Elles ont entre 51 et 62 ans : Dans «Ménopausées», ces sept femmes ouvrent les portes de leur intimité et abordent ce sujet souvent tabou. Honteuses, invisibles, bouleversées… Elles confient dans les moindres détails le dérèglement hormonal le plus important de leur vie.

Dans « Ménopausées », sept femmes se confient, à visage découvert, sur cette période de leur vie.
Photo d’illustration – Crédit : Photo by Artem Beliaikin on Unsplash

Après la progressive dé-construction des tabous autour des règles, les cris de détresse des jeunes mamans qui appellent à la transparence sur la maternité, les Ménopausées veulent se faire entendre. Dans un documentaire «Infrarouge» de Blandine Grosjean et Joëlle Oosterlinck, elles disent «haut et fort» la vérité sur la ménopause. Des symptômes, au silence en passant par le rapport au corps. Elles sont 11 millions, pourtant c’est une première à la télévision française.

Tabous et solitudes

Ces sept femmes se partagent l’écran pendant 52 minutes. Personne d’autre, ni médecin, ni expert. Elles apparaissent à l’ombre des arbres et parlent de sécheresse vaginale, de fuites urinaire, ou encore de bouffées de chaleur. Certaines en rient, d’autres apparaissent plus touchées. Toutes sont très différentes et leur caractère singulier, presque attachant, donne de la force à leur témoignage.

Elles se disent ni comprises, ni accompagnées, ni renseignées. «Comme on [en] parle très peu, en fait, tous ces symptômes, je ne les ai pas forcément rattachés à la ménopause, je les ai rattachés à une dépression.» Des conséquences sur le moral sous-estimées par notre société. Pour elles, c’est là toute l’importance de ces témoignages, «briser le silence». Mettre fin à une sensation de solitude, de gêne ou de honte, et elles le font très bien!

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«Ce qui reste, c’est ce qu’on est et ça pose la grande question : sans mon corps, sans ce que j’affiche, qui je suis? Et est-ce qu’on peut m’aimer […]?» Des sentiments de mal-être entretenus par une construction patriarcale de la femme. Jeune, sexy et désirable, la France nourrit un culte de la féminité qui exclut certaines réalités, dépeintes dans ce film documentaire.

Dénoncer, mais surtout rassurer, parler et informer

Ce film ne s’adresse pas seulement aux femmes, mais aussi à leur partenaire, leurs proches, leur univers professionnel. Pour qu’ils comprennent, pour que la ménopause ne soit plus synonyme de la mort de la féminité, et surtout pour que l’on en parle. «Ménopausées» est aussi destiné aux filles et aux femmes qui voient cette passe comme une fatalité sans issue, sans savoir. La ménopause c’est «aussi une renaissance quand on l’accepte», plus de libertés et surtout «plus de maturité». «Quand je me regarde dans le miroir, je me dis : Ah mais pour une grand-mère, tu n’es pas si mal que ça.»

Un documentaire bientôt diffusé sur France 2

Article de Aurélie Rodrigo.