Avec le confinement, les travailleurs.ses du sexe font face à une situation encore plus difficile. Alors que les conditions de travail, encadrées par la loi sur la prostitution promulguée il y a 4 ans, sont insatisfaisantes, la crise sanitaire ne fait qu’aggraver la vulnérabilité des prostituées. 

Les prostituées font face à une précarité montante pendant le confinement. Crédits : ©Artem Labunsky.
Les travailleurs et travailleuses du sexe font face à une précarité grandissante pendant le confinement. Crédits : ©Artem Labunsky.

Compte tenu de la crise sanitaire, la prostitution a été interdite pour endiguer la propagation du COVID-19. Les ressources des travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) sont donc à l’arrêt. Le constat est sans appel : la crise du coronavirus ne fait qu’aggraver une précarité déjà bien présente !

La première difficulté est de payer leur loyer. Et par extension, de pouvoir s’acheter des denrées alimentaires. Et malgré les aides que peut fournir le gouvernement aux auto-entrepreneurs, beaucoup de prostituées avouent ne pas se déclarer comme telles. Et la raison est simple : nous vivons dans un monde de stigmatisation, de persécution et d’injustice. Un monde dans lequel les prostituées sont mal vues alors que la demande reste constante, même en période d’épidémie. 

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Continuer les passes malgré l’épidémie, des témoignages glaçants

Malheureusement, certaines prostituées n’ont pas de toit et doivent continuer les passes. Et c’est le cas au bois de Boulogne, où certaines jeunes femmes offrent encore leurs services. C’est ce que révèle l’Obs dans un témoignage édifiant publié le 16 avril et rédigé par Emmanuel Anizon, dans sa version print. Et c’est Kathya de Brinon, fondatrice de l’association SOS Violenfance, qui alerte sur la situation inquiétante.

La septuagénaire a mis en place une permanence téléphonique afin d’apporter un soutien à celles et ceux qui se sentiraient angoissé.es par la situation actuelle. Sans savoir comment, Nouchka, une prostituée du bois de Boulogne, parvient à obtenir le numéro de Kathya de Brinon. Un soir, le téléphone retentit, et la suite du témoignage est glaçante… Les jeunes femmes, qui vivent regroupées, ont toujours autant de clients d’après leurs dires. Le COVID-19 ? Beaucoup d’entre elles semblent l’avoir contracté. Et alors que le téléphone passe de fille en fille, Kathya de Brinon apprend l’impensable. Nouchka est décédée et d’autres le seront à leur tour. Car fâcheusement, c’est une situation sur laquelle nous fermons les yeux.

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Une cagnotte en ligne pour venir en aide aux prostituées

Pour faire face, les TDS sont confronté.es à un dilemme : refuser les passes et ainsi préserver leur santé ou continuer à travailler pour pouvoir garder un toit et se nourrir. Alors, pour ne pas avoir à faire de choix, la communauté s’est fortement mobilisée. Plusieurs cagnottes en ligne ont été ouvertes pour venir en aide aux travailleurs et travailleuses du sexe. L’association ACCEPTESS-T a mis en place un soutien financier à l’attention des travailleur.ses du sexe trans et migrant.es. En faisant un don au FAST, Fonds d’aide sociale trans, vous vous mobilisez contre la précarité et l’exclusion de cette communauté.

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Le Syndicat du travail sexuel (STRASS) a lui aussi lancé une collecte de fonds pour venir en aide à ceux et celles dans le besoin. Sur son site en ligne, le syndicat diffuse des informations afin de réduire les risques et proposer des accès aux soins médicaux. De plus, le STRASS a mis en place une permanence téléphonique pour apporter réconfort et soutien à celles et ceux pour qui le coronavirus ne fait pas de cadeau. 

De nombreuses autres cagnottes en ligne existent. Pour les découvrir, rendez-vous sur le site de la Fédération Parapluie Rouge. 

Article de Nina Hossein