On ne va pas se mentir, il est parfois difficile de prendre du recul, dans sa vie, avec soi et les autres. Et ce qui est valable dans le réel s’applique aussi dans le virtuel. Ô douce pression mentale. On se compare, on se blesse, on s’angoisse et surtout, on reste figé.e, étouffé.e dans cette bulle toxique, prête à imploser. 

Illustration @mikankey

De l’inspiration à la dévalorisation

Vous souvenez-vous de la manière dont les réseaux sociaux vous ont conquis.e la première fois ? Comme victime d’un black-out, il serait difficile de savoir comment tout cela a commencé. Vous entendez encore au loin résonner la voix euphorique de votre ami.e : « Essaie ! Tu verras, tu pourras suivre des comptes vraiment tops, partager ton quotidien, ta passion, te faire connaître ! » Vous avez probablement froncé des sourcils, et la suite on la connaît : d’un coup d’un seul, vous étiez né.e dans le virtuel. 

Un peu méfiant.e au début, vous avez rapidement trouvé ce système attrayant. Une flamme par ci, un pouce bleu par là, une frénésie de cœurs pop-upant de partout, et vous voilà boosté.e. Quel pied ! Voguant sur des profils, toujours plus inspirants, vous vous êtes épris.e de ces réseaux. Ils vous ont motivé et donné l’envie de créer, de bouger, de changer. 

Puis un jour, sans trop comprendre ce qu’il se passait, certains de ces comptes vous ont mis la boule au ventre. Vous n’arriviez plus à suivre la cadence de ce maître Yoggi que vous adoriez, ni à réussir ces beaux petits plats, si bien photographiés, qui vous faisaient tant envie. Désormais, ces modèles que vous idolatriez vous donnaient des vertiges. Vous vous dévalorisiez au détriment de personnes que vous ne connaissiez que par écran interposé. 

Se désabonner pour mieux se protéger

Illustration @priya_vijayvargiya

Une fois que l’on s’est rabaissé.e plus bas que terre, il est très ardu de se voir tel.le que l’on est réellement. L’image que l’on se fait de soi, et des autres, est très souvent erronée, il ne faut pas l’oublier. Et même, lorsque cette façade est bien réelle, sur quels critères nous basons-nous pour nous estimer « moins bien que » ? Se comparer à autrui, se mettre la pression pour atteindre des objectifs qui ne nous iront certainement jamais, suivre des personnes, juste « parce qu’il le faut », ce n’est pas ok. 

Les réseaux sociaux sont là pour vous stimuler, jamais pour vous attrister ou vous angoisser ! Vous êtes maître.sse de vos abonnements, et des personnes que vous laissez entrer dans votre vie. Vous avez le droit et vous vous devez d’unfollow les comptes qui ne vous vont plus ! Et c’est tout aussi ok de prendre de la distance avec ces personnes qui vous font tourner de l’oeil. Nous avons tous quelque chose d’enviable, mais surtout, nous avons tous quelque chose à faire briller et à développer. Alors, seule la comparaison positive est acceptable. 

À nos côtés, et sur nos réseaux, on garde les personnes qui nous font du bien et qui nous poussent vers le haut. On reste bienveillant.e, on se soutient, soi-même, les un.e.s envers les autres, et on ne se diminue pas. Ça, jamais ! 

Article de Marie Le Seac’h