L’orientation scolaire, les études supérieures, savoir vers lesquelles se diriger, définir son avenir professionnel…De grandes décisions qui peuvent s’avérer difficiles à entreprendre, à un âge où, très souvent, on se cherche encore.  Dans cette mesure, l’organisation Jordan Wings, a décidé d’intervenir comme une sorte de boussole pour aider la jeunesse à trouver sa voie. Par le biais de ce programme éducatif, nous découvrons qu’avec Jordan Brand, égalité, diversité et inclusion vont de paire.

Education x mentorat

“Jordan n’est pas seulement une marque ou une façon de jouer. C’est l’assurance de vous faire entendre, de trouver votre propre style et de changer la donne sur le terrain et au quotidien. Motivés par l’héritage Michael Jordan, nous encourageons le monde à atteindre l’excellence selon ses propres règles.” est-il mentionné sur le site pour définir les valeurs de ce projet. Par la suite, divers dispositifs ont donc été mis en place pour soutenir ces idées. A la clé, programme sportif avec Beyond basketball, dispositif financier grâce à un programme de bourses, développement de la créativité avec le programme design et enfin insertion professionnelle grâce au programme de stage. Tout est pensé pour former les étudiants et leur ouvrir l’esprit dans les meilleures conditions.

Jordan Wings fly dans le monde

“Avec le programme Jordan Wings nous voulons donner aux jeunes des communautés les moins privilégiées du monde entier plus d’opportunités pour créer un avenir meilleur. L’éducation reste le meilleur moyen d’ouvrir un monde de possibilités aux jeunes.” explique Craig Williams, président de Jordan Brand. Ce programme montre finalement que dépasser ses limites est aussi synonyme de dépasser les frontières. En effet, à ce jour, Jordan Wings continue de survoler le globe et compte déjà 30 partenaires en Amérique du Nord et en Chine.

Jordan Wings atterrit à Paris

Aujourd’hui, Jordan Wings s’installe également dans la capitale. Carmelo Anthony, dix fois all star NBA et ambassadeur de Jordan Wings nous fait part du choix de cette nouvelle ville : “J’ai toujours aimé l’énergie et la créativité que Paris apporte à la culture, et je suis honoré de participer à l’arrivée de Paris dans la famille Wings. En 2020, il est plus important que jamais de faire tout notre possible pour inspirer et aider nos jeunes car ils sont l’avenir.” Un nouveau challenge qui s’est concrétisé à l’aide de ces trois nouveaux partenariats : Prométhée Education valorisant l’égalité des chances de réussite dans le système scolaire, l’école de mode gratuite, sans exigence de qualification (incroyable mais vrai) Casa 93 et l’organisation culturelle LE BAL qui permet d’affiner son regard sur les images et sur le monde par le biais de sa plateforme “La Fabrique du regard”.

Désormais Jordan Wings influence la mode, le sport, mais aussi l’éducation et la chanson Wings de Macklemore confirme la responsabilité de la marque sur la jeunesse. D’ailleurs, le 21 décembre a lieu la réouverture de Parcoursup et si vous ne savez toujours pas quoi faire l’année prochaine sachez que l’éducation nationale a mis en place une classe passerelle dans laquelle il est possible d’étudier et de construire son projet professionnel tout au long de l’année. Génial non ? Maintenant, on croise les doigts pour que notre quotidien ne se résume plus uniquement à ça…

Un article signé Exaucée Nzoigba.

Alors que la grossophobie n’a jamais été aussi présente qu’en cette période d’après-confinement, Marina Rollman dénonce ce problème de société avec humour sur France Inter. Et elle n’est pas la seule à dire stop.

Problème de société, la grossophobie bat son plein en cette période d'après confinement et coups de gueule se multiplient.  
Crédit : Photo by Houcine Ncib on Unsplash
Problème de société, la grossophobie bat son plein en cette période d’après confinement et les coups de gueule se multiplient.
Crédit : Photo by Houcine Ncib on Unsplash

« Que nous ont fait les gros pour que rejoindre leur communauté soit la plus angoissante perspective possible dans un monde où le réchauffement climatique et un deuxième mandat de Trump sont des réalités qu’on touche du doigt ? » Oui, c’est drôle, mais c’est surtout vrai. Lors de sa chronique hebdomadaire sur France Inter, Marina Rollman s’attaque à la grossophobie. Dans un style qui lui est propre, l’humoriste jongle entre sarcasme, ironie et néfastes réalités.

Marina Rollman s’applique à démonter un à un, les arguments des grossophobes. En tête de liste la santé. « Ils ne connaissent pas les personnes qu’ils jugent trop grosses, ne savent pas comment elles s’alimentent, quel exercice elles font mais d’un coup d’oeil ils te posent un diagnostic. » S’en suit les arguments de la santé publique, de l’économie, mais aussi de l’esthétique.

Elle nous fait, comme à son habitude, tordre de rire, mais cette fois elle nous laisse un goût amer. Chacune des phrases de ce beau plaidoyer exposent une triste réalité alors que les commentaires grossophobes n’ont fait qu’augmenter en cette période de confinement.

Société de bourreaux où le confinement devient échafaud

Blagues, publicités, coachs de sport improvisés et même régimes à gogo dans les magazines féminins. La plus terrifiante issue de cette pandémie semblait bien être la prise de poids. Et il n’était pas question de nous le faire oublier. Sur-médiatisation, réseaux sociaux, documentaires télévisés ou encore intervention d’experts médecins, rien n’y a échappé. Pointons aussi la sur-représentation des personnes en surpoids parmi les victimes du Covid-19. Une somme à l’origine d’une pression considérable pour les personnes dites obèse – et pas seulement.

Olga Volfson, journaliste et militante féministe anti-grossophobie a dit stop. Dans un billet d’humeur intitulé « Je suis grosse et je refuse d’être votre enfer de confinement », publié par Terrafemina, elle fatigue. « Votre scénario catastrophe, vous le vivez déjà durant cette pandémie. Les gros·ses refusent d’être votre enfer ! Parce que l’enfer, c’est ce que votre indécence et vos persécutions nous font vivre chaque jour, et ce, encore plus cruellement depuis l’annonce du confinement. »

Le mot de la fin revient à Marina Rollman : « La conclusion, c’est que chacun devrait pouvoir faire ce qu’il veut, et ce qu’il peut de son corps. Idéalement, on s’aimerait tous, mais ça c’est pas aisé pour tout le monde. En revanche, un truc qu’on peut contrôler c’est arrêter de donner notre avis à des gens qui nous ont rien demandé.« 

A voir -absolument- sur le même sujet :

On achève bien les gros, de Gabrielle Deydier, disponible sur le site d’Arte. « Obèse depuis l’adolescence, l’auteure Gabrielle Deydier revient sur son histoire et s’élève contre la grossophobie à l’oeuvre dans notre société. Une ode à l’acceptation de soi, contre la tyrannie des normes.« 

Article de Aurélie Rodrigo

Par Clément Arbrun

« Boys don’t cry », déplorait Robert Smith il y a quarante ans de cela. Il faut dire que les larmes et les mâles forment un drôle de couple. Une liaison contre-nature, diraient les plus réacs. Un tabou millénaire, indéniablement. Car l’homme exprime ses émotions en secret – comme s’il s’agissait d’une honte – et souffre en solitaire. Heureusement, tout aujourd’hui tend à casser ce complexe ô combien ridicule. Il suffit de prêter l’oreille aux affects pour comprendre qu’à travers ces larmes qui ruissellent se racontent bien des histoires, à la fois universelles et individuelles. Petit récap’ rien que pour vos yeux.

Qu’est-ce qu’un homme qui pleure ? Un héros, à en croire Homère. Lui et les aèdes qui lui succèdent glorifient les larmes que le vaillant Achille fait couler à la mémoire de son ami Patrocle, mais aussi celles d’Ulysse pleurant la perte d’Ithaque. Comme le sang, les larmes se versent afin de sublimer l’honneur et l’idéal guerrier. La société romaine ne se les interdit pas non plus. Hormis celles, prestigieuses, de l’empereur Jules César qui les laisse couler devant ses troupes après sa traversée du Rubicon, le peuple a pour coutume de pleurer au nom des dieux qui veillent sur la cité. Spirituelles, ces larmes sont supérieures à celui qui les offre au monde. Cette dévotion s’exacerbe avec l’apogée du christianisme – les larmes pieuses – puis s’anoblit dans la France du XVIIe siècle. Les bourgeois pleurnichent lorsqu’ils assistent aux représentations des pièces de Corneille et leur sensibilité est calquée sur celle des grands succès littéraires d’alors, comme La Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. L’émotion forte est à la mode. 

Mais comment est-on passé d’une habitude culturelle à une injonction de sexe ? Dans son opus Le Mythe de la virilité, la philosophe Olivia Gazalé voit là l’influence considérable de la morale stoïcienne, laquelle recommande la pudeur masculine et la supériorité de « la raison » sur « l’émotion ». Au XIXe siècle, les préceptes freudiens font de la moindre crise la démonstration d’une hystérie (et donc attribuée à la femme). Les larmes ne sont plus romantiques, mais pathologiques. De « nobles », trait de caractère de la bonne société (le spectacle lacrymal était d’usage à la cour du Roi Soleil), elles renvoient dès lors aux excès d’un peuple qui ignore les règles de bienséance. Il ne fait plus bon se chagriner. Cette violence sociale s’est transformée en violence de genres. L’éducation – parentale et culturelle – dicte aux garçons quand ils doivent avoir la gorge nouée. Un mec n’a pas à « craquer », « éclater en sanglots » ou « fondre en larmes », sauf « événements exceptionnels » : un enterrement, une naissance, un mariage. C’est comme si le pater familias tel qu’on le fantasme était un simili-Clint Eastwood, prompt à plisser les yeux, économiser ses mots et serrer le poing. Pleurer serait signe d’impuissance, car si mon père dévoile ses failles, comment peut-il protéger sa famille ? Le cliché est gros, pourtant il est réel. Mais en vérité, tout cela, c’est du bidon.

Larmes fatales

Non, je n’ai jamais vu mon père pleurer. Pourtant, les larmes des mâles n’ont cessé de ruisseler durant mon enfance. Il y a eu les pleurs patriotiques des joueurs / supporters célébrant la victoire de la France lors du Mondial de football en 1998 – la seconde étoile vingt ans plus tard en est le revival. Mais je me souviens surtout de John Rambo, fondant en larmes à la fin du premier opus de la saga éponyme. De Bruce Willis morflant, les pieds nus et ensanglantés, dans Piège de Cristal. Tom Cruise, lui aussi, a chamboulé la masculinité. Quand il n’enchaîne pas lose sur lose dans Mission : Impossible (pauvre agent Ethan Hunt, intrépide, mais infoutu de sauver un seul de ses potes), l’acteur craquèle dans Magnolia. Il y joue un gourou masculiniste assénant ses mantras aux machos venus crier leur haine des femmes. En fin de parcours, ce célibataire volontaire sanglote de rage au pied du lit de mort de son paternel. Une virilité aussi fragile que celle du Matt Damon de Will Hunting. Ou des nerfs de l’électrisant Leonardo DiCaprio qui lâchent dans The Basketball Diaries, comme ceux de Brad Pitt, clôturant Seven par des larmes tragiques. Tout aussi désespérées sont celles de Kurt Cobain qui, au cours du fameux concert MT V Unplugged, interprète Where you did you sleep (last night) : sa voix s’y déchire jusqu’au sanglot. Une image forte, car la plupart du temps, ce sont les « babies » qui pleurent dans les charts : Baby don’t you cry (Ray Charles), Cry Baby (Janis Joplin), Cry Like A Baby (Cher)…

Entre Stallone et Kurt, un empire – celui d’une Amérique iconisée par l’un et exécrée par l’autre –, mais la même fissure masculine. Les yeux de cocker de Stallone sont ceux d’une nouvelle virilité qui laisse deviner un abandon de soi dans un écrin de testostérone, d’action et de canons de beauté. Dans Nuits Blanches à Seattle (1987), la scénariste féministe Nora Ephron imagine les mecs pleurnicher à la simple évocation des Sept Mercenaires. Un gag évident. Mais qui suggère que l’imaginaire viril ne peut s’écrire sans larmes. Aujourd’hui, un acteur (et ex-catcheur) aussi mastoc que Dwayne Johnson – alias The Rock – inclut volontiers les larmes à son acting musclé. Et tord ainsi le bras à ceux qui se moquent des « pleureuses ». Car la faiblesse aussi est badass.

Non, je n’ai jamais vu mon père pleurer. Pourtant, les larmes des mâles n’ont cessé de ruisseler durant mon enfance. Il y a eu les pleurs patriotiques des joueurs / supporters célébrant la victoire de la France lors du Mondial de football en 1998 – la seconde étoile vingt ans plus tard en est le revival. Mais je me souviens surtout de John Rambo, fondant en larmes à la fin du premier opus de la saga éponyme. De Bruce Willis morflant, les pieds nus et ensanglantés, dans Piège de Cristal. Tom Cruise, lui aussi, a chamboulé la masculinité. Quand il n’enchaîne pas lose sur lose dans Mission : Impossible (pauvre agent Ethan Hunt, intrépide, mais infoutu de sauver un seul de ses potes), l’acteur craquèle dans Magnolia. Il y joue un gourou masculiniste assénant ses mantras aux machos venus crier leur haine des femmes. En fin de parcours, ce célibataire volontaire sanglote de rage au pied du lit de mort de son paternel. Une virilité aussi fragile que celle du Matt Damon de Will Hunting. Ou des nerfs de l’électrisant Leonardo DiCaprio qui lâchent dans The Basketball Diaries, comme ceux de Brad Pitt, clôturant Seven par des larmes tragiques. Tout aussi désespérées sont celles de Kurt Cobain qui, au cours du fameux concert MT V Unplugged, interprète Where you did you sleep (last night) : sa voix s’y déchire jusqu’au sanglot. Une image forte, car la plupart du temps, ce sont les « babies » qui pleurent dans les charts : Baby don’t you cry (Ray Charles), Cry Baby (Janis Joplin), Cry Like A Baby (Cher)… Entre Stallone et Kurt, un empire – celui d’une Amérique iconisée par l’un et exécrée par l’autre –, mais la même fissure masculine. Les yeux de cocker de Stallone sont ceux d’une nouvelle virilité qui laisse deviner un abandon de soi dans un écrin de testostérone, d’action et de canons de beauté. Dans Nuits Blanches à Seattle (1987), la scénariste féministe Nora Ephron imagine les mecs pleurnicher à la simple évocation des Sept Mercenaires. Un gag évident. Mais qui suggère que l’imaginaire viril ne peut s’écrire sans larmes. Aujourd’hui, un acteur (et ex-catcheur) aussi mastoc que Dwayne Johnson – alias The Rock – inclut volontiers les larmes à son acting musclé. Et tord ainsi le bras à ceux qui se moquent des « pleureuses ». Car la faiblesse aussi est badass.

© ARI

Full sentimental

« Quand on regarde nos pères et grandspères, on ne les a pas souvent vu pleurer, hormis dans des moments où c’est socialement admis […] Quand on pleure, on n’est pas seulement vu comme “un être humain qui pleure” mais comme “un homme qui pleure”. Ce n’est pas habituel », entend-t-on dans Pleure, si t’es un homme, une émission de la RTS consacrée au Réseau Hommes Suisse Romande, un groupe de parole pour « pleureurs anonymes ». Les larmes « expriment beaucoup de choses refoulées qui resurgissent », note l’un d’eux, si bien que « toutes les saletés, les miasmes s’en vont ». Notre société tend vers cette purification. Il suffit de penser au Kid d’Eddy de Pretto. « Moi je joue avec les filles / Je ne prône pas mon chibre », narre celui-ci, las de supporter « l’héritage iconique d’Apollon ». Son décalque du poème de Rudyard Kipling (« Si… ») est le cri de révolte d’une génération qui rejette la « virilité abusive » des « glorieux gaillards» et du « sexe triomphant » – ce que l’on nomme la « masculinité toxique ». Contrairement à Jacques Brel qui chante Ne me quitte pas, la face humide, De Pretto ne joue pas au cocu pathétique pour qui pleurer est aveu de faiblesse. Il en fait un pouvoir : celui de rejeter les ordres du père trop despote (« Tu seras viril mon kid / Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque »).

« Qu’est-ce qui fait pleurer les hommes ? », se demandaient à leur tour, en août 2018, Aude de Galard, Leslie Gogois et Amandine Lebrat dans leur article « 28 hommes racontent ce qui les a fait pleurer » du Cosmopolitan. Une dernière séance chez le psy pour Jonas, 34 ans. Une épilation à la cire pour Jacques, 29 ans. Paul, 30 ans, a pleuré quand il est allé faire piquer son chien Pilou. Pour Benoît, 33 ans, ce fut à la naissance de sa fille Félicie. Pour Jérémy, 31 ans, le jour où il a frôlé la mort. Maxence, 27 ans, a mal supporté son voyage à Toronto, car il « [pleurait] de froid » – les larmes gelaient sur sa joue. Xavier, 31 ans, pleure quand son gros orteil tape le rebord de la piscine. Et Jean, 36 ans, face aux images du séisme à Haïti en 2010. Bref, les larmes sont l’encre dont sont faites les histoires à la fois immenses et minimes des hommes. Des podcasts comme Les Couilles sur la table de Victoire Tuaillon ou Mansplaining de Thomas Messias auscultent ces stories triviales et tragiques, tout comme le compte Instagram @tubandes, carnet de bord d’un mec au mantra choc : « Libérons la parole sur nous / J’ai un coeur érectile et des sentiments ». Normal à une époque où même Gillette repense la masculinité l’espace d’une pub, invitant les pères à sensibiliser leur progéniture au harcèlement, au sexisme et aux intimidations. « Les garçons d’aujourd’hui sont les hommes de demain », décoche ce spot qui adapte le mouvement #MeToo aux lames de rasoir. Si le web s’amuse gentiment des chialades de Dawson (l’ado de la série du même nom) ou du footballeur Lionel Messi via quelques mèmes cultes, cela n’empêche pas l’empathie. Barack Obama l’a suscitée en pleurant de nombreuses fois en public lors de sa présidence. Le mâle le plus puissant du monde a droit aux larmes, car c’est toujours l’humanité qui se narre à travers elles. Le peintre chinois Yan Pei-Ming l’a récemment démontré en réunissant plusieurs de ses travaux, évoquant aussi bien la tragédie du 11 septembre ou de Fukushima que la souffrance de sa propre mère. Le nom de son expo ? « L’homme qui pleure ».

Laissons pleurer les garçons

« Pleurer, c’est apprendre à exprimer ses émotions ; peine, douleur, frustration », expliquait déjà en 2014 l’écrivain Cédric Charbonnel sur son blog. L’auteur y confesse pleurer en bâillant dans le métro le matin ou face aux chiots trop mignons. Enfant, ses parents lui disaient qu’un grand garçon a toujours les yeux secs. Mais pour l’artiste, les affects se transforment en actes nocifs lorsqu’ils sont trop longtemps retenus. « Apprendre à son enfant à ravaler ses larmes, c’est tisser avec amour la camisole qui enfermera des torrents d’émotions derrière le masque d’un enfant sage dont on ne saura jamais vraiment pourquoi il se bat à l’école, pourquoi il frappe sa sœur, puis sa femme » écrit-il. Lui aussi est persuadé que c’est en pleurant que les garçons d’aujourd’hui deviennent les hommes de demain. Il l’assène : « Laissez pleurer les garçons pour en faire des hommes forts. Des vrais ». Bref, la ritournelle doit changer : « Boys do cry » !

Article du numéro 44 « Émotions »

Le cout-métrage En vrai, réalisé par Eya Ayari, aborde le sujet sensible des jeunes qui grandissent en foyer et doivent y évoluer. Paulette vous livre tous les détails.

« Je vais réaliser mes rêves (…) Je veux être acteur de ma vie. » C’est par ces mots que débute En Vrai. Le documentaire aborde deux mondes qui s’opposent : les enfants issu.e.s de foyers et les influenceur.se.s. L’histoire est celle d’un jeune garçon, baladé de famille en famille, qui se retrouve dans la rue et assiste à l’agression de Mia, une influenceuse reconnue dans le domaine de la mode. 

Ce court-métrage d’une vingtaine de minutes a été réalisé par Eya Ayari. Âgée de seulement 18 ans, cette passionnée de cinéma a débuté dans le milieu quand elle en avait 15, avec Les Studios de Paris, à la découpe numérique. Elle a également participé à plusieurs clips et courts-métrages, en tant qu’assistante réalisatrice, et à la production du long-métrage franco-américain Stillwater, réalisé par Tom McCarthy.

Avec le soutien et la collaboration de l’Association 1000 Visages et de la Cité du Cinéma, Eya Ayari a choisi d’aborder le thème des jeunes issu.e.s des foyers qui doivent évoluer dans un environnement souvent néfaste. Vers le passage à l’adolescence, beaucoup d’entre eux et elles se trouvent confronté.e.s à la violence. Les filles sont davantage touchées car elles tombent rapidement soit enceinte, soit dans la prostitution. Grandir en foyer n’est pas facile, s’épanouir encore moins. 

Le court-métrage est toujours en préparation mais la bande-annonce est déjà disponible sur Vimeo. Vous pouvez encore participer à sa réalisation sur Ulule, il vous reste sept jours !

Article de Sofia Rogozarski

À l’occasion de la Journée des droits des femmes, le dimanche 8 mars, on a décidé d’aborder un sujet encore trop tabou : l’excision.

En France, et partout dans le monde, beaucoup de femmes sont concernées par l’excision. Il existe plusieurs associations qui luttent, chaque jour, contre cette pratique. La team Paulette a rencontré la présidente et la co porte-parole de l’association Excision, parlons-en !.

L’excision, c’est quoi ?

L’excision touche plus de 200 millions de femmes dans le monde. A chaque minute, 6 fillettes sont excisées. Cette pratique consiste à enlever le clitoris au corps de la femme. On parle de mutilation sexuelle féminine. C’est une coutume culturelle venant majoritairement d’Afrique. 

Pourquoi l’excision ?

L’excision a vu le jour en partie à cause d’anciennes croyances, de mythes. En effet, quelques communautés pensent que cette pratique aide à la fécondité des femmes, est plus hygiénique et également parce que ça rendrait les femmes plus attrayantes. 

Il est aussi question d’interdire aux femmes d’avoir accès à l’orgasme, qui serait considéré comme malsain et immoral. C’est une forme de domination masculine.

Pour d’autres communautés, l’excision permet de protéger une identité culturelle et de continuer à pratiquer les traditions. Et d’autant plus quand les familles migrent vers d’autres pays. Elles souhaitent garder leur héritage culturel.

Dans quels pays ? 

L’excision est pratiquée dans 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Mais aussi en Asie, comme en Irak, en Inde, ou encore au Pakistan. L’Amérique du Sud est également concernée, notamment en Colombie ou au Pérou. Sans oublier les pays de la diaspora où l’excision n’est pas traditionnellement pratiquée. On retrouve l’Europe, les Etats-Unis, le Canada et l’Australie. 

En bref, toutes les femmes du monde entier sont touchées par l’excision. 

Les risques

La mutilation sexuelle présente de grands risques comme des douleurs intenses, des saignements voire une hémorragie, des infections, le VIH, le plaisir sexuel diminué, des complications obstétricales, des répercussions sur le nouveau-né, de fortes conséquences psychologiques et plus grave encore : la mort. 

« Notre travail est de faire en sorte que les femmes soient informées de ces risques pour qu’elles puissent prendre le contrôle sur leur corps, leur vie, et qu’elles puissent aller chercher de l’aide autour d’elles, dans des structures adaptées comme les associations de proximité ou les hôpitaux », confie Juliette, co porte-parole d’Excision, parlons-en!.

Comment lutter contre l’excision ?

En éduquant et en informant les jeunes femmes et les mères sur le sujet pour qu’elles reprennent le contrôle de leur corps et qu’elles refusent l’excision pour leur progéniture. Il est également primordial d’informer les hommes et les garçons. Il faut créer des liens entre les pays d’origine et les communautés de diaspora. Agir sur les territoires nationaux. Continuer de dire NON à l’excision.

« Il est important de mobiliser davantage les personnes concernées dans la diaspora. C’est ce que l’on fait actuellement, on organise des rencontres. Il faut aussi impliquer les hommes et continuer la sensibilisation notamment grâce à notre campagne Alerte à l’excision. », nous explique Diaryatou Bah,  présidente de l’association Excision, parlons-en !

« Ce qui est aussi très important, c’est la partie sensibilisation et communication car prévenir de l’excision, c’est vital », ajoute Juliette.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet Excision, parlons-en !

Article d’Alicia Desrivieres

Tu seras mère ma fille, Camille Menager et Bruno Joucla francetvpreview.fr

Tu seras mère ma fille est un documentaire passionnant qui retrace la condition de la femme de 1918 à nos jours. Il a été réalisé en 2018 par Camille Menager et Bruno Joucla.

Tu seras mère ma fille présente plusieurs générations de françaises uniques et différentes depuis la Première Guerre mondiale à nos jours. Ce récit entrainant nous invite à nous questionner sur le statut de la femme. Entre amour, interdictions, sexualité, douleur de l’accouchement, domination des hommes, progrès médicaux, social et politique, les femmes ont mené bien des combats. 

Être une femme signifie être une mère ?

Après la Première Guerre mondiale, les femmes avaient pour mission de repeupler la France. À cette époque, une femme signifie être une mère. Leur ventre devient alors une affaire de loi. Les contraceptifs sont interdits et les peines en cas d’avortement sont renforcées.

L’esclavage domestique, voilà le quotidien des femmes. Au début des années 1970, celles-ci se rebellent et ne veulent plus être des mères pondeuses. À présent, leur utérus leur appartient. L’avortement se légalise, leur cri a enfin été entendu. De plus, des progrès médicaux comme la péridurale et la fécondation in vitro facilitent la vie des femmes. Elles se sentent plus libres.

Un monde dominé par les hommes

Cependant, les mères porteuses deviennent rapidement un business et la domination des hommes est de retour. Certaines femmes ont recours à cette méthode afin d’aider leur mari financièrement. On peut alors s’interroger, sont-elles libres ou soumises ?

Les femmes veulent bouger, travailler. Elles restent mère dans un monde dominé par les hommes. Sont-elles enfin l’égal de l’homme ? Malheureusement, dans encore beaucoup d’entreprises les salaires des femmes sont moins élevés que ceux des hommes. 

Une succession de combats

Après une succession de combats contre la domination masculine, les femmes sont-elles totalement libres de cette emprise ? Quelles sont les différences 100 ans après ? Ce documentaire émouvant nous rappelle la place qu’occupe la femme dans la société. Et l’importance de cet héritage précieux et fragile.

Le documentaire pourra être visionné sur France 5 le 8 mars, puis en replay sur France.tv.

Article d’Alicia Desrivieres

Un jour peut-être ça changera.

Un paradoxe parmi tant d’autres, mais qui me gêne et je ris jaune – de toute façon, je bois trop de café. Tandis que nous, médias féminins chanceux de bénéficier d’une brillante liberté d’expression, venons à prôner la diversité des corps et le mouvement body positive, nombreux sont les membres de notre communauté et industrie pro à souffrir d’une véritable obsession de la balance. Plus qu’une promotion, un changement de vie, un mariage ou un bébé ; une prise ou perte de poids devient un véritable sujet de discussion. « Allez balance, c’est quoi ton secret ».

C’est l’hôpital qui se fout de la charité, je sais. Faîtes un tour sur la plupart des sites féminins occidentaux aujourd’hui : vous y verrez des couleurs, des rondeurs, des différences et une pluri-culture des corps. Et si le poids ou les origines ne sont pas supposées être des critères de recrutement – contrairement au sexe qui reste un problème mais là n’est pas le sujet de ce papier – les chiffres qui nous désignent sur cette bonne vieille balance restent un sujet de débat adulé par nos camarades de la presse internationale.

Taille 52 pour mon shoot mais pas plus de 52 kilos sur ma balance 

Oui, le poids est apparemment passionnant – venant à rythmer davantage de conversations, presque plus que de réelles discussions sur notre société ou la une de l’actualité. « Son cul, c’est l’Amazonie » : voilà six mois que j’entends cette phrase dans Paris. Par-contre, les incendies ayant touché la foret sud-américaine n’ont fait le buzz que 24 heures sur Instagram.

Prenons, parce qu’on le connaît plutôt bien, le marché français pour exemple. Peut-être que je devrais me passer de ces commentaires mais j’aimerais toutefois souligner quelques vérités. J’approche la trentaine à petits pas, j’ai écumé quelques postes dans la rédaction et j’en arrive aujourd’hui au même constat. Il y a 10 ans, lorsque j’ai posé une première patte dans un journal, j’ai compris que l’industrie pouvait être physiquement toxique et qu’elle le resterait.

Alors oui, certaines bonnes âmes échappent à la règle et on répétera aussi que les potins sont identiques dans la majorité des boîtes mais je vais simplement partir du principe que nous bossons notamment dans la sphère mode parisienne et que – on ne va se mentir – la maigreur… ben oui, c’est beau et ça vend. Du moins, c’était beau et ça vendait à l’époque de Kate Moss. Décennie où s’affamer pour mieux dépenser dans la coke était cool.

La faute à qui ?

Le seul truc qui me dérange vraiment, c’est qu’il y a vingt ans, on ne s’alimentait pas de trois feuilles de roquette pour ensuite rédiger quatre pages sur un projet body positive. On ne faisait pas poser des modèles aux corps différents et allant au-delà du 46 parce que la diversité est le « miroir de notre société d’aujourd’hui » pour finalement moquer sa boss entre collègues car elle a « pris des joues pendant l’hiver« . Non, à cette époque, on prônait fièrement la perte de poids, les régimes, les os qui dépassent et les mannequins blancs toujours plus minces en cover. C’était crade, mais plutôt honnête au final. Du moins, on ne faisait pas face à une hypocrisie permanente du rapport au corps et aux courbes.

Désormais, la tendance s’est inversée. Les marques, comme les magazines, recrutent la différence en première ligne. On veut des gens qui ne se ressemblent pas – jusqu’à pousser le bouchon trop loin et mettre les personnes banales (donc moi, toi et peut-être ta voisine) mal à l’aise. Donner le sentiment qu’on ne possède pas d’artifice, qu’on ne fait pas partie de la « nouvelle norme » ou de ce qui est considéré comme « beau » aujourd’hui. Et qu’est-ce qu’on s’en fout, me direz-vous. Les enseignes de prêt-à-porter jouent le jeu aussi, en élargissant notamment leur panel de tailles pour une offre plus élargie et inclusive. Cool et surtout, ENFIN, me direz-vous.

Body negative du off

Sauf que la bonne blague, parce que ces situations se répètent encore et toujours : tu vas découvrir ces nouvelles collections lors d’événements presse bien sympas, saluer tes connaissances d’un large sourire avec une arrière-pensée. Ouais, laquelle va me complimenter si j’ai perdu quatre kilos ? Et qui va gentiment fermer sa bouche et attendre que je me barre pour demander si le bonheur pèse sur ma balance ou si je suis sous cortisone ? Questions rhétoriques, et mes consoeurs me comprendront, on sait à qui nous avons affaire. Alors certes, la vérité veut que l’on ait trouvé quelques alliées, des collègues et rencontres qui nous veulent du bien mais personne ne pourra en démordre : le poids est un sujet de discussion qui fonctionne toujours et évite les « blancs ».

Ce qui m’attriste, et c’est une réalité, c’est que la machine est enfin lancée mais elle n’a pas tant changé – au fond d’elle. Comprenez ici que l’industrie de la mode a beau évoluer ; ses codes internes restent pour le moment quasi-identiques. Même les personnalités les plus bienveillantes utilisent le poids comme un sujet de discussion ouvert, comme si on n’avait rien d’autre à se raconter.

Une mission pas impossible

Alors faisons l’effort, chères consoeurs et confrères, de se lancer sur d’autres sujets et d’aider cette pyramide à s’inverser. Oui, le poids et le physique sont des points de discussions forts dans n’importe quel bureau au sein de notre chère et belle nation. Sauf que ma maman commerciale, ma soeur dentiste ou ma copine directrice de boutique n’ont aucun pouvoir d’éducation là-dessus : elles ne sont pas porteuses d’un manifeste via un magazine national. Elles peuvent s’exprimer sur le sujet via les réseaux, mais on ne leur donne pas une plume, quotidiennement, pour mettre noir sur blanc ce message important. Visons donc, et cette fin d’année 2019 pourra peut-être en témoigner, à travailler de manière moins hypocrite et à réellement diffuser des valeurs que nous appliquons à notre environnement professionnel et à chacun d’entre nous.

Un article de Margaux Rouche