Alors que la grossophobie n’a jamais été aussi présente qu’en cette période d’après-confinement, Marina Rollman dénonce ce problème de société avec humour sur France Inter. Et elle n’est pas la seule à dire stop.

Problème de société, la grossophobie bat son plein en cette période d'après confinement et coups de gueule se multiplient.  
Crédit : Photo by Houcine Ncib on Unsplash
Problème de société, la grossophobie bat son plein en cette période d’après confinement et les coups de gueule se multiplient.
Crédit : Photo by Houcine Ncib on Unsplash

« Que nous ont fait les gros pour que rejoindre leur communauté soit la plus angoissante perspective possible dans un monde où le réchauffement climatique et un deuxième mandat de Trump sont des réalités qu’on touche du doigt ? » Oui, c’est drôle, mais c’est surtout vrai. Lors de sa chronique hebdomadaire sur France Inter, Marina Rollman s’attaque à la grossophobie. Dans un style qui lui est propre, l’humoriste jongle entre sarcasme, ironie et néfastes réalités.

Marina Rollman s’applique à démonter un à un, les arguments des grossophobes. En tête de liste la santé. « Ils ne connaissent pas les personnes qu’ils jugent trop grosses, ne savent pas comment elles s’alimentent, quel exercice elles font mais d’un coup d’oeil ils te posent un diagnostic. » S’en suit les arguments de la santé publique, de l’économie, mais aussi de l’esthétique.

Elle nous fait, comme à son habitude, tordre de rire, mais cette fois elle nous laisse un goût amer. Chacune des phrases de ce beau plaidoyer exposent une triste réalité alors que les commentaires grossophobes n’ont fait qu’augmenter en cette période de confinement.

Société de bourreaux où le confinement devient échafaud

Blagues, publicités, coachs de sport improvisés et même régimes à gogo dans les magazines féminins. La plus terrifiante issue de cette pandémie semblait bien être la prise de poids. Et il n’était pas question de nous le faire oublier. Sur-médiatisation, réseaux sociaux, documentaires télévisés ou encore intervention d’experts médecins, rien n’y a échappé. Pointons aussi la sur-représentation des personnes en surpoids parmi les victimes du Covid-19. Une somme à l’origine d’une pression considérable pour les personnes dites obèse – et pas seulement.

Olga Volfson, journaliste et militante féministe anti-grossophobie a dit stop. Dans un billet d’humeur intitulé « Je suis grosse et je refuse d’être votre enfer de confinement », publié par Terrafemina, elle fatigue. « Votre scénario catastrophe, vous le vivez déjà durant cette pandémie. Les gros·ses refusent d’être votre enfer ! Parce que l’enfer, c’est ce que votre indécence et vos persécutions nous font vivre chaque jour, et ce, encore plus cruellement depuis l’annonce du confinement. »

Le mot de la fin revient à Marina Rollman : « La conclusion, c’est que chacun devrait pouvoir faire ce qu’il veut, et ce qu’il peut de son corps. Idéalement, on s’aimerait tous, mais ça c’est pas aisé pour tout le monde. En revanche, un truc qu’on peut contrôler c’est arrêter de donner notre avis à des gens qui nous ont rien demandé.« 

A voir -absolument- sur le même sujet :

On achève bien les gros, de Gabrielle Deydier, disponible sur le site d’Arte. « Obèse depuis l’adolescence, l’auteure Gabrielle Deydier revient sur son histoire et s’élève contre la grossophobie à l’oeuvre dans notre société. Une ode à l’acceptation de soi, contre la tyrannie des normes.« 

Article de Aurélie Rodrigo