Radio France lance un grand concours musical pour les 18-25 ans, nommé Chanter 20 ans en 21. Le but ? Soutenir la jeune génération de musicien·ne·s en cette période difficile.

Chanter 20 ans en 21 - © Radio France

Après Avoir 20 ans en 21, dispositif lancé par Radio France pour soutenir les jeunes durant cette période, la chaîne lance le concours musical Chanter 20 ans en 21. Cette idée, elle vient de Didier Varrod, directeur musical des antennes de Radio France. « Même si les salles de concerts restent closes, la musique demeure. Elle nous rassure, elle nous rassemble. Nous invitons les jeunes artistes à traduire en musique ce qu’iels ressentent aujourd’hui, laissant libre cours à leur imagination et leur créativité. Plus qu’une main tendue vers cette génération, c’est un appel à l’expression des sentiments d’une jeunesse en quête de sens et de rêve, dans une crise qui pèse tant sur son envol ». Et nous, on applaudit cette démarche.

Un vrai tremplin pour les jeunes musicien·ne·s

Dans les faits, pour participer au concours, il suffit d’avoir entre 18 et 25 ans et d’être auteur·rice, compositeur·rice ou interprète. Plus besoin de revoir vos ambitions à la baisse, vous avez peut-être une chance d’être mis·e en avant, grâce à Chanter 20 ans en 21 ! Pour candidater, il faut proposer une chanson autour du thème « Avoir 20 ans en 21 ». Quotidien, aspirations, rêves, regard sur un monde qui change… Voici ce qu’attendent les jurys de Radio France.

Image d'illustration de la musique - © John Matychuk

Vrai tremplin, ce concours permettra au gagnant ou à la gagnante de performer lors du concert Nouvelle Scène, d’avoir un accès privilégié aux services Sacem et une aide financière pour l’enregistrement d’un album ou EP [ndlr, une petite aide sera offerte aux dix finalistes]. Une vraie chance, surtout lorsqu’on sait qu’iel sera diffusé·e sur les antennes de Radio France. Et gagner en visibilité, c’est primordial pour un·e jeune artiste !

Les différentes étapes du concours

Vous avez envie d’y participer ? On vous y encourage ! Sachez que vous pouvez envoyer vos candidatures jusqu’au 30 avril. Ensuite, du 3 au 21 mai, un jury [ndlr, composé des membres des directions musicales des antennes de Radio France] choisira 10 chansons finalistes qui seront soumises à un vote du public. Celui-ci aura lieu du 1er au 15 juin, avant l’annonce du ou de la lauréat·e le 21 juin.

Image d'illustration de la musique - © Simon Noh

Ça fait rêver, non ? Pour en savoir plus, lire (et relire) les conditions et candidater, rendez-vous sur le site de Radio France. Pas musicien·ne ? Pour soutenir les jeunes artistes, il suffit de les écouter et d’en parler autour de vous !

Article de Clémence Bouquerod

Les artistes à se lancer dans le grand bain de la musique sont nombreux·ses. Nous avons sélectionné pour vous les 8 chanteurs et chanteuses d’ici et d’ailleurs à découvrir ce mois-ci (si ça n’était pas déjà fait).

© Kamila K Stanley
LAUREL © Kamila K Stanley

Oracle Sisters, la nostalgie des sixties

De la pop-folk toute douce pour les oreilles. Leurs sonorités nous rappellent tantôt les Beatles, tantôt les BBBrunes in English version 2021. Oracle Sisters, ce sont des voix simples, chantées avec sensualité et douceur. Amoureux·se de Paris, du voyage et de la folk, ils et elle interprètent à leur manière une vision idolâtrée de la Ville lumière.

Oracle Sisters, deux hommes et une femme qui viennent apporter une touche de sixties un peu rêveuse à l’an 2021. Ces artistes au look de néo-dandy viennent de partout en Europe. Deux Bruxellois, une Finlandaise. Leur clip incarne un saut en arrière parfaitement réalisé. Les couleurs, les tenues, la photographie : tout y est, retour vers les années 60 assuré. On adore, foncez, c’est trop bien !

Oracle Sisters © Celia Marie
Oracle Sisters © Celia Marie

LAUREL, les années 80 dans la peau

Avec Laurel, petit saut dans le temps. Après les sixties, place aux années 80. Sur ses musiques et ses clips, on savoure chaque seconde goulument. On en prend plein les yeux, ça brille, ça fuse, c’est une explosion de couleurs pop. Petit à petit, ses musiques prennent l’univers de la synth-pop. En fait, vous l’aviez déjà compris, avec Laurel, on se lève et on danse ! Ça groove. 

Elle a cette voix à la Lana Del Rey, qui ne laisse pas les oreilles indifférentes. Cette jeune Anglaise originaire de Southampton trace son chemin vers un style de pop indé qui plaît ! Elle sortait il y a moins d’un jour son tout nouveau clip You’re the one. Sous ce dernier, on peut lire dans les commentaires « Quand tu as une de ces fameuses terribles journées, Laurel apparaît et renverse tout ». La relève des eighties est en marche !

LAUREL © Kamila K Stanley
LAUREL © Kamila K Stanley

Girl in red, celle qui fait vibrer TikTok et le New York Times

Avec déjà plus de 9 millions d’écoutes sur Spotify, vous n’êtes peut-être pas passé·e à côté. Cette Norvégienne met en lumière son esprit, toujours en mouvement, dans des chansons pop indie. Ainsi, la jeune chanteuse de 22 ans se fait une place dans le monde de la musique avec son single i wanna be your girlfriend qui devient très vite un hymne pour la communauté queer, notamment sur Tik Tok.

Alors, sur des sonorités de pop alternatives, Girl in red aborde la question du genre dans des textes bruts mais aussi doux et sincères. Et puis récemment, elle sort son nouveau single Serotonin. A nouveau, on est transporté·e dans toute la complexité de la jeunesse, avec une honnêteté totalement décomplexée. Bref, elle est super et chez Paulette, on l’adore. D’ailleurs, elle sera en concert à Paris en mai 2022. Son premier album sort à la fin du mois d’avril.

Laurie Darmon, douce et pétillante

Une porte qui claque, un, deux, trois verres de cognac tombent en vrac… L’air vous revient ? Le piano et les percussions, les instruments sont maîtres de ses rythmes qui donnent envie de danser. Et de ses paroles que l’on chanterait jusqu’au bout de la nuit. Et la voix douce qui les accompagne, c’est celle de Laurie Darmon, qui en faisait déjà groover certain·e·s en 2014.

Cette année, elle revient avec douceur et mélancolie pour sa chanson Maman. Laurie Darmon, finalement, c’est notre alliée musique pour des soirées entre filles, debout sur le canapé, un verre (ou 2) à la main. Dans ce cas de figure, nous conseillons notamment les chansons On bai. ou Laisse-moi t’aimer. Mais c’est aussi celle qui nous donne des frissons, lorsque l’on observe les passant·e·s à travers la fenêtre, en songeant à notre enfance.

Que je t’aime maman, tu auras rendu mes rêves immenses.

Laurie Darmon

 À suivre aussi sur Instagram où elle propose des covers et sessions live en solo ou en duo, toujours avec la même douceur dans la voix. 

VIKKEN, l’électro hypnotique

Avis à tou·te·s celleux à qui les festivals, les concerts et surtout les clubs manquent terriblement. Avis à celleux qui veulent ressentir au plus profond de leur chair cette forme de transe dans laquelle peut nous plonger la musique. L’électro/pop de Vikken nous transporte et franchement, avec un bon casque sur les oreilles, on s’y croirait presque. Si, si, c’est vrai. En fait, dans son premier titre, C’est OK, Vikken aborde sa transidentité de manière naturelle, rythmée sur des sonorités carrément entrainantes.

Et ces quelques phrases dictées par une voix au timbre robotique mènent à la réflexion. Enfin, d’ici quelques jours, un nouvel EP Pour une amie verra le jour avec un clip. Des artistes tel·le·s que Jeanne Added ou November Ultra y figureront. En plus, Vikken fera partie du Printemps de Bourges 2021. Laissez-vous porter…

Je pense que c’est OK de dire qu’il y a certaines choses qui ne vont pas.

VIKKEN

Baby Queen incarne sa génération en musique

Elle a l’amour et la jeunesse dans le sang. Alors, elle le chante avec mélancolie, incompréhension, déchirement et addiction. Comme son pseudo l’indique, cette reine couleur rose bonbon puise son inspiration dans le monde tronqué d’Instagram au sein duquel elle évolue et grandit. Entre drogue et alcool, soirées, amours et amitiés, cette jeune artiste au regard mélancolique réveille l’industrie musicale. 

Avec des sonorités inspirées de l’iconique Taylor Swift et un soupçon de grunge pop des années 80. Le tout, chanté par une jeune femme pas si « baby » que l’indique son nom. Mais plutôt, ambitieuse et motivée, tout aussi talentueuse que stylée ! D’ailleurs, découvrez vite son nouveau clip Dover Beach, c’est canon et ça fait du bien !

Baby Queen © David East
Baby Queen © David East

Tsew The Kid, la sensualité urbaine

Tsew The Kid c’est de très beaux textes, une voix suave et beaucoup de mélancolie. Parfois pop urbaine, parfois plutôt rap, les musiques du jeune Malgache nous ensorcèlent. Chez Paulette, gros coup de coeur pour la chanson Fitia, du nouvel album AYNA (« vie », en malgache). La douceur des instruments nous embarque sur une plage de sable chaud, on s’imagine en plein tango après quelques shots de tequila. Les mots dansent sur une mélodie entraînante et délicieusement sexy.

 Tsew The Kid nous parle d’amour avec subtilité, avec passion ensuite puis avec tristesse. Amour amical, amour familial, amour fusionnel, il livre ses émotions et panse ses plaies sur ce nouvel album. En conclusion, ça vaut le détour, on vous l’assure.

Si tu étais de mon pays je t’aurais dit Ny fitiavako anao.

Tsew The Kid

YENDRY, le soleil dans la peau

Vous aimez Rosalia ? Du coup, vous adorerez Yendry. Elle danse, elle chante, elle alterne entre l’espagnol, l’italien et l’anglais et est originaire de République dominicaine. Et dans sa voix, il y a le soleil, la chaleur et le summer. En fait, elle nous donne envie de faire rouler nos hanches et de vibrer sur sa musique pendant de longues soirées d’été. Avec une petite touche de flamenco, un brin de pop urbaine et de sexyness.

Yendry, c’est une femme qui revendique son indépendance et sa force. Féministe confiante et déterminée, cette nouvelle figure de la pop ispanico-italienne n’a pas fini de nous épater. Et puis pour le moment, on l’adore sur son titre Nena, qu’elle interprète à merveille sur la chaîne de Colors Show.

Un article de Margot Hinry

Raja Meziane, 32 ans, est algérienne. Elle est exilée à Prague depuis bientôt cinq ans – elle y a rejoint son mari et producteur. Ses coups de filets contre le régime lui ont valu un aller sans retour en République tchèque. Femme de combat (Raja signifie « le King » en langue indienne et l’espoir en arabe), elle met sa musique au service de la cause algérienne. Elle lutte pour sa liberté et celle de son peuple, loin de son Algérie natale, avec la même ferveur, la même force, la même fermeté. Raja Meziane n’a peur de rien. Tant que son cœur appartient à l’Algérie.

Artiste engagée, « guerrière et combattante », Raja Meziane est la voix de la révolution algérienne.

© Dee Tox
© Dee Tox

« Allo Système, tu m’entends ? Tu fais la sourde oreille comme d’habitude ?! » (traduit de l’arabe) : dans le clip du morceau Allo le Système !, tu passes cet appel depuis Prague, où tu es exilée. En toile de fond, des images de la révolution algérienne. Comment as-tu mûri cette chanson ?

Elle est sortie quelques jours à peine après la grande manifestation du 22 février 2019 (pour empêcher Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, ndlr). Je peux le dire haut et fort. Je suis une des personnes qui a appelé à cette révolution des années auparavant ! En 2012, je sortais une chanson qui s’appelle Revolution, c’est te dire. Sauf qu’à l’époque, je me suis fait lyncher par tout le monde, y compris le public, parce que les gens n’étaient pas encore prêts à entendre ce genre de vérité. Allo le Système !, c’était une façon pour moi de participer à cet événement, qui était comme une fête, une bouffée d’oxygène.

En 2012, tu dis que le public n’était pas prêt. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Il n’était pas prêt, car le traumatisme et la peur sont figé.e.s à l’intérieur de chaque Algérien.ne depuis la décennie noire (dix années de guerre civile qui ont fait près de 200 000 victimes entre 1991 et 2002, ndlr). Dès qu’on parle de révolution, de manifestation, c’est synonyme de sang. Qu’est-ce qui a changé ? Je dirais le ras-le-bol général. On nous a trop menti. On a pillé nos richesses. Ce n’est plus possible de laisser faire.

Sur Allo le Système !, tu dis que le pouvoir en place a anéanti l’éducation nationale, la culture, le savoir. Cette révolution a-t-elle en partie été initiée par la jeunesse ?

Pas vraiment… Ce n’est pas la nouvelle génération qui a décidé de descendre dans la rue. Bien au contraire. Les gens qui ont mûri, les gens qui ont vécu les années 70, le terrorisme, ce sont eux qui ont remarqué que les choses n’avancent pas et que l’Algérie ne peut plus continuer dans cette voie. Il faut des doyen.ne.s pour que la jeune génération reçoive ce genre d’informations, d’expériences, de chaleur et de volonté de changer. La jeune génération connaît Bouteflika, elle n’a jamais connu autre chose. Les Anciens ont le recul nécessaire. Et la force de ce mouvement réside dans cette belle fusion de générations.

Comment la situation a-t-elle évolué dans le pays depuis le grand rassemblement de 2019 ?

C’est de pire en pire. Rien ne change. C’est le même régime. Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, faisait partie du gouvernement de Bouteflika. Il l’a servi pendant longtemps. Et il est en train de mettre en place une dictature encore plus franche. L’Algérie étouffe.

© Dee Tox

Le pouvoir a profité de la pandémie mondiale pour réprimer toute contestation et museler les médias. Quels sont les retours que tu as eus ?

Il règne en Algérie une espèce de calme qui, moi, ne me rassure pas du tout. J’ai peur que la situation finisse par imploser. Trop de répression. On va où ? Je ne sais pas… Les gens perdent confiance. Celles et ceux qui soutiennent le Hirak (le mouvement de contestation qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril 2019, ndlr) subissent énormément de pression, notamment El Manchar (le site parodique algérien a suspendu ses activités en mai dernier, après cinq années d’existence, ndlr). Il leur est aujourd’hui impossible d’écrire, d’exercer leur métier de journalistes. C’est grave ce qui se passe. Si on ouvre sa gueule, on est jeté.e en prison, au trou. On nous déclare la dictature et on doit l’accepter.

«Je ne vais pas changer de camp. Je n’en ai qu’un seul. C’est le peuple. J’ai vécu avec ce peuple, j’ai grandi avec ce peuple, je suis née avec ce peuple, j’ai galéré comme le peuple, et je continue de pleurer mon Algérie.»

Pour quelles raisons t’es-tu emparée du rap ?

J’ai toujours touché à différents styles de musique, parfois plus pop, mais toujours avec le même contenu engagé. Mais quand il s’agit de colère, je ne peux pas m’exprimer autrement qu’avec du rap. Pour moi, c’est comme un flot de paroles qui sortent crues, sans qu’on ait besoin d’y ajouter des mélodies compliquées, ou des sonorités harmonieuses. Avec le rap, c’est la parole qui compte. Je le dis et vous allez m’écouter (Sourire) ! J’ai mal et, désolée du terme, mais j’ai envie de cracher les mots. Parce que ça brûle !

Ton rap est baigné de musique chaâbi et de raï, une façon d’affirmer tes origines ?

Ma musique est un mélange de styles purement algériens, partant du chaâbi, tindi, naïly, kabyle, des nuances de raï. Il y a toujours un timbre qui rappelle le style algérien. Parce que c’est mon identité.

Depuis Allo le Système !, devenue l’hymne du Hirak, tu es la voix de la révolution algérienne, avec tout le poids symbolique que ce titre implique. C’est lourd à porter ?

Bien sûr. Ça m’honore, mais c’est une responsabilité énorme. Je ne veux pas décevoir ce peuple pour lequel je me bats depuis des années. De toute façon, je ne vais pas changer de camp. Je n’en ai qu’un seul. C’est le peuple. J’ai vécu avec ce peuple, j’ai grandi avec ce peuple, je suis née avec ce peuple, j’ai galéré comme le peuple, et je continue de pleurer mon Algérie. C’est très simple. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre. Moi je n’ai rien gagné avec ce système. Même en faisant partie du « showbiz ». Même au début de ma carrière, j’étais jeune, mais je savais déjà que quelque chose n’allait pas.

Ta participation à un télé-crochet (un mélange de la Star Academy et The Voice) t’a apporté la célébrité. Cette rage de vaincre le système de l’intérieur était déjà présente ?

Oui, cette idée ne m’est pas venue à 20 ans. J’ai vécu l’enfer des années 90, j’ai vu les corps sans vie sur le chemin de l’école. En participant à ce télé-crochet, je n’avais qu’une envie : me faire connaître. Parce qu’on ne peut pas lutter en silence. Pour faire entendre ma voix, il fallait en passer par là. Le challenge de ce genre d’émission, c’est qu’on ne peut pas chanter ce qu’on veut, sauf si on est première dans les classes de solfège, de sport, de discipline… Je bossais comme une dingue pour pouvoir chanter des chansons qui avaient du sens pour moi, sur la paix ou la Palestine par exemple.

Ta première vocation, devenir avocate, était-elle aussi motivée par la même envie ?

Oui. J’ai perdu mon papa quand j’avais 7 ans, suite à une erreur médicale. Le directeur de la clinique privée était intouchable. Ma mère n’a rien pu faire. Je lui ai promis que ça changerait quand je serais grande, que je ramènerais la justice dans le pays, que je défendrais les pauvres. Ça m’a coûté cher.

© Dee Tox
© Dee Tox

Tu es petite-fille de martyr de la révolution. Ce combat, il est inné ?

Exactement. Je vais te raconter une histoire. Ma grand-mère aussi luttait à sa manière. Elle cachait des moudjahidines (soldats improvisés, résistants, souvent d’origine paysanne, à qui l’on doit l’indépendance de l’Algérie, ndlr) aux soldats français, elle leur donnait à manger, des vêtements propres. Mon père avait à peine 12 ans, il avait un petit chien qui faisait toujours la fête aux combattants algériens. Une fois, les soldats français étaient juste à côté. Ma grand-mère avait tellement peur qu’ils la soupçonnent de quelque chose qu’elle a bâillonné le petit chien avec un bout de tissu et l’a battu à mort pour qu’il arrête d’aboyer. Elle n’avait pas le choix. Elle a brisé son cœur et celui de son fils. Parce qu’elle croyait tellement en cette cause, la liberté du peuple algérien. Quand on grandit avec ce genre d’image, on ne peut pas être quelqu’un d’autre. Les Algérien.ne.s ont trop souffert. Ma génération a grandi dans le sang, la terreur. Maintenant on a juste envie d’aimer et d’être aimé.e.. C’est ce qu’on essaie de faire avec ce Hirak, cette grande révolution pacifiste.

Tu es persona non grata en Algérie. Tu racontes l’exil dans Survivor, sorti fin janvier : « Excuse-moi maman ! J’étais obligée de partir, le chemin était pénible, j’y ai presque laissé la vie (…) mon père m’a dit avant de partir, ne te rends jamais… » (traduit de l’arabe). Es-tu prête à sacrifier ton intimité pour une cause plus grande, la libération du peuple algérien ?

Pour moi, tout va dans le même sens. Je n’ai pas vécu deux vies, j’en ai vécu et je ne vis toujours qu’une seule vie, et cette vie, elle est pleine de toutes les choses que je raconte. Ma mémoire et ma vie, c’est ce qui se passe dans mon pays. Je continuerai de chanter contre les haters, les rageux, ceux qui envient ma réussite ou mon talent… On vit dans un régime corrompu qui donne l’occasion à des gens qui ont le bras long de vous casser, de vous faire du mal et de vous empêcher de réussir. Il y a tellement à dire, à dénoncer. Le régime a tout acheté. Je suis en train de subir les conséquences d’Allo le Système ! : les trolls, les cyber-attaques, on essaie de me salir, on lance des rumeurs sur moi, on menace ma famille, mais je ne vais pas me rendre maintenant. J’ai choisi cette route et je l’assume.

Article du numéro 48 « Nouveaux.lle.s leaders » par Alexandra Dumont

Evermore, c’est le nom du 9ème album studio de Taylor Swift. Il est sorti sur toutes les plateformes le 11 décembre, devenant la petite sœur de folklore. 

La reine des albums surprises a encore frappé. Après folkloresorti cet été du jour au lendemain, elle annonce hier soir la sortie de son nouvel album à minuit [soit 6 heures du matin heure française]. Et avec ça, la sortie du clip de Willow, l’un des titres de l’album. « On ne pouvait juste pas s’arrêter d’écrire des musiques », explique Taylor Swift sur Instagram. Evermore, c’est le titre de ce nouvel album, composé de 15 titres, dont 2 additionnels seront disponibles sur la version Deluxe. 

Un album participatif 

Comme sa grande sœur folkloreevermore est un album de rock alternatif/indie pop. C’est donc un opus très doux et posé, et où la voix prend une place très importante. Et en parlant de voix, Taylor Swift a choisi des duos avec des artistes très talentueux, comme Haim, The National, ou encore Bon Iver, pour nous réserver des featurings magnifiques. En termes d’écriture, Taylor a été aidée d’Aaron Dessner, de Jack Antonoff, de Justin Vernon, mais aussi de William Bowery – aka Joe Alwyn, son petit-ami. Une belle brochette de talents. 

Et symbolique 

Dans un post Instagram posté le 10 décembre, elle explique pourquoi avoir sorti evermore, et surtout pourquoi l’avoir sorti maintenant. « Depuis que j’ai 13 ans, j’ai toujours été excitée à l’idée d’avoir 31 ans, parce que c’est mon chiffre porte-bonheur à l’envers.  C’est pourquoi j’ai voulu vous surprendre avec [cet album] maintenant. Vous avez tous toujours été si attentionnés et solidaires pendant mes anniversaires, que cette fois j’ai voulu vous donner quelque chose ! Je sais aussi que ces fêtes de fin d’année seront assez solitaires pour la plupart d’entre nous. Et si certains d’entre vous veulent se tourner vers la musique pour faire face à l’absence de vos proches comme je le fais, cet album est pour vous.« 

En tout cas, on espère pour elle qu’evermore aura autant de succès que folklore, qui avait battu tous les records sur les plateformes de streaming, et était devenu le premier album à se vendre à plus d’un million d’exemplaire en 2020

Article de Clémence Bouquerod 

Écrit pour le documentaire “All In : The Fight For Democracy”, documentaire sur le droit de vote aux Etats-Unis, Turntables est le nouveau titre pop de Janelle Monáe.

L’artiste « chanteuse-autrice-compositrice-performeuse-productrice-actrice-activiste » Janelle Monáe a annoncé le 8 septembre la sortie de sa nouvelle musique Turntables. Elle sera diffusée dans le documentaire “All In : The Fight For Democracy” qui parle du droit de vote aux États-Unis. 

Cette musique est la première de l’artiste depuis sa dernière nomination aux Grammy Awards. C’est une chanson qui parle des problèmes actuels du droit de vote aux USA, en vue de l’élection présidentielle qui arrive à grand pas. Message qui fait sens, sachant que Janelle Monáe est co-présidente de l’association « When We All Vote ».

Des ambitions féministes

Janelle Monáe, en plus d’être une artiste accomplie, est aussi activiste. Activiste pour le droit de vote, donc, mais aussi activiste pour les droits des femmes. En effet, elle a été à l’initiative de #FemTheFuture, un projet visant à motiver et aider les femmes du secteur du divertissement et des médias. Une autre bonne raison de la streamer.

Vous pouvez écouter dès maintenant le titre Turntables sur toutes les plateformes de streaming, en attendant de la retrouver dans le documentaire “All In : The Fight For Democracy” -disponible exclusivement sur Amazon Prime Video le 18 septembre. 

Article de Clémence Bouquerod

Il fait chaud, il fait beau, les oiseaux chantent, on allume la JBL… Que ce soit pour chiller à la piscine, dans vos oreilles à la plage ou même sur la route du boulot, la musique est de la partie ! Elle respire les vacances et la bonne humeur. Voici ces artistes qui rythment notre été.

L'été n'aurait pas le même goût sans eux, voici les cinq artistes qui rythment nos vacances au soleil.
Crédit : Jakob Owens on Unsplash
L’été n’aurait pas le même goût sans eux, voici les cinq artistes qui rythment nos vacances au soleil.
Crédit : Jakob Owens on Unsplash

Julien Doré, le monde a changé

Il est -enfin- de retour et nous donne aussi chaud que le soleil de juillet… Le chanteur de Coco Câline à la crinière dorée revient avec son nouveau titre, La Fièvre. Un premier single qui va sans aucun doute se faire remarquer cet été et qui annonce, peut-être, un nouvel album pour la rentrée.

Clara Luciani et ses notes d’été

Ses premières notes singulières annoncent la couleur : cet été, Clara Luciani aussi aura son tube ! Véritable invitation au voyage, La Baie dépeint un endroit paradisiaque où il semble faire bon vivre. Pour autant, pas question de nommer cet idylle, l’occasion pour chacun.e d’en faire son jardin secret. Note toute spéciale à son clip coloré et animé qui ne fait qu’accentuer l’envie des vacances…

Grand Corps Malade et son nouvel hymne féministe

Dans un tout autre registre cette fois, la voix poignante de Grand Corps Malade. Il nous fait trembler dans son dernier titre, véritable lettre ouverte, hommage, et même déclaration d’amour à toutes les femmes. Il dénonce le « profond machisme de nos coutumes » et souligne l’implication de la femme au foyer, de la caissière, de la docteure, de la mère ou encore de la fille, dans une poésie qu’on lui connaît.

Camélia Jordana, un retour personnel

Elle a signé son retour en studio cette année et pour l’occasion, elle nous dévoile un tout autre style. Après ses nombreux passages à l’écran, Camélia Jordana revient aux sources avec des paroles singulières, comme une confidence personnelle. Sur une mélodie fraîche et entraînante, on se voit déjà balancer la tête, les pieds dans l’eau, sous notre grand chapeau de paille.

Vianney et sa véritable ode à la vie

Son air résonne déjà dans nos têtes depuis quelques semaines. Fidèle à ce qui l’a fait connaître, Vianney offre un nouveau titre porteur d’espoir. Dans ce que l’on pourrait qualifier d’une ode à la vie, le chanteur passe un message très estival : vivre aujourd’hui, comme on l’entend ! Alors pour se lancer sur les routes de France au volant d’un van aménagé ou encore pour partir voir l’océan, « n’attendons pas » !

Article de Aurélie Rodrigo

Jeune musicienne de 23 ans, Emma Hoet se démarque par ses chansons saisonnières, chargées de fraîcheur et de nostalgie. Éprise d’écriture et de musique depuis toute petite, ses trois années d’études à Londres, ont été un tournant pour son avenir musical. De retour dans son pays natal, c’est sur les ondes françaises qu’Emma décide de dévoiler ses nouvelles créations. En Chute Libre, et la tête dans les nuages, le temps d’une rencontre, la chanteuse nous invite dans son univers. 

Crédit Photo : Joanna Doukov

L’écriture et la musique ont toujours fait partie de ta vie ? 

Depuis toute petite j’adore écrire et chanter. Comme une suite logique, je me suis mise à jouer du piano. En grandissant, j’ai réalisé beaucoup de covers sur Soundcloud. Je commençais à avoir une petite communauté dans mon Lille originaire. Puis je suis partie à Londres pour mes études. Mes deux frères étaient également là-bas à ce moment-là, et le plus jeune venait d’intégrer une école de musique. Je participais tout le temps à des concerts, j’étais vraiment plongée dans une bulle de sonorités ! Je vivais ma vie à cent à l’heure et j’adorais ça. Je n’avais jamais envisagé de faire de la musique mon métier, puis, un jour, je me suis simplement demandé : « Pourquoi pas moi ? ».

Et à partir de ce moment-là …

Toujours en Angleterre, de collab en collab, j’ai sorti The One (2017), et U Got My Heart (2018). Ce dernier son est même passé sur les radios américaines ! À la suite de ces aventures, j’ai décidé de prendre mon envol, toute seule cette fois. Mes frères sont en groupe, et producteurs, alors il m’était plus facile d’écrire des chansons, d’en créer l’ambiance et de les peaufiner avec eux. On s’entraide beaucoup tous les trois ! Dès nos 16-17 ans on a commencé à réaliser nos chansons ensemble. Alors, même si mon projet est solo, ça reste familial ! 

Il y a une origine à cette passion commune ?

Mon père était vraiment fan de musique ! Il ne jouait pas d’instruments mais c’est lui qui nous a initié à ça : choisir des chansons, avoir un peu de goût on va dire (Rires). Au fur et à mesure, mon grand frère, fan de musiques électroniques, s’est acheté des logiciels de production, et nous y voilà !

Tu n’as jamais eu de problèmes pour t’intégrer dans ce monde, particulièrement masculin ?

Je passe ma vie avec des hommes (producteurs etc,.) et j’ai beaucoup moins d’amies femmes dans la musique. C’est un fait, nous sommes minoritaires ! Mais personnellement, je ne peux pas dire que j’ai eu de réels problèmes d’intégration à ce niveau. 

En France, à ce jour, tu as deux titres qui sont sortis : Hot Chocolate et Chute Libre. J’ai cru comprendre que cette deuxième chanson était un peu plus personnelle. 

Cette chanson, je l’ai écrite il y a un an, exactement à la même période. C’était en avril et le printemps arrivait. À cette époque, je sortais avec une personne. Du moins, je venais de rompre avec ce quelqu’un. Il était mon meilleur pote et je me suis rendu compte que je l’aimais quand même bien ce garçon. Les paroles me sont venues assez rapidement et je me suis mise à chanter cette histoire d’amour, un peu foirée. Ce qui est ironique, c’est que toute l’instru’ de cette chanson avait été écrite pour le mariage de ma cousine. Mais j’ai trouvé que cette prod matchait vraiment avec mes paroles… 

Pour sa sortie, tu as d’ailleurs réalisé un clip homemade avec ton frère, c’était comment de tourner confinée ? 

Un peu stressant ! Forcément, on avait prévu quelque chose d’autre pour notre clip. Mais avec un jardin et un frère designer, qui aime tourner des vidéos, tout s’est bien passé. On a réussi un créer un petit univers. On s’est adapté, et au final on s’est bien amusés (Rires). 

Pendant ce confinement, as-tu remis certaines de tes habitudes en question ? 

J’ai beaucoup repensé à Londres et j’ai écrit sur cette ville. J’ai aussi voulu me perfectionner dans des domaines que j’avais un peu délaissés, comme le piano. J’ai repris des cours pour m’améliorer. J’étais très angoissée par la productivité, tous les jours, je voulais écrire deux chansons. Puis j’ai eu une prise de conscience, du genre : « Non mais en fait, ça ne se passe pas comme ça ! J’ai 23 ans, j’ai deux mois devant moi, comment je peux faire pour être productive et surtout, en ressortir grandie ? » J’ai quand même beaucoup écrit, en gardant en tête de faire ce qui me plaisait. 

Quelles sont tes inspirations quand tu écris et composes ? 

Je suis fan d’Oh Wonder, un groupe aux influences UK. Ils m’inspirent, je les adore ! Tout comme la scène française d’ailleurs. J’aime la fraîcheur de Pomme ou d’Angèle, ce sont de vraies modèles. Et puis, mes inspirations tournent aussi beaucoup autour des saisons, de certaines histoires et de la nostalgie qui s’y mêle. Dans mes textes, j’évoque beaucoup de choses personnelles, et en même temps, universelles : une histoire amoureuse, une rencontre dans un café, la fin de l’été … 

De quelle ambiance se teinte ton EP Cartes postales, bientôt à paraître ? 

Il y a déjà Hot Chocolate et Chute Libre de sorties ! J’y décris la flemme hivernale et les ruptures amoureuses. Pour la suite, je souhaitais des sons plus printaniers, et plus summer. Vous allez d’ailleurs pouvoir découvrir un nouveau titre, très bientôt ! Arrogance Bikini, qui sortira avec l’EP, je l’ai écrite en collaboration avec l’un de mes meilleurs amis, Blowsom. Celle-ci parle de l’été, de summer body, et de mon rapport à cette saison. Puis, avec l’EP suivront de nouveaux titres comme : Jeunesse Exemplaire, ou 12h03, toujours sur ces thématiques. J’essaie de toucher à tout : des musiques un peu calmes, d’autres un peu moins. Je veux que tout le monde s’y retrouve, tout en gardant qui je suis.

As-tu des causes qui te parlent plus que d’autres ? Des sujets de société sur lesquels tu t’engages et que tu souhaiterais développer un jour, en chanson ?

Je suis végétarienne depuis mes 5 ans. Je fais très attention à tout ce que je mange, d’où ça vient. La cause animale me parle beaucoup ! Et même si j’y pense tous les jours, parce que ça compte pour moi, j’avoue ne jamais en avoir parlé dans mes chansons. Mais ça pourrait être quelque chose que je développerai dans le futur !  

Que pouvons-nous te souhaiter pour l’avenir ? 

Arrogance Bikini sort le 10 juillet ! J’espère qu’elle sera bien accueillie, comme l’EP qui suivra ! Alors, que me souhaiter ? Que tout fonctionne (Rires), que je puisse rapidement aller sur scène pour rencontrer les personnes qui me suivent ! Parce que ça, ça me manque.

Article de Marie Le Seac’h 

Un rythme dynamique, un brin de douceur et beaucoup de malices, c’est en chanson que M.A.N distille au mieux ses pensées. Son nouveau single, « Chemically Yours », disponible le 17 juin, est l’occasion pour la chanteuse écoféministe – évoluant à mi chemin entre l’écologie et le féminisme – de mettre en mots l’omniprésence des produits chimiques qui nous entourent. 

Photographie d’Elise Boularan

Dans l’authenticité d’un studio d’enregistrement toulousain, le studio Condorcet, Marina Anne Nolles et son équipe se rejoignent pour enregistrer Chemically Yours (aka « Chimiquement vôtre » en français). D’ici quelques semaines, l’endroit mythique, victime d’un plan de réhabilitation, y fera taire la musique. En attendant sa réouverture en d’autres lieux, l’une de ses dernières productions, portée par M.A.N, viendra caresser nos oreilles. 

Qui est M.A.N ?

M.A.N est une femme. Loin des stéréotypes et des standards, derrière ces initiales se cache Marina Anne Nolles, jeune chanteuse franco-américaine. Son nom de scène, elle le tient d’une discussion avec son alliée de tous les jours : sa maman. « Elle m’a dit : c’est marrant Marina Anne Nolles, ça fait M.A.N. Je lui ai répondu : ah oui, M.A.N est une femme ! On a commencé à délirer sur ça et je l’ai utilisé ! »

M.A.N, c’est aussi des textes engagés, chantés en anglais, flirtant depuis peu avec le français. Le résultat de ses origines, mais surtout d’une frustration grandissante, celle de ne pas toujours se faire comprendre par son public francophone. Au fond, la chanteuse qui collectionne les scènes et les premières parties d’Angèle ou de Clara Luciani, compte bien se faire entendre, quelle que soit la langue employée. 

« What I eat, is killing me … »

Chemically Yours, qui sortira le 17 juin, est un hommage déguisé au Bisphénol A, une substance toxique présente dans les emballages alimentaires et non alimentaires. En mélodie et avec magnétisme, Marina tape du poing et montre l’entièreté de ce produit cancérigène qui « nous tue de toutes parts » : « What I eat, is killing me / What I breathe is killing me / What I drink is killing me / What I think is ultimately killing me ». 

Pour la chanteuse, l’actualité n’a jamais été aussi parlante. Cet appel aux masques, ces derniers mois, elle le perçoit comme quelque chose de nécessaire. Surtout, comme une mesure qui aurait dû être prise depuis longtemps. « Chaque année, des milliers de personnes meurent à cause du cancer ! « Nous sommes en guerre », mais ce n’est pas nouveau ! ». Elle-même touchée de près par la maladie – sa maman ayant eu un cancer du sein -, ce combat, elle ne compte pas l’abandonner.

Photographie d’Elise Boularan

À travers ses chansons, M.A.N en revient à ces valeurs écoféministes. Des idées à la croisée de revendications féministes et écologistes. Une manière de montrer que ces deux combats se rejoignent, que ce système patriarcal et capitaliste attaque aussi bien les femmes que l’environnement. Soit, s’exprimer (chanter) haut et fort sur ce mode de domination des hommes sur les femmes, de cette exploitation de la nature par les humains, etc. 

De manière générale, dès que M.A.N a un message à faire passer, elle le fait sur des airs de « Protest Pop » (des textes contestataires, portés par de la musique pop). La jeune femme mise sur sa voix douce et ses paroles tachetées d’ironie pour attirer l’attention. Marina le dit elle-même : pour se faire entendre, il faut parfois savoir ruser. Ce côté subversif, elle y tient. « Dans l’idéal, je cherche à faire des morceaux comme celui-ci, qui fassent danser les gens sur des paroles horribles et engagées. Un peu comme le titre de Foster The People, Pumped up Kicks qui parle des tueries à Colombine. Ils décrivent les massacres et tout le monde danse dessus. C’est un peu l’ambiance que je souhaitais créer avec Chemically Yours. » 

Une sortie colorée 

« Sur scène, notre live est assez dichotomique. On a des morceaux qui sont assez solaires, je les vois rouges. On a d’autres titres qui, quant à eux, sont plus bleus, plus planants. C’est une ambiance qu’on souhaitait maintenir pour cette nouvelle sortie ! » Pour comprendre la chanteuse, il suffit de tendre une oreille vers ce double single, qui sortira cet été en vinyle 45 tours. Chemically Yours, résolument « solaire », annonce un rythme dansant. Son versant, The Lake, « plus liquide », semble plus cosmique et appelle à l’évasion. Ces deux titres proposent deux ambiances distinctes, deux voyages à part entière. Pourtant, tous deux délivrent le même message : la toxicité des produits qui nous entourent. 

Pour M.A.N, le confinement aura été teinté de créativité et de musique. Un ralentissement comme il se fait rare, mais particulièrement inspirant. En attendant qu’elle nous dévoile le fruit de ses pensées confinées, Chemically Yours est dores et déjà disponible ici, et sera officiellement de sortie demain, le 17 juin. 

Article de Marie Le Seac’h

Un univers bien à elle, une prestance spectaculaire, mais surtout une voix unique qui nous transporte loin. Sarah Rebecca a le don de nous subjuguer peu importe le registre de musique qu’elle choisit, du gospel à la pop en passant par la folk, tout lui réussit. La preuve : son album éponyme sort ce vendredi, le 19 juin !

L’enfant prodige qui a cru en ses rêves

À l’âge de 5 ans, dans son Mississippi natal, Sarah Rebecca annonce à ses parents que le chant et la musique composeront désormais sa vie. Précoce, la petite fille ne s’est pas trompée, puisque depuis ce jour, la musique ne l’a jamais quittée. Elle commence à l’église au sein d’une chorale gospel, guidée par sa grand-mère, puis s’oriente vers le grunge lorsqu’elle fonde son premier groupe à 13 ans, sous l’influence de groupes comme Nirvana. 

C’est le fait de grandir dans le sud des États-Unis via une éducation très sévère et dévouée aux hommes qui fera d’elle une fervente opposante au patriarcat et une féministe active. Plus tard, elle découvre la folk, avant de poser ses valises à Paris où elle se tournera vers la pop. Elle y enregistrera ses plus gros titres, comme Flash ou encore Diamond Veins

À travers son parcours éclectique, la chanteuse nous donne donc une belle leçon de vie : croire en soi, oser, se diversifier, et ne jamais abandonner.

La consécration : l’album

Sarah Rebecca dévoilera son premier album vendredi 19 juin, chez Alter K. Un disque où se mêlent plusieurs influences pop qui se rejoignent autour d’un mantra : se battre pour devenir « la femme dont elle avait besoin lorsqu’elle était enfant ». 

Si on devait le résumer ? Une voix puissante qui s’envole dans les aigus – bouleversant – et quinze titres qui célèbrent cette aventure qu’est la vie. 

Call Me, un petit bijou

Pour l’occasion, sortira même jour le clip de Call Me. Une chanson au refrain entêtant et aux paroles pleines de sens qui résonnent en nous longtemps après son écoute. 

Le clip, à la scénographie époustouflante, est réalisé par la jeune parisienne Rosalie Charrier, si talentueuse. Le choix des couleurs et l’histoire s’accordent parfaitement à la voix doucereuse de la chanteuse, ainsi que le jeu des acteur.rice.s. Au casting, on y retrouve d’ailleurs Marguerite Thiam (dans le clip Neo Surf de Romain Gavras), Corentin Fila (dans Quand on a 17 ans d’André Téchiné et la série Mortel sur Netflix) et Maxence Danet-Fauvel (dans Skam France). Un plaisir pour les yeux, et les oreilles !

Album Sarah Rebecca, sortie le 19 juin

Article d’Ana Michelot

Jouer avec les lumières et les espaces qui nous entourent pour prendre des photos dignes de professionnels, on en rêve tous. iPhone ou iPad en main, « Today at Apple at home » dévoile une série de vidéos pour aider notre créativité à s’exprimer pleinement.

« Today at Apple at home » dévoile une série de vidéos réaliser par les Creative Pros Apple pour aider notre créativité à s’exprimer pleinement. Crédits : ©Apple.
« Today at Apple at home » dévoile une série de vidéos réalisées par les Creative Pros Apple pour aider notre créativité à s’exprimer pleinement. Crédits : ©Apple.

Si le déconfinement tant attendu a enfin eu lieu, le retour à la normale s’amorce timidement. Néanmoins, les promenades sont de nouveau autorisées et l’on se fait une joie de pouvoir capter l’instant présent. 

Pour ce faire, Apple nous livre tous ses trucs et astuces pour manier nos gadgets préférés à la perfection. À nous les jolies photos, vidéos et musiques dignes de professionnels !

https://www.instagram.com/p/B_Fn-IKlNye/

Six vidéos pour réaliser des projets créatifs à la maison

Les Creative Pros des Apple Stores du monde entier se sont mobilisés pour réaliser ces tutos vidéos. Ils partagent, dans six vidéos sous-titrées en français, tous leurs tips pour des activités créatives at home plus que réussies. 

John de l’Apple Burlington dans le Massachusetts nous explique comment créer des vidéos cinématographiques avec l’iPhone. De son côté, Rosie du Regent Street de Londres nous apprend à utiliser GarageBand pour une musique faite maison. Avec ça, c’est sûr, la créativité et le monde de l’art sont à portée de mains !

https://www.instagram.com/p/B_QTgWLFgF3/

Rendez-vous sur le site de la Pomme chaque semaine pour y découvrir une nouvelle vidéo !

Article de Nina Hossein

Vous l’avez sûrement aperçue sur les planches de la scène de The Voice. Dans l’équipe de Mika, London Loko a su nous séduire. Mystérieuse et réservée à l’écran, l’artiste se révèle pétillante dans son nouveau single Up & Down. Rencontre avec une jeune femme haute en couleur !

London Loko sort son nouveau single Up & Down aux sonorités pop. Crédits : ©Antoine Guilloteau.
London Loko sort son nouveau single Up & Down aux sonorités pop. Crédits : ©Antoine Guilloteau.

Nina pour Paulette : Si l’on devait te présenter, qu’aimerais-tu que l’on dise de toi ?

London Loko : Très honnêtement, rien de particulier. J’entends et lis déjà pas mal de choses. Si je pouvais choisir, j’aimerais qu’on retienne de moi que je suis une personne différente, cool, originale. Et ensuite, oui, je suis ambitieuse, donc j’accepte ça aussi.

https://www.instagram.com/p/B8e0gNsh4q9/

N :  London Loko, c’est un nom de scène pop et funky, comment l’as-tu trouvé ? 

LL : Merci ! C’est vrai que c’est un nom assez original et décalé… un peu comme moi je dirais. 

Cette question m’amuse toujours autant, car l’histoire aussi est, comment dire…. particulière. En fait, je voulais aider ma mère à trouver un nom pour son chat et c’est finalement le mien que j’ai trouvé en surfant sur un site pour noms de chat.

Il y avait « London » et « Loko » qui se trouvaient à proximité, et vous connaissez la suite. Ça a l’air un peu fou, mais c’est l’histoire vraie ! Et puis, ma mère a finalement appelé son chat Cannelle pour ceux et celle qui se demandent.

N : Comment t’es venue l’idée d’écrire Up & Down, ton nouveau single ?

LL : C’est en sortant de The Voice.

Ma dernière interprétation (Sally, de Carmel) a créé chez moi un réel déclic. J’ai su que c’était dans cette direction que j’avais envie d’aller et qu’il fallait que je gratte dans ce sens. Quelques semaines après, j’ai contacté mon beatmaker, Ditlef, avec qui je travaille depuis toujours sur les registres soul et funk que j’apprécie beaucoup, et je lui ai lâché un « Je sais ce qu’il faut qu’on fasse ! ». C’est comme ça qu’il a commencé à composer une prod’ au style bien marqué. D’ailleurs, en vous répondant j’ai des références qui me viennent à la tête, genre Madonna plus jeune… Dans ma tête, ça pétille ! Enfin bref, c’est ainsi que Ditlef a créé la musique. Quelques jours plus tard, nous nous sommes retrouvés en studio. Il me fait alors écouter et j’ai tout de suite senti qu’il y avait quelque chose de très intéressant. J’ai commencé à fredonner quelques mots et ai immédiatement trouvé les mélodies de cette chanson. J’avais écrit une première version de Up & Down en anglais, mais mon entourage m’a tout de suite conseillé d’en faire une version en français. J’ai d’abord essayé de retranscrire mon premier texte, mais les mots n’étaient pas aussi percutants, jolis… C’est alors que j’ai demandé à une amie proche, la chanteuse Carmen que je croisais régulièrement au studio, de m’aider à trouver les bons mots. Elle a accepté et fini par écrire cette chanson avec moi. Je trouvais qu’elle avait une très jolie plume et je ne me suis pas trompée ! Une deuxième version est née. LA version !

Je suis très fière d’avoir collaboré avec ces deux artistes au talent formidable. 

https://www.instagram.com/p/Bx7E1VtBhoN/

N : Il s’agit de ton premier titre aux sonorités pop et disco, que peux-tu nous en dire ?

LL : C’est une chanson qui me ressemble. Elle est joviale et solaire. Effectivement, elle sonne disco-pop, mais est clairement liée à mon registre soul 2.0. Cette chanson est là pour rappeler qu’il est important de rester positif malgré les difficultés de la vie. J’ai envie d’apporter un peu de joie de vivre en cette période morose. Par la même occasion, je veux que ce soit une sorte de flash-back vers les bons moments qui ont marqué toutes les générations, et que nos parents comme nos enfants puissent apprécier.

C’est un hymne à l’amour et au lâcher-prise. 

N : Tu nous invites à danser sur Up & Down, et toi, sur quoi tu danses ? 

LL : (rires) Oui ! Venez, on danse !!

J’adore danser sur du gros son old school, hip-hop, pop et house. En ce moment, je danse beaucoup beaucoup beaucoup, mais vraiment beaucoup sur Into The Groove, de Madonna et Love At First Time de Kylie Minogue.  J’ADORE ! 

Je suis en boucle dessus et je n’arrive plus à m’arrêter !

Vous venez danser ? 

N : Dans ton clip, tu arbores un style rétro pop, est-ce ton look de tous les jours ? 

LL : Pas tout le temps, j’aime aussi être un petit peu plus décontractée.

Je vis avec mon temps, j’ai un style très cross-over. Quelques pièces neuves, quelques pièces chinées… Vous pouvez facilement me croiser en robe Courrèges avec des sneakers et mon petit bob, autant qu’en denim jeans, bottines et sur-chemise Dickies XXL… et toujours un bob. Un truc qui est sûr c’est que j’adore les bobs ! On devrait créer un émoticône qui porte un bob.

https://www.instagram.com/p/B0OWNgoAw6e/

N : Une petite anecdote à nous partager sur ton nouveau single ? 

LL : J’ai su que cette chanson allait plaire quand j’ai vu ma mère se dandiner dessus.

A vous d’imaginer la scène…

N : Et pour finir, une petite pensée que tu voudrais partager avec nos lecteur.ice.s ?

LK : Écoutez de la musique, des chansons ! Celles qui vous font du bien, celles qui vous font danser, voyager ! Et partagez avec vos proches, votre famille, vos voisins : nous avons tous besoin de nous évader en ce moment.

Et continuez à lire Paulette, plein de choses cool s’y passent.

Je vous aime !

Propos recueillis par Nina Hossein

Le Paris Lip Sync organise un concours de playback ouvert à tous. Inscrivez-vous pour participer !

Pauline Arnal pour Lip Sync

Le Lip Sync, c’est quoi ? Une performance de playback totalement exagérée par les mouvements de la bouche. Clara, Pauline et Vincent ont décidé de créer ce joli concept.

« Lip Sync », le concept 

Avis à tous ceux qui aiment la musique mais ne savent pas chanter. L’idée ? Faire son meilleur playback à la maison tout en réalisant le maximum de mimiques possibles. Parce que oui, c’est un talent ! On retrouve de nombreuses célébrités qui se sont également amusées sur la toile.

Les conditions pour participer  

https://www.instagram.com/p/B-j_HZjo0Cl/

Tout donner, le faire avec coeur et passion ! Les vidéos acceptées sont celles comprises entre 1 minute 15 et 2 minutes 30. Envoyez-les sur parislipsync@gmail.com avant le 8 avril au soir.

Du 9 au 14 avril tout le monde pourra voter pour sa prestation préférée. Ainsi, les deux lipsyncoeurs qui auront le plus de likes, auront la chance de faire un dernier playback sur Insta Live le 14 avril à 20 heures. Et enfin, un vainqueur sera élu !

Article d’Alicia Desrivieres