TALENT D’ACTEUR : TONY HARRISSON

 
Dans 24 jours, un thriller retraçant la mise à mort d’Ilan Halimi, Tony Harrisson joue le rôle du bourreau, Youssouf Fofana. Dans la vraie vie, cet acteur de 33 ans est adorable, souriant et très cultivé. Il nous a accueilli dans son appartement du 18e arrondissement de Paris le temps d’une interview et d’une séance photo.
 
Paulette : Le fait divers de l’assassinat d’Ilan Halimi a profondément marqué la France. Dans le film, tu joues le “cerveau” du gang des barbares, qui torture et tue un juif. Qu’est-ce qui t’as poussé à accepter ce rôle ?
Le défi d’arriver à jouer un personnage qui existait dans la vraie vie qui plus est un méchant. Ce n’est pas un rôle évident mais j’ai essayé d’être le plus juste et le plus crédible possible.
 
C’est aussi un rôle qui suscite beaucoup d’interrogations, de peurs, même des envies de vengeance. En as-tu conscience ?
Quand on joue un rôle de méchant, c’est pour que le spectateur y croit. Un acteur doit pouvoir jouer tous les personnages même comme celui de Youssouf Fofana.
 
Est-ce que tu avais suivi le fait divers en 2006 ?
Bien sûr, j’ai été très touché par l’affaire d’Ilan Halimi. J’ai vécu à Sarcelles jusqu’à mes 18 ans. Cette ville regroupe une cinquantaine d’ethnies et une très forte communauté juive y vit. J’ai grandi au sein d’une grande mixité sociale. Je faisais Shabbat avec mon pote Jacob et on passait voir Rachid pendant le Ramadan. Ce crime antisémite m’a extrêmement choqué.  
 
Dans le film, tu es l’incarnation de la folie, de la haine, de la violence, et tu arrives parfaitement à transmettre ces émotions.Comment t’es-tu mis dans la peau de Youssouf Fofana ?
Je me suis beaucoup documenté sur l’affaire pour avoir assez d’informations sur la personnalité de Youssouf Fofana. Je n’ai pas voulu faire le lien entre la réalité et le personnage de fiction. Ce film n’est pas un documentaire mais un vrai thriller. J’ai essayé de concentrer toute la haine, la colère et la folie en moi pour incarner mon personnage.
 
“À l’écran, je ne me suis pas reconnu.”
 
Qu’est-ce que ça t’a fait de te voir jouer ce rôle au cinéma ?
Pendant la projection, j’ai eu un point de côté tellement j’étais happé par l’histoire. Ce film est très émouvant et nous renvoie beaucoup d’émotions. Je ne me suis pas reconnu et je me suis dit “J’espère qu’il vont l’attraper et le tuer” en me voyant à l’écran.
 
Si tu devais garder un seul souvenir du tournage. Lequel choisirais-tu ?
La scène de fin que je joue avec Syrus Shahidi (qui interprète le rôle d’Ilan Halimi, ndlr) reste assez marquante. À la fin, on s’est pris dans les bras. C’était très fort.
 
Peux-tu me parler de ton parcours ?
J’ai commencé au cinéma à l’âge de 17 ans dans le film La Squale, pour lequel j’ai obtenu le prix d’interprétation du meilleur espoir au festival de Paris en 2001. Ça m’a permis d’acquérir une certaine crédibilité. Mon expérience s’est poursuivie au théâtre où j’ai joué Le Costume et Tierno Bokar, des pièces de Peter Brook, dans plus de 50 pays. J’ai fait une trentaine de films depuis.
À côté de ça, j’écris beaucoup. J’ai crée un groupe de Rock / Hip Hop qui s’appelait Tony et les Cyclopes. Mes chansons ont été utilisées pour le cinéma et à la télévision.
J’ai co-écrit le court métrage Brouillard avec Cecilia Mazur que je vais réaliser cette année.

 
Dans les mois à venir, tu vas jouer des personnages très différents. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Oui, ce qui est génial dans ce métier c’est de pouvoir vivre des expériences totalement différentes. Par exemple, dans le film Fièvres d’Hicham Ayouch (en salles le 28 octobre 2014), j’incarne Claude, un poète anarchiste, qui va se lier d’amitié à un jeune garçon. C’est un personnage très solaire. Puis dans le film Mon Amie Victoria, une adaptation du livre de Doris Lessing réalisé par Jean Paul Civeyrac (en salles prochainement), je joue le personnage de Sam un musicien qui vit une histoire d’amour avec l’héroïne du film.
 
Que dirais-tu à nos lectrices pour les convaincre d’aller voir 24 jours ?
Les acteurs sont excellents. C’est rare de voir un thriller aussi captivant en France. Même si le film est tiré d’un fait réel, on apprend quelque chose, un message universel.
 

> 24 Jours – La Vérité sur l’Affaire Ilan Halimi d’Alexandre Arcady
Avec Zabou Breitmam, Pascal Elbé, Jacques Gamblin, Tony Harrisson, Syrus Shahidi
Sortie en salle le 30 avril 2014
Partager sur :

Vous pourriez aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *