Alors que l’on célébrait la fête des Pères, il y a de ça une semaine, une tribune a vu le jour. Celle de dix papas « engagés », réclamant l’allongement du congé paternité. 

Alors que l’on célébrait la fête des Pères, il y a de ça une semaine, une tribune a vu le jour. Celle de dix papas « engagés », réclamant l’allongement des congés paternité. Crédits : ©Picsea.
Pour la fête des pères, dix papas ont co-écrit une tribune pour réclamer l’allongement des congés paternité. Crédits : ©Picsea.

L’occasion était trop bonne : profiter de cette fête qui célèbre les papas pour lancer une tribune et y réclamer l’allongement du congé paternité. Ces signataires, ce sont dix pères engagés tels que Tristan Champion (Barbe à papa), Antoine Le Guilloux (Devenir papa) ou encore Pascal Van Hoorne (Histoires de Papas). 

Une tribune pour interpeller le gouvernement 

« Malgré la succession de rapports officiels démontrant les bienfaits d’un allongement du congé paternité pour l’enfant, l’implication du père dans l’éducation, l’égalité femme-homme à la maison comme sur le marché du travail, aucune réforme ne figure à l’agenda de l’État », co-écrivent-ils. Ici, ces pères de famille pointent du doigt l’incompétence et l’inaction du gouvernement face à des problématiques qui ne devraient pas être balayées sur le côté. D’ailleurs, cette tribune ne sort pas de nulle part. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes-hommes, s’était dite favorable à un allongement du congé paternité au début du mois de juin. 

Pour faire entendre raison et propager leur voix, ils ont créé le hashtag #1moisminimum. Car oui, ils demandent à ce que le congé paternité – actuellement de 11 jours – passe à un mois minimum. « Pour que chaque père puisse avoir le choix d’un congé paternité plus long. Pour que chaque mère ne soit pas seule le mois qui suit la naissance. Pour que l’égalité femme-homme soit aussi un sujet d’homme. Alors, pour la fête des Pères, soutenez notre initiative ». 

Une demande partagée par de nombreux hommes

Selon le Baromètre de la DREES, en 2016, 63 % des jeunes hommes de 18-24 souhaitent un allongement du congé paternité. La nouvelle génération de pères est donc très engagée dans cette lutte. Il apparaît comme primordial pour eux de partager ces premiers moments en famille, d’apporter soutien et amour à la mère et donc de s’impliquer davantage dans l’éducation des enfants. Si nous, féministes, avions tendance à réclamer que les hommes soient plus investis, nous ne pouvons que constater que c’est également leur désir. 

Une génération Y consciente des tâches à partager, dont 70 % des hommes se disent prêts à ralentir leur carrière pour s’occuper de leurs enfants

Chez Paulette, on salue cette initiative qui met du baume au cœur. Cette tribune est le parfait exemple que le féminisme c’est l’affaire des femmes, mais aussi des hommes ! 

Article de Nina Hossein

Cette année la fête des mères va couter plus cher que d’habitude. Le collectif Parents & Féministes a profité de ce jour symbolique pour publier une tribune dans laquelle il invite les femmes à chiffrer leur travail domestique pendant le confinement. Elles présentent la facture.

Dans une tribune elles présentent la note du travail domestique pendant le confinement.
Illustration by France Corbel
Dans une tribune elles présentent la note du travail domestique pendant le confinement.
Illustration by France Corbel

Elles présentent l’addition, et elle est salée. En ce jour symbolique de fête des mères peu importe les bouquets de fleurs et les colliers de nouilles, ce qu’elles veulent c’est rendre visible la facture. Dans une tribune intitulée « Pour la fête des mères, messieurs, voici la facture », publiée dans le HuffingtonPost, le collectif Parents & Féministes invite les mères à calculer le prix de leur travail domestique et parental.

« Nous avons eu l’espoir que le confinement serait l’occasion d’une prise de conscience. Les hommes, soudain contraints à passer plus du temps dans le foyer, allaient être tenus de voir l’invisible : le travail domestique et parental, ces activités quotidiennes grâce auxquelles la vie est produite et reproduite, qui incombe majoritairement aux femmes. » C’est de cette manière que débute la lettre des féministes, la chute s’en suit rapidement. « Sauf que pour la majorité des femmes, l’épidémie de Covid-19 et la réorganisation des vies professionnelles et personnelles qui en a résulté auront surtout été l’occasion d’expérimenter un nouveau plaisir de la vie du foyer : […] les femmes auront découvert la pratique de la douche froide. »

Ici, et ailleurs en Europe

Elles ont joué les professeurs, assumé les tâches du foyer plus que d’ordinaire, elles ont organisé le quotidien, tout ça sans quitter leur emploi pour la plupart. Grâce à un outil de calcul, elles invitent toutes les femmes à dresser leur facture. Nom, prénom et adresse en haut à gauche. Date, taux de rémunération horaire et même libellé de la tâche, tout y est. Pour un montant de 20€ de l’heure, elles indiquent dans les petites lignes. « Mon travail n’est peut-être pas payé, mais il a une valeur. Et la revalorisation du travail féminin, ça commence ici et maintenant : 20 euros de l’heure ira bien merci. »

Elles ont suivi les Allemandes. Ailleurs en Europe elles ont adressé la note à leur gouvernement, jugeant qu’elles avaient assez travaillé pour les services publics durant cette période de confinement. Le collectif Parents & Féministes s’adresse, lui, d’abord aux hommes, ensuite au gouvernement. Durant près de deux mois, ils ont assisté à cette pression grandissante, à cette charge mentale sans issue, mais ils n’ont rien fait pour la plupart.

« N’est-il pas temps, alors, d’envoyer la facture? »

« N’est-il pas temps, puisque se profile monde d’après, de faire les comptes, de regarder combien d’heures passées, d’opportunités perdues, ou de carrières interrompues parce que le travail domestique et parental est non seulement inégalement réparti mais invisibilisé, la majorité des hommes surestimant leur implication et sous-estimant le travail de leur conjointe ? […] Notre facture veut régler ses comptes à l’organisation inéquitable du foyer. » Cette facture, envoyée à l’Etat, est symbolique. L’objectif ne demeurent pas dans une logique financière mais politique, celle du monde d’après Covid-19. « […] nous voulons visibiliser le travail gratuit des femmes qui bénéficie aux hommes et à l’État. Nous voulons, pour le monde d’après, des politiques publiques féministes. »

Cette tribune, lettre ouverte ou cri du coeur, renvoie chacun à son confinement. Qu’il soit homme, femme, fils ou fille. Que l’on ait vu notre mère, plus dépassée encore que d’habitude, assister notre père flatté d’avoir équeuté trois haricots. Que l’on ait pleuré secrètement parce que la peur de la pandémie, la pression, l’école à la maison, le télétravail débordant ne nous a laissé aucun répit. Ou que l’on ait tout simplement pas vu plus loin que le bout de notre nez, croyant peccadille que de ne pas s’impliquer. Le résultat est là. Ces quelques lignes relatent la vérité, que chacun peut – et doit – entendre, qu’il se sente concerné ou non.

A l’initiative de cette tribune : Amandine Hancewicz, présidente Parents & Féministes, Céline Piques, porte-parole d’Osez le Féminisme !, Héloïse Simon, écrivaine et militante féministe, Manuela Spinelli, Université Rennes 2, co-fondatrice Parents & Féministes. 

Article de Aurélie Rodrigo.