« Moins acheter. Bien choisir. Faire durer. » est une des devises de Vivienne Westwood. Les Galeries Lafayette parisiennes ont lancé leur campagne « Changeons de mode » pour une industrie de la mode plus durable avec une conférence de la reine de la mode punk. Elle y a décrit son économie mondiale idéale et prouvé qu’elle était toujours aussi punk que dans les années 70.

Le changement climatique est bien là et beaucoup de consommateurs font plus attentions à ce qu’ils achètent. Du coup, de plus en plus de marques changent pour une production durable. Mais Dame Vivienne Westwood s’intéresse à l’environnement et l’avenir de la mode depuis des années. Il est donc logique qu’elle soit l’invitée des Galeries Lafayette pour lancer la campagne « Changeons de mode ». L’événement, qui s’est tenu le 4 septembre 2019 en compagnie de l’activiste américaine Kimberly Drew, fait suite à l’initiative Go for Good des Galeries entamée à l’été 2018.

Vivienne Westwood est une créatrice de mode célèbre depuis des dizaines d’années. De sa petite boutique à King’s Road à Londres, où elle a habillé les membres des New York Dolls et des Sex Pistols, elle a façonné la scène punk des années 70. Au cœur du mouvement, Westwood voit « la jeunesse et la colère contre l’âge ». Les jeunes en voulaient à la génération responsable de la guerre du Vietnam mais qui était toujours au pouvoir. Avec son compagnon de l’époque et manager des Sex Pistols, Malcolm McLaren, elle a utilisé les vêtements pour transmettre ses idées politiques.

Au cours de sa carrière de créatrice de mode, son style a évolué mais est toujours resté fidèle au punk. Elle n’a cessé d’utiliser sa plate-forme pour partager ses idées politiques et elle s’est notamment intéressée à la préservation de la planète. Vivienne Westwood a lancé un site web militant climaterevolution.co.uk pour partager ses réflexions, analyser et trouver une solutions aux problèmes environnementaux. Elle estime que tout le monde doit se soucier du changement climatique, car il impactera riche ou pauvre sans discrimination. Et si rien n’est fait, il sera bientôt trop tard. Elle conseille donc, entre autres, de réduire sa consommation ou de faire des achats responsables et de ne pas utiliser de voiture.

S’engager pour le climat

Westwood voit un problème principal dans le monde actuel, et c’est le « dollar pourri ». Les gouvernements ne cherchent qu’à faire du profit et le système crée de la pauvreté et de la criminalité. Et s’ils sont à l’origine du crime, les politiciens sont donc eux-mêmes des criminels. Elle n’a pas peur d’interpeller les dirigeants, que ce soient les suspects habituels comme Donald Trump et Boris Johnson ou des politiciens plus appréciés comme Barack Obama.

Vivienne Westwood a créé une bannière qui résume sa vision du monde pour son talk aux Galeries Lafayette. Au cœur de sa philosophie se trouve ce qu’elle appelle “1 World Rent. » Elle estime que les humains ne sont que des locataires sur Terre le temps de leur vie. Dans son monde idéal, la terre ne devrait ni appartenir aux individus (capitalisme) ni à tout le monde (communisme) mais à personne. On ne ferait que louer des terres à un gouvernement responsable qui détiendrait l’autorité et la confiance d’une démocratie et s’assurerait que la planète est protégée. Elle s’est penchée sur la manière de rendre heureux les agriculteurs et ceux qui vivent de la terre : ils ne se verraient pas retirer leur terrain et pourraient l’utiliser à perpétuité tant qu’ils le traitent avec respect.

Se battre pour le futur

Malgré les difficultés, Vivienne Westwood reste positive et continue de se battre. Elle se sent “terriblement fatiguée parfois,” elle est de nature optimiste et quand elle se sent possédée par une idée, elle se doit d’agir en conséquence. Elle a « beaucoup de raisons de vivre » et se soucie des autres. En fin de compte, elle « croit en la vie ». Les jeunes militants comme Greta Thunberg l’impressionnent. La jeune suédoise « est merveilleuse » et « sert la cause de la démocratie » en donnant un but aux gens.

Tout en appréciant la devise « réduire, réutiliser, recyler », elle veut se concentrer sur « réduire », en particulier dans la production de la mode. La saison prochaine, Vivienne Westwood réduira sa collection de moitié et la fera produire en Italie (l’essai au Royaume-Uni n’a pas été concluant) pour que moins de personnes doivent se déplacer. Si elle continue à travailler dans le milieu de la mode, c’est qu’elle veut créer une entreprise de mode modèle pour l’avenir. Elle voudrait qu’une fois développée à un certain point, on ne puisse plus agrandir une marque et que l’on doive reverser ses profits à des œuvres de bienfaisance. Westwood est également convaincue que les matériaux très coûteux en ressources ne sont pas nécessaires (jean, cotton…). Elle a donc aussi arrêté de fabriquer des jeans et conseille aux clients d’aller dans des magasins de seconde main.

Article par Juliette Cardinale