Le 26 septembre, la marque française Palladium lançait sa collection capsule Pallakix Uglyworldwide en collaboration avec Jazzelle Zanaughtti (alias @uglyworldwide) activiste des réseaux sociaux, mannequin et icône de la génération Z.

Dans une société dominée par un courant de pensée binaire déterminant ce qui est beau et ce qui ne l’est pas, Jazzelle questionne et déconstruit ces notions préconçues. Avec son style dégenré, affranchi de toutes règles et ses déclarations percutantes, l’artiste de 23 ans, phénomène sur les réseaux sociaux, est reconnue comme une pionnière de la diversité et de l’acceptation dans l’industrie de la mode.

Ce n’est pas la première fois que tu collabores avec la marque Palladium. En 2018, tu faisais partie de la campagne de la marque #DARETHEUNKNOWN. Qu’est ce qui t’a poussé vers cette collaboration ?

Une des choses que j’observe constamment, c’est à quel point la peur est le plus grand obstacle entre les gens et leurs objectifs, leurs rêves. La campagne #DARETHEUNKNOWN avait vraiment pour mission de repousser les limites et de faire comprendre aux gens leur potentiel, les pousser à se lancer. C’est un message qui me parle, clairement !

Cette collection capsule recrée le modèle Pallakix avec ton design signature : le pansement. Qu’est-ce que ce symbole représente pour toi ?

Pour moi, le symbole du pansement représente la force, la guérison et la métamorphose. Il signifie que vous pouvez tomber, vous pouvez saigner, mais vous allez toujours guérir. Et chaque fois que vous tombez, cela vous façonne et vous change en tant que personne.

Que voudrais-tu que les gens ressentent en portant ces chaussures ?

Je veux qu’ils se sentent puissants. Je veux qu’ils se sentent en confiance. Je veux qu’ils sachent que c’est normal de chuter et que si ils tombent, ils vont se relever et revenir dix fois plus fort.

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Tu as 549 000 followers sur Instagram. Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux et peux-tu nous en dire plus sur le nom @uglyworldwide que tu as choisi pour ton compte ?

Je suis trés détendue vis à vis des réseaux sociaux. Je ne fais que publier ce que je fais, à quoi je ressemble ou ce que je ressens. J’essaie de mettre mon coeur dans ce compte, mon moi authentique. C’est comme un journal intime, que je peux regarder quand j’en ressens l’envie.

Concernant « Uglyworldwide », j’avais l’habitude de marquer ça sur mes dessins à l’adolescence. Je dessinais toujours la même silhouette, je modifiais juste ses looks, toujours un peu fous. Un jour, un de mes amis artistes que je respectais énormément a regardé mes dessins et m’a dit : « c’est super moche ». J’étais assez mal pendant plusieurs jours après ca, ahah. Et puis je me suis dit «tant pis, si c’est moche, eh bah qu’il en soit ainsi ! » Je crois aussi qu’en expérimentant avec le maquillage, j’ai inconsciemment fini par personnifier les silhouettes un peu folles de mes dessins. Quand je m’en suis rendue compte, j’ai changé mon nom Instagram pour @uglyworlwide.

C’est quoi le «beau» pour toi ?

Je trouve généralement beau tout ce qui sort des sentiers battus. Les personnes qui font des choses différentes, des choses que je n’ai jamais vues auparavant. Des choses qui repoussent les limites.

Ton sens du style est très créatif et s’affranchit des limites. En grandissant, quelle était ta relation avec la mode et le maquillage ?

J’ai toujours été très expérimentale, depuis mon enfance. J’avais l’habitude de voler le maquillage de ma mère, de l’utiliser pour l’école et de l’essuyer avant mon retour à la maison. J’étais très timide, et expérimenter avec la mode et le maquillage c’était ma manière de communiquer, de m’exprimer. De me protéger aussi, c’était comme une armure. Je cherchais mon identité. Maintenant, je sens que cela fait partie de moi.

Où puises-tu ton inspiration ?

Elle peut vraiment venir de n’importe où. Cela peut venir d’une période, comme les années 90, le punk. Ca peut venir d’un livre ou d’une bande dessinée (comme la fille de bande dessinée australienne Tank, que j’adore). Mon entourage aussi. Des couleurs, des formes, de la nourriture, des étrangers croisés dans la rue. Je ne me limite jamais à une seule source. Mon inspiration est la somme de toutes les données que je reçois dans les expériences de ma vie quotidienne.

Des mots d’encouragement que tu souhaiterais partager avec nos lecteurs ?

Ne laissez pas la peur vous retenir. Lancez-vous, faites connaître votre présence au monde entier. Ne vous faites pas tout petits, mais au contraire, marchez d’un pas lourd et faites-vous entendre !

Propos recueillis par Alexandra Hostier