On était habitué à découvrir des films et séries relatant le parcours extraordinaire de militantes féministes et progressistes. Un moyen de mieux connaître toutes ces femmes ayant œuvré pour nos droits et pour l’égalité des sexes. Mais la série Mrs America nous offre une nouvelle perspective : celle d’activistes antiféministes qui se sont mobilisées contre l’émancipation des femmes.

Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.
Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.

La mini-série a été imaginée par Dahvi Waller, scénariste pour quelques séries comme Mad Men et Desperate Housewives. Plongée dans les années 70 alors qu’émerge le mouvement de la seconde vague, Mrs America retrace l’histoire de Phyllis Schlafly, avocate, mère au foyer et activiste conservatrice. 

Phyllis Schlafly, une militante pour que rien ne change

Profondément patriotique et conservatrice, Phyllis Schlafly, incarnée par Cate Blanchett, ne veut pas voir les femmes s’émanciper. Elle s’oppose fermement aux féministes de la deuxième vague et principalement à une de leur idée phare : l’Equal Rights Amendment (ERA). Il avait pour objectif de rétablir l’égalité des droits juridiques de tous les citoyens américains, quel que soit leur sexe. Alors Phyllis Schlafly a lancé sa campagne « STOP ERA ». Selon elle, cet amendement allait supprimer les privilèges sexospécifiques qui profitent aux femmes telles que certaines prestations sociales.

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Implanter le décor dans les années 1970 

Mrs America met en lumière deux camps diamétralement opposés sans jamais en faire valoir un plus que l’autre. La série rend compte des tensions qui se sont immiscées entre les féministes et les anti-féministes. Les années 1970 sont une période charnière pour les féministes qui ont tenté de faire évoluer les droits et rôles des femmes, ainsi que les moeurs. On y retrouve notamment des figures emblématiques de la seconde vague : Gloria Steinem et Betty Friedan.

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Mrs America nous permet d’avoir un autre regard sur le mouvement de libération des femmes. D’observer cette lutte entre femmes progressistes et conservatrices.

Vous pouvez dès à présent retrouver cette série sur Canal+ et Hulu.

Article de Nina Hossein.

Malheureusement peu connue en Europe, Ruth Bader Ginsburg est une juge américaine adulée dans son pays. Et pour cause, cette Américaine de 87 ans est une féministe, progressiste qui a œuvré toute sa vie contre les discriminations sexistes et raciales. Et parce que c’est le genre de parcours qui le mérite, un film et un documentaire retracent la vie de cette icône progressiste. 

Ruth Bader Ginsburg, juge Américaine, militante pour l'égalité des sexes devant la loi. Crédits : ©Ron Sachs / Getty Images
Ruth Bader Ginsburg, juge Américaine, militante pour l’égalité des sexes devant la loi. Crédits : ©Ron Sachs / Getty Images

Ruth Bader Ginsburg grandit à une époque où être une femme et faire des études ne se conjuguent pas encore. Mais être au foyer et s’occuper des enfants ce n’est pas ce à quoi aspire la jeune femme. Poussée par sa mère, elle poursuit sa carrière brillante dans le supérieur.

L’icône du women’s empowerment

Lors de sa licence en government, Ruth Bader Ginsbrug rencontre l’amour de sa vie et son plus fidèle soutien : Martin Ginsburg. Tous deux parviennent à intégrer l’École de droit de Harvard. Brillante, elle fait partie des neuf femmes ayant été admises dans une promotion de 500 hommes. Elle étudiera également à Columbia où elle obtient son doctorat en étant première de sa classe. Si on s’arrêtait là, on serait déjà convaincu : Ruth Bader Ginsburg est un symbole du women’s empowerment !

Une femme d’exception, des études jusqu’à la Cour Suprême

Réalisée par Mimi Leder, Une femme d’exception (On the Basis of Sex), revient sur les débuts rocambolesques de la carrière d’avocate de la nouvelle diplômée. Alors qu’elle et son mari ont deux enfants, la jeune femme ne parvient pas à trouver un cabinet prêt à engager une femme.

À cette époque, plaider le droit des femmes ne mène à rien, alors l’avocate s’engage sur une affaire fiscale inédite qui fera évoluer sa carrière. L’occasion rêvée d’opérer un changement de la justice quant à la discrimination fondée sur le sexe.

RBG, un documentaire récompensé

Récompensé de l’oscar du Meilleur film documentaire en 2019, RBG a été réalisé par deux journalistes : Betsy West et Julie Cohen. Le documentaire retrace son ascension jusqu’à la Cour suprême où elle fut nommée juge en 1993.

Interviews de Ruth Bader Ginsburg en personne et de ses proches, images d’archives, mais aussi extraits d’apparitions publiques… Ce documentaire authentique nous rapproche un peu plus de la militante américaine.

Article de Nina Hossein.

Héroïne de Westworld et future reine Disney dans La Reine des neiges 2, Evan Rachel Wood est une actrice et chanteuse américaine. Ouvertement bisexuelle et victime de violences domestiques par le passé, elle utilise sa visibilité pour aider d’autres victimes de vioelnces domestiques et milite pour les droits humains.

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Actrice prolifique dès le plus jeune âge

Evan Rachel Wood est née en 1987, à Raleigh, en Caroline du Nord, dans une famille artistique. Ses parents sont tous deux des acteurs, sa mère est également réalisatrice et son père metteur en scène et chanteur. Elle commence à jouer très jeune sous la direction de son père et obtient rapidement des rôles à la télévision tels que dans les séries American Gothic et Deuxième Chance. Elle obtient son premier rôle principal à 11 ans dans Digging to China (de Timothy Hutton, 1998) et, en 2003, elle interprète Tracy Freeland dans Thirteen (de Catherine Hardwicke), rôle qui lui vaut sa première nomination aux Golden Globes et une grande renommée. Elle joue dans de nombreux films, des productions indépendantes aux super-productions hollywoodiennes, aux côtés d’acteurs reconnus tels que Robert Redford, Nicole Kidman ou encore George Clooney.

Mais le rôle qui la révèle auprès d’un très grand public, c’est celui de Dolores Abernathy dans Westworld, la série de science-fiction sensationnelle diffusée sur la chaîne américaine HBO. Dolores est un androïde de Westworld, un parc sur le thème du Far West où les invités peuvent faire ce qu’ils veulent avec les robots (sans craindre de représailles). Profondément émouvante et parfois carrément effrayante, Dolores est le personnage principal et le préféré de beaucoup d’adeptes de l’oeuvre. Evan Rachel Wood a reçu de nombreuses nominations pour des prix prestigieux à la suite de son interprétation de Dolores, dont un Golden Globe et deux Emmy Awards. Elle a remporté un Critics’ Choice Television Award en 2016 et un Satellite Award en 2017.

C’est aussi une chanteuse

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La musique fait partie intégrante de la vie d’Evan Rachel Wood. Elle a joué dans quelques clips musicaux, Wake Me Up When September Ends de Green Day (2005), At the Bottom of Everything de Bright Eyes (2005) et Heart-Shaped Glasses de Marilyn Manson (2007). Elle a interprété le personnage principal féminin dans Across the Universe (Julie Taymor, 2007), un film musical autour de chansons des Beatles. En 2016, elle a sorti deux EPs avec Zach Villa sous le nom Rebel and A Basketcase et elle chante régulièrement avec Zane Carney sous le nom de scène Evan + Zane.

Et une militante

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Evan Rachel Wood a déclaré être bisexuelle en 2011 et depuis, elle se bat pour les droits de la communauté LGBT+. Elle parle souvent de la biphobie et de la suppression de l’identité bisexuelle, des discriminations qui existent aussi à l’intérieur de la communauté LGBT+. Elle milite également pour le droit à l’avortement et les droits humains (elle s’oppose notamment à la situation des enfants immigrés clandestins détenus dans le sud des Etats-Unis). Elle a expliqué qu’elle essaye d’apprendre à son fils « que les sentiments ne sont pas un signe de faiblesse« , contrairement à ce que la majorité de la société considère comme la virilité.

L’actrice a déclaré avoir été une victime de viol et de violences domestiques devant le Congrès américain en 2018. Lors de son témoignage poignant, elle a expliqué avoir été attaquée par un ex-petit ami, plus de 10 ans auparavant, et toujours souffrir de stress post-traumatique. Elle se bat actuellement pour aider d’autres victimes de violences domestiques. Elle a créé une loi, le Phoenix Act, afin de prolonger le délai de prescription pour la violence domestique (qui est d’environ 2 à 4 ans dans de nombreux États américains) sous plusieurs conditions telles que des preuves ADN ou visuelles, des aveux ou plus de trois victimes dénonçant la même personne. L’objectif de la loi « n’est pas de punir plus sévèrement les auteurs de crimes, mais de donner plus de droits aux victimes« . Étant donné que de nombreuses victimes ont peur et souffrent, elles ne se manifestent souvent que bien au-delà du délai de prescription. Cette loi leur permettrait d’avoir le temps de sortir de leur situation épouvantable et d’être prêtes à en parler.

Article par Juliette Cardinale

Le personnage de Tahani, dans The Good Place, a été rapidement très apprécié des fans. Tahani est jouée par l’actrice britannique Jameela Jamil, qui profite de sa visibilité pour célébrer l’inclusivité et le body-positive, le fait d’aimer son corps tel qu’il est. 

Si Kirsten Bell, Ted Danson et le cast entier de The Good Place sont des acteurs brillants, Jameela Jamil a capturé le cœur de beaucoup de téléspectateurs en jouant l’anglaise mondaine qui ne manque pas une occasion de parler d’un de ses amis célèbres. Dans la vrai vie, l’actrice de 33 ans inspire ses fans à s’accepter soi-même et à accepter les autres, à travers ses réseaux sociaux et le mouvement I Weigh. Elle essaie aussi de se battre contre les représentations toxiques des femmes (et du corps de celles-ci) dans la société actuelle.

https://www.instagram.com/p/Bx2mhdHnVB2/

Une adolescence compliquée

Jameela Jamil est née au Royaume-Uni, d’un père indien et d’une mère pakistanaise. Dès sa naissance, elle souffre d’une perte d’audition et doit subir plusieurs opérations. Aujourd’hui, elle entend 50 % dans une oreille et 70 % dans l’autre. Puis, entre 14 et 17 ans, la future actrice est atteinte d’anorexie, ce qu’elle estime être dû aux médias et à la représentation squelettique des femmes (souvenez-vous de la mode héroïne chic du milieu des années 90). Un accident de voiture à 17 ans l’empêche de marcher pendant plusieurs mois, l’oblige à faire de la physiothérapie et à prendre un traitement aux stéroïdes. Cette expérience traumatique lui fait changer son regard sur son corps, la pousse à l’accepter et lui « remet [les] idées en place », confie-t-elle.

Elle enseigne alors l’anglais, tout en travaillant comme journaliste, photographe et mannequin. En 2012, elle anime l’émission de radio de la BBC Radio 1 The Official Chart. Mais sa vie change une nouvelle fois en 2016, lorsqu’une tumeur bénigne lui fait craindre le développement d’un cancer. Elle décide alors d’aller à la poursuite de ses rêves à Los Angeles. Elle espère devenir DJ ou scénariste mais se rend quand même à l’audition de The Good Place et obtient le rôle de Tahani, sans expérience préalable.

https://www.instagram.com/p/BgY7nmeld40/

Le mouvement I Weigh

Sa nouvelle visibilité lui permet de s’exprimer sur des questions qui lui tiennent à cœur et d’atteindre un plus grand public. Jamil est très active sur les réseaux sociaux et partage beaucoup sa lutte avec l’image et le poids. En 2018, elle a vu sur Instagram une photo de la famille Kardashian-Jenner avec le poids de chaque femme inscrit (la photo n’a pas été postée par les Kardashians eux-mêmes). Lasse de voir les femmes réduites à leur poids, Jameela Jamil a décidé de répondre avec sa propre photo, en changeant le nombre de kilos par la somme des bonnes choses qu’elle « pèse » comme « une belle relation, de grands amis… ». Le soutien qu’elle a reçu de ses disciples l’a amenée à créer un compte Instagram dédié (@i_weigh), et à fonder le mouvement I Weigh (« Je Pèse »).

Mais le compte Instagram n’est pas limité au poids, il devient plutôt un lieu d’inclusion, célébrant la différence et l’acceptation de soi. Jameela Jamil se sert de sa notoriété pour défendre, entre autres causes, des droits LGBT+ et de l’avortement. Elle lutte aussi contre les dangers de l’idéalisation des femmes quand les images sont, en réalité, retouchées. L’actrice a révélé qu’elle souffre d’EDS 3, une maladie génétique qui affecte son corps et, par exemple, laisse des cicatrices après chaque petite coupure, comme elle l’a expliqué récemment dans un post Instagram. Ne jamais voir de défauts dans les publicités ou sur les réseaux sociaux peut amener les femmes (surtout les jeunes) à penser qu’elles sont laides. C’est pourquoi Jamil affiche des photos avec des vergetures ou des « imperfections » apparentes et tente de refuser la publication d’images retouchées.

https://www.instagram.com/p/B0_MEhqlAig/

Elle a dénoncé les « thés détox » promus par des célébrités qui ont tendance à avoir de mauvais effets secondaires. Elle utilise souvent sa propre expérience, celle d’avoir suivi les régimes des célébrités quand elle était adolescente, et les dommages irréversibles que ceux-ci ont causés à son corps pour faire valoir ses arguments. Elle a fait supprimer à Khloe Kardashian un poste Instagram qui promouvait un produit de perte de poids en commentant qu’elle devrait avertir ses abonnés des effets secondaires toxiques du produit et du fait qu’elle a « un entraîneur personnel, un nutritionniste, probablement un chef, et un chirurgien pour arriver à [cette] apparence ». Elle a également créé une pétition pour mettre fin aux publicités de produits diététiques par des célébrités.

Article par Juliette Cardinale