C’est un fait : bon nombre d’entre nous manquent de connaissances et d’éducation autour des questions ethniques et des discriminations raciales au sein de notre société. Et pour comprendre les enjeux et les dessous du privilège blanc, voici trois podcasts à ne pas manquer.

Plus que jamais, il est nécessaire de comprendre le privilège blanc, voici trois podcasts à ne pas manquer.
Crédit : Juja Han on Unsplash

« Lettre adressée à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème… »

« En France, nous ne sommes pas racistes, mais la dernière fois qu’on a refusé de me servir en terrasse, j’étais avec un arabe. La dernière fois qu’on m’a demandé mes papiers, j’étais avec un arabe. La dernière fois que la personne que j’attendais a failli rater le train parce qu’elle se faisait contrôler par la police dans la gare, elle était noire. » Dans une lettre ouverte lue à l’antenne de France Inter, l’écrivaine Virginie Despentes s’adresse à ses amis blancs, mais pas seulement. Chacun de ses mots, chacune de ses phrases prennent du sens dans l’esprit du français blanc.

« Je suis blanche. Je sors tous les jours de chez moi sans prendre mes papiers. Les gens comme moi c’est la carte bleue qu’on remonte chercher quand on l’a oubliée. La ville me dit tu es ici chez toi. Une blanche comme moi hors pandémie circule dans cette ville sans même remarquer où sont les policiers. » Cette fois, c’est une blanche qui nous invite à changer d’angle. C’est sa réalité qu’elle présente, celle de le sérénité, de la sécurité. Une façon simple de nous suggérer de se mettre à la place de ce que nous ne sommes pas.

« Le dénis »

Sans blanc de rien, est une série de podcasts qui « lutte pour l’égalité des chances et contre le racisme ». Aujourd’hui, marquons un arrêt sur l’épisode « Le dénis ». Dans cet épisode, nous commençons par suivre le trajet en métro d’une jeune femme qui va retrouver son amie dans un café. Synopsis :

« Contre le mur il y a d’autres gars. D’au…d’autres gars qui lui ressemblent. D’autres gars… black. Pas tous, il y a des arabes aussi. » Elle nous dépeint un sentiment intérieur profond et sans détour. Une hésitation dans cette gare, après qu’un sentiment de gêne ait traversé sont esprit. De gêne, parce qu’elle sait, parce que nous savons, que ce n’est pas normal, que ça ne devrait pas être. Elle nous livre tout ce qui lui est passé par la tête, jusqu’à ces quelques mots de justification, ceux que l’on se souffle pour se rassurer. « Ca ne me regarde pas après tout, et puis mon amie m’attend ». Pour arriver au constat évident : « Quelle chance, d’être blanche ».

Entrons dans le vif du sujet. S’en suit une discussion intime, presque anodine à la terrasse de ce fameux café. Changement de prisme, cette amie est métisse. « D’un point de vu social, dire qu’il n’y a qu’une seule race c’est vraiment naïf de ta part. Ne pas mettre de mot dessus c’est ne pas reconnaître qu’il y a des gens qui sont victimes de discrimination raciale. » Ce podcast nous invite à changer de point de vu. Il nous laisse entendre un choc de race, la même situation, interprétée par une blanche et par une noire. « Le dénis » porte bien son nom.

« Check tes privilèges blancs » de la série Kiff ta race

« Je crois que ça renvoie d’abord à une conception de la race avant d’être celle du racisme […]. Si on parle de race, ça veut dire qu’on est dans une société qui produit de la race, qui assigne des gens à des places. Et ces places elles ne sont pas symétriques parce que cette production raciale c’est de la domination. » C’est la définition du privilège blanc selon Eric Fassin, sociologue qui check ce fléau dans ce podcast. Celui-ci n’est pas une lettre ouverte, il ne raconte pas d’histoire ni de réflexion personnelle. Celui-ci est une conversation, type plateau télé, avec plusieurs intervenants autour d’un même sujet.

Tout le débat est là: « Personne n’a envie d’être défini sur le plan racial. Mais le choix n’est pas toujours donné, et surtout pas à n’importe qui : il est rare de devoir se définir racialement lorsqu’on est une personne blanche. » Dans cet audio où Rokhaya Diallo et Grace Ly discute avec un sociologue, les références sont riches et nombreuses. Le sujet est traité sous tous ces angles et invite à nourrir sa culture personnelle.

Article de Aurélie Rodrigo.