En ce dimanche 3 mai, nous célébrons une journée mondiale particulièrement importante : celle de la liberté de la presse ! En France, comme partout à travers le monde, cette liberté, parfois malmenée, est une alliée capitale. Cette journée est l’occasion de jeter un regard chez soi et ailleurs, mais aussi de défendre des droits et de se remémorer ces plumes que nous avons perdues en chemin.

Illustration de Noemie HAY – @limisticblog

La liberté de la presse, c’est quoi ?

En 1993, le 3 mai devient officiellement la Journée mondiale de la liberté de la presse. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies, cette célébration est votée en réponse à la Déclaration de Windhoek, de 1991, mise en place par des journalistes de presse africains, prônant le pluralisme et l’indépendance des médias. Ce dimanche, c’est un anniversaire mondial qui s’opère pour une liberté de la presse sans frontières !

Cette liberté est un droit fondamental garanti par l’Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Cet article stipule que : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. » Une déclaration ratifiée par 192 États, et un mémo que chacun devrait garder au près de soi. 

Comme nous le rappelle Amnesty International, outre la célébration des principes fondamentaux de la presse, le 3 mai est aussi l’occasion de faire un état des lieux de cette liberté à travers le monde. Mais également de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes ayant perdu leur vie dans l’exercice de leur profession. 

Informer : à quel prix ?

En 2020, le classement mondial de la liberté de la presse, divulgué par Reporters Sans Frontières, plaçait la France en 34e position. Un ordre prenant en compte les critères de liberté dont jouissent les journalistes, et reflétant les conditions d’exercice des 180 pays en lice.

Informer est un droit acquis et pourtant, il n’est pas toujours totalement appliqué. Pire encore, il se trouve parfois menacé. Alors, il y a nos journalistes français, à qui nous pensons, notamment les membres de Charlie Hebdo. Mais pas seulement. Nous gardons aussi en mémoire Jamal Khashoggi, journaliste saoudien, torturé, démembré dans le consulat de son pays, l’Arabie Saoudite. 

Et évidemment, toutes ces personnes muselées, emprisonnées, retenues en otage, torturées, disparues, tuées – réduites au silence – pour avoir souhaité répandre l’information. Nos pensées se tournent également vers ces instants où la censure a essayé de faire tomber les mots. Et vers tous ces pays qui la pratique encore.

Puis, il y a cette période de pandémie, qui ne change pas la donne, bien au contraire. « La crise sanitaire est l’occasion pour des gouvernements autoritaires de mettre en œuvre la fameuse “doctrine du choc” : profiter de la neutralisation de la vie politique, de la sidération du public et de l’affaiblissement de la mobilisation pour imposer des mesures impossibles à adopter en temps normal », dénonce Christophe Deloire, journaliste et Secrétaire général de Reporters sans frontières.

En ce jour, nous levons notre plume pour cette liberté de la presse, d’opinion et d’expression – et continuons à faire retentir nos mots, notre voix, l’information, au-delà des oppressions.

Article de Marie Le Seac’h