Deux députés se sont penchés sur quatre métiers du social principalement exercés par des femmes. Résultat ? Ils préconisent une revalorisation des salaires et des conditions de travail.

Deux députés planchent sur les métiers du social oubliés.
Crédit :  Georg Arthur Pflueger on Unsplash
Deux députés planchent sur les métiers du social oubliés.
Crédit : Georg Arthur Pflueger on Unsplash

Aides à domicile, assistantes maternelles, animatrices en maison de retraite ou périscolaires, accompagnantes… Ils sont peu considérés et en grande partie occupés par des femmes. Récemment, deux députés se sont penchés, dans un rapport, sur ces quatre métiers du social. Résultat, ils préconisent une revalorisation des salaires et des conditions de travail.

« Le présent rapport s’intéresse à quatre métiers qui tissent du lien entre les personnes, et ce « du berceau à la tombe » […] Nous mettons ces professions au féminin. Parce que, bien sûr, ces emplois sont très largement occupés par des femmes. Et c’est pour cette raison, à coup sûr, que ces quatre métiers souffrent d’un statut précaire, de revenus parcellaires. » C’est dans ces termes que les deux co-rapporteurs introduisent le rapport.

Des propositions concrètes

C’est d’abord un constat qui pose le décor. En effet, comme l’indique le rapport, plusieurs études montrent que ces métiers seront des « gisements d’emplois : la quantité sera là, mais pour quelle qualité ? Quelles conditions de travail, quels revenus, quels statuts ? dignes du travail qu’elles effectuent ?« , s’interrogent les rapporteurs. Et pour répondre à ces interrogations c’est une liste de 43 propositions qu’ils ont dressée. « Les propositions contenues dans le rapport sont nécessaires : hausse des rémunérations, revalorisation des grilles salariales, prise en compte de l’ensemble du temps de travail effectué. Il convient, également, de modifier l’organisation du travail afin de leur garantir des temps pleins, avec du collectif, des moments d’échanges, de formation. Et aussi, que la relation entre la salariée et la personne aidée, souvent purement interpersonnelle, s’opère davantage en équipe. »

Une lutte féministe portée par des hommes ?

Il y a cependant une chose étonnante à relever. Cette proposition est présentée par deux hommes. Surprenant puisqu’en termes de politiques sociales ce sont principalement des femmes que l’on retrouve à l’origine de telles initiatives. D’une part le député de La France Insoumise François Ruffin, d’autre part le député LREM Bruno Bonnell. Deux hommes qui portent une véritable lutte féministe. Les métiers concernés étant bien souvent encore exécutés gratuitement par des femmes au quotidien, ils ne semblent pas mériter une « bonne » rémunération dans l’inconscient collectif. Étrange paradoxe alors de voir un député LREM oeuvrer en faveur de la lutte féministe quand on assiste à un tel remaniement de la part du parti présidentiel.

Article de Aurélie Rodrigo