La 36e édition des Victoires de la musique s’est tenue ce vendredi 12 février. Une cérémonie engagée, où la chanteuse très politisée Yseult a reçu le titre de révélation féminine de l’année.

Yseult - image extraite de son clip Bad Boy

Yseult n’a pas la langue dans sa poche. La chanteuse dont la voix a été saluée depuis la sortie de son tube Corps compte bien continuer à la faire entendre. Elle a d’ailleurs saisi l’occasion de son discours de remerciement pour rendre hommage aux combats qui l’inspirent.

La recette du succès d’une voix sous le signe de l’émotion

Agée d’à peine 25 ans, Yseult fait ses débuts lors de la dixième saison du télé-crochet La Nouvelle Star. Avec sa voix écorchée, capable d’osciller entre douceur et intensité, elle séduit le public et les jurés. Elle s’incline en finale face à Mathieu Sakaly, mais ses performances marquantes lui octroient une place de choix dans le coeur des fans de l’émission, parmi lesquels on retrouve aussi Julien Doré.

Bien qu’elle ait continué à produire et à collaborer avec d’autres artistes, c’est avec l’album Noir qu’elle revient sur le devant de la scène. Un EP qui débute par son hit Corps, un titre personnel sur l’amour de soi, l’acceptation de son enveloppe charnelle. Le succès d’Yseult repose sur sa capacité à mêler force et vulnérabilité, mais aussi sur une honnêteté qui la définit désormais. Et elle profite de sa visibilité grandissante pour faire entendre ses combats politiques, tout aussi personnels, s’attaquant alors aux questions de grossophobie et de racisme qu’elle subit au quotidien.

Le discours d’Yseult rappelle la nécessité de ses combats

Fidèle à elle même, la chanteuse a donc insufflé à son discours un engagement politique. En larmes, elle dédie d’abord son prix à son père « Nous y sommes papa ! ». Une victoire marquante pour l’artiste, qui rappelle  ensuite que « le chemin est long en tant que femme noire,  le chemin est long en tant que femme grosse, en tant que femme oubliée de la société. » Un appel à continuer à se battre, qu’elle lance en affirmant son soutien aux communautés « oubliées de la culture »

« J’aimerais que ce soir tout la France l’entende : notre combat est légitime ». Une phrase forte, qu’elle déclare fièrement face aux critiques persistantes de certains détracteurs. Plus forte que les attaques, la chanteuse continue d’exprimer ses convictions, toujours le point levé. 

Une 86e cérémonie des Victoires de la Musique particulièrement engagée

Outre les questions de racisme, l’engagement restait le mot clé de la soirée. En effet, l’industrie de la culture subit de plein fouet la pandémie. Et bien-sûr, la cérémonie des Victoires de la musique en a été le reflet. Le chanteur Benjamin Biolay a profité de sa victoire pour dénoncer le « silence » des pouvoirs publics. Une critique particulièrement adressée à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, présente lors de l’événement. 

Un engagement politique qui a aussi pris la forme d’une célébration féministe. La jeune artiste Pomme y a joué son tube Grandiose, écrit en pleine débâcle sur la PMA pour tou·te·s. Une chanson touchante, sur le désir d’être parent face à l’impossibilité légale de l’être, qui lui a permis d’obtenir le prix de meilleure artiste féminine. Un moment chargé d’émotions, qui fait suite aux révélations de la chanteuse sur les violences qu’elle a subies au sein de l’industrie.

Ce n’était d’ailleurs pas la seule séquence féministe de la soirée. La performance de Lous and the Yakuza a aussi été saluée sur les réseaux sociaux. Une séquence magnifique, mais difficile à regarder, de sa chanson Quatre heures du matin. Un morceau qui traite d’un viol avec des mots crus et nécessaires (attention, certains propos peuvent choquer).

La dernière cérémonie des Victoires de la musique a donc été placée sous le sceau de l’engagement. En attendant de voir si la tendance persiste d’ici l’année prochaine, on ne se lasse pas de l’album BRUT de la chanteuse Yseult.

Un article par Shad De Bary