Avoir nos règles, ce n’est pas un choix. Acheter des protections hygiéniques n’en est pas un non plus – c’est une nécessité. Pourtant, il semblerait que des membres des forces de l’ordre aient jugé cet achat comme étant non « vital », qui ne nécessiterait pas un déplacement hors de chez soi pendant le confinement.

Témoignages sur Twitter

De nombreux témoignages fleurissent sur la toile : certaines personnes auraient été réprimandées, voire verbalisées, pour avoir voulu acheter des protections hygiéniques. « Je suis sortie acheter des serviettes hygiéniques et là un flic m’arrête et veut me verbaliser parce que c’est pas « vital » ? », peut-on lire sur Twitter. Ces chères protections ne seraient donc pas aussi indispensables qu’un rouleau de papier toilette, une bouteille d’eau ou un paquet de cigarettes. Plaît-il monsieur l’agent ? 135 euros pour être sorti.e acheter une boîte de tampons ? 

Avoir ses règles n’est ni un choix ni une prise de position, encore moins un luxe. C’est biologique. Ces protections sont « hygiéniques », comme leur nom l’indique, leur utilité est primordiale.

Ce que dit la loi…

D’ailleurs, en France, depuis janvier 2016, elles sont passées en taxes réduites (de 20% à 5,5%). L’Assemblée nationale a statué pour qu’elles rejoignent le rang des produits faiblement taxés, au même titre que l’eau, l’alimentation, les équipements spéciaux pour personnes en situation de handicap ou que les abonnements au gaz et à l’électricité. Serait-il alors possible d’envisager, un jour, des protections hygiéniques disposant d’une TVA à taux zéro ?

Aujourd’hui, la gratuité de ces protections est sur toutes les lèvres en France, en Écosse et même en Grande-Bretagne – au moins pour les étudiant.e.s et personne en situation de précarité. Leur nécessité n’est plus à prouver.

Illustration de Juliette Meignan, @jujufigolu

Si pour le moment aucune liste officielle d’articles nécessaires n’a été diffusée, les propos tenus par le ministère de l’intérieur, à CheckNews, sont éloquents : « Il peut être considéré que si l’article a été acheté dans un magasin dont l’ouverture est prévue par le cadre réglementaire, il est de première nécessité. » À n’en plus douter, les tampons, les serviettes et autres protections hygiéniques sont de première nécessité.

Et si les menstruations ne devraient jamais rimer avec verbalisation, il en est de même pour les test de grossesse et les dispositifs de contraception.

Article de Marie Le Seac’h 

Dans le monde entier, de nombreuses femmes subissent la précarité menstruelle. Cette année, le gouvernement français compte mettre à disposition des protections hygiéniques gratuites. 

La précarité menstruelle touche un nombre considérable de femmes aujourd’hui. 1,7 million de Françaises, exactement. Pour s’y attaquer, le gouvernement a décidé de mettre en place des distributeurs de protections hygiéniques dans six collèges de Loire-Atlantique. Elles seront donc gratuites et en libre-accès dans les toilettes des établissements.

Le département lutte contre la précarité menstruelle

Le conseil départemental de la Loire-Atlantique va fournir des protections de qualité en coton bio, respectueuses du corps des jeunes filles et de l’environnement. De plus, des kits seront distribués aux élèves de 6ème pour leurs premières règles.

L’idée ? Que tous les établissements publics et privés de Loire-Atlantique puissent bénéficier de cette évolution par la suite. 

Une campagne de sensibilisation sera organisée du 27 au 29 avril prochain dans tout le département. Une collecte de protections hygiéniques aura également lieu pendant une semaine entière. Une place achetée au Grand T – Théâtre de Nantes subventionnera un paquet de serviettes hygiéniques !

Des protections hygiéniques pour les femmes précaires 

Les cabinets de Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité femmes-hommes, et de Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, ont annoncé mercredi 12 février qu’une mesure sera bientôt testée contre la lutte de la précarité menstruelle. En effet, des protections périodiques seront distribuées gratuitement pour les femmes en situation de précarité. 

Un dispositif de cartes prépayées sera installé pour les femmes sans domicile fixe qui leur permettront de retirer des protections hygiéniques dans des distributeurs en libre-accès. Par ailleurs, dans certains collèges, le gouvernement apportera des solutions afin de lutter contre le manque d’information sur la menstruation. Une bonne nouvelle !

Où en est-on dans le monde ? 

Mardi 25 février, l’Écosse a été le premier pays à voter une loi qui standardise la menstruation. Désormais, les serviettes hygiéniques et les tampons sont gratuits dans divers emplacements dédiés, comme des centres de jeunesse ou des pharmacies. 

Au Royaume-Uni, les femmes les plus démunies ont également accès à une carte prépayée qui leur donne le droit de retirer trois articles par jour, dont des protections hygiéniques, de l’eau et de la nourriture. En Allemagne, certains cafés et musées laissent en libre-service des protections périodiques. Depuis 2017, la Corée du Sud, elle, mène de nombreuses interventions pour les mineurs précaires, avec toujours ce système de cartes. Quant aux États-Unis, certains États fournissent des protections menstruelles aux collégiennes. Parmi eux ; la Californie, le Wisconsin, l’Illinois et l’État de New York.

Une belle avancée qui, on l’espère, se démocratisera de plus en plus !

Article d’Alicia Desrivieres