Elle a débarqué le 22 mars sur Canal+. La création suit une bande de potes londoniens pendant dix ans, de 1981 à 1991. Cinq ami·e·s qui vont subir au premier plan les conséquences d'une maladie terrible, aussi bien sur le plan sanitaire que social. A voir absolument, pour toutes les raisons suivantes.

© Channel 4/Canal+

On ressort d’It’s a Sin avec des larmes plein les yeux et une furieuse envie d’en savoir plus. Cinq épisodes de la série quasi autobiographique de Russel T. Davies (aussi derrière Queer as Folk et le génial Years and Years) ont suffi à nous retourner, et à nous convaincre de se renseigner sur une époque marquée par une épidémie dramatique qui a condamné des millions de personnes, et qui sévit encore aujourd’hui. Familier ? Le contraste est cependant de taille avec la situation actuelle : il y a 40 ans, cette crise sanitaire sans précédent s’est d’abord déroulée dans l’indifférence presque totale. 

Le pitch est le suivant : Ritchie (Olly Alexander), Roscoe (Omari Douglas), Ash (Nathaniel Curtis) et Colin (Callum Scott Howells) sont quatre hommes cis gays aux passés divers et caractères attachants qui emménagent ensemble dans le Londres des années 80, après avoir fui ou menti à leur famille sur leur orientation sexuelle pour la majorité. Ils sont accompagnés de Jill (Lydia West), jeune femme du même âge et personnage clé, qui deviendra le pilier de la coloc’, dans la joie comme dans la tristesse. Tout ce beau monde passe son temps à organiser des fêtes incroyables dans leur appart’ baptisé le Pink Palace, à enchaîner les petits boulots et les auditions, à rêver et à s’aimer. A se soutenir face à la haine du monde extérieur, et rapidement : à lutter contre un ennemi invisible et dévastateur. Le sida.

"À qui le tour ?"

© Channel 4/Canal+

La maladie a officiellement commencé en 1981, aux Etats-Unis. 1981, c’est aussi l’année qui marque le début du récit. L’insouciance règne dans les 45 minutes du pilote ; on soupçonne qu’elle ne durera pas longtemps. Le nom de cette menace meurtrière résonne en arrière-plan, au fil de discussions que les protagonistes ne prennent pas vraiment au sérieux. 

Dans la communauté gay de la capitale britannique, les associations de malades s’organisent au fur et à mesure des cas locaux et des diagnostics venus d’outre-Atlantique, mais nombreux peinent encore à croire à ce « cancer gay », comme il est labélisé par les médias de cette société ultra-conservatrice (Margaret Thatcher est alors aux commandes du pays). Ritchie ironise d’ailleurs : « Ça toucherait les homosexuels, les Haïtiens et les hémophiles. La maladie ciblerait la lettre H. À qui le tour ? Les habitants de Hartlepool, du Hampshire et de Hull ? »

A en croire Christophe Martet, journaliste et ancien président d’Act Up-Paris, cette méfiance est parfaitement fidèle à la réalité. « Quand vous avez la vingtaine, être foudroyé par une maladie en l’espace de quelques mois, c’est inconcevable, ça n’est pas dans l’ordre des choses », plaide-t-il auprès de Franceinfo. « Il y avait très peu d’infos à l’époque, il n’y avait pas internet ni de réseaux sociaux, il n’y avait pas de média gay très puissant ». Rien pour relayer « l’hécatombe », qualifie-t-il, qui faisait rage. Rien pour alerter ni protéger.

Un show puissant et important

© Channel 4/Canal+

Si It’s a Sin est essentielle, c’est donc d’abord pour ce témoignage d’un temps pas si vieux dont les répercussions sont encore présentes des décennies plus tard. En 2021, la plupart des personnes séropositives ne meurent plus en quelques mois comme c’était le cas, grâce à l’avancée de la médecine et à la mise en place de traitements comme la trithérapie, mais les victimes restent nombreuses (en 2019, on comptait 690 000 décès qui y sont liés, révèle l’ONU, la pandémie de Covid-19 ayant depuis freiné la recherche). Et les idées reçues qui entourent leur condition, particulièrement coriaces. 

Exemple parlant qui est mentionné dans les derniers chapitres : la différence cruciale entre VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et sida (syndrome d’immunodéficience acquise). Souvent confondus, ils désignent en réalité deux choses bien distinctes. Le VIH est le virus responsable du sida. Ce dernier, le stade ultime de la maladie en l’absence de traitement pour contrer le virus, décortique l’asso Aides. Une précision indispensable, ici vulgarisée, qui s’accompagne d’un autre point sur lequel continuer d’insister : on ne l’attrape pas en faisant la bise ni en buvant dans le même verre qu’une personne infectée. 

Là aussi, l’œuvre documente efficacement la stigmatisation douloureuse subie par ceux qui sont touchés, et la méconnaissance tenace qui en est, au-delà d’une homophobie nauséabonde, à l’origine. Quand on ne cachait pas les ravages de l’épidémie au public, ou les médicaments disponibles, ce sont les patients qu’on enfermait à double tour dans une pièce à l’écart du reste de l’hôpital. Colin, comme son supérieur interprété par Neil Patrick Harris, en fera les frais. « L’épidémie n’a pas été traitée de manière rationnelle », s’indigne Christophe Martet, « beaucoup d’arguments moraux ont pesé dans la balance ».

Et puis surtout, It’s a Sin transporte par la justesse de son écriture, par la description nécessaire d’un pan de l’Histoire queer, de ses relations inspirantes et libres, par les tabous qu’elle contribue à faire tomber, sous bien des aspects. On entre dans le quotidien de cette bande d’ami·e·s, de cette famille choisie, et on embrasse leur cause, leurs souffrances autant qu’on tombe amoureux·se de leurs personnalités uniques. 

Un show puissant, important. Plein d’amour, de vie et d’émotions incarnées avec talent, qui éduque autant qu’il bouleverse. Une fresque qui marque nos esprits. A voir, par tou·te·s, sans hésiter. Et à partager.

Matthieu Longatte imagine sa première série pour Canal +, Narvalo. Il y dépeint, en huit épisodes, des quotidiens de la banlieue française. Ce soir, après Engrenages, découvrez les trois premiers épisodes !

Matthieu Longatte 2
Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

On avait découvert Matthieu Longatte en 2014, avec sa chaîne YouTube Bonjour Tristesse. Où il y relatait, sans concession, l’actualité et notre société. L’auteur-interprète, formé à l’improvisation théâtrale dès son adolescence, jouait aussi son spectacle nommé État des Gueux, depuis 2018. Une pépite si vous voulez notre avis.

Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

Avec Narvalo, il signe aujourd’hui sa première série. Huit épisodes de 13 minutes comme autant de pastilles de vie, entre justice sociale et culture de la vanne, décrivant le quotidien de bandes de copain.ine.s banlieusard.e.s. Au programme, des anecdotes personnelles, mais ô combien universelles ! À chaque épisode, son histoire et ses protagonistes : une garde à vue insensée, des travaux qui prennent un tour inattendu, une soirée qui se finit mal et dont personne ne se souvient… « Tout l’esprit de Narvalo repose là-dessus : raconter un bout de banlieue et de jeunesse par le prisme des histoires qui s’y déroulent », explique Matthieu.

Une façon d’évoquer les cités françaises sans les clichés qui leur sont généralement accolés. C’est précisément cette dimension engagée qui a séduit Canal + ; un parti pris qui se retrouve jusque dans le casting de la série, réalisé en collaboration avec l’association 1000 visages. Fondée en 2006 par la réalisatrice Houda Benyamina (Divines), elle s’est donnée pour mission la démocratisation du milieu du cinéma.

Crédit photo : Alessandro Clemenza /CANAL+

Quant aux acteur.rice.s : la série affiche un casting cinq étoiles : Déborah Lukumuena, Slimane Dazi, Rabah Nait Oufella ou encore Matthieu Longatte lui-même. Autant de raisons de binger Narvalo – sans attendre !

Allez, on vous laisse avec la bande-annonce :

Article de Tanissia Issad

On s’en était réjoui il y a quelques mois de cela : la bande de Friends avait pour objectif de se réunir lors d’un ultime épisode. Malheureusement, la crise sanitaire a balayé un certain nombre de projets restant pour le moment en suspens, dont celui de la sitcom des années 1990. Que les fans se rassurent, un produit dérivé (ultra)gourmand a vu le jour, nous faisant retrouver le sourire. On fait le point.

Le concept : un livre de recettes spécial Central Perk

Avec pour instigateur Warner Bros et pour auteure principale Amanda Nicole Yee, le produit dérivé qui n’est autre qu’une ode à la gourmandise dégaine sur 176 pages plus de 70 recettes. L’idée ? Remémorer à travers chaque assiette concoctée un épisode phare de la sitcom. Des maîtres dans l’art de la livraison aux cuistots chevronnés à l’instar de Monica, tous les niveaux de compétences sont de la partie !

A l’intérieur…

Tout d’abord, on commence par réaliser les cultissimes « Just For Joey Fried Board« . Puis, on attaque la préparations du « Friendsgiving » de Monica. Enfin, en guise de dessert, on ne résiste pas à la recette secrète des biscuits de la grand-mère de Phoebe qui, pour l’anecdote, n’est autre que celle des cookies se trouvant à l’arrière du sac de pépites de chocolat Nestlé.

Il faudra attendre le 22 septembre pour se mettre aux fourneaux en mode Friends. Mais bonne nouvelle, le saint Graal se trouve déjà en précommande par ici !

Plus que quelques jours avant le début des vacances… Paulette a sélectionné pour vous quatre séries pour bien commencer l’été !

Paulette a sélectionné pour vous les séries à ne pas louper cet été!
Crédit : Mollie Sivaram on Unsplash
Paulette a sélectionné pour vous les séries à ne pas louper cet été!
Crédit : Mollie Sivaram on Unsplash

1 – Normal People

Le synopsis : La relation est compliquée entre Marianne et Connell depuis leurs années lycée dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande jusqu’à leurs études universitaires au Trinity College, à Dublin. Intelligent, athlétique et populaire, Connell est troublé par Marianne, une camarade intimidante, solitaire et non moins intelligente. Les premiers émois nés à l’abri du regard des autres survivront-ils à la lumière ?

On regarde : Cette série est inspirée du second ouvrage de l’Irlandaise Sally Rooney et il n’a même pas encore été publié en France. La jeune trentenaire explore la génération des Millenials en les sortant du cadre dans lequel on les range. Au-delà de leur image publicitaire et des réseaux sociaux la réalisatrice questionne les dilemmes de cette génération à travers une histoire d’amour bouleversante.

2 – Little Fires Everywhere

Le synopsis : Durant l’été 1997, Mia Warren, une mère célibataire et bohème, s’installe avec sa fille Pearl à Shaker Heights, dans la banlieue riche de Cleveland, dans l’Ohio. Leur chemin croise très vite celui des Richardson, une famille bourgeoise exemplaire du coin. Deux mères de famille et deux visions de la vie s’opposent et s’entrelacent. Leurs relations vont peu à peu se tendre jusqu’à mettre en péril leurs vies.

On regarde : Cette série explore les contrastes de la société américaine. Chaque épisode met en lumière les déchirements frappant entre les différentes strates sociales. Mais Little Fires Everywhere met aussi l’accent sur le racisme, bien installé aux Etats-Unis. Comme un écho aux récents événement, cette série invite à une réflexion personnelle.

3 – Lovecraft Country

https://www.youtube.com/watch?v=tDpSBwZSp3M

Le synopsis : Dans l’Amérique raciste des années 1950, Atticus Black, un jeune homme de 25 ans, embarque avec son amie Letitia et son oncle George dans un road trip à la recherche de son père disparu. Sur la route, ils rencontrent des monstres fantastiques, ainsi que des monstres bien réels…

On regarde : Après le grand succès de son film Get Out, Jordan Peele continue de dénoncer l’horreur en l’utilisant dans ses œuvres. Dans un style qui lui est propre, la réalisatrice propose un road trip plein d’obstacles. Sur sa route de nombreux ‘monstres’ vont se dresser, des monstres qui prennent la forme d’une métaphore frappante avec l’actualité. Entre discrimination et racisme moderne et histoire de la ségrégation américaine, le voyage d’Atticus invite à une réflexion poussée sur la non-évolution de la place de la personne noire dans nos sociétés.

4 – Stateless

Le synopsis : Quatre étangers se retrouvent coincés dans un centre de détention pour immigrés australien. Chaque personnage aborde les contradictions de la protection et du contrôle des frontières de son point de vue.

On regarde : C’est un sujet d’actualité qui ébranle les médias outre-atlantique, il est désormais documenté. Stateless s’inspire d’une histoire vraie, ce qui rend le scénario que plus poignant. Après son rôle d’anti-féministe dans Mrs America diffusée sur Canal+, Cate Blanchett revient à l’écran et à la production, toujours aussi singulière et frappante.

Article de Aurélie Rodrigo.

La journée de télétravail s’achète et on a qu’une envie : s’installer confortablement devant une bonne série. Reste la sempiternelle question : quelle série ? On oublie la casa de papel et Stranger Things. A la place, on opte pour des productions dans lesquelles les héroïnes féminines crèvent l’écran ! Que les Paulette audacieuses se rassurent, à la rédaction on a concocté une joyeuse sélection de réalisations women friendly

Envie d’histoire vraie ? La série dramatique Mrs America

Sous la houlette de la scénariste Dahvi Waller, Mrs America se dresse comme une plongée dans les années 1970, et l’impitoyable conquête pour les droits des femmes.

La figure de proue : Cate Blanchett. Dénommée Phyllis Schafly dans la fiction, elle porte la casquette de la femme cristallisée dans un modèle conservateur et anti-féministe.

Éminemment réaliste, vintage et harmonieuse, la création à de quoi séduire les cinéphiles en herbe !

https://www.instagram.com/p/B_WDzPUB3BR/

Envie de frissons ? La série thriller Queen Sono

La plateforme Netflix ne cesse de se diversifier et laisse pour la première fois place à une réalisation africaine : Queen Sono.

En tête d’affiche : Pearl Thusi, devenue Queen Sono. L’héroïne prend les traits d’un agent secret aux missions trépidantes et à l’objectif unique : sauver la vie des citoyens de sa contrée.

Les ingrédients du succès ? Une immersion esthétique et solaire en plein cœur de l’Afrique du Sud, et un scénario bien ciselé entre aventure, suspens et émotions fortes.

https://www.instagram.com/p/B8bQnEKjKR6/

Envie de rigoler ? La série comique Why Women Kill

Il avait fait naître les cultissimes personnages des Desperate Housewives : Marc Cherry revient en force avec un thriller domestique, et on adore !

Sans spoiler, une maison de Pasadena devient le théâtre du destin semé d’embûches de trois femmes, insérées dans trois époques différentes. Leur point commun ? Les infidélités de leur mari !

https://www.instagram.com/p/B_fpM9XJ8Bh/

Une bonne dose d’humour noir, une pincée de sarcasme et des personnages hauts en couleur : la recette parfaite pour passer une soirée riche en fous rires.

De quoi se faire une bonne séance de binge-watching 100% féminine !

Ce qui est bien avec ce confinement, c’est qu’on a le temps. Le temps de lire, de cuisiner, de se chouchouter et – on ne va pas se mentir – d’éplucher les catalogues des plateformes de streaming auxquelles on est abonné.e.s. À court d’idées sur la prochaine série que tu devrais regarder ? Je te donne ici 5 bonnes raisons de commencer Mrs. America, la nouvelle série évènement diffusée sur Canal+ depuis le 16 avril ! Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux États-Unis.

Crédit : Allociné

1.Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux Etats-Unis
Mrs. America dépeint une Amérique des années 70 tiraillée entre deux camps de femmes politisées aux revendications contraires. L’intrigue se concentre sur le personnage historique de Phyllis Schlafly, une mère au foyer conservatrice à la formation de juriste. Alors qu’elle aurait voulu participer davantage aux débats sur la lutte contre la menace nucléaire, Phyllis se retrouve finalement à batailler contre le mouvement féministe en créant la campagne ‘Stop ERA’. L’ERA, ou l’Equal Right Amendment, est un amendant constitutionnel pour l’égalité des sexes. Après une première version proposée au Congrès en 1923, le texte est finalement réintroduit au coeur des débats politiques par des féministes issues de la seconde vague. Parmi elles, Gloria Steinem, Shirley Chisholm et Betty Friedan, trois figures de proue de la lutte féministe américaine que l’on retrouve à l’écran.

Crédit : Allociné

2.On y découvre un casting cinq étoiles
Mrs. America est l’occasion pour Cate Blanchett de tenir pour la première fois un rôle central dans une série. Coiffée d’un chignon tiré à quatre épingles et présentant sans cesse un sourire figé, l’actrice australienne déjà couronnée de multiples prix incarne remarquablement le rôle de Phyllis Schlafly, une anti-héroïne dont la personnalité est complexe.
Se joignent à elle des acteurs et actrices de qualité dont Rose Byrne dans le rôle de Gloria Steinem, Uzo Abuda dans celui de Shirley Chisholm, Tracey Ullman interprétant Betty Friedan, ainsi que Sarah Paulson et Margo Martingale.

Crédit : Allociné
Crédit : Allociné

3.Dahvi Waller est la créatrice de la série
Si vous ne savez pas qui est Dahvi Waller, vous connaissez pourtant certainement quelques unes des séries qu’elle a créées (et on parie que vous les avez adorées !). En effet, Dahvi Waller n’est autre que celle qui est à l’origine de Desperate Housewives et de Mad Men !

4.On adore la BO de la série
Les années 70 sont aux États-Unis le temps de la guerre du Vietnam, des revendications féministes, et l’apogée du mouvement hippie. Mais les seventies, c’est aussi une époque où la musique tient une place mémorable. Mrs. America est donc l’occasion de découvrir – ou de re-découvrir – certains des titres et des artistes phares de la décennie: les Rolling Stones, Elton John, Eagles, The Kinks, … On vous voit déjà shazamer chacune des musiques devant votre télé !

5.La série résonne avec l’actualité
Regarder Mrs. America, c’est faire un bond en arrière vers une époque où Shirley Chisholm devient la première femme noire élue au Congrès, dans une Amérique venant à peine d’abolir la ségrégation raciale. C’est également suivre de près certains des débats majeurs de la seconde vague féministe, comme l’égalité des salaires ou la légalisation de l’avortement. S’il s’agit d’une série historique, Mrs. America résonne cependant fortement avec l’actualité américaine qui connait depuis l’élection du Président Donald Trump de nombreux backlash contre le mouvement féministe. Aujourd’hui, les inégalités de salaire perdurent et le droit à l’avortement reste menacé aux États-Unis. Quand à l’ERA, il aura fallu attendre le début de l’année 2020 pour que la Virginie ne le ratifie, devenant alors le dernier État à approuver cet amendement : mieux vaut tard que jamais !

Article de Léah Boukobza

On était habitué à découvrir des films et séries relatant le parcours extraordinaire de militantes féministes et progressistes. Un moyen de mieux connaître toutes ces femmes ayant œuvré pour nos droits et pour l’égalité des sexes. Mais la série Mrs America nous offre une nouvelle perspective : celle d’activistes antiféministes qui se sont mobilisées contre l’émancipation des femmes.

Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.
Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.

La mini-série a été imaginée par Dahvi Waller, scénariste pour quelques séries comme Mad Men et Desperate Housewives. Plongée dans les années 70 alors qu’émerge le mouvement de la seconde vague, Mrs America retrace l’histoire de Phyllis Schlafly, avocate, mère au foyer et activiste conservatrice. 

Phyllis Schlafly, une militante pour que rien ne change

Profondément patriotique et conservatrice, Phyllis Schlafly, incarnée par Cate Blanchett, ne veut pas voir les femmes s’émanciper. Elle s’oppose fermement aux féministes de la deuxième vague et principalement à une de leur idée phare : l’Equal Rights Amendment (ERA). Il avait pour objectif de rétablir l’égalité des droits juridiques de tous les citoyens américains, quel que soit leur sexe. Alors Phyllis Schlafly a lancé sa campagne « STOP ERA ». Selon elle, cet amendement allait supprimer les privilèges sexospécifiques qui profitent aux femmes telles que certaines prestations sociales.

https://www.instagram.com/p/B-9zu9_l55s/

Implanter le décor dans les années 1970 

Mrs America met en lumière deux camps diamétralement opposés sans jamais en faire valoir un plus que l’autre. La série rend compte des tensions qui se sont immiscées entre les féministes et les anti-féministes. Les années 1970 sont une période charnière pour les féministes qui ont tenté de faire évoluer les droits et rôles des femmes, ainsi que les moeurs. On y retrouve notamment des figures emblématiques de la seconde vague : Gloria Steinem et Betty Friedan.

https://www.instagram.com/p/B-wxesLAyoT/

Mrs America nous permet d’avoir un autre regard sur le mouvement de libération des femmes. D’observer cette lutte entre femmes progressistes et conservatrices.

Vous pouvez dès à présent retrouver cette série sur Canal+ et Hulu.

Article de Nina Hossein.

Confinée chez toi depuis maintenant plus de deux semaines, tu as eu le temps d’écumer le catalogue Netflix dans son intégralité. Tu as alors peut-être aperçu le titre de cette nouvelle série allemande – Unorthodox – se hisser parmi le top 10 des séries TV les plus regardées en France sur la plateforme. Composée de seulement quatre épisodes, la mini-série retrace la vie d’Esty, une jeune-fille juive ultra-orthodoxe New-Yorkaise qui décide de quitter la communauté dans laquelle elle a grandi pour rejoindre Berlin, où elle souhaite vivre une vie épanouie, libérée de ses obligations religieuses.

Crédit : Allociné

C’est à partir d’une histoire vraie, celle de Deborah Feldman racontée dans son livre autobiographique Unorthodox: The Scandalous Rejection of My Hasidic Roots (2012), qu’Anna Winger et Alexa Karolinski décident de raconter la vie d’Esty, un personnage fictif à travers une mini-série inspirante et émouvante.

Âgée de dix-neuf ans, Esty a grandi au sein de la communauté hassidique de Satmar dans le quartier de Williamsburg à Brooklyn. Elle n’a jamais quitté New York et voit sa vie dirigée par des préceptes religieux stricts qui semblent parfois l’étouffer. Éduquée par sa grand-mère et sa tante, elle contracte un mariage arrangé avec Yanki, un jeune-homme de sa communauté. Un an plus tard, elle décide finalement de tout quitter et part pour Berlin sans laisser aucune trace derrière elle. Une fois l’Atlantique traversé, le spectateur voit Esty se métamorphoser. D’une jeune-femme bridée dans sa condition féminine, elle se ré-approprie progressivement son corps et découvre le sentiment de liberté, notamment à travers la musique – une passion qui lui était jusqu’alors interdite.

Crédit : Allociné

Si certains passages semblent parfois trop rapides pour être vraisemblables – peut-être cela est-il dû au format du programme – Unorthodox offre tout de même un récit plein d’espoir sur une femme forte au courage remarquable. Incarné par l’actrice israélienne Shira Haas, la comédienne crève l’écran dans ce rôle qu’elle interprète à la fois en anglais et en yiddish. Elle avait par ailleurs déjà été remarquée pour son talent et sa sensibilité dans la série Les Shtisel: Une Famille à Jérusalem, qui malheureusement n’est pas encore disponible sur le catalogue Netflix français.

Crédit : Allociné

Alors ce soir, à la place de scroller ton fil d’actualité Instagram pour la dixième fois de la journée, laisse-toi embarquer par cette histoire poignante, et assiste à la renaissance d’Esty. Session de binge-watching assurée !

Article de Léah Boukobza

Bob Fosse et Gwen Verdon ont changé le paysage de la comédie musicale, sur scène comme au cinéma. La série Fosse/Verdon (FX) raconte l’histoire d’amour compliquée et la collaboration artistique fructueuse du chorégraphe et de sa muse. 

Michelle Williams et Sam Rockwell dans Fosse/Verdon © FX

Sam Rockwell et Michelle Williams ressuscitent deux légendes de la comédie musicale à l’écran par leurs performances impressionnantes dans la série Fosse/Verdon. Ils interprètent Bob Fosse, un chorégraphe brillant devenu réalisateur récompensé à Cannes (pour All That Jazz) et Gwen Verdon, très grande star de Broadway, sa muse, et une artiste du même calibre. Fosse/Verdon est sortie en avril 2019 et si vous n’avez pas eu le temps de la découvrir, profitez de la fin de l’été. Cette mini-série de huit épisodes a été nommée 17 fois aux Emmy Awards qui auront lieu en septembre. 

Une histoire d’amour compliquée

Bob Fosse et Gwen Verdon se sont rencontrés lors des répétitions de Damn Yankees!, en 1955 (une comédie musicale jouée à Broadway). Bien qu’ils étaient tous deux en couple à l’époque, ils sont tombés amoureux et se sont mariés. Ils ont eu une union houleuse et ont fini par se séparer, mais ils n’ont jamais divorcé et ont continué à travailler ensemble – et à s’aimer – jusqu’à ce que Bob Fosse meurt d’une crise cardiaque en 1897. Ensemble, ils ont réalisé quelques-unes des comédies musicales (Chicago…) et des films (Cabaret…) les plus admirées de l’époque. C’est cette histoire d’amour orageuse entre un artiste passionné, autodestructeur et coureur, et une femme forte et tout aussi talentueuse, mais souvent oubliée, qui est racontée dans Fosse/Verdon. La série se lit comme une ode au talent et à l’inspiration de ces deux personnages qui ont changé Broadway tout en mettant en avant leurs luttes personnelles. 

Fosse est l’insupportable génie et Verdon la femme blessée qui l’aime et l’aide même s’il la fait souffrir. Cependant, à travers les différentes époques représentées et la performance subtile de Michelle Williams, la série s’éloigne du cliché. Dans ce monde où #MeToo à changé la donne, Bob Fosse aurait pu n’être que le stéréotype de l’homme puissant qui traite mal les femmes autour de lui et qui brûle la chandelle par les deux bouts (entre la toxicomanie et se jeter dans le travail). Mais avec l’aide de Nicole Fosse, le seul enfant du couple, la série devient bien plus que cela. La question des abus (dont Verdon et Fosse ont tous deux été victimes) est centrale et reflète une question importante à Hollywood aujourd’hui. Comment sortir du cycle de la violence ? Gwen Verdon est également remise en avant, non seulement en tant que muse d’un chorégraphe de génie, mais aussi en tant que femme qui le soutient et en tant qu’artiste indispensable à la création de ses chefs-d’œuvre.

Un va-et-vient constant dans le temps

Toutefois, pour les téléspectateurs qui ne connaissent pas la vie personnelle de Bob Fosse, la série peut sembler floue. Fosse/Verdon est montée suivant le principe utilisé par l’artiste lui-même dans Lenny (1974) et saute d’une période à l’autre (entre 1955 et 1897). Le temps est marqué par un compte à rebours, avant la mort inéluctable de Fosse, et le spectateur peut se sentir perdu pendant un moment, ne trouvant ses repères que dans la quantité de cheveux sur la tête de Rockwell.

Néanmoins, la chorégraphie, les chansons familières de comédies musicales, les tragédies personnelles et le jeu d’acteur sont plus que suffisants pour garder le spectateur en haleine. 

Article par Juliette Cardinale