La saison 2 de la série documentaire « Dans la jungle, avec un petit couteau à beurre » vient de sortir. Et à cette occasion, on a rencontré Anaïs Volpé et Alexandre Desane, créateur·rice·s de la série et du site « Les Autodidactes ».

Tous·tes deux autodidactes, il paraissait primordial à Anaïs et Alexandre de montrer au plus grand nombre qu’un autre parcours professionnel était possible, et que tous se valaient. C’est ce qu’iels ont fait. D’abord à travers leur site« Les Autodidactes » – où ils ont recueilli des témoignages, puis grâce à leur série « Dans la jungle, avec un petit couteau à beurre »Avec elleux, on a parlé parcours atypique et syndrome de l’imposteur. Vidéo. 

Dans la saison 1, on découvrait plusieurs témoignages. Et dans cette deuxième saison, le focus est mis sur les structures qui aident et soutiennent les autodidactes, comme par exemple « La Résidence » ou encore « Les Déterminés ».

Pour les retrouver, ça se passe sur Instagram ou sur leur site Internet.

Article de Clémence Bouquerod

À l’occasion de la sortie de son clip « Mon Idole », qui vous fera pleurer à chaude larme et décrit avec justesse la perte d’un être cher, on a eu la chance d’interviewer Janie, toujours aussi pétillante malgré l’émotion.

Pour l’interview, Janie nous reçoit dans son intérieur acidulé et coloré – très Paulette. La déco lui ressemble, elle est douce et pastel. On peut notamment y retrouver un grand miroir et beaucoup de bibelots, et surtout son chat Edgard, qui nous a très bien accueilli. On a pu discuter avec elle longuement, sur son canapé, autour d’un thé (et en respectant bien sûr les distanciations sociales). Elle fait partie de nos 50 modèles du numéro Rêver, mais on la redécouvre aujourd’hui. Interview.

Bonjour Janie ! Comment vas-tu ? Peux-tu te présenter pour les Paulette qui ne te connaissent pas ?

Bonjour les Paulette ! Ça va très bien, merci. Alors, je m’appelle Janie, j’ai 26 ans, je vis à Paris depuis 7 ans maintenant. J’ai grandi à la campagne : je suis née au Mans et j’ai vécu à Tours, aussi. Je fais de la musique, de la chanson française, de la variété pure et dure, sans contours. Je chante, je joue du piano, j’écris et je compose quasiment toutes mes chansons.  

© Janie
© Janie

© Janie

Quelle est ton histoire avec la musique ?

J’ai un peu toujours fait de la musique. Je suis née dans une famille de musicien·ne·s : tout le monde chantait, il n’y a personne qui ne savait pas jouer d’un instrument. Donc, j’ai été baignée là-dedans. J’ai eu un parcours scolaire assez classique : j’ai passé mon bac, je suis allée en fac de psycho, puis j’ai arrêté les études pour des raisons personnelles. Je suis arrivée à Paris quand j’avais 19 ans pour un projet musical, mais pas toute seule. Et puis, il y a deux ans et demi, je me suis dit : « Tiens, je crois que je suis prête à commencer seule ». Enfin, ça me trottait déjà un peu dans la tête, mais j’étais dans d’autres trucs et ça a commencé à mûrir un peu en moi. J’avais assez grandi, je m’étais trouvée. Niveau musique, on teste plein de trucs, on ne sait pas toujours ce qu’on veut faire, avec toutes nos influences… Moi, j’ai pris beaucoup de temps à revenir à ce que j’étais profondément, à ce que je voulais faire, c’est-à-dire de la chanson française.

Tu as aujourd’hui 26 ans. La musique, ça a toujours été ta vocation ?

En fait, je n’ai jamais pris ça vraiment comme une vocation tellement c’était naturel. Je ne me suis jamais posée la question de si j’allais en faire mon métier, ça n’était pas une fin en soi. Tu sais, il y a des artistes qui ont soif de réussir, de faire ça de leur vie et tout. Mais pour moi, c’est venu très naturellement, c’était complètement évident. Et aujourd’hui, je ne fais que ça.

© Janie
© Janie

Donc, la musique, ce n’était pas ton rêve ?

Non justement, pas un rêve comme on l’entend. Je n’ai pas rêvé d’être chanteuse. C’est juste très naturellement que j’aime faire des chansons, que j’aime les composer, que j’aime partager ça avec les gens·tes. Et j’aime que ça parle aux gens·tes, et j’aime que ça me parle aussi. Après, au plus ça rencontre une plus grande popularité, au plus je peux en écrire, au plus je peux en vivre. Et bien sûr que j’ai des aspirations et que j’ai plein de rêves maintenant. Mais le rêve, ce serait de pouvoir faire ça le plus longtemps possible. Et en fait, d’être en constante création. Que ce soit la musique, la création de la DA de mes clips, tout ce que j’adore faire… Donc, au plus longtemps je peux le faire, au mieux c’est.

Quels conseils donnerais-tu à celleux qui veulent réaliser leurs rêves ?

De se dire que s’iels ont envie de faire ça de leur vie, que si c’est vraiment ce qui les anime et les passionne au plus profond d’eux-mêmes, qu’iels le fassent… En fait, c’est simple : on a qu’une vie et il faut dédier chaque journée à quelque chose qui nous fait du bien, vivre en faisant des choses qu’on aime. Donc, il faut suivre son rêve et il faut travailler aussi, énormément.

© Janie

Tes inspirations sont Françoise Hardy, France Gall, Sylvie Vartan, Juliette Armanet... En as-tu d’autres ? Qu’est-ce qui t’inspire quotidiennement ?

C’est toute cette tranche d’artistes des années 70-80 : Léo Ferré, Gainsbourg, Berger, Balavoine, Christophe… Enfin, tous, quoi. Au quotidien, moi je suis vraiment à 100%, je vois un angle très large sur mon projet. Donc, pour ce qui est de la DA, des clips, tout ça, je m’inspire de plein de choses, plein de couleurs, plein de styles… Et ça me nourrit vachement. Tout m’inspire.

Dans Petite Blonde, tu parles des injonctions faites aux femmes, des attentes qu’on avait envers toi. Dans Gremai, tu parles de TCA. Dans Mon Idole, tu parles de ton père. Est-ce que tu écris toujours à partir de tes expériences personnelles ? Quel message veux-tu faire passer ?

Je ne sais faire que ça. Pour écrire, j’ai besoin de ressentir. Et pour l’instant, en tout cas, je n’arrive à écrire que sur ce que je ressens et sur des sujets qui sont bien précis. Je pense que le plus largement possible, j’aimerais inviter celleux qui m’écoutent à vivre leurs émotions. C’est ce que j’essaye de faire à travers mes chansons. C’est ça, la musique. Elle doit permettre aux gens·tes de vivre leurs émotions, que ce soient des émotions positives ou plus tristes, plus introspectives. Et puis, les encourager aussi à transformer ces émotions en créations, que ce soit de l’art, de la chanson, des engagements, des actions qu’on mène… Peu importe.

Extrait du clip "Mon Idole" - © Janie
Extrait du clip "Mon Idole" - © Janie

Extrait du clip « Mon Idole » – © Janie

Que peux-tu nous dévoiler de ton album ?

Olala, j’ai trop hâte ! Ça va être tout ce qui est sorti, mais fois 10. C’est sur la continuité, mais je suis trop trop contente des chansons. Là, je pars en résidence pendant deux semaines pour enregistrer dans un grand studio. Ça va être très organique, très intime, très pur. Il reste beaucoup de travail. Je ne sais pas comment il va s’appeler, par exemple. Mais chaque chanson sera sur un thème précis.

Qu’espères-tu pour la suite de ta carrière ?

J’espère déjà faire une carrière qui dure longtemps, comme tous·tes ces idoles que j’adore. J’espère toujours vivre assez de choses pour pouvoir les raconter, j’espère pouvoir enfin faire des concerts et rencontrer les gens·tes parce que c’est ce que j’aime le plus au monde, je crois. Faire plusieurs albums, être surprise par des collaborations, des duos, des projets… Plein de choses, quoi ! Et puis grandir encore, grandir, grandir, grandir.

Extrait du clip « Mon Idole » – © Janie

Un mot d’espoir pour la fin ?

J’ai noté une phrase, un jour, je ne sais plus d’où elle vient, mais je la trouve très représentative de l’espoir :« Tu ne passeras ici qu’une seule fois, devant tel endroit ou telle personne. Donc, le maximum que tu puisses apporter, il faut que tu le donnes maintenant. » Ça en revient peut-être à être attentif, ouvert et surtout bienveillant. La bienveillance, ça c’est important.

En attendant la sortie de son premier album fin 2021, vous pouvez la découvrir ou la réécouter sur toutes les plateformes de streaming. Elle est également à retrouver sur Instagram.

Article de Clémence Bouquerod

Après la sortie de l’émission grossophobe Opération Renaissance, le hashtag #PasMaRenaissance a vite suivi. @Maya.Curvy, influenceuse self-love, nous explique. Interview. 

Vous avez probablement déjà entendu parler du hashtag #PasMaRenaissance et de l’émission signée M6, Opération Renaissance. Si ce n’est pas le cas, on vous conseille de lire cet article. Grossophobe et très violente, cette émission mériterait d’être annulée. On en a discuté avec @Maya.Curvy, influenceuse self-love et motivation. 

Pour signer la pétition, et arrêter cette indécence, c’est par ici. Pour lire (ou relire) la tribune de @GrasPolitique sur Mediapart, c’est par là.

Envie de soutenir ou d’en savoir plus sur la lutte grossophobe ? On vous recommande de suivre (entre autres) les comptes de @graspolitique@gaelleprudencio@dariamarx et @gabrielle-deydier. On vous conseille également les livres On ne naît pas grosse de Gabrielle Deydier et Fière d’être moi-même de Gaëlle Prudencio, ou encore le podcast Grossophobie, s’excuser d’exister de Miroir Miroir.

Vidéo réalisée par Clémence Bouquerod 

A l’occasion de la sortie de Toujours Plus, Léna Situations nous parle des étapes de création de son livre et de son parcoursInterview. 

Léna Mahfouf, aka Léna Situations, a 22 ans. Influenceuse, elle est sur les réseaux sociaux depuis deux-trois ans seulement. Et pourtant, elle vient de sortir son livre : Toujours Plus -créé entièrement par des « nanas ». « Que ce soit à l’écriture, l’éditrice, les photos, le maquillage, … On est sur une team de nana, et ça, ça me remplit de joie. » Livre de développement personnel, on peut le reconnaitre grâce à son iconique couverture jaune. Et à cette occasion, on en a profité pour lui poser quelques questions. 

https://www.instagram.com/p/CEr3dlGCc6C/

Quand et comment avez-vous eu l’idée d’écrire un livre ? 

Ça date d’il y a un petit bout de temps. Moi, à la base, j’étais arrivée dans les bureaux de Robert Laffont avec l’idée d’un agenda. Je voulais en faire un avec tout plein de conseils. En fait, c’était juste que je ne me sentais pas légitime de sortir un livre de développement personnel – parce que j’ai un très gros syndrome de l’imposteur. Et Robert Laffont en face de moi m’a dit : « mais là tu vas faire un agenda de 500 pages ma grande, on ne peut pas tout mélanger, pourquoi tu ne veux pas juste en faire un livre ? » Et ils ont eu une telle simplicité à me dire que je pouvais le faire que je leur ai dit « ok, je vous fais confiance. On tente le livre, et si ça ne marche pas, ce sera de votre faute (rires). » 

Comment décririez-vous votre livre ? 

C’est un condensé de ce que moi j’ai pu lire en termes de développement personnel – mais avec les conseils d’une personne qui a vraiment essayé de les appliquer. Je ne me voyais pas faire autre chose. Parce que c’est le tournant que j’apprécie le plus sur ma chaîne YouTube. Et des fois je n’ai même pas l’impression que ça va être du développement personnel, c’est plus de l’ordre de l’évidence. C’est de la bienveillance, un peu comme une grande sœur qui te donne des conseils. Au départ, je n’étais pas à l’aise de parler de mes expériences, je ne voulais pas qu’on pense que je sortais une biographie à 22 ans. Le but, c’était d’aller très loin de ça. Mais l’éditrice m’a dit « c’est intéressant quand tu parles de toi ». Je disais « non, je ne peux pas. Je ne suis pas assez crédible, ce n’est pas ma place de faire ça. » Mais quand j’ai commencé à écrire de manière chronologique, ça a fait sens. 

Léna Mahfouf pour le shooting de la couverture de son livre « Toujours Plus » – © DR

Quelle est la cible de votre livre ? 

De 7 à 77 ans (rires) ! Je pense qu’à travers les chapitres on voit que je grandis et que les problématiques ne sont plus les mêmes. On passe du collège au lycée, du lycée à la vie adulte et de la vie adulte à vouloir affirmer ses ambitions. Donc je pense qu’une petite nana ou un petit mec en train de souffrir au collège, qui ne sait pas où aller et n’a pas trouvé sa voie, ça peut vraiment lui plaire. Et même quand t’arrives dans la vie active et que tu te rends compte que personne ne t’attend et au contraire que personne ne vient t’aider. Le but, c’est d’avoir ce livre, qui va être une petite tape sur l’épaule, pour te dire « t’inquiète ça va aller, voici mes conseils ». 

Quel regard aviez-vous sur le graphisme ? Comment cela s’est passé ?

Le graphisme, il fallait absolument que ce soit quelque chose qui me ressemble. Parce que j’adore les images, et que mon métier c’est de mettre en image ma vie, mes leçons et ce que j’ai pu apprendre. Et en termes de couleurs, je voulais un truc hyper – je n’aime pas dire ce mot parce que c’est dingue de genrer des couleurs – « unisexe ». La couverture jaune c’était une évidence, parce que c’est ma couleur préférée et que c’était la couleur que j’utilisais quand je suis arrivée sur YouTube. 

  • Toujours Plus, livre de Léna Situations
  • Léna Situations, Mayadorable, Bilal Hassani et Style Tonic devant des affiches du livre de Léna

Combien de temps pensez-vous que les lecteurs doivent passer dessus ? 

Moi j’adore les livres ou tu gribouilles, tu dessines, tu fais ta tambouille dessus. Et c’est la raison pour laquelle je suis très mal à l’aise à l’idée de prêter mes bouquins à des potes (rires). J’adore gribouiller sur mes bouquins, parce que j’adore y revenir en fait. Je ne suis pas du genre à lire un livre de développement personnel d’une traite. J’aime bien prendre mon temps sur un chapitre, le relire, sauter des pages quand ça ne m’intéresse pas… Et c’est pour ça qu’on a fait en sorte d’avoir un papier où tu peux écrire dessus – peu importe ton stylo. Parce que je veux que le lecteur -enfin libre à lui…, mais j’aime l’idée de me dire que c’est un bouquin que tu peux relire quand t’es sous l’eau, que tu peux retourner sur un chapitre quand t’en as besoin.

Est-ce que vous avez assez pu parler de vos valeurs à votre goût ? Féminisme, tolérance, antiracisme, etc… ? 

Je grandis de plus en plus en me rendant compte que les gens qui me suivent sont des vrais gens et que quand je parle, il y a peut-être une réelle influence. Et c’est difficile d’être responsable à 22 ans d’autant de personnes. Je m’en suis rendue compte quand le livre avait déjà bien avancé, pendant Black Lives Matter – où j’ai pris une grosse claque. Quand j’ai partagé les liens des pétitions, la plupart des messages que je recevais c’était des jeunes qui me demandaient comment ça fonctionnait. Et c’est là où je me suis dit qu’il fallait utiliser cette influence dans la pédagogie. Et peut-être qu’un jour j’en ferai quelque chose de plus gros, mais dans le livre, j’en parle avec une telle évidence ! Le racisme et l’homophobie c’est un peu démodé si je peux me permettre. Ça me parait évident que l’égalité c’est la base de l’humanité. Et c’est la honte de ne pas être féministe. J’ai l’impression qu’on a mis un gros mot autour de ça, genre c’est de l’extrémisme. Mais c’est pas du tout ça ! Et je crois que tout le monde devrait être féministe. Parfois j’en parle avec mon papa, et lui des fois il ne se rend pas compte que c’est féministe ce qu’il est en train de dire. Parce qu’encore une fois, ça sort de l’évidence. Et le but c’est que ça devienne une évidence pour tout le monde. Que le féminisme n’existe même plus. 

Livre à retrouver chez tous les libraires et sur internet. 

Article de Clémence Bouquerod