L’association Elle Caetera a récemment lancé un chatbot disponible sur Facebook Messenger afin de venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles. Un outil qui arrive au bon moment puisque le confinement a été source d’augmentation des violences, du harcèlement sexuel et d’agressions de rue. 

L'association Elle Caetera lance Lilabot sur Facebook Messenger pour venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles. Crédits : ©Gwenaëlle Maillart.
L’association Elle Caetera lance Lilabot sur Facebook Messenger pour venir en aide aux femmes victimes de violences sexuelles. Crédits : ©Gwenaëlle Maillart.

Le centre Hubertine Auclert dévoile en 2016 un rapport sur les jeunes femmes victimes de violences en Ile-de-France. Le constat est sans appel : âgées de 18 à 25 ans, elles sont les principales victimes de violences conjugales. Et malheureusement ces jeunes femmes sont considérées « hors radar ». Pour cause, peu d’entre elles sonnent l’alerte. Elles n’osent pas se tourner vers les dispositifs prêts à leur venir en aide. 

Suite à ce bilan, Alexia Lerond réagit en 2018 et met en place l’association Elle Caetera. Utiliser les possibilités qu’offrent les technologies numériques permet d’améliorer la prise en charge de ces jeunes femmes victimes de violences. 

Le chatbot : un moyen de communiquer « plus adapté à cette tranche d’âge »

Il y a un an, Lilabot faisait son apparition sur Facebook Messenger. Ce chatbot en ligne est un intermédiaire entre les jeunes victimes et les structures d’aide spécialisées. Disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, cet outil permet d’identifier l’infraction via quelques questions précises. La communication sur Facebook Messenger apparaît comme « plus adaptée à cette tranche d’âge-là. Il n’y a rien à télécharger, l’immense majorité de ces jeunes femmes ont déjà Facebook et/ou Messenger installé sur leur portable », confiait Alexia Lerond à Madame Figaro lors d’une interview réalisée par Lucas Latil.

https://www.instagram.com/p/B_U4E0AA49l/

Lilabot permet également de diriger les victimes vers la structure de son arrondissement adaptée à sa situation. Il peut s’agir d’associations, de centres sociaux mais aussi de permanences médicales gratuites, répertoriés par l’association Elle Caetera. 

https://www.instagram.com/p/B_pvmkJChXA/

Ce dispositif est là pour faciliter la prise de parole des victimes de violences sexuelles, physiques ou morales. Il est fréquent que ces jeunes femmes vivent avec le sentiment de culpabilité ou de honte. Lilabot, le 3919 et toutes les autres initiatives mises en place viennent en aide aux victimes. Libérer la parole, être accompagnée et trouver des solutions pour se sortir de cette situation sont les premières étapes. À long terme il s’agira de se construire un avenir plus prometteur, de se réapproprier son corps, de s’estimer et surtout de réapprendre à s’aimer. 

Article de Nina Hossein

La Fondation des Femmes lance une collecte de fonds pour venir en aide aux femmes en danger. Ces dons permettront de pallier les situations d’urgences.

Imposé par le gouvernement depuis la semaine dernière, le confinement fait craindre une augmentation des violences conjugales. C’est une conséquence collatérale des mesures prises dans la lutte contre la pandémie. Enfermées avec leur agresseur, les femmes auront du mal à se défendre. Pour contrer cela, la Fondation des Femmes a lancé une collecte de fonds destinée à pallier les situations d’urgence.

Urgence à agir !

La Fondation des Femmes appelle, entre autres, les entreprises et les citoyen.ne.s à faire des dons : matériels et financiers pour les premières, financiers ou de chèques déjeuner pour les second.e.s. Les donations permettront de financer « des nuitées supplémentaires pour les associations ; des produits de première nécessité, notamment d’alimentation, pour approvisionner les centres d’hébergement ; du matériel informatique et téléphonique pour équiper les associations et leur permettre de continuer leur mission depuis leur domicile. » La collecte est dispatchée vers trois pôles : le relogement en urgence des femmes, l’écoute et l’orientation des femmes qui ont besoin d’aide, et la subvention des besoins de première nécessité.

Pour participer à la collecte, il suffit de vous rendre sur ce lien. Tous les dons sont les bienvenus !

https://www.instagram.com/p/B-Jf9Mig9Vl/
@FondationdesFemmes

Article de Sofia Rogozarski

Par Jill Cousin 

© STINA PERSSON

La gastronomie a le vent en poupe, et pourtant, difficile de nier les violences à l’oeuvre au sein de certaines brigades. Dans ce milieu fermé et replié sur lui-même, rares sont les victimes qui portent plainte et osent s’exprimer sur le sujet. Il est temps que l’omerta cesse.

Le 13 avril 2014, enfin, la loi du silence est brisée. Le site d’information Atabula, média pure player spécialisé dans la gastronomie, révèle que, dans les cuisines du Pré Catelan, le restaurant trois étoiles du chef Frédéric Anton à Paris, un apprenti a été volontairement brûlé sur les bras avec une petite cuillère chauffée à blanc. C’est la première fois que la presse spécialisée s’empare d’un problème pourtant connu de tous. « Chefs, journalistes, nous étions tous au courant des violences physiques, verbales, misogynes ou racistes qui avaient lieu dans les cuisines », confie Franck Pinay-Rabaroust, auteur de l’article et rédacteur en chef d’Atabula. Quelques jours après l’incident, le chef Frédéric Anton revient sur ce qu’il s’est passé dans son établissement et se livre, au cours d’un entretien, à Franck Pinay-Rabaroust. « J’ai découvert les faits le lendemain de leur survenance. Un chef de partie est venu me voir dans mon bureau et m’a expliqué que la veille au soir, en fin de service, certains se sont amusés à se brûler les avant-bras avec des cuillères chaudes. Sur le coup, je me dis que cela est d’une bêtise sans nom. Puis quelques minutes après, mon second de cuisine vient me voir et me rapporte qu’il vient d’avoir le père d’un apprenti au téléphone. Il lui a signalé que son fils a été brûlé à trois reprises sur les bras. Contre sa volonté. » Le chef étoilé, en accord avec la direction, décide de licencier l’auteur du crime, un chef de partie en mal de supériorité. « L’acte était gratuit, je l’ai jugé inacceptable », confiera Frédéric Anton. En revanche, aucune plainte n’est déposée à l’encontre du chef de partie violent, lequel est toujours, cinq ans plus tard, en poste dans des brigades prestigieuses.

L’information fait l’effet d’un raz de marée, la presse généraliste s’emballe. L’actualité est relayée par tous les canards, Franck Pinay-Rabaroust court alors les plateaux de télévision. À part Atabula, la presse spécialisée reste muette, fermant les yeux sur ce véritable fléau, le niant parfois. Quelques mois plus tard, en novembre 2014, le site Atabula et le guide gastronomique Le Fooding organisent conjointement une conférence dans les amphithéâtres de Sciences Po Paris. Sont invités à témoigner les chefs Adeline Grattard, Grégory Marchand, Cyril Lignac et Ludo Lefebvre, Français expatrié aux États-Unis. Aucun d’entre eux, bien sûr, ne nie l’existence de violences en cuisine, mais tous tendent plus ou moins à les minimiser, parlant plutôt de bizutage ou d’un passage obligé permettant de s’endurcir pour la suite. « Les chefs invités ce jour-là ne pouvaient pas contester le système, car c’est justement grâce à ce dit système qu’ils en sont là aujourd’hui, explique Franck Pinay-Rabaroust. À l’époque, le seul chef à m’avoir soutenu face caméra, c’est Éric Guérin, lui-même victime durant sa carrière de faits de violence », poursuit le journaliste. Il existe bel et bien dans le milieu une forme d’acceptation tacite, une omerta. Tous les cuisinier.ères savent ce qu’il se trame dans bon nombre de brigades.

Un milieu confiné propice aux débordements

Ce silence, c’est la faute à un microcosme très fermé et replié sur lui-même, où tout le monde se connaît. « S’il y a si peu de plaintes déposées, c’est tout simplement par peur des représailles. Quand on décide de témoigner, on peut rapidement être blacklisté et se griller dans le milieu. Le système est fait de telle sorte que le bourreau va pouvoir continuer à exercer son métier en toute impunité tandis que la victime, elle, aura très peu de chance de retrouver un poste dans une autre brigade. Si tant est qu’elle n’ait pas été dégoûtée du métier et de l’immobilisme latent de la profession face à ces actes intolérables. » Et lorsque des plaintes sont déposées, rares sont celles qui aboutissent in fine à des condamnations. La plupart se soldent en effet par de petits arrangements entre avocats. 

Mais pourquoi tant de violences, de quelque nature qu’elles soient, dans les cuisines plus qu’ailleurs ? Des lustres pourtant que le milieu de la gastronomie est connu pour sa rigidité et son militarisme. Il n’y a qu’à s’attarder un instant sur tout le vocabulaire belliqueux employé en cuisine pour en prendre conscience. « Coup de feu », « fouet », « fusil »… 

Des conditions de travail éprouvantes 

Dans la plupart des « brigades », rappelons aussi que les horaires à rallonge sont monnaie courante : un quotidien usant pour les cuisinier.ères et le personnel de la restauration. Compte tenu des particularités du secteur, la durée de travail dans l’hôtellerie-restauration fait l’objet de règles propres. En 2007, elle a été fixée à 39 heures hebdomadaires, mais tout le monde sait que la moyenne réelle est bien plus haute. « Avant chaque passage de l’inspection du travail, on nous faisait signer un document comme quoi nous ne travaillions que de 9 h 30 à 13 h 30, puis de 18 h 30 à 22 h. Mais en réalité, j’arrivais chaque matin avant 8 h pour repartir vers minuit, avec seulement une heure de pause en milieu de journée », confie une jeune cuisinière après son passage dans un restaurant trois étoiles.

Sans oublier que ces longues journées se déroulent souvent dans des conditions extrêmes : un milieu très masculin, des cuisines confinées, sans ouverture sur l’extérieur, où les corps se frôlent et où une chaleur insupportable règne lorsque les fourneaux tournent à plein régime. L’apothéose restant le « coup de feu », qui désigne le moment de grande activité dans les cuisines d’un restaurant. Durant quelques heures, toutes les forces en présence dépendent l’une de l’autre. Un caillou dans l’engrenage, une viande brûlée, une sauce ratée, et c’est tout le système qui en pâtit et se retrouve immobilisé.

Quelques mois après que le scandale du Pré Catelan est révélé au grand jour, Thierry Marx, le chef du restaurant Le Mandarin Oriental à Paris, interviewé sur le sujet, confiait : « Le problème des violences en cuisine est lié à l’absence de savoir-faire managérial des chefs ». Franck Pinay-Rabaroust confirme. « Nombreux sont les cuisiniers qui accèdent au poste de chef ou de sous-chef très jeunes. Ils doivent alors gérer des brigades boostées à la testostérone dont les membres ont souvent le même âge qu’eux. C’est là que certains partent en vrille et ne trouvent pas mieux, pour asseoir leur légitimité, que d’avoir recours à la violence ou au harcèlement moral. » 

© STINA PERSSON

La place difficile des femmes

Problématique également, le comportement à l’égard des femmes, qui sont de plus en plus nombreuses à intégrer des cuisines de restaurants étoilés et des palaces. Une fois en poste, ces dernières doivent s’armer de courage pour survivre dans cet univers impitoyable. Au quotidien, il leur faut souvent supporter des paroles déplacées et tendancieuses, quand ce ne sont pas les gestes qui deviennent pervers. Une pâtissière travaillant aujourd’hui à son compte nous confiait que, lors d’un stage chez un pâtissier parisien très en vogue, les remarques déplacées étaient monnaie courante. Comme ce jour où ledit chef pâtissier lui demande d’équeuter des fraises pour la préparation d’un dessert, avant d’ajouter, quelques minutes plus tard : « C’est comme ça que vous tirez des queues ? Bah putain, j’aimerais pas être votre mec… » Avec le recul, la pâtissière, qui a préféré garder l’anonymat, s’en veut d’être restée bouche bée et de n’avoir su quoi répondre à cet homme. D’autres cuisinières décident, elles, d’imposer leurs limites. « Un jour, mon chef m’a envoyé très vulgairement pendant le coup de feu un “Bouge ta chatte !” À la fin du service, je suis allée le voir et je lui ai fait comprendre qu’il avait dépassé les bornes. Et plus jamais un tel incident ne s’est reproduit », confie une autre cuisinière, alors en poste dans un restaurant parisien de renom. Face à des situations de violence, qu’elles soient physiques ou verbales, beaucoup de cuisinier.ères confient ne plus savoir ce qui relève de l’acceptable ou de l’inacceptable. Où poser les limites entre la petite boutade lourde, mais simplement familière, et l’intolérable, le harcèlement quotidien ou le coup de pied dans le tibia ? 

Heureusement, même si les violences en cuisine ont la peau dure, le paysage culinaire évolue et tend vers plus de calme et de mesure. « Il est difficile de nier que le sujet a fait l’objet de nombreuses discussions dans toutes les brigades de France, que les langues se sont déliées. L’omerta s’est largement fissurée », nous assure Franck Pinay-Rabaroust. Des mesures ont été prises, comme chez le chef Yannick Alléno, où les cuisines sont désormais placées sous vidéosurveillance. Il est bon de préciser aussi que le milieu souffre d’un problème de taille : l’emploi. Tous les restaurants ou presque cherchent du personnel, et ils ont donc intérêt à préserver leur réputation. « Dans le milieu, nous sommes tous au courant des brigades qu’il faut éviter, où la violence règne en maître. La réputation de certains établissements n’est plus à faire », explique Caroline, une jeune cuisinière. « Après de nombreux échanges avec les étudiants de l’Institut Paul Bocuse où je donne des cours, la vérité est évidente : si les élèves acceptent de faire des stages dans de grands restaurants étoilés, ce n’est certainement plus pour y faire carrière. Trop dur, trop exigeant, pas assez rapide pour l’ascension sociale, ces jeunes aspirent à ouvrir leur propre établissement », précise le rédacteur en chef d’Atabula.

La nouvelle génération de chefs se rebiffe

Les profils des cuisinier.ères changent. On compte de plus en plus de reconverti.es, issu.es d’un tout autre milieu professionnel, ou des jeunes ayant commencé des études dans un autre secteur avant de rejoindre la restauration. La maturité et l’expérience rendent ces violences intolérables, car ces personnes ont connu d’autres hiérarchies et savent que de tels actes sont inacceptables, et ne sont en aucun cas, un passage obligé. Les cuisinier.ères qui font leurs premiers pas en cuisine très jeunes sont un peu moins nombreux qu’avant. « Après une carrière de juriste, j’ai décidé de me reconvertir dans la gastronomie, il y a une dizaine d’années. J’avais 40 ans. Un jour, lorsque j’étais en stage dans un restaurant parisien, le chef, de mauvaise humeur, m’assène trois coups de poing dans l’épaule. C’était intolérable, j’ai quitté l’établissement sur-le-champ », confie Jean-Marc Sinceux, chef du restaurant Le Desnoyez, à Paris. 

La présence de cuisines ouvertes sur la salle limite aussi, dans certains cas, ce genre de débordements. Cependant, pour venir à bout des violences physiques, verbales, misogynes et racistes en cuisine, rien ne sera jamais plus efficace que parole.

Article du numéro 44 « Émotions »

Ce samedi 23 novembre 2019, le mouvement #NousToutes organise une manifestation nationale et investit les rues de France pour militer contre les violences sexistes et sexuelles.

Alors qu’au 16 novembre dernier nous comptions 136 femmes tuées en 2019 par leur conjoint ou ex-conjoint, cette marche nous apparait comme nécessaire. #NousToutes nous donne rendez-vous ce samedi dans de nombreuses villes de France, et à 14h, Place de l’Opéra à Paris.

On marche ensemble ?

NousToutes.org

Des chiffres accablants

Le collectif #NousToutes nous rappelle des chiffres terribles qui témoignent de l’ampleur des violences sexistes et sexuelles actuelles.

Une réponse gouvernementale insuffisante

Lutter contre ces violences demande des mesures : le financement de lieux d’accueil sur tout le territoire, des formations sur la prise en charge des victimes de ces violences, des créations d’emploi. Mais surtout, des moyens financiers et humains pour que nous puissions tou.te.s apprendre, et ce dès l’enfance, à déconstruire le système actuel qui permet ces violences.

Malheureusement, le budget prévu en 2020 par la France pour lutter contre les violences sexuelles et les féminicides est quasiment le même qu’en 2018 et 2019.

De #MeToo à #NousToutes, un passage à l’action nécessaire

Le mouvement #NousToutes est né de l’esprit de militantes féministes en juillet 2018, face au constat du décalage entre l’ampleur des violences et les réponses politiques et sociétales qui y sont données. Si certaines membres ont pu représenter le mouvement dans les médias, comme la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert, #NousToutes ne revendique pas de leader.

En organisant cette marche nationale, #NousToutes souhaite ainsi briser l’isolement des victimes de ces violences, leur apporter du soutien et faire bouger les choses. L’an dernier, le 24 novembre 2018, la première marche #NousToutes avait réuni plus de 50 000 participants et participantes dans toute la France (selon les organisatrices) dont 30 000 à Paris.

Cette année, de nombreuses personnalités appellent également à la marche du samedi 23 novembre, comme nous pouvons le voir sur cette vidéo publiée hier :

https://www.instagram.com/p/B5A-RBuCMtU/?utm_source=ig_embed

Marchons ensemble le 23 novembre !

En terme d’organisation de la marche, celle-ci partira samedi à 14h, Place de l’Opéra, à Paris et ira jusqu’à la Place de la Nation, où aura lieu un concert.

Vous ne pouvez pas venir marcher à Paris ou en Île-de-France ? Retrouvez la carte des marches locales ici. Pour y voir plus clair, #NousToutes regroupe toutes les informations utiles pour venir marcher dans le tuto ci-dessous !

@noustoutesorg

Pour plus d’information, rendez-vous sur NousToutes.org, rejoignez l’événement Facebook de la marche #NousToutes et invitez vos ami.e.s à faire de même. Vous pouvez également vous abonnez à la page Instagram @noustoutesorg et rejoindre un des groupes WhatsApp, pour ne rater aucune info !

Samedi prochain, pour dire STOP à ces violences, pour que le nombre de féminicides cesse d’augmenter chaque jour, pour soutenir les victimes, nous marcherons aussi. Ce samedi, la rue est à #NousToutes. Vous venez avec nous ?

Pour retrouver les Paulette à la marche, suivez-nous sur notre compte instagram @paulette_talks.

Article d’Alexandra Hostier