Noël approchant, on a parfois plus de temps libre, alors c’est le parfait moment pour filer un coup de main aux associations qui manquent de bénévoles pendant les fêtes.

Noël approche, et en ces temps de Covid-19, les associations ont particulièrement besoin de notre aide. Si vous avez un peu de temps, que vous être motivé·e·s et que vous en avez envie, c’est le moment où jamais ! Et pour vous donner des pistes d’initiatives solidaires que vous pouvez effectuer, la team Paulette est là. 

Les maraudes

Pour aider les personnes sans domicile fixe, la meilleure solution est d’aller faire une maraude. De nombreuses associations en organisent, comme par exemple L’armée du Salut ou La Croix Rouge. Pour ceux qui ne connaissent pas, les maraudes sont des tours dans la ville, où les bénévoles vont distribuer toute sorte de panier aux S.D.F, souvent avec de la nourriture. Mais la maraude, ce n’est pas seulement une distribution de produits, c’est également un moyen pour ces personnes de pouvoir créer du lien social, et pour les bénévoles de savoir si elles vont bien. 

Les repas de Noël

Beaucoup de personnes sont isolées pendant les fêtes de fin d’années. Alors, de nombreuses associations organisent des repas de Noël. En ces temps de Covid-19, ce sont surtout des livraisons de panier-repas, avec (ou non) la visite d’un bénévole, pour sociabiliser. C’est à cette période qu’elles ont le plus besoin d’aide. Déjà, pour les aider à organiser et à préparer les repas, mais aussi pour rendre visite. On pense notamment aux Petits frères des pauvres ou Les Restos du Coeurprésentes dans plusieurs villes. Mais il existe aussi pleins d’autres organismes, moins connues. 

Les cadeaux 

Certaines associations proposent de distribuer des cadeaux, pour que chacun « fête Noël avec dignité ». Les Pères-Noëls Verts, organisés par le Secours Populaire Français, distribuent par exemple des jouets, livres, mais aussi des paniers-repas festifs. Sinon, vous pouvez également écrire une carte de vœux à des personnes en précarité avec Fat’coeurou participer à une opération paquets cadeaux avec Les Restos du Cœur.

Pour essayer de devenir bénévole, on vous conseille d’appeler votre mairie, pour connaître les associations qui existent dans votre ville, ou de les contacter directement. 

Après, si aucune de ces activités bénévoles ne vous bottent, sachez qu’il en existe plein d’autres. Le site Tous bénévoles les recense toutes, par ville ou code postal. Sinon, faire un don d’argent peut aussi être très utile. 

Article de Clémence Bouquerod 

La marque française Sudism a décidé de s’engager aux côtés de l’association SOS Méditerranée et de créer une bague solidaire. Et dont tous les bénéfices leur seront reversés. 

Pour cette collaboration exclusive avec SOS Méditerranée – association européenne et citoyenne de sauvetage en mer – Sudism a imaginé une bague qui représente des mains enlacées et « symbolise le geste des sauveteurs ». Et oui, vous ne rêvez pas : tous ses bénéfices seront bel et bien reversés à l’association. 

Leurs motivations 

« Être une marque Méditerranéenne, c’est aussi et surtout ne pas fermer les yeux sur les drames qui se jouent chaque jour en Méditerranée », explique Sudism. En effet, depuis 2014, plus de 20 000 personnes sont mortes en traversant la Méditerranée sur des « embarcations de fortune ». Et c’est en ça que SOS Méditerranée est une association primordiale. Parce que depuis qu’elle agit, depuis février 2016, elle a sauvé 31 000 personnes grâce à leurs bateaux : l’Aquarius et l’Ocean Viking

« A travers cette action, Sudism souhaite montrer que nous sommes tous dans le même bateau et avons tous un rôle à jouer. » C’est pour cela que « l’intégralité des bénéfices sera reversée à l’association pour venir en aide aux naufragés en Méditerranée centrale à bord de son navire Océan Viking. » Et on ne peut que les applaudir pour cette initiative. 

Si vous souhaitez soutenir cette action, la bague (disponible en argent ou en plaqué or) est déjà disponible en précommande sur leur site. Et elle sera commercialisée le 28 septembre. 

Article de Clémence Bouquerod

Le croco de Lacoste s’entoure d’un coeur rouge pour dire merci. Dans une édition limitée disponible dès jeudi 28 mai, la marque salue l’engagement des associations et de leurs volontaires pour lutter contre la pandémie de Covid-19. L’intégralité des fonds soutiendra les actions des associations de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans le monde.

Lacoste lance le L12.12 Polo Merci dans une édition limitée pour remercier les bénévoles qui luttent contre le Covid-19.
Crédit : Lacoste

Le croco s’entoure d’un joli coeur rouge. Lacoste présente son nouveau polo L12.12 Merci, dans une édition limitée. Alors que le monde traverse une crise sans précédent depuis décembre dernier, les populations frappées par la précarité nécessitent un soutien important. Beaucoup d’initiatives collectives et d’associations se sont mobilisées pour faire affront au Covid-19 et ses conséquences regrettables. C’est cet engagement sans faille des volontaires que la marque Lacoste salue par cette nouvelle collection.

Le croco solidaire

« Le chiffre d’affaire de la vente de cette édition limitée sera intégralement reversé au Fond Lacoste qui soutiendra les actions de la fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans le monde. Ils contribueront à protéger les volontaires dans le monde entier, afin de prendre soin de ceux qui osent mettre leur santé en danger pour protéger les autres.« 

Le Fond Lacoste, né en 2020, a pour objectif de porter les actions sociétales de la marque. En vue de la situation, il se concentre cette année dans la lutte contre le Covid-19. Mais il prendra rapidement le cap de sa mission principale : accompagner les jeunes dans un futur plus solidaire et responsable, mais aussi dans leur vie professionnelle.

Un petit coeur rouge pour un grand merci

La marque reprend la pièce iconique de son vestiaire, le polo. Tout en sobriété, le crocodile sera entouré d’un simple coeur brodé au fil rouge. Un message simple mais efficace. « Réinterpréter le polo iconique Lacoste en l’enveloppant d’un simple cœur rouge nous a semblé la meilleure manière de témoigner notre admiration aux personnes engagées pour sauver des vies pendant cette pandémie« , explique Louise Trotter, directrice artistique de la marque.

Le croco, logo de la marque, s'entoure d'un symbolique petit coeur rouge.
Crédit : Lacoste
Le croco, logo de la marque, s’entoure d’un symbolique petit coeur rouge.
Crédit : Lacoste

Lacoste suit donc sa ligne directrice, après avoir confectionné quelques 200 000 masques en tissu dans ses usines françaises et argentines. La quasi-totalité ayant été distribuée aux collectivités et acteurs locaux.

Le L12.12 Polo Merci est disponible dès le 28 mai en boutique et sur le e-shop au prix de 130 €.

Article de Aurélie Rodrigo

Aux manettes du projet « BAN », deux fervents défenseurs de l’art que sont Marie Benaych (commissaire d’exposition) et Henrike Stahl (photographe). Fière d’un succès retentissant lors d’une première édition à l’Orfèvrerie à Saint-Denis, l’expérience « BAN » est renouvelée pour un second round. Intrigué(e) ? Éléments de réponses dans l’article ci-dessous.

« BAN », c’est d’une part une exposition

La dénomination « BAN » n’a cessé de fluctuer à travers les âges. D’abord considérée comme un commandement, puis comme une obligation, elle s’apparente aujourd’hui à une faction, un groupe.

Le leitmotiv des artistes ? Esquisser leur propre définition et vision du « BAN » des temps modernes. Douze photographes professionnels ainsi que les joueurs du Red Star Lab se sont armés de leur créativité pour répondre à l’interrogation : « qu’est-ce qu’être au ban ? ».

Le résultat ? Des productions picturales et écrites empreintes d’une diversité socio-culturelle, qui régit et unit la société. C’est bien la preuve que la différence et l’égalité se complètent en parfaite symbiose.

Seconde édition de l’exposition « BAN »

Confinement oblige, la seconde édition qui devait prendre place à Pantin aux Magasins généraux, s’est vue suspendue.

« BAN », c’est d’autre part une vente solidaire « 12 photos 12 associations »

Le concept est simple : chaque artiste a pour mission de choisir l’une de ses œuvres, corrélée à une association bénéficiaire. Fruit d’un engagement personnel ou d’un lien avec la photographie en question, cette dernière recevra l’ensemble des bénéfices.

Par ailleurs, en plus de leur domaine d’action, l’ensemble des associations mises en lumière à travers cette vente solidaire luttent contre l’épidémie du coronavirus. Par exemple, on peut citer La Maison des Femmes de Saint-Denis, qui reçoit les victimes de violences ; Just Kids Project, favorisant l’intégration des enfants migrants par le prisme du football ou encore Tous Unis Contre le Virus, soutenant le triptyque composé des soignants, des chercheurs et des malades.

En attendant une réouverture prochaine, on se rue sur leur site, dans l’optique de dénicher un florilège d’informations croustillantes !

En pleine épidémie de COVID-19, certains ateliers couture ont su se réinventer. C’est le cas d’Orphée Studio qui s’est lancé dans la production de masques. Avec sa nouvelle collection Le Bal Masqué, la marque lance une opération solidaire et élégante. 

Orphée Studio se lance dans la production de masques avec sa collection solidaire Bal Masqué. Crédits : ©Colombine Jubert.
Orphée Studio se lance dans la production de masques avec sa collection solidaire Bal Masqué. Crédits : ©Colombine Jubert.

L’aventure commence à Paris, dans le 18e arrondissement, avec Colombine Jubert, fondatrice d’Orphée Studio, marque de mode et label créatif et indépendant. La jeune femme se lance dans la confection de masques. Avec sa machine à coudre, Colombine Jubert en fabrique une série de 70. Engagée auprès de la cause des femmes, elle les produit pour les distribuer au FIT, un centre d’hébergement pour femmes victimes de violences ou SDF.

Une collection Bal Masqué pour aider nos soignants

Face à la pénurie de masques en France, les demandes affluent. Contactée par À Vos Masques, Colombine Jubert accepte d’augmenter sa production. Pour cela, elle fait appel à un de ses façonniers : ensemble, ils se lancent dans la fabrication de masques et de sur-blouses. Avec sa vingtaine de modèles façon Orphée, la collection de masques Bal Masqué respecte les normes de l’AFNOR, donne du style et est solidaire !

https://www.instagram.com/p/B_PRr6rKBCG/

Oui, pour financer les ouvriers et toute la logistique que cela entraîne, Orphée Studio a opté pour la solidarité. Un masque acheté c’est un masque offert. Grâce à ces ventes, la marque peut produire le matériel nécessaire à nos soignants. Depuis le début de l’opération, la moitié des masques a été donnée à des associations ou instituts médicaux dans le besoin.

https://www.instagram.com/p/B_gC4qnKFhy/

Orphée Studio ne perd pas de vue son but initial 

La marque de mode et label créatif a su apporter son soutien et son énergie en ces temps difficiles, mais ne perd pas de vue son identité. Les collections capsules de la marque de vêtements et accessoires ne s’arrêtent pas là. Un projet se prépare pour l’automne 2020. On a déjà hâte de voir les créations qui en sortiront. Mais d’ici là, tous à nos masques !

Article de Nina Hossein.

Avant le repliement en huit clos, de nombreux lieux procuraient aux food-lovers de délicieux moments d’évasion. Envie d’apporter sa pierre à l’édifice et d’aider les enseignes de restauration et autres temples de la gastronomie ? Zoom sur les coups de pouce qui boosteront la future joie de vivre post-confinement.

Parce qu’on se délectait d’une pizza au restaurant. Parce qu’on se délectera de soutenir les orfèvres du goût et de la qualité

La plateforme solidaire : #Sauvetonresto

Le projet #Sauvetonresto est né de la fusion de deux entreprises : Hemblem, spécialisée dans le community management hôtelier, et Le Pot Commun, star de la cagnotte en ligne.

https://www.instagram.com/p/B-tlD4cIn7N/

Le principe est on ne peut plus simple : on réserve sous forme de bons d’achat (à utiliser après le confinement) ce qui nous ravira le plus. Une nuitée avec son +1, un spritz entre copines ou un atelier culinaire, le champ des possibles est ouvert !

Le projet de collecte : Aidons Nos Restaurants

Les deux géants LaFourchette et TripAdvisor mobilisent leur communauté respective autour d’une plateforme : Aidons Nos Restaurants. L’objectif ? Collecter le maximum de bons prépayés pour que les enseignes remontent progressivement la pente.

https://www.instagram.com/p/B–EdvSJcCt/

Et comme l’avisent les instigateurs : « Partagez cette initiative autour de vous ! ».

Parce qu’on appréciait l’esprit vivifiant des terrasses. Parce qu’on appréciera aider les as des spritz et mojitos (à gogo)

Le site pour offrir sa future tournée : Bar Solidaire

Le groupe AB InBev France, distributeur majeur de bières en France, a eu l’ingénieuse idée de réunir les assoiffés autour de leur(s) spot(s) préféré(s).

https://www.instagram.com/p/B_m15a9Jbbh/

Pour prévoir la déferlante de pintes, voici la marche à suivre : on se rend sur Bar Solidaire et l’on verse le montant de son choix, que l’on récupérera en bons d’achat pour l’après confinement. De son côté, l’établissement convoité reçoit d’une part la contribution du généreux donateur, et d’autre part la même valeur en bière par AB InBev.

https://www.instagram.com/p/B_uQfhdHKMK/
Jupiler Café : une brasserie traditionnelle et raffinée à Colmar

Le plus ardu demeurera de choisir entre une bière en Alsace, un spritz à Saint-Tropez ou un verre de vin rouge à Panam.

Que les amateurs de gourmandises et breuvages se réveillent : on apporte sa contribution aux joyeuses dégustations à venir !

Hier matin, on a eu l’impression de s’être réveillées dans un mauvais rêve… 

Crédits photo : La Furieuse Company

Samedi soir, un jeune homme de Villeneuve-la-Garenne a gravement été blessé à la jambe après avoir percuté, à moto, la portière d’une voiture de police banalisée. Elle aurait été ouverte volontairement par un policier au moment où ce jeune homme passait à côté, provoquant ainsi la chute et la blessure.

Nous pensons fort à lui ainsi qu’à ses proches et à toutes les autres victimes de violences policières, en France et partout dans le monde. De plus en plus de violences que la crise sanitaire n’a absolument pas réduites, bien au contraire. Abus, insultes racistes, coups, blessures, la liste est malheureusement longue. 

Le confinement, les règles de sécurité doivent être respecté.e.s, bien sûr, mais jamais au détriment de la santé, DE LA VIE, des gens. 

Nous sommes indignées, tristes, en colère, et apeurées aussi, face à ces injustices régulières qui touchent les non-Blanc.he.s, les quartiers populaires, principalement. Nous avons décidé de parler, prendre la plume, faire entendre les voix que le système fait taire depuis des décennies pour essayer de faire changer les lignes à notre façon puisque nous sommes littéralement impuissantes face à la « Justice ».

Ce confinement nous apprend à être plus solidaires, plus à l’écoute des un.e.s et des autres. Et cette solidarité devrait vraiment s’appliquer à la lutte contre les violences policières, contre le racisme. Alors n’hésitez pas à relayer, témoigner, partager, liker aussi, à agir à votre manière et montrer que vous ne cautionnez pas les injustices subies par certain.e.s de vos concitoyen.ne.s.

Un article de Juliette Minel, rédactrice en chef des Paulette Talks

Sortir faire ses courses n’est plus une mince affaire, en période de confinement. Alors, pour s’assurer de manger bio et bon, Alterfood lance son e-shop dès la semaine prochaine. On vous en dit plus sur cette initiative responsable et solidaire. 

Alterfood lance la livraison à domicile avec son e-shop. Photo instagram : alterfood.

Alterfood est une société de marques alimentaires naturelles et bio fondée en 2009 par Alexis Vaillant. L’objectif est de concevoir et de distribuer des produits sains, responsables et traçables à ses clients. Face à la crise, Alterfood a créé Altershop, son site de vente en ligne. C’est le moyen pour la société de se réinventer et d’assurer une offre éthique livrée à domicile.

Une offre responsable, mais laquelle ? 

Pour pallier la pollution, le réchauffement climatique et l’hyper-consommation pas toujours saine, Alterfood s’est engagé sur trois valeurs. La société surveille l’innovation alimentaire pour créer des produits plus sains et plus responsables. Elle s’engage aussi à valoriser le terroir dans le respect des femmes et des hommes qui participent au quotidien à la quête d’une alimentation plus vertueuse. Et enfin, elle garantit le bien-être des consommateurs pour que la norme du bien manger soit celle de demain. 

Alterfood lance une nouvelle offre de livraison à domicile. Crédits : ©Alterfood.

Pour ce qui est de la livraison à domicile, Altershop a mis en place un service de logistique éco-responsable. Afin de respecter les normes sanitaires mises en place par le gouvernement, les livraisons seront assurées dans un délais de 72 h dans tout l’hexagone. 

Des produits naturels et bio pour régaler grands et petits

Boissons, snacks et épicerie, l’e-shop propose les top produits d’Alterfood. Vous pourrez notamment y retrouver les soupes bio du terroir provençal de Marcel Bio, les jus gourmands d’Hugo Le Maraîcher ou encore les barres de noix énergétiques protéines, bio et peu sucrées, de la marque Blast Snack. 

https://www.instagram.com/p/B53GkNqDshm/?utm_source=ig_web_copy_link

Une action avant tout solidaire 

Pour Alexis Vaillant, « la solidarité est plus importante que jamais. C’est notre devoir de soutenir ceux qui protègent la population ». C’est pour cette raison que 10 % des ventes seront reversées à la Fondation Hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France pendant toute la durée du confinement.

L’entreprise a également lancé son hashtag #SolidaritéHôpitaux. Elle souhaite recenser les besoins des hôpitaux ainsi que les offres des entreprises qui souhaiteraient aider et rejoindre la démarche d’Alterfood.

https://www.instagram.com/p/B997ESyFn-G/?utm_source=ig_web_copy_link

Pour répondre aux premiers besoins, Alterfood s’engage à livrer les hôpitaux de la région parisienne. De quoi s’assurer que notre personnel de santé ait lui aussi accès aux produits bons et bio !

Les produits sont déjà disponibles sur l’e-shop.

Article de Nina Hossein

En partenariat avec le ministre chargé de la Ville et du Logement, Airbnb met à disposition des logements gratuits pour le personnel hospitalier.

En ces temps de crises, chacun se mobilise comme il le peut pour aider au mieux celles et ceux qui sauvent des vies. Alors que LVMH a choisi de produire massivement des masques et des gels hydroalcooliques, la société Airbnb soutient les soignant.e.s en mettant à leur disposition des logements. 

AIRBNB

Des logements gratuits pour le personnel soignant

Les médecins, les infirmier.e.s, le personnel soignant mènent un combat acharné, en première ligne, pour lutter contre le Covid-19. Les voyant confronté.e.s à ce danger, Airbnb a décidé d’agir. En partenariat avec le ministre chargé de la Ville et du Logement, l’entreprise et sa conciergerie Luckey ont lancé « Appart Solidaire ». Cet appel à l’entraide mobilise les hôtes du monde entier pour offrir des hébergements aux personnels hospitaliers.

Airbnb met en relation les hôtes avec les personnels mobilisés. L’initiative est gratuite et la société couvre les frais de l’opération, en prenant notamment en charge « les dépenses courantes des hôtes, inclus 50 euros pour les frais de ménage. » Le programme est ouvert aux soignant.e.s, aux travailleur.se.s sociaux.les et aux bénévole.s en centres d’hébergement d’urgence qui travaillent à plus de 30 minutes de transport de leur domicile. Seuls les logements entiers sont mis à disposition. Cela ne comprend donc pas les chambres d’hôte.

Pour participer en tant qu’hôte, il suffit de vous inscrire sur la plateforme en ligne. Et pour participer à l’initiative, vous pouvez vous rapprocher de l’équipe Luckey en envoyant un e-mail à : ownersupport@luckey.com. 

Article de Sofia Rogozarski

Durant la pandémie, les gestes d’entraide se multiplient. Alors voici une liste spéciale dédiée à la solidarité que vous pouvez reproduire chez vous.

Solidarité

Fournir le surplus de matériel médical

En raison de l’épidémie qui sévit partout dans le pays, les professionnels de santé manquent cruellement de matériel médical (masques, gel hydro-alcoolique, gants, blouses, charlottes en papier, combinaisons en papier, sur-chaussures, lingettes et sprays désinfectants). Dans cette dynamique, LVMH a annoncé en début de semaine qu’il allait fabriquer en grande quantité des gels hydroalcooliques. Si vous disposez d’un surplus non utilisé, les aides-soignants, cliniques et hôpitaux seraient ravis de pouvoir en bénéficier. Il suffit de les contacter.

Faire des donations aux sans-abris

Les personnes sans domicile sont confrontées à des difficultés supplémentaires en cette période. Pour cela, les associations et collectivités locales se mobilisent pour leur venir en aide. Le gouvernement assure que l’aide alimentaire est toujours autorisée. Ainsi, vous pouvez contribuer et participer en faisant un don (conserve, pâtes).

Aider les seniors à faire leurs courses en ligne

L’heure est à la solidarité ! Les personnes âgées sont souvent confrontées à cette problématique qu’est Internet. Aujourd’hui, pour leur faciliter la tâche, vous pouvez proposer vos services pour les aider en leur montrant comment commander en ligne ou tout simplement en le faisant à leur place. Et pour cela, il ne suffit que de quelques clics.

Cuisiner des gâteaux

En raison du confinement, on peut vite s’ennuyer. Pour cela, Paulette vous propose de confectionner des gâteaux. Cela permet de passer du temps avec les siens tout en se vidant la tête. À vos fourneaux !

Update: fin février, en Italie, deux pâtisseries proposent désormais le « Corona cake » à la vente, de quoi prendre le confinement avec légèreté.

Appeler et renouer avec sa famille et ami.e.s

Maintenant que vous avez le temps, il n’est plus question de s’inventer des excuses pour ne pas appeler sa famille et ses ami.e.s. Renouer avec les siens peut être bénéfique pour la santé autant pour la votre que pour la leur.

Article de Sofia Rogozarski

Le festival ouvrira ses portes du 19 au 21 juin 2020 à Paris-Longchamp. Onze artistes ont déjà été annoncés.

Comme chaque année, le festival débarque avec 80 concerts prévus au programme, dont certains noms sont déjà connus. Les têtes d’affiche ont été dévoilées fin janvier. On retrouve entre autres Aya Nakamura, Niska, -M-, Rilès ou encore Yseult. 

Solidays est connu pour sa festivité et sa bonne ambiance – mais pas que. 

Solidarité et engagement

Solidays a ouvert ses portes en 1999 sous l’appellation Solidarité Sida. Rappelons que le but principal est de lutter contre cette maladie, faire de la prévention et aider ceux et celles qui en sont atteint.e.s. 

Le sida est une maladie infectieuse qui se transmet par voie sexuelle et sanguine, et qui touche chaque année environ 2 millions de nouvelles personnes, selon les informations de aides.org. Tous les ans, la jeunesse se mobilise en participant à l’événement avec environ 228 000 festivalier.e.s au compteur. Les artistes sont tout autant engagé.e.s. Onze noms ont déjà été dévoilés et il en reste encore à découvrir. Pour boucler la boucle, 1500 personnes s’engagent en tant que bénévoles et participent au bon déroulement de l’événement. Du beau monde pour une belle cause !

A noter que les Pass 2 jours et 3 jours sont déjà épuisés ! Retrouvez toutes les informations et les billets sur leur site internet. Et n’oubliez pas, « Love is the answer ».

https://www.instagram.com/p/B7lGQCsKthl/

Article de Sofia Rogozarski

Paris, triste vivier des sans-abri – dont le nombre ne fait qu’augmenter. Avec Agy, on se pose dans le fin fond du XVIIIe, ravies de se retrouver pour parler de La Rue Tourne, l’association qu’elle a cocréée pour lutter contre l’isolement de cette tranche de la population que la société a mise en marge. Parfois, quand le commun des mortels croise un.e sans-abri, il détourne le regard ou accélère le pas. Agy, elle, pose l’objectif de son appareil photo sur ces personnes et avec son équipe de maraudeur.ses, elle prend le temps de s’asseoir à leurs côtés pour « créer du lien social ». Elle s’intéresse vraiment aux gens et à leur histoire, qu’elle entreprend de mettre en lumière sur le site Internet et le compte Instagram de l’asso, ou lors d’expositions. C’est donc grâce à la photographie, aux réseaux et à son énergie communicative qu’Agy donne une visibilité à celles et ceux que la rue a rendu.es invisibles. Rencontre pour le moins poignante.

Portrait Agy par Marine Toux

Comment conçois-tu le monde associatif?

Je suis quelqu’un d’assez rigide, alors je conçois l’associatif comme l’entreprise, notamment au niveau de l’organi- sation : je veux que les choses soient nickel, parce qu’au bout de la chaîne, c’est une personne sans-abri qui compte sur nous. Si un.e bénévole s’engage à donner un duvet par exemple, il faut que ce duvet soit donné dans les deux ou trois jours, pas des semaines après la demande. De manière générale, si on ne se fixe pas de deadlines et de contraintes, on vivote, on n’évolue pas.

Patrick

D’où te vient ton engagement ?

J’ai toujours été attirée par les publics dits « fragiles ». Ça me passionnait d’aller interviewer des dealers au fin fond de Poissy et de comprendre comment ils en étaient arrivés là, d’essayer de déconstruire les parcours. Et c’est exactement ce que je fais au sein de l’asso La Rue Tourne. On a tendance à voir ce type de public comme des « sans » : sans abri, sans diplôme, sans compétences, sans qualifications, alors qu’en fait, il suffit de creuser un peu pour se rendre compte qu’ils.elles ont plein de « plus ». Il faut juste qu’ils.elles s’en aperçoivent pour capitaliser dessus. Souvent, il suffit d’une personne extérieure pour leur faire prendre conscience de leur talent, des qualités qu’ils.elles ont à faire valoir. Et ce n’est pas forcément évident, car ils.elles sont dans un environnement qui ne les met pas en lumière, surtout lorsqu’ils.elles ont dû, par exemple, vendre de la drogue. Mais il n’y a pas de déterminisme: les gens ne sont pas déterminés à rester sans abri ni à être décrocheurs.

Tu nous parles de La Rue Tourne ?

L’association a été créée en 2015 et s’articule autour de trois volets principaux. On fait de la maraude deux fois par mois. Pas vraiment alimentaire, car c’est quelque chose de très bien couvert sur Paris, mais avant tout pour créer du lien social : si une personne veut bien de nous, on se pose avec elle, on écoute la musique qu’elle kiffe, on parle de ses proches. On passe du temps avec elle, comme on le ferait avec nos potes – toute proportion gardée. Quand j’ai créé l’asso, j’étais dans une période de ma vie où je ne savais pas comment m’occuper, je faisais de la photo, mais ça n’avait pas trop de sens. J’étais seule et je voulais photographier la solitude. En marchant, comme ça dans la rue, le premier public que j’ai alors vu, c’est celui des sans-abri. Au début, je les prenais en photo d’assez loin, parfois je ne savais même pas quel était le visage de la personne, je ne connaissais pas son prénom, et elle ne savait pas que je la photographiais, donc ce n’était pas cool. Mon travail a pris du sens en devenant un outil pour ce public : je raconte les histoires des gens, en plus de leur tirer leur portrait. Les faire parler de leur vécu, c’est le meilleur moyen de sensibiliser. Puis on publie les récits et les photos sur les réseaux sociaux, sur notre site Internet. Je m’adapte à la volonté de la personne, bien sûr : par exemple, Saïd ne veut pas que je montre son visage, parce que sa famille n’est pas au courant, donc je respecte. C’est important, tout ça. Ce ne sont pas juste des sans-abri : c’est Thierry, c’est Saïd, c’est Ivo, c’est Kamir, c’est Sabine. Ce sont des gens, des individus. ils.elles avaient des carrières, des familles, ils.elles ont des rêves et des passions. Comme nous. La seule différence, c’est que nous, on a un toit au-dessus de la tête.

Snake

Tu as évoqué deux des trois volets de l’association : les maraudes et les portraits. Quel est le troisième ?

On fait de la sensibilisation. Bien sûr, pendant nos maraudes, on explique notre action aux gens qui nous observent, qui se questionnent sur ce qu’on est en train de faire, mais on fait aussi des interventions auprès des enfants dans les écoles. Un jour, on a décidé d’offrir un petit cadeau aux sans-abri. J’ai alors sollicité l’institutrice de la fille d’une amie pour fabriquer des cartes de vœux. Jusque-là, tout allait bien (Rires). Sauf que cette enseignante, engagée qu’elle était, Mme Le Maire, m’a demandé en contrepartie de la réalisation des cartes, de venir parler aux enfants de ce que je fai- sais avec La Rue Tourne. Des élèves du CP au CM2 ! Déjà, j’ai un sale rapport avec l’école, alors y remettre les pieds : l’angoisse. Rien que de revoir un préau, c’était compliqué (Rires) ! Deuxièmement, ce que je vois dans la rue, c’est autant positif que négatif. Comment parler à des primaires de la mort, de l’excision, de la drogue, de la prostitution ? Finalement, j’ai décidé de prendre l’axe positif de la solidarité. Je racontais aussi les histoires des sans-abri, mais sans entrer dans les détails. Je prenais un portrait et je demandais aux enfants : « À votre avis, quel est l’âge de cette personne ? Quel est son prénom ? D’où vient-elle et quel était son travail ? Depuis combien de temps est-elle dans la rue et pourquoi ? » Je déconstruisais les représen- tations en racontant les vraies histoires. Au début, j’étais un peu trop sans filtre… Aujourd’hui, j’ai trouvé le bon fonctionnement pour aborder ces sujets : je dis la vérité via un angle jovial et funky, tout en ne cachant pas la dureté de la rue. Les deux doivent cohabiter. Au final, les enfants ont plein d’idées, ils veulent faire plein de choses: à l’occasion d’un Noël, ils ont fabriqué des bougeoirs.

Tu dis que La Rue Tourne « crée du lien social », ça veut dire qu’elle « aide » ?

Christian

Pour moi, le vocable est très important. J’essaye d’employer le moins possible le mot « aider ». Parce que, quand on fait ce que La Rue Tourne réalise, on est déjà dans une relation de supériorité, qu’on le veuille ou non : on a beau le faire avec toute la bonne volonté du monde, on a un toit sur la tête, contrairement à celle ou celui qui est en face de nous. Pour moi, l’association, c’est du partage et pas de l’aide. Quand on maraude, on se met souvent à la place des sans-abri : si la personne est assise au sol, on se pose à côté d’elle. Il ne faut pas être dans une position condescendante. D’ailleurs, il n’y a rien de pire. Une fois, Christian pleurait et personne ne s’est arrêté. Bien sûr, c’est dur de se confronter à quelqu’un de triste, mais je trouve ça encore plus difficile qu’il n’ait pas reçu ne serait-ce qu’un peu d’attention. Et même parfois, on se prend des remarques : pourquoi est-ce qu’on fait ça, pourquoi est-ce qu’on entretient ce schéma social. Pardon, mais si les gens étaient contents d’être dans cette situation, ça se saurait ! Je distribue des cafés, pas des RSA !

Parle-nous de la réalité de la rue ; parle- nous des histoires qui t’ont le plus touchée.

Pascal

Je pense à Kamir, cette femme qui a trois ans de moins que moi. Elle vit depuis dix ans dans la rue, du côté de Châtelet. Et on le sait, dans le centre de Paris, c’est là où se concentrent les trucs les plus dégueulasses : la drogue, la prostitution, la violence. Tout ça, elle l’a vécu. Elle s’est fait casser toutes ses dents de devant parce qu’elle a refusé un rapport sexuel. Elle s’est fait tirer par les cheveux jusqu’à en avoir une grosse cicatrice pour la même raison. Elle se fait régulièrement casser la gueule, soit par des gars de la street, soit par son copain qui sort de prison. Quand tu lui parles, tu as l’impression qu’elle a toujours 19 ans, car émotionnellement, ce n’est encore qu’une gamine. Son histoire me touche énormément. Son rêve, c’est de faire une formation en toilettage pour animaux. Mais elle vit dans un tunnel, elle fume du crack, elle se prostitue, probablement. En fait, je ne sais pas comment la sortir de cette situation. Elle est pourtant accompagnée, par les maraudes, une éducatrice spécialisée, une assistante sociale. C’est une histoire très difficile dont j’essaye de me distancier, car à un moment, ça m’a vraiment bouffée. Je suis même allée voir où elle habitait, dans le tunnel. Mais ça s’est mal terminé avec son copain. Puis il y a Pascal, un mec adorable décédé en 2015, à l’âge de 53 ans. Avant d’être dans la rue, il était conseiller bancaire en Lorraine. Il a perdu son travail après une embrouille avec son boss, sa femme l’a quitté. Il est alors venu chez un pote à Paris, qui est mort du sida. N’étant pas sur le bail du logement, il a dû partir et a fini sur le banc à Stalingrad, devant la Rotonde, pendant dix-sept ans. Un jour, la COP 21 a décidé de mettre des installations là où il était, alors la Mairie de Paris a fait le ménage. Et quand elle s’y emploie, elle ne demande pas aux gens de prendre leurs affaires et de partir. Elle apporte une benne et y jette tout – sacs de couchage, livres préférés. Pas le temps de niaiser. C’était début décembre, et Pascal a été retrouvé quelques jours après sous un parasol, mort d’hypothermie. À chaque sensibilisation, je parle de lui.

Tu es constamment confrontée à des histoires bouleversantes, injustes. Comment tiens-tu le coup ?

JN

Je suis une véritable éponge émotionnelle, j’ai tendance à être hyper empathique. Je sais qu’il ne faut pas s’oublier, mais en même temps, je ne peux pas m’empêcher de penser aux sans-abri et à leurs besoins, qui doivent être comblés. Il y a deux semaines, j’étais fatiguée, et pourtant je suis allée récupérer la veste en cuir d’au moins 4 kg de Tyty, à Châtelet – il venait de la cirer deux fois pour qu’elle soit parfaite pour l’hiver, trop mignon ! – pour qu’il n’ait pas à se la traîner. Je l’ai déposée au local de La Rue Tourne, puis je suis retournée le voir pour lui fournir un kit d’hygiène. Je savais que c’était nécessaire, j’ai pris sur moi, car je savais très bien qu’après, de mon côté, j’allais rentrer chez moi, prendre une bonne douche et chiller devant Netflix. En fait, j’aime ce que je fais, c’est même devenu une passion.

Tu as parlé de Kamir. Les femmes bénéficient de conditions d’hébergement plus stables que les hommes, donc elles sont moins visibles dans la rue. En côtoies-tu ?

38 % des sans-abri sont des femmes. Certaines années, je n’en croise aucune. Les deux seules que je connais, ce sont Kamir et Sabine, proche de 50 ans. Toutes les deux ont de très forts caractères – elles n’ont pas le choix. Elles ont vécu les pires trucs. Être une femme dans la rue… Je n’ai même pas envie d’imaginer. Parfois, je retrouve Kamir avec un œil au beurre noir, j’ai envie de lui dire : « Mais barre-toi, Kamir, putain, barre- toi ! Qu’est-ce tu as à perdre ici ? » C’est étrangement confortable pour elle de rester dans son tunnel, c’est sa zone de confort. Elle n’a connu que ça en dix ans. Beaucoup de femmes se cachent, dans des tunnels, sous des ponts, dans des endroits peu fréquentés.

À cause de la honte ?

La honte, la violence, la peur de tomber sur le mauvais gars, peut-être bourré ou de mauvaise humeur, au mauvais moment. Parfois, j’ai l’impression que c’est plus compliqué d’être une femme dans la rue, mais ce n’est pas facile d’aller en interroger une sur sa vie, sur les causes, les raisons de sa situation. Trop personnel. Ça a l’air tellement plus sensible pour une femme que pour un homme. En tout cas, je ne lâche pas l’idée qu’un jour, je ferai une exposition de photos exclusivement de femmes.

Ivo

As-tu déjà été confrontée à la précarité menstruelle ? C’est l’un de nos chevaux de bataille, chez Paulette.

Je suis contente que des médias se mobilisent. Ça fait un bail qu’on distribue des serviettes hygiéniques dans la rue. Après, dans mon secteur, les femmes n’ont souvent plus de règles à cause de la ménopause ou de leur cycle complètement flingué par ce qu’elles consomment. Personnellement, j’en distribue rarement, mais j’en ai toujours sur moi, au cas où. On en a plein au local et les autres groupes de maraudes les donnent régulièrement. Dans nos kits d’hygiène pour femmes, j’essaye d’ailleurs de remplacer les tampons par des serviettes : les femmes ont tendance à les garder trop longtemps. Les cups, c’est pareil: il faudrait qu’elles aient les mains propres pour la changer et de quoi la stériliser.

Tu es au cœur de l’action : quel est le bilan que tu dresserais de la situation actuelle de la rue?

Du côté des bénévoles, on voit que les gens veulent donner de plus en plus de sens à leur vie, en s’engageant notamment. La qualité de leur engagement est nettement supérieure qu’avant. Et le bilan sur le terrain, il est «bigoût». D’un côté, il y a de la solidarité, que ce soit grâce aux maraudes, mais aussi aux habitants qui prennent de plus en plus conscience de ce qui se passe autour d’eux, en bas de chez eux. En revanche, de 2001 à 2012, le nombre de personnes sans domicile a augmenté de 50 %. Ces sans-abri, ce sont des profils comme toi et moi, des gens qui ont fait des études, qui parlent plusieurs langues, qui ont des familles, des amis. Ivo, qui traîne avec Saïd, parle treize langues, il fait des tours de magie, des calculs improbables qu’il essaye d’ailleurs de m’apprendre, en vain. Saïd, lui, a bossé au Louvre, à la médiathèque de La Villette, il a toujours des trucs de ouf à raconter. Qu’est-ce qui a fait qu’il est dans la rue, depuis 18 ans ? Ce qui m’angoisse, c’est que ça peut vraiment arriver à n’importe qui. Mais cette peur est aussi un moteur, je me dis que je suis à la bonne place, même si parfois je suis fatiguée. Mais je me dis qu’il faut y aller. J’espère que ça ne m’arrivera jamais, mais si ça m’arrive, j’aimerais qu’on ait la même énergie pour moi.

Beaucoup souhaitent s’engager, mais ne savent pas trop par où commencer. Quels conseils donnerais-tu pour aider au mieux les personnes dans la rue ?

Gégé

Certain.es, intuitivement, vont voir directement un.e sans-abri pour lui demander ce dont il ou elle a besoin. Ça va être un café, une bouteille d’eau, un sandwich, ou des choses très ponctuelles. Les gens n’abusent pas et ne vont pas te demander de faire un plein de courses. Ça, c’est une super démarche : il n’y a rien de mieux que d’aller aider la personne en bas de chez soi ou à côté de son bureau. Et quand vous ne savez pas trop, adressez-vous à une asso – la nôtre est plutôt cool (Rires). Vous comprendrez ainsi la dynamique, les besoins, les manières d’agir pour aider au mieux. Avec cette démarche où vous voyez un peu dans quoi vous mettez les pieds, vous pouvez rester et vous y investir. Le temps est un bien précieux, et moi, je préfère les gens qui viennent en maraude plutôt que celles et ceux qui font des dons, vraiment. Consacrer une après-midi de son temps, dans nos vies speed, ce n’est pas rien. Et venir avec ses compétences, c’est pas mal aussi! La Rue Tourne n’aurait pas le même impact si elle n’avait pas des bénévoles avec des compétences en graphisme, en web, ou encore en écriture.

Fanta & Keita

Article du numéro 45 « Ensemble »

Article de Juliette Minel

Portraits réalisés par Agy