Se réapproprier les insultes LGBTQI+phobes pour en faire une force ? Oui, c’est possible. Et c’est le combat de la nouvelle marque Super Nana Pride. 

Créée par Olivia Ledoux après un débat entre amis début août 2019, cette marque de vêtements à une idée bien précise : imprimer des insultes LGBTQI+phobes sur différents types de vêtements. Le but ? Se réapproprier ces mots, pour les utiliser comme réponse, et mieux, comme force. « Nous décidons de porter fièrement leurs maux et d’y trouver de la beauté alors même que l’on nous menace. »

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Le projet de Super Nana Pride

Leur volonté est de rassembler tout le monde, qu’on appartienne à la communauté, ou non. Comme ils l’expliquent : « ces t-shirts peuvent être portés par tous. […] L’idée n’est pas d’engendrer un clivage communautaire supplémentaire, mais au contraire de trouver une raison de plus de s’unir. » Plus encore : Olivia Ledoux voulait créer un « un objet de militantisme », de « soutien », un véritable « emblème, coloré et beau ».

Sur le long terme, le but de la marque ne sera pas seulement de se réapproprier des insultes. Leur projet s’étend au-delà, avec l’envie de collaborer avec des associations et collectifs LGBTQI+, ainsi qu’avec la volonté d’organiser des évènements plus régulièrement.

Leurs créations 

Au programme : t-shirts, sweats ou bombers aux diverses insultes. On y trouvera notamment des logos vintage ou minimalistes, avec inscrit « Fiotte », « Tarlouze », « Broute Minou », « Tafiole », « Gouinasse », « Tantouze » ou encore « Pédé ». Aucun besoin de rappeler ici que ces insultes sont à but émancipateur. 

Et si, comme Marie Papillon, Marion Seclin, Barbara Buch, Océan ou encore Charlie She, vous voulez afficher fièrement ces insultes pour soutenir la communauté LGBTQI+, il suffit d’aller sur leur site ou leur Instagram

Article de Clémence Bouquerod 

Suite au remaniement, nous avons appris la nouvelle composition du gouvernement français. Ça a piqué, et ça pique toujours autant aujourd’hui. Impossible de rester muette face à ce nouveau couperet qui vient de tomber sur la gorge des citoyen.ne.s . Pardonnez l’expression, mais est-ce qu’on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ?

Le ministère de la culture du viol et de la LGBTphobie

Permettez-moi de vous dire quelques mots sur notre nouveau ministre de l’Intérieur, j’ai nommé Gérald Darmanin. Cet homme est actuellement visé par une enquête pour harcèlement sexuel et viol. (Visiblement, il cumule autant les infractions que les mandats – lui qui est également maire de Tourcoing). Ce qui signifie qu’aujourd’hui, en cas de harcèlement sexuel ou de viol, nous portons plainte auprès de policier.e.s eux.elles-mêmes dirigé.e.s par… un homme accusé de harcèlement sexuel et de viol. Oui. « On soutient les femmes victimes d’agressions », « On vous croit », « N’hésitez pas à parler », etc., c’est du pipeau, finalement. 

Il vous faut une preuve de plus ? Marlène Schiappa, anciennement Secrétaire d’État à l’égalité Femmes-Hommes, est nommée ministre déléguée à la citoyenneté, sous la direction de Gérald Darmanin. C’est le comble de l’ironie… et de la misogynie. 

Ajoutons également que notre nouveau ministre de l’Intérieur a tenu des propos racistes envers Christiane Taubira, la qualifiant de « tract ambulant pour le FN ». Sans parler de ses nombreuses positions LGBTphobes qui se promènent, entre autres, sur son compte Twitter.

Petit florilège :

Le ton est donné par celui qui se targuait, en juin 2013, de ne pas vouloir célébrer personnellement de mariage entre deux hommes ou deux femmes s’il était élu maire de Tourcoing. Et de se rendre à la Manif pour tous. 

Placer Gérald Darmanin à ce poste, c’est clamer haut et fort que la justice ne s’applique pas de la même manière en fonction de son genre et de son rang social. Ni de sa couleur de peau – à ce propos, le panel de nos gouvernant.e.s est d’une blancheur éclatante…

Une partie des membres du gouvernement de Jean Castex (AFP)

Placer Gérald Darmanin à ce poste, c’est aussi valoriser la culture du viol, c’est rire au nez des victimes, c’est se moquer de la Justice, c’est bafouer les droits des femmes et des personnes LGBTQIA+. C’est honteux, tout simplement. 

Une Justice pour qui ?

Et comme ce n’était pas suffisant, Eric Dupond-Moretti a été nommé ministre de la Justice, lui qui a défendu des violeurs et des auteurs de féminicides, lui dont les plaidoiries se basent sur l’humiliation, lui qui s’est plus d’une fois illustré par ses propos sexistes, antiféministes. Il déclarait sur le plateau de LCI, en mars 2018 : « Que siffler une femme, ça devienne une infraction pénale, c’est ahurissant. La bienséance doit régler ça, pas la loi. Avant d’être vertueux, bien sûr (j’ai sifflé des femmes dans la rue). Et puis il y a d’ailleurs des femmes qui ont dit ‘Moi, ça me fait très plaisir d’être sifflée‘. J’ai entendu ce matin une dame que je ne nommerai pas mais que j’aime beaucoup qui dit : ‘Moi, je ne regrette de ne plus l’être‘. On ne peut pas monter les uns contre les autres en permanence. » Non. Mille fois non.

Peut-être aurait-il mieux fallu qu’on lui rafraîchisse la mémoire et qu’on lui rappelle ses paroles, fièrement lancées sur le plateau de LCI, face à Audrey Crespo-Mara ? Là même où il déclarait ne jamais vouloir accepter un poste au ministère de la Justice, car il n’en avait pas les compétences ?

À la question : « Si on vous proposait un poste au ministère de la justice, vous l’accepteriez ? », il répondait : « Non (Rires). Vous voulez que je vous le signe ? D’abord, personne ne me le proposera. Et ce serait un bordel, mais alors… Nan, mais personne n’aurait jamais l’idée ! Sotte, totalement saugrenue, incongrue, invraisemblable de me proposer cela. Et moi, franchement, je n’accepterai jamais un truc pareil, non. Non. » Et à la question : « Pourquoi ? » : « Parce que ce n’est pas mon métier. Faut en avaler des couleuvres pour faire de la politique. » Visiblement, il a fait bon festin ! Puis il ajoutait : « C’est une discipline, un exercice, et j’en ai pas les compétences. Et je n’aimerais pas faire ça. » Ah. Ça promet…

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Rassemblons-nous !

Si la lecture de cette chronique vous a donné la nausée, vous a ouvert les yeux et/ou vous a révolté.e.s, nous vous invitons alors à signer la pétition de @jeneveuxpasdenfant, « Pour un gouvernement qui ne promeut ni misogynie, ni culture du viol, ni LGBTQIA+phobies » et à vous mobiliser en vous rendant devant les lieux symboliques de votre ville.

À Marseille : vendredi de 18h à 21h devant le Palais de Justice ; à Montpellier : vendredi à 18h, place de la Comédie ; à Nantes : vendredi à 18h, place Bouffay ; Annecy : vendredi à 18h devant le Tribunal ; à Tours : vendredi à 17h devant le Palais de Justice ; Paris : vendredi de 18h à 20h30 devant l’Hôtel de Ville.

Pour connaître les lieux et les horaires des rassemblements en fonction des villes, RDV dans la story d’@irenevrose, elle est épinglée à la Une !

Chronique de Juliette Minel