Depuis plusieurs semaines maintenant, voilà que confinement semble rimer avec productivité. Oui… Mais pour qui ? Vous avez bien assisté à cet effort mondial de créativité, mais suivre le rythme a été compliqué. Vous avez flirté plus d’une fois avec la culpabilité, en ayant ce sentiment de « laisser aller ». Et si, simplement, vous faisiez taire toutes ces voix extérieures, et que vous vous écoutiez, vous, et uniquement vous ?

Aujourd’hui, @loisedewildeman, notre social media manager et directrice artistique digitale, revient sur ces injonctions omniprésentes durant le confinement :

Vous aussi vous les voyez, toutes ces séances de sport en live, ces IGTV de recettes healthy et ces milliers de bons conseils pour garder la ligne pendant le confinement ? Vous aussi, on vous demande ce que vous faites de constructif pendant votre temps libre ? Vous aussi, vous en avez déjà marre ? Vous voulez savoir ce qui a changé pour moi ? J’ai les cheveux plus gras que jamais, ça fait des semaines que je ne me suis pas maquillée ni habillée, je n’ai rien entrepris et personne n’arrivera à me faire culpabiliser.

Le poids de toutes ces injonctions toxiques ne doit pas peser sur nous, ni pendant, ni après le confinement. C’est indécent de s’inquiéter de ses kilos en trop dans ce contexte anxiogène où l’on reste chez soi pour sauver des vies. Et bonjour la grossophobie ! Car oui, cette injonction à perdre du poids coûte que coûte, c’est de la grossophobie.

Faites du sport et faites attention à votre alimentation uniquement si vous en avez envie, si vous en ressentez le besoin. Si quelqu’un vous juge à la fin de ce confinement parce que vous avez pris du poids ou que vous ne vous êtes lancé.e.s dans aucune nouvelle activité, éloignez-vous vite de cette personne, elle ne vous mérite pas ! 

Le soutien-gorge : un véritable carcan pour de nombreuses femmes qui tentent de s’en débarrasser. Pas facile quand on a conscience de toutes les injonctions qui pèsent sur ce bout de tissu. Fort heureusement, les femmes se libèrent peu à peu et se réapproprient leur corps en ces temps de confinement.

De plus en plus de femmes se débarrassent du soutien-gorge et adoptent le "no bra". Crédits : ©La Renarde Bouclée.
De plus en plus de femmes se débarrassent du soutien-gorge et adoptent le « no bra ». Crédits : ©La Renarde Bouclée.

Si ce vêtement apporte maintien et confort pour certaines d’entre nous, il est aussi objet de gêne et de normalisation des poitrines. Eh bien oui, le port du soutien-gorge a fixé dans nos esprits l’idée que les seins doivent être bien ronds, fermes, pas trop gros, ni trop petits. Victimes de cette uniformisation, les femmes s’en débarrassent et s’inscrivent doucement dans le mouvement « no bra ». Acceptation de soi, réappropriation et libéralisation du corps féminin en sont les piliers. Pourtant, ce sous-vêtement a connu son heure de gloire !

https://www.instagram.com/p/B_x0izSFyeG/

Le soutien-gorge, un vêtement qui libère les femmes de l’époque

Symbole d’oppression pour les partisanes du « no bra », le soutien-gorge a cependant été une petite révolution. À la fin des années 1880, Herminie Cadolle, ouvrière corsetière invente « Bien-être ». Ce vêtement est un corselet-gorge qui maintient les seins et libère le corps des femmes de l’époque. Oui, vous avez bien lu. Si aujourd’hui nombreuses sont celles qui lui font la guerre, le soutien-gorge a été le bienvenu au début du XXe siècle.

Engagée et féministe, Herminie Cadolle souhaite libérer les femmes du corset. De nos jours, personne n’a idée de ce qu’elles subissaient à le porter. Malaises, indigestions et douleurs dans le dos, il limitait fortement le mouvement des femmes qui ne pouvaient marcher ou s’asseoir. Alors, après tout, on dit merci à notre révolutionnaire du sous-vêtement ! 

Cachez ces tétons que je ne saurais voir !

Se libérer du soutien-gorge n’est pas chose facile. Pour cause, nous craignons le regard des autres. Si nous sommes autorisées à dévoiler notre poitrine dans un beau décolleté bien plongeant, nos tétons qui pointent semblent encore effrayer quelques un.es.

Néanmoins, le confinement a su se révéler bénéfique. Selon un sondage IFOP sur l’état des lieux de l’hygiène des Français confinés, les adeptes du « no bra » sont passées de 3 % à 8 %. Parmi elles, 20 % sont des jeunes femmes de moins de 25 ans.

Lors du confinement, de nombreuses jeunes femmes ont adopté le "no bra". Crédits : ©La Renarde Bouclée.
Lors du confinement, de nombreuses jeunes femmes ont adopté le « no bra ». Crédits : ©La Renarde Bouclée.

Si l’on devait aujourd’hui se prononcer sur le sujet, la Team Paulette dirait que tout est OK. Porter un soutien-gorge parce qu’on se sent sexy, que le maintien est indispensable, que ça donne plus d’assurance : on dit oui sans hésiter. Décider de s’en débarrasser parce qu’il n’est jamais bien adapté à notre morphologie, parce qu’on n’a aucun problème avec les tétons qui pointent et qu’on se sent plus confort les seins libres : on vous soutient à 100 %.

Se débarrasser du soutien-gorge n'est pas si facile que ça compte tenu de toutes les injonctions. Crédits : ©Le Renarde Bouclée.
Se débarrasser du soutien-gorge n’est pas si facile que ça compte tenu de toutes les injonctions. Crédits : ©Le Renarde Bouclée.

Pour celles qui en douteraient encore, il est important de garder à l’esprit ce que le confinement nous apporte de bon. Un temps pour se (re) découvrir, un temps pour écouter son corps et lui faire du bien. Le tout c’est de choisir le meilleur pour soi en restant fidèle à ses convictions ! 

Article de Nina Hossein