Ô menstruation, douce menstruation, satanée menstruation. Chaque mois, on te côtoie, on te ressent, on te voit. Tu rougis devant nous et on pâlit devant toi. Loin d’être transparentes, ta colorimétrie et ta composition gardent encore quelques secrets pour nous. Allez, dis-nous tout.

À force de l’appréhender, mois après mois, année après année, nous avons compris que le sang menstruel n’était pas le même que celui qui coulait dans nos veines : ni aussi rouge ni aussi liquide. Comment l’expliquer ? Qui est-il ? D’où vient-il ?

Le résultat d’une composante interne 

À chaque fin de cycle ovulatoire, si fécondation il n’y a pas eu, les hormones comme l’œstrogène, la FSH et la LH chutent. Cette baisse hormonale indique à l’organisme que l’évacuation de la partie superficielle de la muqueuse utérine doit avoir lieu. Morceaux d’endomètre, sécrétions vaginales cervicales, sécrétions du col de l’utérus et sang se retrouvent ainsi expulsés par le vagin et s’écoulent durant 3 à 7 jours en moyenne. C’est ce que nous nommons les menstruations. 

Sous contraception, comme la pilule, l’anneau ou le patch, l’ovulation est stoppée et l’endomètre se développe beaucoup moins. Il peut se dissoudre sous l’arrêt du contraceptif, mais ce n’est pas une obligation. Son écoulement peut donc être moins abondant. Celles que nous appelons « règles » sont en réalité des « hémorragies de privation ». Des saignements, issus de la déconstruction de cet endomètre, survenant face à la privation d’hormones délivrées habituellement par le contraceptif.  

Un nuancier de rouge 

Marron, rouge, rose, orange ? La couleur des pertes peut varier en fonction du cycle menstruel. En début et fin de cycle, il y a plus de chances que le sang ait été en contact avec l’oxygène, il peut donc être marron, car plus oxydé. Puis, il y a aussi cette nuance de rouge, le vif, celui que l’on se représente le plus dans l’imaginaire. S’il est signe de bon flux, il reste cependant à surveiller. Surtout si les pertes de sang se produisent souvent ou anormalement hors du cycle. Cela peut être le résultat d’infections sexuellement transmissibles, comme la chlamydia ou la gonorrhée. 

Il arrive également que le sang se présente de manière rosée. Ce rose peut apparaître comme la résultante d’un sang menstruel mélangé au liquide cervical, de micro-déchirures du vagin ou du col de l’utérus, diluées dans des sécrétions vaginales, ou d’un simple écoulement moins abondant (dû à la contraception). Une perte de poids, une mauvaise alimentation, et une anémie peuvent aussi en être les causes.

Et si ce rouge habituel vire au orange ou au gris, il n’est pas un impossible qu’une infection ou une bactérie en soit à l’origine. Surtout, s’il s’accompagne d’odeurs et de démangeaisons. La colorimétrie des règles peut fluctuer, mais au moindre doute, il est important de se rapprocher d’un.e gynécologue ou d’un.e professionnel.le de santé.

Du sang en or 

Le sang menstruel, parce que toujours tabou, peut encore paraître mystérieux. Ne dit-on pas qu’en chaque mystère se cache une part de vérité ? En 2007, comme l’évoque le Nouvel Obs, des scientifiques ont découvert que le sang des règles pouvait être thérapeutique. Il renfermerait des cellules souches pouvant se multiplier très rapidement. Ces dernières pourraient ainsi devenir des médicaments et aider pour soigner, calmer les cancers, les maladies cardiaques, ou la maladie de Parkinson. Notre cher sang menstruel n’a jamais été aussi précieux. Alors, si ses cellules peuvent améliorer les conditions de vie d’autrui, pouvons-nous dire que red is the new gold ? 

Article de Marie Le Seac’h