Ça fait un an et demi (18 mois pour les connaisseuses) que ma fille est née, un an et demi que ma tête bouillonne. Amour, éducation, bouffe, hygiène : tous les domaines sont bons pour cogiter. La preuve.

La maternité a ses interrogations que la raison ignore. Qu’on soit parent à 18, 30 ou 45 ans, rares sont celles qui échapperont à l’incertitude permanente et à la culpabilisation sournoise qui accompagnent – chouette – l’arrivée des enfants. C’est inévitable, on passe son temps à se demander si ce qu’on fait, ce qu’on analyse, ce qu’on transmet, ne flinguera pas tôt ou tard la vie de notre tout·e-petit·e. Une perpétuelle remise en question qui se traduit par une tornade de doutes, lesquels traversent notre esprit sans interruption dès le moment où on donne la vie. Douce épopée.

Alors bien sûr, avec le temps, on s’y habitue. Avec les frères et sœurs, si on les conçoit, aussi. On a de plus en plus confiance en nos gestes, on crée des rituels quotidiens. On s’affranchit de nombreuses craintes, on prend du recul. On apprend de nos expériences, du vécu de celles qui nous entourent. On se détend, on gagne en patience, en sagesse, en assurance. En astuces pour ne pas totalement craquer. En ruses pour siffler une gorgée de vin tranquille pendant que l’adorable énergumène empile ses maxi legos.

Autant de tips qu’on enregistre au fil des jours, ceux-ci passant plus sereinement que la veille. Autant de leçons qu’on acquiert alors qu’on devient « mères ». (Enfin, j’espère).

Pour illustrer la façon dont nos cerveaux ont du mal à se mettre en pause, et rassurer celles qui – en plus du reste – s’en voudraient de se prendre h24 la tête, je me lance. Je couche sur le papier une micro-portion du genre de trucs que je me suis posé à un (ou plusieurs) moment donné, oscillant fébrilement entre la chute d’hormones post-partum et le burn-out parental. Un cru authentique, avant-goût d’une étape de vie remplie de bonheur et de questions existentielles ou plus triviales. Après vous.

© Warner Bros. Television
  • Je vais y arriver, à l’élever, quand on rentrera de la maternité ?
  • Je vais y arriver, à m’en occuper, quand je serai toute seule avec elle ?
  • Est-ce que mon mec va moins m’aimer parce qu’il aime trop sa fille ?
  • Elle dort mais je l’entends pas bouger : elle respire ?
  • Comment on fait pour glisser ses tout petits bras dans son tout petit body ?
  • 6 mois, c’est trop tôt pour goûter du camembert ?
  • Les cheveux, ça pousse quand ?
  • Un bain par jour, c’est vraiment obligé ?
  • Est-ce que j’aspire la morve si j’utilise le mouche-bébé ?
  • La tétine, ça va si je la mets dans la bouche au lieu de la rincer ?
© Unsplash – Alex Pasarelu
  • C’est normal, d’être passionnée de brocolis à 18 mois ?
  • C’est normal, de se vexer parce qu’elle dit « maman » à un pigeon ?
  • Ça fait quoi déjà, de dormir ?
  • Ça fait quoi déjà, de n’être responsable que de soi ?
  • On peut arrêter de me bassiner avec les mamans parfaites sur Insta ?
  • Comment on dit aux gens qu’on s’en tape de leurs conseils… gentiment ?
  • C’est vraiment elle et sa mignonnerie qui ont des chances de me mettre cher à l’adolescence ?
  • Comment je fais, pour qu’elle ne prenne pas tous mes défauts ?
  • C’est grave, de vouloir un moment rien qu’à moi, loin de mes obligations parentales, et de passer ledit moment à regarder des photos de ma fille ?
  • Pourquoi j’ai les larmes aux yeux quand elle se blottit contre moi pour dormir ?
  • Pourquoi j’ai les larmes aux yeux quand elle rigole ?
  • Pourquoi j’ai les larmes aux yeux quand elle finit son assiette et qu’elle pète ?
  • J’ai changé de culotte aujourd’hui ?
NBCUniversal Television Distribution
  • Je dois le prendre comment, que son premier mot soit « au revoir » ?
  • Pourquoi j’arrête pas d’imaginer, terrorisée, les pires trucs qui pourraient lui arriver ?
  • C’est ça mon quotidien maintenant, de m’inquiéter tout le temps ?
  • Et elle, elle pense à quoi dans sa toute petite tête d’amour ?
  • Est-ce que je peux respirer son odeur toute ma vie ?
  • C’est quoi la recette, pour l’élever loin des injonctions qui pavent la nôtre ?
  • Est-ce que… j’ai déjà oublié, trop fatiguée.
  • Comment c’était déjà, la vie avant qu’elle ne soit là ?
  • Comment c’est possible, d’aimer autant ?
  • Et comment je lui fais comprendre, finalement, que je serai toujours là, toujours sa maman ?
Tu seras mère ma fille, Camille Menager et Bruno Joucla francetvpreview.fr

Tu seras mère ma fille est un documentaire passionnant qui retrace la condition de la femme de 1918 à nos jours. Il a été réalisé en 2018 par Camille Menager et Bruno Joucla.

Tu seras mère ma fille présente plusieurs générations de françaises uniques et différentes depuis la Première Guerre mondiale à nos jours. Ce récit entrainant nous invite à nous questionner sur le statut de la femme. Entre amour, interdictions, sexualité, douleur de l’accouchement, domination des hommes, progrès médicaux, social et politique, les femmes ont mené bien des combats. 

Être une femme signifie être une mère ?

Après la Première Guerre mondiale, les femmes avaient pour mission de repeupler la France. À cette époque, une femme signifie être une mère. Leur ventre devient alors une affaire de loi. Les contraceptifs sont interdits et les peines en cas d’avortement sont renforcées.

L’esclavage domestique, voilà le quotidien des femmes. Au début des années 1970, celles-ci se rebellent et ne veulent plus être des mères pondeuses. À présent, leur utérus leur appartient. L’avortement se légalise, leur cri a enfin été entendu. De plus, des progrès médicaux comme la péridurale et la fécondation in vitro facilitent la vie des femmes. Elles se sentent plus libres.

Un monde dominé par les hommes

Cependant, les mères porteuses deviennent rapidement un business et la domination des hommes est de retour. Certaines femmes ont recours à cette méthode afin d’aider leur mari financièrement. On peut alors s’interroger, sont-elles libres ou soumises ?

Les femmes veulent bouger, travailler. Elles restent mère dans un monde dominé par les hommes. Sont-elles enfin l’égal de l’homme ? Malheureusement, dans encore beaucoup d’entreprises les salaires des femmes sont moins élevés que ceux des hommes. 

Une succession de combats

Après une succession de combats contre la domination masculine, les femmes sont-elles totalement libres de cette emprise ? Quelles sont les différences 100 ans après ? Ce documentaire émouvant nous rappelle la place qu’occupe la femme dans la société. Et l’importance de cet héritage précieux et fragile.

Le documentaire pourra être visionné sur France 5 le 8 mars, puis en replay sur France.tv.

Article d’Alicia Desrivieres