TALENT D’ACTEUR : STANLEY WEBER

Photo, Élodie Daguin pour Paulette

À 26 ans, Stanley Weber a une formation de comédien qui en ferait pâlir plus d’un : les cours Florent, le Conservatoire National de Paris, la London Academy of Music and Dramatic Art… Un moyen pour lui de s’affranchir définitivement de son patronyme et de se dissocier de son père, Jacques Weber.

Après avoir fait ses preuves au cinéma dans "Le Premier jour du reste de ta vie" de Rémi Besançon et à la télévision dans "Louis XV, le soleil noir", Stanley Weber confirme qu’il est également à l’aise sur les planches en jouant dans la pièce "César, Fanny, Marius" mise en scène par Francis Huster.
Autre rôle, autre époque, vous pourrez le découvrir dans la série Borgia de Tom Fontana (réalisateur de Oz) sur Canal + qui relate les aventures de cette famille à la réputation sulfureuse dans l’Italie du XVème siècle.


Paulette : Tu interprètes le rôle de Juan Borgia dans la série de Canal+, fils de l’avide et cruel Cardinal Rodrigo Borgia, futur pape Alexandre VI. Peux-tu nous parler un peu de ton personnage ?

Stanley Weber : Ah, c’est une question épineuse ! J’aurais beau décrire mon personnage de différentes façons, certains téléspectateurs trouveront toujours que ce que je dis ne colle pas avec ce qu’ils voient à l’écran… Mais disons que mon personnage est un gros psychopathe. C’est un jeune gars qui se retrouve propulsé à un poste avec beaucoup de responsabilités, qui requerrait a priori beaucoup de sagesse et de rigueur. Sauf qu’il n’a ni l’une ni l’autre…. Il est plutôt du genre orgueilleux et fougueux. Quand il veut quelque chose, il fait tout pour l’obtenir, sans jamais se poser de questions. Il ne jure que par la jouissance immédiate.
 
Ça doit être agréable à jouer comme personnage n’est-ce pas ?
Carrément, en tant qu’acteur on ne peut pas rêver mieux. Juan Borgia ne se fixe aucune limite, il fait ce qu’il veut où il veut et quand il veut, c’était juste un pur plaisir que de l’incarner ! Sans compter qu’avec le temps, Tom Fontana, qui commençait à vraiment bien nous connaître, réécrivait nos scènes en fonction de nos jeux d’acteurs. Vers la fin du tournage on avait donc des rôles taillés presque sur mesure.
 
Y aura-t-il une suite ? Ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin…
On espère ! Le désir d’une deuxième saison est palpable, aussi bien chez les acteurs que chez les producteurs ou scénaristes. Les volontés sont là mais après tout est une question d’audience. Cela ne dépend malheureusement pas de nous.
 
 
 
La série, bien que retransmise en France, a été tournée en anglais pour faciliter une diffusion à l’international. Cela n’a pas été un problème pour toi ?
Non pas du tout. Lorsque j’étais étudiant au Conservatoire National Supérieur à Paris, j’ai choisi de faire ma deuxième année d’études à Londres. Là bas, j’ai eu la chance de tourner dans le film "Murder on the Orient Express" et de jouer dans la comédie de Shakespeare "Much Ado About Nothing". C’est à ce moment là d’ailleurs que j’ai passé le casting pour Borgia. Pour moi, jouer en anglais représente une sacrée opportunité, un moyen de tracer un sillon et de m’améliorer pour pouvoir travailler à l’international. Ce n’est pas du tout une stratégie, car je déteste ça, mais j’avoue que si l’occasion se présente un jour, une carrière à l’étranger me plairait beaucoup.
 
Le tournage s’est déroulé à Prague, une ville choisie pour ses nombreux châteaux et son architecture d’époque. Qu’as-tu pensé des décors et des costumes ?
J’ai été bluffé par le travail effectué à l’intérieur du Martinic Palace, un ancien hôtel abandonné et transformé pour l’occasion. L’équipe de décoration y a créé des décors tellement sublimes qu’au final on a même décidé de garder l’endroit si jamais une saison 2 voyait le jour… En ce qui concerne les costumes, je peux dire que j’étais comme un gamin ! Quand on te met une épée autour de la taille et que tu portes une armure toute la journée, tu es obligé d’être surexcité ! Et puis mes vêtements étaient tous trop stylés, je les adorais ! Quand on me mettait une chaîne en or autour du cou ça me faisait sentir trop puissant… ça m’aidait à rentrer dans mon rôle plus facilement et à incarner le chef "bling bling".
 
As-tu quelques anecdotes de tournage ?
Je ne connaissais aucun acteur, j’étais le seul Français mais, dès le début, il y a eu une grande complicité entre toute l’équipe. Je me suis notamment très bien entendu avec Mark Ryder qui interprète le rôle de mon frère dans la série, Cesare Borgia. Un mois et demi à peine après le début du tournage on décidait de se mettre ensemble en colocation ! Ça faisait faire des économies à la production et nous ça nous permettait de bien nous marrer ! On s’est tellement bien entendu que ce week-end, quand il est venu à Paris pour faire la promotion de la série, il a squatté chez moi. On en a profité pour regarder la Coupe du monde de rugby, il est Irlandais donc clairement on ne soutient pas la même équipe mais on a bien rigolé quand même…
 
Quels sont tes prochains projets ?
Je viens de tourner avec Claude Miller dans le film Thérèse Desqueyroux aux côtés de Gilles Lelouche et Audrey Tautou. J’ai aussi joué dans Trap for Cinderella de Iain Softley et en janvier 2012 j’attaque L’Épreuve de Marivaux au Théâtre de l’Ouest Parisien à Boulogne-Billancourt.
 
Une dédicace à Paulette ?
C’est drôle, Paulette ça me fait penser aux chattes de ma mère ! Elle en a deux, une qui s’appelle Denise et une autre qui s’appelle Eh Paulette. Donc je pense que c’est une très bonne dédicace de vous dire qu’une de nos chattes s’appelle Eh Paulette. Non ?
 
 
> BORGIA, une série de Tom Fontana
Avec John Doman, Mark Ryder, Isolda Dychauk
Diffusion à partir du 10 octobre sur Canal+
 
 
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