Radio France lance un grand concours musical pour les 18-25 ans, nommé Chanter 20 ans en 21. Le but ? Soutenir la jeune génération de musicien·ne·s en cette période difficile.

Chanter 20 ans en 21 - © Radio France

Après Avoir 20 ans en 21, dispositif lancé par Radio France pour soutenir les jeunes durant cette période, la chaîne lance le concours musical Chanter 20 ans en 21. Cette idée, elle vient de Didier Varrod, directeur musical des antennes de Radio France. « Même si les salles de concerts restent closes, la musique demeure. Elle nous rassure, elle nous rassemble. Nous invitons les jeunes artistes à traduire en musique ce qu’iels ressentent aujourd’hui, laissant libre cours à leur imagination et leur créativité. Plus qu’une main tendue vers cette génération, c’est un appel à l’expression des sentiments d’une jeunesse en quête de sens et de rêve, dans une crise qui pèse tant sur son envol ». Et nous, on applaudit cette démarche.

Un vrai tremplin pour les jeunes musicien·ne·s

Dans les faits, pour participer au concours, il suffit d’avoir entre 18 et 25 ans et d’être auteur·rice, compositeur·rice ou interprète. Plus besoin de revoir vos ambitions à la baisse, vous avez peut-être une chance d’être mis·e en avant, grâce à Chanter 20 ans en 21 ! Pour candidater, il faut proposer une chanson autour du thème « Avoir 20 ans en 21 ». Quotidien, aspirations, rêves, regard sur un monde qui change… Voici ce qu’attendent les jurys de Radio France.

Image d'illustration de la musique - © John Matychuk

Vrai tremplin, ce concours permettra au gagnant ou à la gagnante de performer lors du concert Nouvelle Scène, d’avoir un accès privilégié aux services Sacem et une aide financière pour l’enregistrement d’un album ou EP [ndlr, une petite aide sera offerte aux dix finalistes]. Une vraie chance, surtout lorsqu’on sait qu’iel sera diffusé·e sur les antennes de Radio France. Et gagner en visibilité, c’est primordial pour un·e jeune artiste !

Les différentes étapes du concours

Vous avez envie d’y participer ? On vous y encourage ! Sachez que vous pouvez envoyer vos candidatures jusqu’au 30 avril. Ensuite, du 3 au 21 mai, un jury [ndlr, composé des membres des directions musicales des antennes de Radio France] choisira 10 chansons finalistes qui seront soumises à un vote du public. Celui-ci aura lieu du 1er au 15 juin, avant l’annonce du ou de la lauréat·e le 21 juin.

Image d'illustration de la musique - © Simon Noh

Ça fait rêver, non ? Pour en savoir plus, lire (et relire) les conditions et candidater, rendez-vous sur le site de Radio France. Pas musicien·ne ? Pour soutenir les jeunes artistes, il suffit de les écouter et d’en parler autour de vous !

Article de Clémence Bouquerod

Les artistes à se lancer dans le grand bain de la musique sont nombreux·ses. Nous avons sélectionné pour vous les 8 chanteurs et chanteuses d’ici et d’ailleurs à découvrir ce mois-ci (si ça n’était pas déjà fait).

© Kamila K Stanley
LAUREL © Kamila K Stanley

Oracle Sisters, la nostalgie des sixties

De la pop-folk toute douce pour les oreilles. Leurs sonorités nous rappellent tantôt les Beatles, tantôt les BBBrunes in English version 2021. Oracle Sisters, ce sont des voix simples, chantées avec sensualité et douceur. Amoureux·se de Paris, du voyage et de la folk, ils et elle interprètent à leur manière une vision idolâtrée de la Ville lumière.

Oracle Sisters, deux hommes et une femme qui viennent apporter une touche de sixties un peu rêveuse à l’an 2021. Ces artistes au look de néo-dandy viennent de partout en Europe. Deux Bruxellois, une Finlandaise. Leur clip incarne un saut en arrière parfaitement réalisé. Les couleurs, les tenues, la photographie : tout y est, retour vers les années 60 assuré. On adore, foncez, c’est trop bien !

Oracle Sisters © Celia Marie
Oracle Sisters © Celia Marie

LAUREL, les années 80 dans la peau

Avec Laurel, petit saut dans le temps. Après les sixties, place aux années 80. Sur ses musiques et ses clips, on savoure chaque seconde goulument. On en prend plein les yeux, ça brille, ça fuse, c’est une explosion de couleurs pop. Petit à petit, ses musiques prennent l’univers de la synth-pop. En fait, vous l’aviez déjà compris, avec Laurel, on se lève et on danse ! Ça groove. 

Elle a cette voix à la Lana Del Rey, qui ne laisse pas les oreilles indifférentes. Cette jeune Anglaise originaire de Southampton trace son chemin vers un style de pop indé qui plaît ! Elle sortait il y a moins d’un jour son tout nouveau clip You’re the one. Sous ce dernier, on peut lire dans les commentaires « Quand tu as une de ces fameuses terribles journées, Laurel apparaît et renverse tout ». La relève des eighties est en marche !

LAUREL © Kamila K Stanley
LAUREL © Kamila K Stanley

Girl in red, celle qui fait vibrer TikTok et le New York Times

Avec déjà plus de 9 millions d’écoutes sur Spotify, vous n’êtes peut-être pas passé·e à côté. Cette Norvégienne met en lumière son esprit, toujours en mouvement, dans des chansons pop indie. Ainsi, la jeune chanteuse de 22 ans se fait une place dans le monde de la musique avec son single i wanna be your girlfriend qui devient très vite un hymne pour la communauté queer, notamment sur Tik Tok.

Alors, sur des sonorités de pop alternatives, Girl in red aborde la question du genre dans des textes bruts mais aussi doux et sincères. Et puis récemment, elle sort son nouveau single Serotonin. A nouveau, on est transporté·e dans toute la complexité de la jeunesse, avec une honnêteté totalement décomplexée. Bref, elle est super et chez Paulette, on l’adore. D’ailleurs, elle sera en concert à Paris en mai 2022. Son premier album sort à la fin du mois d’avril.

Laurie Darmon, douce et pétillante

Une porte qui claque, un, deux, trois verres de cognac tombent en vrac… L’air vous revient ? Le piano et les percussions, les instruments sont maîtres de ses rythmes qui donnent envie de danser. Et de ses paroles que l’on chanterait jusqu’au bout de la nuit. Et la voix douce qui les accompagne, c’est celle de Laurie Darmon, qui en faisait déjà groover certain·e·s en 2014.

Cette année, elle revient avec douceur et mélancolie pour sa chanson Maman. Laurie Darmon, finalement, c’est notre alliée musique pour des soirées entre filles, debout sur le canapé, un verre (ou 2) à la main. Dans ce cas de figure, nous conseillons notamment les chansons On bai. ou Laisse-moi t’aimer. Mais c’est aussi celle qui nous donne des frissons, lorsque l’on observe les passant·e·s à travers la fenêtre, en songeant à notre enfance.

Que je t’aime maman, tu auras rendu mes rêves immenses.

Laurie Darmon

 À suivre aussi sur Instagram où elle propose des covers et sessions live en solo ou en duo, toujours avec la même douceur dans la voix. 

VIKKEN, l’électro hypnotique

Avis à tou·te·s celleux à qui les festivals, les concerts et surtout les clubs manquent terriblement. Avis à celleux qui veulent ressentir au plus profond de leur chair cette forme de transe dans laquelle peut nous plonger la musique. L’électro/pop de Vikken nous transporte et franchement, avec un bon casque sur les oreilles, on s’y croirait presque. Si, si, c’est vrai. En fait, dans son premier titre, C’est OK, Vikken aborde sa transidentité de manière naturelle, rythmée sur des sonorités carrément entrainantes.

Et ces quelques phrases dictées par une voix au timbre robotique mènent à la réflexion. Enfin, d’ici quelques jours, un nouvel EP Pour une amie verra le jour avec un clip. Des artistes tel·le·s que Jeanne Added ou November Ultra y figureront. En plus, Vikken fera partie du Printemps de Bourges 2021. Laissez-vous porter…

Je pense que c’est OK de dire qu’il y a certaines choses qui ne vont pas.

VIKKEN

Baby Queen incarne sa génération en musique

Elle a l’amour et la jeunesse dans le sang. Alors, elle le chante avec mélancolie, incompréhension, déchirement et addiction. Comme son pseudo l’indique, cette reine couleur rose bonbon puise son inspiration dans le monde tronqué d’Instagram au sein duquel elle évolue et grandit. Entre drogue et alcool, soirées, amours et amitiés, cette jeune artiste au regard mélancolique réveille l’industrie musicale. 

Avec des sonorités inspirées de l’iconique Taylor Swift et un soupçon de grunge pop des années 80. Le tout, chanté par une jeune femme pas si « baby » que l’indique son nom. Mais plutôt, ambitieuse et motivée, tout aussi talentueuse que stylée ! D’ailleurs, découvrez vite son nouveau clip Dover Beach, c’est canon et ça fait du bien !

Baby Queen © David East
Baby Queen © David East

Tsew The Kid, la sensualité urbaine

Tsew The Kid c’est de très beaux textes, une voix suave et beaucoup de mélancolie. Parfois pop urbaine, parfois plutôt rap, les musiques du jeune Malgache nous ensorcèlent. Chez Paulette, gros coup de coeur pour la chanson Fitia, du nouvel album AYNA (« vie », en malgache). La douceur des instruments nous embarque sur une plage de sable chaud, on s’imagine en plein tango après quelques shots de tequila. Les mots dansent sur une mélodie entraînante et délicieusement sexy.

 Tsew The Kid nous parle d’amour avec subtilité, avec passion ensuite puis avec tristesse. Amour amical, amour familial, amour fusionnel, il livre ses émotions et panse ses plaies sur ce nouvel album. En conclusion, ça vaut le détour, on vous l’assure.

Si tu étais de mon pays je t’aurais dit Ny fitiavako anao.

Tsew The Kid

YENDRY, le soleil dans la peau

Vous aimez Rosalia ? Du coup, vous adorerez Yendry. Elle danse, elle chante, elle alterne entre l’espagnol, l’italien et l’anglais et est originaire de République dominicaine. Et dans sa voix, il y a le soleil, la chaleur et le summer. En fait, elle nous donne envie de faire rouler nos hanches et de vibrer sur sa musique pendant de longues soirées d’été. Avec une petite touche de flamenco, un brin de pop urbaine et de sexyness.

Yendry, c’est une femme qui revendique son indépendance et sa force. Féministe confiante et déterminée, cette nouvelle figure de la pop ispanico-italienne n’a pas fini de nous épater. Et puis pour le moment, on l’adore sur son titre Nena, qu’elle interprète à merveille sur la chaîne de Colors Show.

Un article de Margot Hinry

Raja Meziane, 32 ans, est algérienne. Elle est exilée à Prague depuis bientôt cinq ans – elle y a rejoint son mari et producteur. Ses coups de filets contre le régime lui ont valu un aller sans retour en République tchèque. Femme de combat (Raja signifie « le King » en langue indienne et l’espoir en arabe), elle met sa musique au service de la cause algérienne. Elle lutte pour sa liberté et celle de son peuple, loin de son Algérie natale, avec la même ferveur, la même force, la même fermeté. Raja Meziane n’a peur de rien. Tant que son cœur appartient à l’Algérie.

Artiste engagée, « guerrière et combattante », Raja Meziane est la voix de la révolution algérienne.

© Dee Tox
© Dee Tox

« Allo Système, tu m’entends ? Tu fais la sourde oreille comme d’habitude ?! » (traduit de l’arabe) : dans le clip du morceau Allo le Système !, tu passes cet appel depuis Prague, où tu es exilée. En toile de fond, des images de la révolution algérienne. Comment as-tu mûri cette chanson ?

Elle est sortie quelques jours à peine après la grande manifestation du 22 février 2019 (pour empêcher Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, ndlr). Je peux le dire haut et fort. Je suis une des personnes qui a appelé à cette révolution des années auparavant ! En 2012, je sortais une chanson qui s’appelle Revolution, c’est te dire. Sauf qu’à l’époque, je me suis fait lyncher par tout le monde, y compris le public, parce que les gens n’étaient pas encore prêts à entendre ce genre de vérité. Allo le Système !, c’était une façon pour moi de participer à cet événement, qui était comme une fête, une bouffée d’oxygène.

En 2012, tu dis que le public n’était pas prêt. Pourquoi ? Qu’est-ce qui a changé depuis ?

Il n’était pas prêt, car le traumatisme et la peur sont figé.e.s à l’intérieur de chaque Algérien.ne depuis la décennie noire (dix années de guerre civile qui ont fait près de 200 000 victimes entre 1991 et 2002, ndlr). Dès qu’on parle de révolution, de manifestation, c’est synonyme de sang. Qu’est-ce qui a changé ? Je dirais le ras-le-bol général. On nous a trop menti. On a pillé nos richesses. Ce n’est plus possible de laisser faire.

Sur Allo le Système !, tu dis que le pouvoir en place a anéanti l’éducation nationale, la culture, le savoir. Cette révolution a-t-elle en partie été initiée par la jeunesse ?

Pas vraiment… Ce n’est pas la nouvelle génération qui a décidé de descendre dans la rue. Bien au contraire. Les gens qui ont mûri, les gens qui ont vécu les années 70, le terrorisme, ce sont eux qui ont remarqué que les choses n’avancent pas et que l’Algérie ne peut plus continuer dans cette voie. Il faut des doyen.ne.s pour que la jeune génération reçoive ce genre d’informations, d’expériences, de chaleur et de volonté de changer. La jeune génération connaît Bouteflika, elle n’a jamais connu autre chose. Les Anciens ont le recul nécessaire. Et la force de ce mouvement réside dans cette belle fusion de générations.

Comment la situation a-t-elle évolué dans le pays depuis le grand rassemblement de 2019 ?

C’est de pire en pire. Rien ne change. C’est le même régime. Le président actuel, Abdelmadjid Tebboune, faisait partie du gouvernement de Bouteflika. Il l’a servi pendant longtemps. Et il est en train de mettre en place une dictature encore plus franche. L’Algérie étouffe.

© Dee Tox

Le pouvoir a profité de la pandémie mondiale pour réprimer toute contestation et museler les médias. Quels sont les retours que tu as eus ?

Il règne en Algérie une espèce de calme qui, moi, ne me rassure pas du tout. J’ai peur que la situation finisse par imploser. Trop de répression. On va où ? Je ne sais pas… Les gens perdent confiance. Celles et ceux qui soutiennent le Hirak (le mouvement de contestation qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril 2019, ndlr) subissent énormément de pression, notamment El Manchar (le site parodique algérien a suspendu ses activités en mai dernier, après cinq années d’existence, ndlr). Il leur est aujourd’hui impossible d’écrire, d’exercer leur métier de journalistes. C’est grave ce qui se passe. Si on ouvre sa gueule, on est jeté.e en prison, au trou. On nous déclare la dictature et on doit l’accepter.

«Je ne vais pas changer de camp. Je n’en ai qu’un seul. C’est le peuple. J’ai vécu avec ce peuple, j’ai grandi avec ce peuple, je suis née avec ce peuple, j’ai galéré comme le peuple, et je continue de pleurer mon Algérie.»

Pour quelles raisons t’es-tu emparée du rap ?

J’ai toujours touché à différents styles de musique, parfois plus pop, mais toujours avec le même contenu engagé. Mais quand il s’agit de colère, je ne peux pas m’exprimer autrement qu’avec du rap. Pour moi, c’est comme un flot de paroles qui sortent crues, sans qu’on ait besoin d’y ajouter des mélodies compliquées, ou des sonorités harmonieuses. Avec le rap, c’est la parole qui compte. Je le dis et vous allez m’écouter (Sourire) ! J’ai mal et, désolée du terme, mais j’ai envie de cracher les mots. Parce que ça brûle !

Ton rap est baigné de musique chaâbi et de raï, une façon d’affirmer tes origines ?

Ma musique est un mélange de styles purement algériens, partant du chaâbi, tindi, naïly, kabyle, des nuances de raï. Il y a toujours un timbre qui rappelle le style algérien. Parce que c’est mon identité.

Depuis Allo le Système !, devenue l’hymne du Hirak, tu es la voix de la révolution algérienne, avec tout le poids symbolique que ce titre implique. C’est lourd à porter ?

Bien sûr. Ça m’honore, mais c’est une responsabilité énorme. Je ne veux pas décevoir ce peuple pour lequel je me bats depuis des années. De toute façon, je ne vais pas changer de camp. Je n’en ai qu’un seul. C’est le peuple. J’ai vécu avec ce peuple, j’ai grandi avec ce peuple, je suis née avec ce peuple, j’ai galéré comme le peuple, et je continue de pleurer mon Algérie. C’est très simple. Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre. Moi je n’ai rien gagné avec ce système. Même en faisant partie du « showbiz ». Même au début de ma carrière, j’étais jeune, mais je savais déjà que quelque chose n’allait pas.

Ta participation à un télé-crochet (un mélange de la Star Academy et The Voice) t’a apporté la célébrité. Cette rage de vaincre le système de l’intérieur était déjà présente ?

Oui, cette idée ne m’est pas venue à 20 ans. J’ai vécu l’enfer des années 90, j’ai vu les corps sans vie sur le chemin de l’école. En participant à ce télé-crochet, je n’avais qu’une envie : me faire connaître. Parce qu’on ne peut pas lutter en silence. Pour faire entendre ma voix, il fallait en passer par là. Le challenge de ce genre d’émission, c’est qu’on ne peut pas chanter ce qu’on veut, sauf si on est première dans les classes de solfège, de sport, de discipline… Je bossais comme une dingue pour pouvoir chanter des chansons qui avaient du sens pour moi, sur la paix ou la Palestine par exemple.

Ta première vocation, devenir avocate, était-elle aussi motivée par la même envie ?

Oui. J’ai perdu mon papa quand j’avais 7 ans, suite à une erreur médicale. Le directeur de la clinique privée était intouchable. Ma mère n’a rien pu faire. Je lui ai promis que ça changerait quand je serais grande, que je ramènerais la justice dans le pays, que je défendrais les pauvres. Ça m’a coûté cher.

© Dee Tox
© Dee Tox

Tu es petite-fille de martyr de la révolution. Ce combat, il est inné ?

Exactement. Je vais te raconter une histoire. Ma grand-mère aussi luttait à sa manière. Elle cachait des moudjahidines (soldats improvisés, résistants, souvent d’origine paysanne, à qui l’on doit l’indépendance de l’Algérie, ndlr) aux soldats français, elle leur donnait à manger, des vêtements propres. Mon père avait à peine 12 ans, il avait un petit chien qui faisait toujours la fête aux combattants algériens. Une fois, les soldats français étaient juste à côté. Ma grand-mère avait tellement peur qu’ils la soupçonnent de quelque chose qu’elle a bâillonné le petit chien avec un bout de tissu et l’a battu à mort pour qu’il arrête d’aboyer. Elle n’avait pas le choix. Elle a brisé son cœur et celui de son fils. Parce qu’elle croyait tellement en cette cause, la liberté du peuple algérien. Quand on grandit avec ce genre d’image, on ne peut pas être quelqu’un d’autre. Les Algérien.ne.s ont trop souffert. Ma génération a grandi dans le sang, la terreur. Maintenant on a juste envie d’aimer et d’être aimé.e.. C’est ce qu’on essaie de faire avec ce Hirak, cette grande révolution pacifiste.

Tu es persona non grata en Algérie. Tu racontes l’exil dans Survivor, sorti fin janvier : « Excuse-moi maman ! J’étais obligée de partir, le chemin était pénible, j’y ai presque laissé la vie (…) mon père m’a dit avant de partir, ne te rends jamais… » (traduit de l’arabe). Es-tu prête à sacrifier ton intimité pour une cause plus grande, la libération du peuple algérien ?

Pour moi, tout va dans le même sens. Je n’ai pas vécu deux vies, j’en ai vécu et je ne vis toujours qu’une seule vie, et cette vie, elle est pleine de toutes les choses que je raconte. Ma mémoire et ma vie, c’est ce qui se passe dans mon pays. Je continuerai de chanter contre les haters, les rageux, ceux qui envient ma réussite ou mon talent… On vit dans un régime corrompu qui donne l’occasion à des gens qui ont le bras long de vous casser, de vous faire du mal et de vous empêcher de réussir. Il y a tellement à dire, à dénoncer. Le régime a tout acheté. Je suis en train de subir les conséquences d’Allo le Système ! : les trolls, les cyber-attaques, on essaie de me salir, on lance des rumeurs sur moi, on menace ma famille, mais je ne vais pas me rendre maintenant. J’ai choisi cette route et je l’assume.

Article du numéro 48 « Nouveaux.lle.s leaders » par Alexandra Dumont

Evermore, c’est le nom du 9ème album studio de Taylor Swift. Il est sorti sur toutes les plateformes le 11 décembre, devenant la petite sœur de folklore. 

La reine des albums surprises a encore frappé. Après folkloresorti cet été du jour au lendemain, elle annonce hier soir la sortie de son nouvel album à minuit [soit 6 heures du matin heure française]. Et avec ça, la sortie du clip de Willow, l’un des titres de l’album. « On ne pouvait juste pas s’arrêter d’écrire des musiques », explique Taylor Swift sur Instagram. Evermore, c’est le titre de ce nouvel album, composé de 15 titres, dont 2 additionnels seront disponibles sur la version Deluxe. 

Un album participatif 

Comme sa grande sœur folkloreevermore est un album de rock alternatif/indie pop. C’est donc un opus très doux et posé, et où la voix prend une place très importante. Et en parlant de voix, Taylor Swift a choisi des duos avec des artistes très talentueux, comme Haim, The National, ou encore Bon Iver, pour nous réserver des featurings magnifiques. En termes d’écriture, Taylor a été aidée d’Aaron Dessner, de Jack Antonoff, de Justin Vernon, mais aussi de William Bowery – aka Joe Alwyn, son petit-ami. Une belle brochette de talents. 

Et symbolique 

Dans un post Instagram posté le 10 décembre, elle explique pourquoi avoir sorti evermore, et surtout pourquoi l’avoir sorti maintenant. « Depuis que j’ai 13 ans, j’ai toujours été excitée à l’idée d’avoir 31 ans, parce que c’est mon chiffre porte-bonheur à l’envers.  C’est pourquoi j’ai voulu vous surprendre avec [cet album] maintenant. Vous avez tous toujours été si attentionnés et solidaires pendant mes anniversaires, que cette fois j’ai voulu vous donner quelque chose ! Je sais aussi que ces fêtes de fin d’année seront assez solitaires pour la plupart d’entre nous. Et si certains d’entre vous veulent se tourner vers la musique pour faire face à l’absence de vos proches comme je le fais, cet album est pour vous.« 

En tout cas, on espère pour elle qu’evermore aura autant de succès que folklore, qui avait battu tous les records sur les plateformes de streaming, et était devenu le premier album à se vendre à plus d’un million d’exemplaire en 2020

Article de Clémence Bouquerod 

Écrit pour le documentaire “All In : The Fight For Democracy”, documentaire sur le droit de vote aux Etats-Unis, Turntables est le nouveau titre pop de Janelle Monáe.

L’artiste « chanteuse-autrice-compositrice-performeuse-productrice-actrice-activiste » Janelle Monáe a annoncé le 8 septembre la sortie de sa nouvelle musique Turntables. Elle sera diffusée dans le documentaire “All In : The Fight For Democracy” qui parle du droit de vote aux États-Unis. 

Cette musique est la première de l’artiste depuis sa dernière nomination aux Grammy Awards. C’est une chanson qui parle des problèmes actuels du droit de vote aux USA, en vue de l’élection présidentielle qui arrive à grand pas. Message qui fait sens, sachant que Janelle Monáe est co-présidente de l’association « When We All Vote ».

Des ambitions féministes

Janelle Monáe, en plus d’être une artiste accomplie, est aussi activiste. Activiste pour le droit de vote, donc, mais aussi activiste pour les droits des femmes. En effet, elle a été à l’initiative de #FemTheFuture, un projet visant à motiver et aider les femmes du secteur du divertissement et des médias. Une autre bonne raison de la streamer.

Vous pouvez écouter dès maintenant le titre Turntables sur toutes les plateformes de streaming, en attendant de la retrouver dans le documentaire “All In : The Fight For Democracy” -disponible exclusivement sur Amazon Prime Video le 18 septembre. 

Article de Clémence Bouquerod