Depuis plusieurs semaines maintenant, voilà que confinement semble rimer avec productivité. Oui… Mais pour qui ? Vous avez bien assisté à cet effort mondial de créativité, mais suivre le rythme a été compliqué. Vous avez flirté plus d’une fois avec la culpabilité, en ayant ce sentiment de « laisser aller ». Et si, simplement, vous faisiez taire toutes ces voix extérieures, et que vous vous écoutiez, vous, et uniquement vous ?

Aujourd’hui, @loisedewildeman, notre social media manager et directrice artistique digitale, revient sur ces injonctions omniprésentes durant le confinement :

Vous aussi vous les voyez, toutes ces séances de sport en live, ces IGTV de recettes healthy et ces milliers de bons conseils pour garder la ligne pendant le confinement ? Vous aussi, on vous demande ce que vous faites de constructif pendant votre temps libre ? Vous aussi, vous en avez déjà marre ? Vous voulez savoir ce qui a changé pour moi ? J’ai les cheveux plus gras que jamais, ça fait des semaines que je ne me suis pas maquillée ni habillée, je n’ai rien entrepris et personne n’arrivera à me faire culpabiliser.

Le poids de toutes ces injonctions toxiques ne doit pas peser sur nous, ni pendant, ni après le confinement. C’est indécent de s’inquiéter de ses kilos en trop dans ce contexte anxiogène où l’on reste chez soi pour sauver des vies. Et bonjour la grossophobie ! Car oui, cette injonction à perdre du poids coûte que coûte, c’est de la grossophobie.

Faites du sport et faites attention à votre alimentation uniquement si vous en avez envie, si vous en ressentez le besoin. Si quelqu’un vous juge à la fin de ce confinement parce que vous avez pris du poids ou que vous ne vous êtes lancé.e.s dans aucune nouvelle activité, éloignez-vous vite de cette personne, elle ne vous mérite pas ! 

Du haut de ses 23 ans, Louise, étudiante et future avocate, s’active à répandre ces paroles venues d’outre-murs. Naturellement réservée, la créatrice du compte Instagram @dis_leur_pour_nous revient sur certains témoignages portés par ses réseaux. Cette âme militante nous évoque des rencontres, des mots entendus, et des conditions observées au détour de visites associatives. Des faits « marquants » qui l’ont poussée à prendre la parole pour celles et ceux qui n’en avaient pas.

Portrait de Louise, par @sans__rancune

Comment est né @dis_leur_pour_nous ? Qu’est-ce que tu cherches à transmettre par le biais de ce compte ? 

Mon compte, je l’estime un peu comme un porte-parole, comme un mégaphone pour les personnes détenues et leurs proches. J’essaie vraiment de m’effacer derrière. Même si on peut parfois ressentir mes convictions, je tente de mettre mon militantisme de côté. Ce n’est pas pour moi que je le fais, mais vraiment pour ces détenu.e.s et leurs proches. Cette prise de parole s’est faite assez naturellement. Quand je sortais de prison, à chaque fois, c’était difficile psychologiquement. Physiquement aussi, parce qu’il y avait des bruits de partout. Ça criait, ça résonnait. Je suis une vraie éponge et j’absorbe absolument tout. Ce que j’entendais devenait compliqué à garder pour moi. En parlant avec ma meilleure amie, je me suis rendu compte qu’on ne pouvait pas le comprendre sans entendre. Les détenu.e.s nous disaient souvent : « Tu le dis à l’extérieur, dis-leur pour nous ». Alors, c’est ce que j’ai fait.

Ton engagement est généralement bien accueilli par la communauté ? 

Au début, j’avais des messages difficiles en DM et commentaires. Ça me touchait parce ça visait des témoignages de personnes que je connaissais. Certain.e.s disaient qu’ils.elles ne comprenaient pas ma démarche. Aujourd’hui, c’est plutôt positif ! Je reçois beaucoup de soutiens en messages privés, des proches de personnes incarcérées, etc. Cette semaine, par exemple, j’ai reçu un message d’un ancien détenu me disant qu’il avait pleuré en voyant les témoignages sur mon compte et qu’il aurait apprécié, à une certaine époque, de savoir qu’il y avait des personnes qui s’intéressaient un minimum aux détenu.e.s. Ce qui est drôle avec mon compte, c’est tout le côté DM, qu’on ne voit pas. C’est un peu comme la prison : tu vois la surface, mais pas tout ce qu’il y a derrière.

Concernant cette partie non visible des centres de détention, il y a des histoires qui doivent particulièrement marquer. Tu as dû être confrontée à des témoignages assez forts pour décider de te lancer dans ce projet, non ?

Ce sont plus des faits que des témoignages. Je pense notamment à une détenue. Chaque semaine, je lui rendais visite et chaque semaine je la voyais dépérir, littéralement. Elle était bourrée de médicaments, parce qu’elle était ultra nerveuse. Elle ne supportait pas du tout l’enfermement. Je la voyais s’éteindre devant mes yeux, c’était horrible. Je me disais : « Il faut que les gens soient au courant. » Et je ne parle même pas de la fouille à nue… La prison atteint vraiment les corps et les esprits. J’ai atterri là-dedans, je n’y connaissais rien, et je me suis mangé la prison en pleine face. On ne peut pas s’imaginer cette réalité tant qu’on ne sait pas.

Comment, toi, justement, t’en es arrivée à mettre les pieds dans une prison ? 

Honnêtement ? Par pure découverte. J’avais la pensée du citoyen moyen sur la prison : j’en avais peur, j’imaginais ce que je voyais dans les séries, etc. En troisième année de droit, le Genepi (association qui milite pour le décloisonnement des prisons, ndlr) a publié quelque chose. L’association cherchait des bénévoles. J’ai toujours été passionnée par le droit pénal, donc je me suis dit : « Feu ! ». Et j’y suis allée. À partir du moment où tu mets le pied dedans, c’est difficile à expliquer, mais tu ne peux pas en sortir indemne. Du moins, tu ne peux plus fermer les yeux sur ce que tu vois, ni oublier ce que tu entends. 

Maintenant, tu es bénévole au sein de l’OIP (Observatoire International des Prisons). Quel est ton rôle ?

J’aide surtout à la communication, en reprenant les témoignages qu’on reçoit. Avant, je les entendais directement quand j’allais en prison avec le Genepi, mais ça ne m’est plus permis. D’habitude l’OIP organise des « groupes action-parloirs », où les bénévoles vont à la sortie des parloirs des différentes taules parisiennes. On parle aux familles, on prend leurs témoignages, on est à leur écoute si elles veulent dénoncer quelque chose, ou pas. Pour l’instant, je n’ai pas pu y participer, ça tombait sur mes heures de cours, mais j’espère pouvoir m’y joindre à la fin du confinement. C’est important, parce qu’en dehors des appels et des courriers de détenu.e.s, c’est comme ça qu’on sait ce qu’il se passe à l’intérieur des taules. Les informations récoltées sont transmises au pôle enquête de l’OIP, puis au pôle contentieux si c’est pertinent. C’est grâce à lui, qu’à certains moments, on a réussi à faire condamner la France par la Cour européenne des droits de l’homme, pour l’état de ses prisons.

Durant tes visites en prison, tu as dû en relever, des choses… 

Déjà, les rats ! Alors que la prison avait déjà été condamnée pour ça il y a deux ans. Une dératisation devait avoir lieu, et rien n’a jamais été fait. C’est fatiguant, rien ne change. L’été dernier, une proche de détenue m’a appris qu’il y avait un problème d’isolation aux fenêtres aux Baumettes à Marseille, dans la prison des femmes. C’était invivable à l’intérieur des cellules. On avait dénoncé ça, je l’avais orientée vers l’OIP et ils avaient fait des recours. Au final, rien ne s’est produit : aucune condamnation et aucun changement. On doit parler, oui, mais il faut aussi être en mesure d’écouter. 

Les conditions en prison ont-elles profondément changé depuis le début du Covid 19 ? 

Premièrement, il n’y a plus de parloirs… Et c’est hyper méga important pour les détenu.e.s. Leur lien avec la famille, c’est tout ce qu’ils.elles attendent. Il n’y a plus, non plus, de rentrées de stup’, ce qui crée des tensions pas possible. Ces dernières semaines, il y a eu des mutineries dans certaines prisons. Et même si les promenades sont maintenues et que le gouvernement apporte des solutions – comme l’attribution d’un crédit de 40 euros pour les téléphones cabines ou la sortie d’environ 5 000 détenu.e.s -, c’est largement insuffisant. Les surveillant.e.s commencent tout juste à recevoir des masques. Pour ce qui est des solutions hydroalcooliques, elles sont interdites parce que l’alcool est prohibé en prison… À l’intérieur, rien n’est fait pour réduire les risques d’exposition des personnes détenues. La surpopulation carcérale empêche le respect des gestes barrières. Au fond, comment les respecter alors qu’ils.elles se retrouvent à 3 dans une cellule de 9 mètres carré ?

Nous ne sommes pas suffisamment averti.e.s à l’extérieur sur les conditions carcérales. C’est un sujet tabou. Comment faire pour bouger les lignes ?

Je ne sais pas comment répondre de manière mesurée à cette question (Rires). Pour moi, c’est un système dans son ensemble qui n’est pas ok. À partir du moment où tu dis qu’une chose ne va pas, il faut la changer. Tu ne peux pas assumer que ça ne va pas sans te bouger derrière. Pour les personnes incarcérées, je pense sincèrement qu’il faut passer la barrière de : « la société ne veut pas d’elles » et les réflexions du genre « si elles sont enfermées, elles ne nous embêteront plus ». Au final, c’est beaucoup plus complexe que ça. C’est marqué dans les textes, on peut recourir à d’autres moyens que l’incarcération ! Mais les juges n’y recourent pas, et il n’y a pas vraiment de moyens mis en place. Pour moi, c’est tout un système qui doit être remanié. On ne peut pas juste se focus sur la prison. Je n’ai que 23 ans et je manque peut-être de recul… Mais je pense que l’administration pénitentiaire s’imagine que ce qui est caché permet d’éviter la colère et les mutineries. Ça arrange. Alors, quoi faire ? En parler, donner de la voix aux détenu.e.s, ne pas remettre en cause les témoignages. Ce qui est passé est passé, ils.elles purgent une peine pour ça. Leurs conditions de détention n’ont rien à voir avec leurs actes. Les détenu.e.s ont des droits et il faut les faire respecter.

En espérant que les conditions n’empirent pas, donc…

J’essaye d’être positive en me disant qu’on peut faire changer les choses. Mais ce système est ancré depuis tant d’années… On peut juste espérer des petits changements à notre niveau. Mais attention, ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas se battre (Rires) ! Il faut continuer de dénoncer, c’est important de montrer à ces personnes incarcérées, qu’il y a des gens qui se préoccupent de leur situation. J’ai un petit peu espoir quand même ! 

As-tu des plans pour la suite ? Des initiatives que tu souhaiterais développer ? 

J’aimerais bien développer des IGTV, avoir de nouveaux témoignages et créer des vidéos en fonction. Je voudrais rendre mon contenu plus intéressant et ludique. Ce ne sont que des idées, mais pourquoi pas, par exemple, développer des podcasts sur les femmes en détention. Pour l’instant, même si c’est un peu secret, j’ai plein de projets ! Et côté perso, j’ai deux objectifs : passer mon concours et devenir avocate !

Article de Marie Le Seac’h 

Lorsqu’on parle de militantisme, de lutte contre le sexisme, contre le racisme, contre la LGBTphobie, contre le validisme, etc., on voit des personnes dressées en première ligne. Souvent, ce sont les premier.e.s concerné.e.s par la lutte. Puis il y a ces soutiens, des allié.e.s de tous les jours. Aujourd’hui, parce que nous avons souvent l’habitude d’employer ce terme d’ « allié.e.s », on s’est dit qu’il était important de revenir dessus et sur tout ce qu’il implique.

Illustration Kris Noelle

Qu’est-ce qu’un.e allié.e ?

Au cours de nos différentes émissions Clique Paulette, notamment celle sur le racisme et la déconstruction du privilège blanc, ou encore celle sur « l’orientation sexuelle, c’est quoi ? », nous entrons dans de réelles discussions sur l’ « être allié.e ». Nous demandons à nos invités de s’exprimer sur le sujet, par rapport à leur histoire. Et finalement, se faire un rappel de cette notion, au sens large, ne nous semblait pas si incongru que ça.

Alors, qu’est-ce qu’un.e allié.e ? Une personne alliée appartient à un groupe qui a des privilèges particuliers et se tient aux côtés des personnes opprimées, qui eux, ne bénéficient pas de ces privilèges. Elle se positionne fermement contre toutes les formes de violences et ajoute ainsi sa petite pierre à l’édifice pour atteindre, un jour, une justice sociale.

Cette prise de position nécessite parfois quelques conseils. On souhaite agir, mais on ne sait pas comment. On voudrait prendre position, mais on craint des retombées. Et finalement, on perd l’objectif de vue. Alors, pour ces petites voix, qui n’en pensent pas moins, mais qui n’osent pas agir, il n’est pas trop tard. Sachez que votre soutien aura toujours du poids.

« Maintenir ce vivre ensemble et le protéger »

Frank, qui se cache derrière le profil Instagram @decolonisonsnous, nous a partagé quelques conseils pour être de bon.ne.s allié.e.s, notamment dans la lutte contre le racisme. Lui qui, à travers son compte, cherche à éveiller et à stimuler l’empathie des internautes (selon ses dires) autour de la question de l’héritage post-colonial et de l’antiracisme, nous apporte un regard précieux.

https://www.instagram.com/p/B9CeJBQiFuJ/

« Les conseils que je pourrais donner aux allié.e.s, c’est de faire comprendre la notion systémique du privilège blanc et du racisme qui en découle. Ça permet aux gens de ne pas se braquer, de comprendre qu’il n’y a pas de responsabilité individuelle impliquée et de peut-être s’ouvrir à une grille de lecture qu’ils n’avaient pas – à savoir celle de voir les liens de causalité entre ce passé impérialiste et colonialiste ET les injustices qu’on rencontre aujourd’hui liées à la question raciale. Le but de tout ça étant de maintenir ce vivre ensemble et de le protéger.

La deuxième chose, c’est d’être activitemement et constamment antiraciste, que ce soit dans les faits, dans les paroles, dans les débats, dans la sensibilisation de l’entourage, tout le temps, d’avoir préparé ce travail, cette gymnastique qui fait qu’on a tout le temps la répartie, les références et le bon mot pour sensibiliser autour de soi. Au pire, on crée une ouverture dans l’esprit de la personne ; au mieux, cette personne nous rejoint. »

Alors, vous aussi, n’hésitez pas à être une épaule sur laquelle peut s’appuyer une personne discriminée – par son genre, sa race sociale, son orientation sexuelle ou amoureuse, sa classe sociale, sa situation de handicap, etc. Nous ne pouvons pas être « ensemble » face aux discriminations subies, mais une chose est sûre, nous pouvons marcher les un.e.s à côté des autres et s’épauler.

Article de Juliette Minel

Chaque semaine, vous retrouverez ici les 3 focus phares de la semaine, issus de Paulette Talks, notre compte Instagram engagé, inclusif et féministe !

Alors, cette semaine, on revient sur les propos tenus par Anthony Vincent, journaliste et coanimateur de @extimitelepodcast. Anthony était venu lors de notre émission Clique Paulette sur : « l’orientation sexuelle, c’est quoi ? », pour discuter des orientations sexuelles et amoureuses, lorsqu’elles ne sont pas hétérosexuelles. L’occasion, donc, de se souvenir d’aimer qui nous voulons, comme nous le voulons, qui que nous soyons. Et rappeler que c’est un réel privilège de pouvoir faire un coming out (si on en a envie, bien sûr, ce n’est absolument pas une obligation sociale), car tout le monde de ne peut pas se permettre de « se révéler » : pour des raisons matérielles, économiques, de santé mentale, d’intégrité, d’entourage, de géolocalisation, etc.

Ensuite, on souhaitait mettre en lumière ce petit mot constitué de trois lettres. Ce « non », qui complique tant la vie. Eh oui, dire « non » est nécessaire et vous sera d’une grande aide lorsque vous aurez appris à l’apprivoiser.

Enfin, on aborde la question des poils. Souvent attaqués de plein fouet, ils sont aussi l’opportunité d’affirmer nos choix et de prôner l’ouverture d’esprit. Vous l’aurez compris, cette semaine, votre lecture est 100 % basée sur l’expression de soi et de ses propres envies ! Profitez-en !

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Comme on vous le disait, il y a quelques semaines, nous avons reçu Anthony Vincent, Audrey Warrington, Camille Mati et Miguel Shema lors de notre émission « l’orientation sexuelle, c’est quoi ? ». L’occasion, notamment pour Anthony, de s’exprimer sur la manière dont il avait affirmé ses propres orientations amoureuses et sexuelles. Revenant aussi sur cette nécessité de prendre part au combat en étant un.e allié.e de tous les jours !

Si vous avez manqué cette discussion et qu’elle vous intéresse, on vous invite à la suivre, juste ici !

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https://www.instagram.com/p/B_fSIGqgT66/?utm_source=ig_web_copy_link

On vous souhaite un bon week-end, et prenez soin de vous, à très vite !

Prendre la parole haut et fort peut paraître laborieux lorsqu’on est victime de violences. Encore plus quand on est enfermé.e.s entre quatre murs avec son tortionnaire. Si vous êtes bloqué.e.s à la maison, que parler ne vous est pas possible, l’écrit peut faire la différence.

Strong mother protects her child from danger. Stop violence against children. A big fist threatens a woman and her baby. Vector Illustration

Un confinement toujours plus alarmant

En période de confinement, les phases de sorties quotidiennes ne sont plus vraiment permises. Il est difficile pour les personnes violentées de s’aérer le temps d’un instant. Victimes comme agresseurs deviennent plus anxieux.ses et les phénomènes de violences s’aggravent. 

Une semaine après le début du confinement, 32 % de signalements concernant les violences conjugales étaient enregistrés. Interstats présente désormais chaque semaine un bilan des plaintes déposées dans le cadre des violences intrafamiliales, sur les personnes de 15 ans ou plus. La situation n’évoluant pas dans le bon sens, on comptabilise près de 2 500 plaintes sur la semaine du 20 au 26 avril. Un chiffre en augmentation, comparé aux semaines précédentes, et à l’année passée. 

Adrien Taquet, secrétaire d’État, chargé de la protection de l’enfance, alerte quant à lui sur la sécurité des plus jeunes. Le 20 avril, il annonçait une hausse de 89 % des appels passés au 119 « Allô enfance en danger », par rapport à la même semaine l’année dernière. Beaucoup d’entre eux, effectués par des voisins ou des camarades de classe. 

Un bilan, qui n’est pas des plus rassurants, et une situation qui inquiète toujours autant. « Ces dernières semaines, tandis que s’aggravaient les pressions économiques et sociales et que la peur s’installait, le monde a connu une horrible flambée de violence domestique », a déploré le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le 5 avril. 

« Pour que l’écrit sonne aussi fort que les cris »

De nouveaux canaux s’ouvrent pour faciliter la parole des victimes et leur porter assistance. Pour que « l’écrit sonne aussi fort que les cris », En Avant Toutes crée un tchat sur la plateforme : Comment On S’aime ?

https://www.instagram.com/p/B_AMc6sgNrM

« Il s’agit d’un moyen discret de parler de sa situation et de trouver de l’aide. Nous avons déjà l’habitude de traiter ces enjeux, car même en temps normal, des femmes et personnes LGBTQIA+ nous contactent parce que l’écrit leur est indispensable. Par exemple lorsqu’elles sont séquestrées ou qu’elles n’ont pas la possibilité de téléphoner discrètement… », explique Louise Delavier, à la tête du projet, aux côtés de Ynaée Benaben et Thomas Humbert.

Pour entrer en contact avec un membre de l’association, et avoir accès à la discussion instantanée, il suffit de se connecter au site web, puis de cliquer sur l’onglet « je discute avec une professionnelle ». Le processus n’est pas éloigné des dispositifs mis en place habituellement, puisqu’il fonctionne sur le même modèle que le numéro national 3919. Différence majeure : ici, tout se passe à l’écrit. « L’idée est de permettre aux personnes d’obtenir une écoute, des conseils et d’être redirigées en toute confidentialité. »

Aujourd’hui, environ 20 à 25 % des conversations engagées par tchat concernent directement le confinement. Les autres situations de violences restent toutefois intimement liées avec ce qu’il se joue. Ce sont « soit des situations d’urgence, soit des personnes que nous suivons depuis un moment et qui nous font part de difficultés particulières pendant le confinement, soit des personnes qui sont en sécurité, mais qui ont le temps de penser et à qui des situations de violences passées reviennent. Nous avons aussi eu des situations de violences intrafamiliales, plus nombreuses. » L’urgence est à la parole, écrite comme orale. 

Fuir, pour aller où ? 

Même s’il reste indispensable que chaque citoyen.ne limite ses allées et venues, jamais au grand jamais, rester chez soi dans le cadre de violences conjugales et familiales est une option envisageable. Comme le rappelle Louise Delavier : « Vous avez le droit de partir. Votre santé, votre bien être sont une priorité. C’est vous qui savez quand et comment agir. »

Des numéros sont mis à disposition, des dispositifs aussi. On les détaillait d’ailleurs plus longuement, ici, en début de confinement. 

Pour rappel : il vous est possible de contacter les forces de l’ordre, en ligne sur Arrêtons les violences. Le 115 vous permet d’être relogé.e en urgence. Des nuitées d’hôtel sont aussi prises en charge par le gouvernement. Pour celles et ceux qui pourraient sortir ou s’exprimer à haute voix, le 3919 reste à votre disposition, tout comme le 17. Les pharmacies sont aussi prêtes à vous entendre, avec le code « masque 19 ». Et le 119, « Allô enfance en danger », est toujours accessible pour signaler des violences commises envers les enfants. 

Au micro de BFM TV, Adrien Taquet le rappelait : « Il faut être attentif.ve à ce qui se passe dans l’immeuble, de l’autre côté du mur. Et dans le moindre doute, ne pas hésiter à aller sonner à la porte, en respectant la distanciation sociale, pour faire redescendre la pression et montrer qu’on est là », « dans le moindre doute, appelez le 119 ».

Nous sommes tous.tes responsables face aux violences. Maintenant, et après le confinement ! 

Article de Marie Le Seac’h 

Le générique se lance et nous voilà parti.e.s pour une nouvelle émission « La Clique Paulette ». En petit comité, de nouveaux sujets sont débattus : celui de la déconstruction du racisme, et cette question du privilège blanc. Pour l’occasion, Lysandra Olames Abiola Obaonrin, et Sarah El Attar, nous aiguillent et nous détaillent ce quotidien racisé qui est le leur. Si vous l’avez manqué, nous vous invitons à (re)vivre ce talk, juste ici !

Lysandra Olames, Abiola Obaorin, et Sarah El Attar avec la team Paulette

« Pour moi, c’est le fait de poser un acte raciste qui fait de toi un raciste. »

Au détour d’une discussion, de près d’une heure, tous.tes trois nous aident à cerner ce qui relève aujourd’hui de racisme et d’actes racistes. Ce temps ensemble est l’opportunité de dépeindre une réalité, souvent peu mesurée, passant sous silence des actions bien ancrées dans la société. Les violences quotidiennes, les paroles, les injustices, les blagues mal placées et les représentations en tout genre. Comme l’indique Abiola Obaonrin, journaliste et fondateur du média Argot : que ça soit réalisé dans un but précis, ou non, l’acte est le déterminant.

Dans cette émission, nous décidons aussi de nous attarder sur ces stigmates intériorisés, y compris par les minorités elles-mêmes. Lysandra Olames, professeure de droit et secrétaire générale, bénévole au sein de l’association Lallab, s’exprime à ce propos : « Nous, les personnes racisées, on nous éduque avec cette idée qu’il faut qu’on s’intègre. » Être racisé.e, c’est vivre dans un quotidien pensé et calculé. Cette leçon, Abiola ne l’a que trop reçue. « Il y a une phrase que j’ai beaucoup entendue dans la bouche de mon père : il va falloir travailler 4 fois plus pour arriver au même niveau qu’un blanc. »

Le privilège blanc et la force des allié.e.s

Ce moment d’échange, reste l’occasion d’aborder cette question de « privilège blanc », et surtout de « racisme anti-Blanc.he.s ». Un sujet parlant, notamment pour Abiola. « Si on parle de racisme anti-Blanc.he.s, on ignore le rapport de dominant.e-dominé.e qui existe. C’est dénier, c’est ignorer et mépriser l’histoire avec la domination européenne sur le monde et surtout la domination des Blanc.he.s sur la société. Donc le racisme anti-Blanc.he.s pour moi, au-delà d’être faux et d’être fake, c’est malhonnête intellectuellement parlant. » Un rapport dominant.e-dominé;e, qui pousse à se battre pour son identité et à lutter encore contre certains stéréotypes. Sarah El Attar, coach en communication et créatrice du programme iCOCO, y fait front au quotidien, elle qui porte un foulard : « On m’a réduite à ce que je portais sur la tête. C’est dévalorisant et réducteur. »

Enfin, nous en profitons pour le rappeler : les allié.e.s ont du poids ! Et ceci, Lysandra n’a de cesse de le répéter : « Quand on est confronté.e.s à un discours extrêmement violent, c’est à nous, les allié.e.s, d’aller déconstruire ce racisme, cette islamophobie pour épargner les personnes qui en sont victimes. » Les allié.e.s comptent. Et leur manière d’agir et de réagir ? Encore plus.

Si ces extraits vous donnent l’envie d’en savoir un peu plus, n’hésitez pas à cliquer juste !

Article écrit par Marie Le Seac’h

Ce dimanche 26 avril, c’est la journée internationale de la visibilité lesbienne #Lesbianvisibilityday. Une journée à marquer d’une pierre blanche, en rappelant au monde que les lesbiennes, bisexuelles, trans, queer, sont présentes et qu’elles ont une voix.

Crédits : Unite UK

Depuis 2008, la communauté LGBTQI est mise en lumière ce fameux 26 avril. De l’amour, des envies, des objectifs et des droits encore à acquérir, c’est tout ce qu’il faut y voir. Au feu stéréotypes et préjugés qui y sont associés. L’heure est à la visibilité !

Où sont les lesbiennes ?

Si certain.e.s s’étonnent encore de la nécessité de cette journée, une ou deux recherches sur Internet devraient suffir pour comprendre. Nous ne trouvons que très peu d’infos autour de cette date et finalement, que très peu d’infos autour des lesbiennes. Elles se retrouvent souvent absorbées dans des entités plus larges : celle des « gays », celle des « homos ». 

Le couple lesbien reste encore fondu dans le décor. Peu de figures lesbiennes, bisexuelles, trans, queer sont promues haut et fort en politique, ou au cinéma. Peu de représentations, donc. Dans la sphère publique comme privée, on marche sur des œufs, on élude la question. Nombreuses sont celles qui se taisent au travail, au sein de leur entreprise, ou à la maison, avec leur famille. De ce fait, elles sont peu visibles.

D’ailleurs, dans l’une de nos émissions, dédiée aux orientations sexuelles et amoureuses quand elles ne sont pas hétérosexuelles, Camille Mati ne s’exprimait que trop bien sur le sujet : « Là où une fille et un garçon marchent dans la rue, il y a un couple. Alors que pour les femmes, tout de suite, on est meilleures amies. » Les lesbiennes, on ne les voit pas.

Pourquoi se taire ?

Parce que les lesbiennes cumulent les oppressions, voilà pourquoi ! Être femme, déjà. Mais elles sont aussi lesbiennes, peut-être trans, racisées, en situation de handicap, etc. Autant de raisons pour être discriminées, peu écoutées et peu prises au sérieux dans la société actuelle. Donc autant de raisons pour ne pas oser parler.

Bien sûr, ne pas s’exposer, c’est vivre dans l’ombre, voire dans la frustration. Mais se montrer, ce n’est pas toujours gage de sûreté : à Londres le 5 juin dernier, un couple lesbien ayant refusé de s’embrasser devant quatre hommes dans un bus était agressé. 

Ne pas se voir représentée, c’est aussi avoir peur de se rendre visible. Et comme la différence dérange, cette invisibilisation accentue le risque de se faire rejeter et/ou agresser après un coming out ou quand on ne se cache pas en public. Donc ça ne favorise pas la représentation, etc. C’est malheureusement le serpent qui se mord la queue.

Hypersexualisation 

Cela dit, s’il y a bien une sphère au sein de laquelle les lesbiennes sont visibles, c’est la sexualité !

En effet, l’hypersexualisation, elle, est bien présente. Au nom de qui ? Au nom de quoi ? N’allons pas chercher bien loin. En 2019, « Lesbian » était la troisième recherche la plus effectuée sur les sites de streaming porno. Selon les données dévoilées par Pornhub et Youporn. 

Une femme tenant la main d’une autre femme dans la rue, au mieux, ça titille et ça questionne ; au pire, ça gêne, ça dégoûte, ça révolte. Mais dans tous les cas, ça met en route l’imagination érotique. Ah ça, une femme embrassant une femme, nue, sur un lit, ça excite ! Une image gavée aux stéréotypes. L’amour entre femmes repousse ; le sexe entre femmes fait fantasmer.

Crédits : Unite UK

Le porno mainstream ne dépeint aucune réalité – ni le sexe hétéro, ni le sexe gay, ni le sexe lesbien, etc. Pour un peu plus de réalisme, allez chercher plutôt du côté des pornos féministes et éthiques. Peut-être serait-il temps de donner la parole aux concernées ? Car de manière générale, il est temps d’arrêter de sexualiser les femmes queer.

Cette journée de lutte contre l’invisibilisation sert à lever le voile sur ces femmes invisibilisées, tout le temps, toujours, partout. Car de nombreux droits ne leur sont toujours pas acquis et leur place reste encore à revendiquer. Et si vous n’êtes pas une femmes issues de la communauté LGBTQI, vous pouvez toujours agir en étant un.e allié.e. Vous aussi, vous pouvez vous mobiliser contre les stigmates, soutenir des droits comme la PMA, prendre la parole ! Ce dimanche, mais surtout après.

Article de Marie Le Seac’h et Juliette Minel

Chaque semaine, vous retrouverez ici les 3 focus phares de la semaine, issus de Paulette Talks, notre compte Instagram engagé, inclusif et féministe !

Voilà ! Une nouvelle semaine de passée à vos côtés. Vous commencez à connaître cette douce ritournelle : c’est l’heure de notre récap’ Paulette Talks de la semaine !

Aujourd’hui, on revient ensemble sur trois posts engagés et bienveillants (toujours), qui vous ont fait réagir de l’autre côté de l’écran.

Ces derniers jours, ont été pour nous, chez Paulette, l’opportunité de parler stéréotypes et représentations. Comme on ne voudrait pas que vous en manquiez une miette : on commence avec notre post sur l’intervention de Lysandra Olames. Invitée dans notre émission Clique Paulette, justement sur le sujet du racisme et du privilège blanc, elle revient sur cette question d’intégration et de racisme vécu.e.s au quotidien.

Et, puisque niveau représentations et pressions on est plutôt bien servi.e.s, on poursuit en évoquant toutes ces attentes de genres et injonctions servies à la pelle. Boys and girls, girls and boysFirst, we’re only human, right? On termine notre sélection avec… des boobs ! Vous savez, cette partie de notre corps qui obsède jusqu’à en perdre tout savoir être. Eh oui, gros ou petits, on les aime tout pareil ! Se laisser dicter notre identité, nos actes et nos paroles par une couleur de peau, un voile porté, un genre ou une paire de seins ? Eh bien, c’est toujours non.

On vous laisse scroller tout ça, bonne lecture !

Quelques semaines auparavant, au détour d’une émission Clique Paulette, nous avons eu l’occasion d’aborder le sujet du racisme et privilège blanc avec Lysandra Olames, Sara El Attar, et Abiola Obaonrin. L’opportunité, notamment pour Lysandra, professeure de droit et secrétaire générale bénévole au sein de l’association Lallab, de revenir sur l’islamophobie. Mais aussi sur les stéréotypes et les attentes que les personnes racisées subissent au quotidien.

Si la question vous intéresse, on vous invite à aller y jeter un oeil et une oreille, juste ici ! À très vite !

Il est parfois difficile de suivre un rythme qui n’est pas le sien, d’autant plus en ces temps de confinement. Alors pourquoi s’y contraindre ? On voudrait montrer qu’on est capable de faire comme monsieur et madame tout le monde … mais à quel prix ? Et si, ensemble, on prouvait surtout que la pression sociale est un concept surfait ? Troquer son jean pour un pyjama est totalement acceptable. Se sentir nul.le de ne pas réussir à suivre la cadence des autres ? Beaucoup moins. ​L’heure du confinement libre a sonné ! 

Illustration @meufparis

Produire, produire, produire… Vous scrollez les réseaux sociaux, ouvrez vos mails. Et ça y est, vous vous sentez déjà coupable. Comme ça, de bon matin. Vous commencez à recevoir des appels de vos amis, l’air désolé dans la voix : « Moi, je n’ai absolument rien fait hier… Et toi ? » Vous restez chez vous, pourtant, vous n’avez jamais autant eu l’impression d’être plongé.e dans Les Temps modernes, de Charlie Chaplin, où il faut « produire, produire, produire… ».

Personne n’a pu passer à côté des efforts de chacun.e pour tenter de s’occuper, s’évader, se cultiver pendant ce confinement. D’ailleurs, dès les premières mesures annoncées, outre la disparition du papier toilette, les magasins alimentaires faisaient état d’un manque de farine et autres condiments. Un mot d’ordre : mettre la main à la pâte. Réellement ou virtuellement. Mais vous, est-ce vraiment votre truc de faire des cookies ?

Sur les réseaux sociaux, les challenges en tout genre éclosent. Rapidement, on se trouve enfermé.e dans une spirale. Il faut faire quelque chose. Oh ça, il y a du choix. Faire du sport, son grand ménage du printemps, méditer, se mettre à la peinture, lire (enfin) cet essai, regarder les plus grands classiques du cinéma, cuisiner, apprendre le mandarin, tester moult soins pour les cheveux et le corps… faire bonne figure. La vie doit continuer, comme on l’a laissée. Mais est-ce vraiment possible ? Quel est le problème de se laisser flâner si on le peut ?

Illustration @Ketnipz

Vous savez quoi ? Nous sommes tous.tes différent.e.s, nous avons donc tous.tes des besoins différents. Les apparences n’ont pas à être sauvées. La pression c’est peut-être pour votre voisin.e, mais interdiction qu’elle franchisse le pas de votre porte. L’injonction au plaisir est la seule case qu’on double-cochera ! –

Article de Marie Le Seac’h

Cette semaine, c’est la Lesbian Visibility Week – une semaine entière dédiée à la mise en lumière des lesbiennes, des bisexuelles, des femmes trans, des femmes queer. Bref, des femmes issues de la communauté LGBTQI, principalement des milieux les plus marginalisés. C’est pourquoi, j’ai décidé de parler, de raconter mon histoire, pour montrer qu’une femme avec une femme, ça existe et que c’est normal. Il n’y a aucune honte ni aucune culpabilité à aimer qui on a envie d’aimer.

Une semaine entière dédiée à celles qu’on n’entend pas, ou peu, qu’on ne voit pas, ou peu. Que ce soit dans les médias, sur scène, dans la vie de tous les jours, au travail, au sein même des familles. À celles qu’on hypersexualise dès qu’elles sont mises en avant, à celles qu’on classe immédiatement dans
une catégorie particulièrement stéréotypée. Une femme qui aime d’autres femmes devrait être
« masculine », non ? Avoir les cheveux courts, des muscles, être très énervée contre les hommes. Hell no!

À quoi ressemble une lesbienne ?

Je suis rédac cheffe chez Paulette (des Paulette Talks et du magazine papier) et je suis une petite blonde qu’on pourrait qualifier de « féminine ». Pourtant, je suis en couple depuis plusieurs mois avec une femme. Je crois que j’ai fait un semblant de « coming out » lors de notre émission sur les orientations sexuelles et amoureuses non hétéro, mais je suis attirée par les femmes depuis bien longtemps déjà, depuis le début du lycée. Mais à cette époque, mes copines lesbiennes m’avaient dit : « Non, Juliette, tu n’es pas lesbienne. Nous, on a un radar et ça se voit que tu ne l’es pas. Regarde-toi ! » Néophyte des relations que j’étais, qu’elles soient hétérosexuelles ou autres, qu’avais-je à répondre à ça ?

Aujourd’hui, j’aurais moult réponses à leur donner. Tout d’abord, il n’y a pas d’apparence-type de la lesbienne. Et les orientations sexuelles et amoureuses sont multiples et complexes, elles sont personnelles, intimes. Je peux désirer les femmes, sans en tomber amoureuse. Tout comme je peux désirer les femmes et en tomber amoureuse. Je peux aussi aimer UNE femme, sans désirer LES femmes. Je peux aimer et/ou désirer les femmes, mais aussi aimer et/ou désirer les hommes et/ou les personnes non genrées. En amour et en désir, toutes les combinaisons sont possibles ! Et personne, absolument personne, n’a son mot à dire.

« Un long process… »

Pour ma part, ça a a été un long process pour me comprendre. Pour appréhender mes désirs, mes envies, et y répondre correctement. Pendant plusieurs années, j’ai mis de côté mon attirance pour celles et ceux qui n’étaient pas des hommes cisgenres et hétéro. Puis petit à petit, je me suis révélée à moi-même. J’ai commencé à saisir les indices que la vie saupoudrait sur mon chemin et alors, j’ai compris. J’ai surtout compris que je ne pouvais plus rester dans la relation hétérosexuelle de 11 ans dans laquelle je me sentais coincée. J’étouffais ! Littéralement, j’étouffais.

Mine de rien, j’ai eu la chance que tout se fasse sans pression aucune, tout était fluide – je suis bien consciente d’évoluer dans un milieu tolérant, ce qui a largement facilité ce processus. Tout n’est pas rose, bien sûr. Je n’ai pas été acceptée par 100% de mes proches, ma confiance en moi a été mise à mal, mon degré de self-love n’a pas toujours au top (et ne l’est toujours pas). Mais il y a au moins un conseil que j’arrive aujourd’hui à m’appliquer, c’est d’aimer qui j’ai envie d’aimer, peu importe le regard et l’avis des autres !

Aimer, sans se soucier des autres : ça donne ça

« Aimez-vous, peu importe vos choix »

En fait, je suis tour à tour hétéra, lesbienne, bisexuelle, peut-être pansexuelle ou androphile, je ne sais pas trop quelle étiquette me coller sur le front. Mais une chose est sûre, c’est que je suis fluide : mes préférences amoureuses et sexuelles fluctuent avec le temps, et j’en suis particulièrement fière. Je l’assume pleinement depuis quelques années, et c’est en cela que je m’aime.

Et je m’aime assez pour affronter le regard des autres : ces autres dans la rue, qui nous hypersexualisent, ma copine et moi, ou qui ne négligent pas de nous faire savoir qu’on les dégoûte. Par des regards, des gestes, des crachats. Ces autres aussi qui me sont proches : mon entourage qui, sans forcément s’en rendre compte, a tenté de me faire flancher – non, je ne suis pas un « monstre » – , de me faire changer d’avis pour que je rentre dans le moule fabriqué de toutes pièces par une société hétéronormée. Apparemment, certain.e.s avaient des attentes pour moi, et être en couple avec une femme n’en faisait pas partie !

Mais aujourd’hui, je m’aime assez pour savoir ce qui me rend heureuse. Je m’aime assez pour m’écouter, m’apaiser et être épanouie, en phase avec moi-même. Enfin !

En cette Lesbian Visibility Week, je n’ai qu’un conseil à dispenser : aimez-vous assez, peu importe vos choix, pour ne pas être frustré.e et passer à côté d’un sacré pan de votre vie ! 

Article de Juliette Minel, rédactrice en cheffe des Paulette Talks

Hier matin, on a eu l’impression de s’être réveillées dans un mauvais rêve… 

Crédits photo : La Furieuse Company

Samedi soir, un jeune homme de Villeneuve-la-Garenne a gravement été blessé à la jambe après avoir percuté, à moto, la portière d’une voiture de police banalisée. Elle aurait été ouverte volontairement par un policier au moment où ce jeune homme passait à côté, provoquant ainsi la chute et la blessure.

Nous pensons fort à lui ainsi qu’à ses proches et à toutes les autres victimes de violences policières, en France et partout dans le monde. De plus en plus de violences que la crise sanitaire n’a absolument pas réduites, bien au contraire. Abus, insultes racistes, coups, blessures, la liste est malheureusement longue. 

Le confinement, les règles de sécurité doivent être respecté.e.s, bien sûr, mais jamais au détriment de la santé, DE LA VIE, des gens. 

Nous sommes indignées, tristes, en colère, et apeurées aussi, face à ces injustices régulières qui touchent les non-Blanc.he.s, les quartiers populaires, principalement. Nous avons décidé de parler, prendre la plume, faire entendre les voix que le système fait taire depuis des décennies pour essayer de faire changer les lignes à notre façon puisque nous sommes littéralement impuissantes face à la « Justice ».

Ce confinement nous apprend à être plus solidaires, plus à l’écoute des un.e.s et des autres. Et cette solidarité devrait vraiment s’appliquer à la lutte contre les violences policières, contre le racisme. Alors n’hésitez pas à relayer, témoigner, partager, liker aussi, à agir à votre manière et montrer que vous ne cautionnez pas les injustices subies par certain.e.s de vos concitoyen.ne.s.

Un article de Juliette Minel, rédactrice en chef des Paulette Talks

Ces dernières semaines, nombreux.ses. sont celles et ceux ayant constaté un retard ou une absence totale de leurs menstruations. Le confinement trompe notre corps et notre esprit. Allô Dame nature ? Ici les concerné.e.s, une petite discussion s’impose, on aimerait comprendre : où sont donc passées nos règles ?!

Crédits photo @alinacelik


Avec humour et inquiétudes, les internautes se demandent où sont passées leurs règles. « Trois semaines de retard de règles, et vous ? » « Les filles, est-ce que vous aussi vous avez un retard de règles ? » « Depuis la pandémie, vos règles sont : comme d’hab, décalées, ou ont carrément disparues ? ». À cette dernière question, lancée sur Twitter par Ovidie (la réalisatrice féministe) sur près de 1000 personnes, 23,7% affirment avoir des règles décalées et 16,3% déclarent ne pas encore les avoir eues.

Disparues temporairement !

Il est en effet fréquent, en période de stress, que les règles ne soient pas régulières ou qu’elles disparaissent totalement. « Elles sont sous la dépendance du système hormonal qui est régi par une glande dans le cerveau, l’hypophyse, elle-même supervisée par un système neuro-hormonal qui s’appelle l’hypothalamus, complètement réceptif à l’ambiance émotionnelle du moment, qu’elle soit sociale, familiale… », explique Danièle Flaumenbaum, gynécologue de la faculté de médecine à Paris, au HuffPost.

Les hormones de stress dépendent des mêmes glandes que celles stimulées pour l’ovulation. Si elles sont produites en de trop grandes quantités, et pendant trop longtemps, elles peuvent alors modifier et perturber le bon fonctionnement des hormones sexuelles. De ce fait, l’ovulation peut ne pas se faire, ce qui aura comme conséquence directe de faire disparaître les règles. Après un moment de stress intense, un message de survie est envoyé au corps. Il va se dire que l’heure n’est peut-être pas à la reproduction et bloquer ainsi le cheminement habituel pour économiser ses fonctions. Le retard, l’irrégularité du flux ou l’aménorrhée (arrêt total des règles) sont simplement le résultat de ces variations hormonales. Dans un contexte où l’on s’inquiète pour ses proches, pour soi ou pour l’avenir, il n’y a donc rien d’anormal. Tout ne devrait pas tarder à rentrer dans l’ordre.

Si cette absence dure plus que trois mois, il est bien sûr conseillé de consulter, de réaliser un bilan hormonal afin d’être sûr.e que ce problème n’est pas plus important.

S’harmoniser pour mieux revenir ?

D’autres hypothèses controversées sont avancées, se basant sur l’effet McClintock. On parle ici de synchronisation des règles ! Certaines personnes, souvent ensemble, seraient enclin à harmoniser leur cycle menstruel, jusqu’à être réglées en même temps. Il ne serait donc pas improbable que vos menstruations prennent leur temps pour se mettre en accord avec un autre cycle.

Crédits photo @thenudeabstract

Une chose est sûre : pour le moment, seules l’attente et la relaxation feront réapparaître vos règles. Privilégiez donc des activités qui vous font plaisir (si vous le pouvez, bien sûr) : sport, méditation, lecture, repos, etc.

Évidemment, si vous avez le moindre doute quant à une potentielle grossesse, n’hésitez pas à réaliser un test. Ce produit de première nécessité ne doit pas être mis de côté. Vous êtes dans votre droit et vous pouvez appeler votre médecin traitant, votre gynécologue, et demander une prise de sang et ce, à n’importe quel moment.

Article de Marie Le Seac’h