En ces temps de crise sanitaire, bon nombre de femmes est mobilisé en première ligne ou à la maison – à travailler, veiller sur la famille, enseigner aux enfants jusqu’à gérer la gestion totale du logis. Si certaines d’entre elles ne sont pas seules ou ont vu leur activité professionnelle ralentir, c’est un fait : la charge mentale croît jour après jour. À cause du confinement, certes, mais aussi de moeurs bien encrées dans notre société et perdurant au fil des époques. Mais comment gèrent-elles ce stress quotidien ? 

Pendant le confinement, la charge mentale des femmes explosent. Crédits : ©Mehrpouya H.
Pendant le confinement, la charge mentale des femmes explosent. Crédits : ©Mehrpouya H.

Lorsqu’on parle de charge mentale, on parle de double journée ou de rythme accéléré. Celle que l’on gère au quotidien – au travail, avec nos divers interlocuteurs et supérieurs. Puis l’à-côté : le stress personnel, la famille, la maison, les finances ou encore l’administratif jusqu’aux questions qui concernent notre futur. Selon un sondage Ipsos, publié en 2018, 55% des femmes assurent la gestion du foyer. Cliché, n’est-ce pas ? Et pourtant vrai. Ménage, cuisine, repassage, enfants… tant de choses à penser en une journée souvent bien trop courte pour tout réaliser.

Le confinement lui, ne fait qu’augmenter la charge mentale des femmes. Selon un sondage récent et mené par Ifop, « Ma casa va craquer », 49% des ménages se disputent actuellement à cause des tâches ménagères qui seraient mal réparties. Cela vous étonne ?

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Le personnel de santé mobilisé sur le front et à la maison

Tous les soirs applaudi pour le travail qu’il fournit, notre personnel de santé le mérite fortement. Mais bien souvent, pour le staff féminin, la journée est loin d’être terminée. « C’est difficile de s’organiser et je me prive de moments à moi pour allier travail et maison » témoigne une infirmière mère de famille au service de chirurgie de la clinique Sainte-Clotilde (Île de la Réunion). Souhaitant garder l’anonymat, elle ajoute : « j’essaie de m’organiser au mieux. Surtout pendant mes temps de repos où je réalise les tâches ménagères comme la lessive et les repas en avance lorsque je ne suis pas trop fatiguée ».

La tâche éducative : la surdose de charge mentale

C’est ce qu’indique le sondage Ifop : l’accompagnement scolaire des enfants et tout ce que cela englobe arrive en tête des sources de conflit d’un couple.

Mère d’un enfant de 4 ans, la jeune femme trouve la situation vraiment compliquée. Et pour cause, enseigner à la maison n’est pas chose simple quand on travaille en parallèle en clinique. « Les devoirs à la maison se rajoutent aux tâches quotidiennes. Je dois les préparer, imprimer les activités, noter les consignes et faire ensuite le point sur ce qui a été fait ou pas avec la maîtresse ». Et même si son conjoint l’aide de temps en temps, la charge mentale de notre infirmière est mise à rude épreuve. « Le stress génère des troubles du sommeil, j’ai des journées de plus de 14h parfois et des nuits de sommeil de 6h maximum ». Si elle espérait pouvoir compter davantage sur le soutien de son compagnon, « C’était sans compter sur la console de jeux ».

Selon le rapport Harris, 56% des femmes pensent qu’elles s’occupent en priorité de l’accompagnement des devoirs des enfants, contre 10% pour leur conjoint. Crédits : ©Annie Spratt.

Fort heureusement, si plus difficile pour certaines, d’autres abordent cette charge de mentale d’une tout autre manière. Beaucoup de foyers voient leurs tâches mieux réparties avec au moins une personne dédiée à 100% aux enfants tandis que d’autres femmes mobilisées ne sont pas encore maman ou en couple. Le challenge redoutable, accentuant la charge mentale, étant de réussir à trouver du temps pour s’occuper de soi et se relaxer après des heures très compliquées enchaînant fatigue, émotions et chocs. Raison pour laquelle de nombreuses femmes voient leurs cycles menstruels complètement déréglés depuis le début de la crise sanitaire.

Une application pour mieux répartir les tâches ménagères

Il y un an, Marie-Anne Chesnel a créé l’application Myfamiliz. L’objectif est d’aider les ménages à mieux répartir les tâches ménagères. Et en ce sens réduire la charge mentale. L’application est gratuite et tous les membres de la famille peuvent s’y connecter.

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To do list et missions avec échéance, voilà de quoi mobiliser toutes les troupes… et garantir l’équité quant à la gestion du foyer ! 

Article de Nina Hossein.

Parce que les soignant.e.s se mobilisent chaque jour pour sauver des vies, il est important de les soutenir comme il se doit. C’est à la toute fin du mois de mars que Collectif Solidaire voit le jour. Cette association se mobilise pour leur livrer des repas. Mais comment s’organise-t-elle à l’heure du confinement ? 

Le Collectif Solidaire se mobilise pour livrer de bon repas à nos soignants. Crédits : @laviecoolparchloe.
Le Collectif Solidaire se mobilise pour livrer de bons repas à nos soignant.e.s. Crédits : @laviecoolparchloe.

Collectif Solidaire, c’est une association qui mise sur l’union des forces afin de venir en aide aux personnels soignants. Il s’agit de leur livrer des repas sains et équilibrés préparés par des chefs. Et mettre en place un tel dispositif alors que la règle est au confinement, il y a de quoi applaudir. « Ce qui est compliqué c’est de grandir si vite et de faire avec les moyens du bord. Nous avons néanmoins quelques atouts dans notre jeu, un responsable logistique qui aurait sa place à la maison blanche, des lève-tôt pour coordonner et s’assurer du bon déroulement des livraisons et plein de petits bras ultra-motivés pour bouger des palettes, empaqueter des denrées et surtout des transporteurs ultra-investis« , explique Bastien de Changy, cofondateur du Collectif Solidaire et chef cuisinier.

Et quand Bastien de Changy parle d’atouts, il fait référence à tous les bénévoles qui se sont lancés dans l’aventure. Lorsqu’il s’agit d’expliquer qui ils sont, le chef cuisinier ironise : « Dadju le matin, Tal le midi et Michel Fugain l’après-midi, enfin eux sont ceux qui soutiennent tous les jours les 7 fantastiques« . Et pour le cofondateur, les 7 fantastiques ce sont tous les différents corps de métiers investis dans le Collectif Solidaire tels que les « producteurs, chefs, entrepreneurs, logisticiens livreurs et communicants« , ajoute-t-il. 

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Une logistique du tonnerre pour livrer les repas

Pour mettre sur pied un tel projet, toute la logistique a dû être parfaitement réfléchie. « C’est effectivement le point le plus complexe. Il y a eu des couacs, on ne va pas se mentir, la première semaine c’était un joyeux bordel ! », déclare Antoine Mathis. Cofondateur et porte-parole de l’association, il confie aussi être l’acolyte de Bastien de Changy. « De vrais coups de coeur ont eu lieu. Typiquement, Bastien et moi, l’impression de se connaître depuis des années alors qu’on ne s’est encore jamais vus« . 

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Question organisation, la journée semble trop courte pour réaliser toutes les tâches que s’impose le Collectif Solidaire. « On a une journée pour tout faire : approvisionnement, livraison aux chefs puis livraisons aux soignants », atteste Antoine Mathis. Heureusement l’association peut compter sur « une centaine de chefs et de livreurs qui permettent que l’initiative soit concrète et perdure chaque jour« .

La team du Collectif Solidaire s'engage chaque jour pour fournir et livrer des repas aux soignants. Crédits : ©Olivia Schoenese.
La team du Collectif Solidaire s’engage chaque jour pour fournir et livrer des repas aux soignant.e.s. Crédits : ©Olivia Schoenese.

La gourmandise au rendez-vous pour nos soignant.e.s

« Des plats gourmands« , voilà ce que prépare les chefs nous explique Antoine Mathis. À Bastien de Changry de poursuivre : « Un plat est constitué de féculents, légumes et viande. On glisse aussi des options veggies« . Au-delà des mets, c’est un peu de leur coeur que glissent aussi les cuisiniers bénévoles. « Ils sont hyper motivés, ils portent vraiment le projet avec un engagement fou. Ils mettent beaucoup de coeur dans les plats qu’ils préparent pour les soignants et glissent toujours un petit mot d’encouragement« , dévoile le porte-parole.

Les chefs membres du Collectif Solidaires réalisent de bons plats sains et équilibrés pour donner de la force à nos soignants. Crédits : ©Julien Duboué.
Les chefs membres du Collectif Solidaires réalisent de bons plats sains et équilibrés pour donner de la force à nos soignant.e.s. Crédits : ©Julien Duboué.

Une association qui se nourrit de nos dons

Aujourd’hui, Collectif Solidaire fournit 15 000 repas par semaine. Alors, pour tenir la cadence, l’association a besoin d’aide. Il est possible de faire un don de 5 € sur la cagnotte de l’association pour offrir deux repas. Bien que ce soit l’aspect le plus important pour maintenir cette opération au grand coeur, le Collectif Solidaire a d’autres besoins. « Plus de bénévoles et plus de donations alimentaires« , explique Bastien de Changy avant qu’Antoine Mathis n’ajoute qu’il y a « des demandes en attente… puis d’autres villes » !

Pour perdurer, le Collectif Solidaire a besoin de dons alimentaires. Crédits : ©Collectif Solidaire.
Pour perdurer, le Collectif Solidaire a besoin de dons alimentaires. Crédits : ©Collectif Solidaire.

Les demandes affluent massivement et elles sont difficiles à refuser. Alors pour apporter sa petite pierre à l’édifice, Paulette et son association À Coeur se sont engagées aux côtés du Collectif Solidaire. Nos partenaires Alterfood ou Ferrero ont permis aux soignant.e.s d’avoir de petits cadeaux. Quant à notre hôtel chouchou de la Rive Gauche, French Theory : il a ouvert ses cuisines aux bénévoles afin de préparer les plats à livrer dans les institutions ciblées. Alors maintenant, à vous de jouer ! Faîtes vos dons, soutenez notre personnel soignant !

Article de Nina Hossein.

Chaque semaine, vous retrouverez ici les 3 focus phares de la semaine, issus de Paulette Talks, notre compte Instagram engagé, inclusif et féministe ! 

Eh oui, une semaine est (déjà) passée ! Il est maintenant temps de faire le point sur les nouvelles Paulette Talks de la semaine. Ensemble, on s’informe sur les décisions prises concernant le délai d’avortement en France. On continue de remonter le feed et on remercie notre personnel soignant, par tous les moyens possible – en essayant, notamment, de leur enlever un peu du poids qui pèse lourdement sur leurs épaules. Puis, on revient sur cette notion capitale qu’est le consentement, et on évince les stéréotypes associés au viol. Bonne lecture !

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