TALENT D’ACTEUR : GUILLAUME GOUIX

Guillaume Gouix photographié par Léo Delafontaine pour Paulette.

Guillaume Gouix est le genre d’acteur atypique qui réussit à vous captiver rien qu’avec un regard.

À la fois sérieux et rieur, l’acteur a un petit quelque chose en plus qui lui permet de s’adapter à toutes les situations. Donnez-lui un rôle excitant à jouer et il vous le rendra bien, dans la fraîcheur et dans la vérité, toujours. Mais les projets fades et sans saveur, très peu pour lui. Remarqué dans Les Hauts murs, Copacabana, Belle Épine et récemment dans Poupoupidou, Guillaume Gouix a fait du chemin depuis son école de théâtre à Cannes, au point de décrocher le premier rôle dans Jimmy Rivière, en salle le 9 mars prochain. À la terrasse d’un café parisien, il a accepté de répondre à nos questions, sans chichis, au point parfois d’en oublier l’interview.

 
Paulette : Guillaume, tu seras bientôt à l’affiche de Jimmy Rivière, un film dans lequel tu tiens le premier rôle…
Guillaume : Un premier rôle qui n’était pas prévu au départ ! Il faut savoir que Jimmy Rivière est un film qui s’intéresse aux gens du voyage et à leur mode de vie un peu particulier. Pour interpréter le personnage de Jimmy, Teddy Lussi-Modeste (le réalisateur) voulait donc travailler avec quelqu’un du milieu pour que le jeu soit criant de vérité. Il n’envisageait pas de faire appel à un acteur. Finalement, il m’a proposé le premier rôle. Une opportunité en or ! J’adorais le mec, j’adorais le projet et j’adorais mes partenaires (Serge Riaboukine, Hafsia Herzi, Béatrice Dalle…), j’ai donc tout de suite accepté, même si après ça signifiait que je renonce à d’autres projets car je devais m’entraîner dur à la boxe…

T’entraîner dur à la boxe ?
Oui, dans le film je joue le rôle d’un gitan qui se convertit au pentecôtisme sous la pression de sa communauté et qui est obligé de renoncer à ses deux amours : la boxe thaï et Sonia, sa petite amie. Si je voulais rendre la chose un minimum crédible, il fallait absolument que je sache boxer ! J’ai passé quatre mois à m’entraîner avec André Zeitoun, un ancien boxeur thaï. Un vrai calvaire ! (Rires) Au final, l’illusion est réussie, mais ils ont dû bien se marrer au montage. À mon avis, il y a eu un gros travail de fait avec les rushes… (Rires)

Tu viens d’évoquer le pentecôtisme, peux-tu en dire davantage sur ce sujet ?
Dans Jimmy Rivière la religion tient une place très importante. Si mon personnage se convertit au pentecôtisme c’est parce qu’il aimerait trouver la foi, comme sa mère et sa sœur l’ont trouvée avant lui… mais si dans les faits cela paraît simple, la réalité est bien différente ! Il est toujours dans la dualité, sans cesse en train de jongler entre le calme et la nervosité, la religion et ses anciens démons.

Mais ce n’était pas trop dur justement de jouer ce personnage d’écorché vif, qui devient même un peu fou parfois ?
Ça me venait naturellement… Je prends vraiment mon pied à jouer, je n’ai pas de méthode particulière pour faire ressentir telle ou telle émotion, je n’écoute pas d’opéra pour pleurer, je ne suis pas du genre "tiens je vais aller couper des arbres pour jouer un bûcheron", ce n’est pas du tout mon trip. J’essaie d’être vrai, c’est tout. Ce que j’adore au cinéma, c’est jouer avec ce qui se passe. Quand il y a des erreurs de textes ou des mecs qui tombent, je trouve que ça crée du présent. Si tu as assez de réactivité pour jouer avec ça, alors c’est là que surgissent les moments de grâce. Et puis de toute façon, pour jouer la folie ou l’émotion, les partenaires sont là pour t’aider, on s’appuie les uns sur les autres. Pareil pour les scènes d’amour.
Pyramide distribution

D’ailleurs dans le film il y a une scène plutôt torride avec ta partenaire Hafsia Herzi…
Elle est sauvage cette scène, hein ?

Assez oui !
Le truc avec Hafsia c’est qu’on se connait depuis très longtemps donc même si c’était un peu étrange au début, on s’est vite impliqués dans nos rôles respectifs, ça devait paraître naturel, surtout dans Jimmy Rivière qui est un film très sincère… Bon, il est clair que je suis attiré par ce genre de cinéma d’auteur qui met l’accent sur l’authenticité, mais pas que : j’aime aussi Les Bronzés et Tout ce qui brille, des films qui me font bien marrer ! J’ai d’ailleurs joué dans la comédie Et soudain tout le monde me manque, un film qui sortira le 20 avril avec Géraldine Nakache, Michel Blanc, Mélanie Laurent…

Tu y joues quel rôle ?
Je joue celui qui a une histoire d’amour avec Mélanie Laurent.

Ah oui quand même !
Et ouais ! (rires)

On peut avoir des détails ?
C’était beaucoup moins sauvage qu’avec Hafsia, cette fois il y avait davantage de sentiments, je devais être plus tendre… D’ailleurs, j’ai trouvé ça beaucoup plus difficile à jouer ! Par exemple, la scène d’amour : imagine, t’es tout nu devant l’équipe de tournage, t’es à fond dans ton rôle – t’es au lit avec Mélanie Laurent quand même – mais à la fin de la séquence, t’as les mecs qui te disent "coupez !".  Et bien ce moment précis, c’est le pire qu’il puisse exister, c’est là où tu prends vraiment conscience du ridicule de la situation et que tu te sens très seul ! (Rires)

Dans Belle
Épine, tu jouais un motard plutôt dragueur, dans Jimmy Rivière on peut dire que ton personnage est très sensuel et là, tu m’annonces que tu as tourné une scène d’amour avec Mélanie Laurent. Guillaume Gouix, un acteur sexy ?
Sexy ? (Il rougit) C’est la première fois qu’on me dit ça, je ne sais pas… C’est vrai qu’il faut toujours trouver des qualificatifs aux acteurs, en ce qui me concerne c’est souvent "le baroudeur"…mais jamais "sexy"… En même temps, ça ne me dérangerait pas du tout… Je trouve ça très flatteur !


Si on veut vraiment parler de qualificatifs, rappelons que Télérama a quand même dit de toi que tu étais "le jeune héritier d’Al Pacino" suite à ta prestation dans Jimmy Rivière…
Oui, c’est vrai, là encore c’est très flatteur. Ça me fait vraiment plaisir, surtout que j’adore Pierre Murat, le critique qui a écrit ça. Je suis heureux qu’il apprécie mon boulot, ça me touche.
 
Et une carrière à l’américaine comme Al Pacino, ça ne te tenterait pas ? En plus tu viens de tourner dans le dernier Woody Allen, Midnight in Paris ? 
(Rires) Oui c’est vrai, mais bon ce n’est qu’un tout petit rôle, je ne fais qu’une brève apparition. Pour moi la nationalité n’est pas très importante, j’aime simplement travailler avec des gens doués, vrais et entiers, que j’apprécie. Français, Américains… peu importe au final.

Des exemples de gens vrais et entiers ?
Grégoire Leprince Ringuet, Anaïs Demoustier, avec lesquels j’ai tissé des liens d’amitié… J’ai l’impression qu’avec les gens de ma génération on vit dans le même monde, on parle de la même chose. Là je suis en train de réaliser un court-métrage et je me suis entouré d’acteurs que j’adore comme Swann Arlaud, qui joue dans la série Xanadou sur Arte, Fanny Touron, Michael Abiteboul, ça s’annonce très bien.

Quelle sera  l’histoire de ce court-métrage ?
Ce sera celle d’un jeune homme qui se fait agresser devant sa petite amie et qui après, bien qu’il soit fou d’elle, n’arrive plus à rester avec elle. Il se sent tellement humilié dans sa condition d’homme qu’il ne voit pas d’autre solution que de la quitter….

Ouh la, c’est tragique un peu ?
(Rires) Oui bon, c’est l’impression qu’on peut en avoir au début mais en fait pas du tout, le film sera très drôle.

Bonne chance pour ton court-métrage alors ! Pour conclure, une petite dédicace à Paulette ?
Bien sûr ! Paulette je trouve que c’est un chouette prénom, d’ailleurs ma grand-mère s’appelle Paulette alors c’est pour dire ! Sérieusement, continuez comme ça, et puis un conseil, allez voir Jimmy Rivière au cinéma !

JIMMY RIVIÈRE
Un film de Teddy Lussi-Modeste

Avec Guillaume Gouix, Béatrice Dalle, Hafsia Herzi,
Serge Riaboukine

Sortie le 9 mars 2011

Voir la bande annonce



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