Samedi, le hashtag #MeTooInceste a été lancé. Depuis, de nombreuses victimes ont osé témoigner de ce sujet encore très tabou. Et c’est tant mieux. 

80 000. C’est le nombre de mentions que comptait déjà lundi soir le hashtag #MeTooInceste. Une vraie libération de la parole pour toutes les victimes, qui se sont longtemps crues « seules ».

L’élément déclencheur 

Mais, pourquoi maintenant ? L’élément déclencheur, ça a été l’affaire Olivier Duhamel. Dans La Familia Grande, livre écrit par Camille Kouchner [ndlr, sa belle-fille], elle l’accuse d’inceste sur son frère jumeau, lorsqu’il était encore adolescent. Face à ces accusations, le président de la Fondation des sciences politiques a démissionné. Deux semaines plus tard, le hashtag était créé. 

« C’était mon demi-frère. J’avais 3 ans. On était chez mes grand-parents, et il dormait avec moi. Lorsque je l’ai dit le lendemain, avec mon innocence de petite fille, mon père a emmené mon frère, et je ne l’ai revu que 10 ans plus tard.

Noa, 23 ans

#NousToutes 

Et on doit cette initiative à l’association #NousToutes. Ses militant·e·s y ont vu l’occasion d’enfin briser l’omerta autour de l’inceste. Et iels ont bien fait, sans aucun doute. L’idée de cette campagne, c’était de publier simultanément, samedi 16 janvier et à midi pile, une centaine de témoignages. D’une centaine, on est passé à des milliers. Madeline de Silva, militante pour les droits des femmes à l’origine de ce mouvement a été interrogée par France Inter. Selon elle, « ne serait-ce que 150 ou 180 tweets #MeTooInceste, cela aurait déjà été colossal. Mais finalement, je ne suis pas étonnée par l’ampleur prise par le phénomène.« 

Une parole libératrice

Ce que ce hashtag laisse paraître, c’est que toutes les victimes avaient largement besoin d’en parler. Qu’iels se soient déjà confié·e·s à leur famille ou non, qu’iels aient bien réagi ou non, c’est toujours bon de se sentir soutenu·e·s. Et on remercie ce hashtag pour ça. Pour ça, et pour avoir permis à tant de gens·tes de s’exprimer sur ce sujet, de libérer ce qu’iels avaient sur le cœur depuis tant d’années. Selon Noa « Ça te prends une vie pour te reconstruire. Ce hashtag, je trouve ça très bien. Surtout le fait d’en parler. C’est important que les gens·tes qui sont en train de vivre ça sachent qu’iels ne sont pas seul·e·s ». Parce que l’inceste, si tabou encore, touche pourtant 1 personne sur 10 en France, soit 6,7 millions de Français·e·s.

On envoie tout notre soutien aux victimes. Sachez que dans tous les cas, vous n’êtes pas seul·e·s. 

Besoin d’en parler ? Vous pouvez appeler le 3919 si vous êtes une femmele 116 006, ou le 08 Victime (08 842 846 37).

Article de Clémence Bouquerod