple, son film "J’ai tué ma mère" m’a beaucoup plu.
 
Un dernier mot pour les Paulette?
Paulette, c’est le nom de ma mère !
 
DE ROUILLE ET D’OS, de Jacques Audiard
Sortie le 23 mai 2012

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