Ugg a lancé il y a quelques jours sa plateforme Feel Good, sur laquelle la marque recense et centralise tous ses différents engagements. 

Cette nouvelle plateforme Feel Good s’inscrit dans la volonté de la marque Ugg de devenir plus engagée. L’objectif de créer un site comme celui-ci ? Rester le plus transparent possible – à l’inverse de beaucoup de grands noms de l’industrie fashion.

Mais, quels engagements ? 

Ils sont divers, mais tous primordiaux. Du développement durable au mouvement Black Lives Matter, jusqu’à la lutte pour les droits de la communauté LGBTQ+. Et évidemment : le féminisme. Sur ce site, vous pourrez retrouver trois catégories d’engagements : ceux en faveur de l’environnement, de la communauté (féminisme, LGBTQ+, antiracisme…) et de l’innovation – très souvent en rapport avec l’écologie. Vous pourrez par exemple y apprendre que Ugg a contribué à l’autonomisation de 33 000 femmes avec l’association Her, donné 125 000 dollars à l’association Glaad… Ou encore que son siège est équipé de 1 170 panneaux solaires. Et plein d’autres choses ! 

La suite

Capture d'écran du site "Feel Good"
Capture d’écran du site « Feel Good » – © Site « Feel Good » de Ugg

C’est décrit sur le site Feel Good, mais il est toujours bon de le rappeler. Parce qu’encourager une marque avec des belles valeurs, c’est important. Ugg prévoit plus. Niveau réduction des émissions de carbone, déjà, la marque suit les objectifs fixés par l’accord de Paris. Ensuite, ils ont prévu davantage de « dons à des associations locales » et une « augmentation d’ici 2027 de 35 % de l’utilisation de fibres recyclées, réutilisées, régénérées, renouvelables et certifiées », assure le label. « Depuis 2016, le groupe Deckers, maison-mère de UGG, fait partie du Pacte mondial des Nations unies (UNGC), la plus grande initiative de développement durable des entreprises au monde avec plus de 9 500 entreprises participantes.« 

Mais pourquoi tous ces efforts ? Plus qu’un pink washing ou qu’une volonté de se faire bien voir – ce qui peut parfois être le cas, Ugg veut vraiment impacter positivement la société. Quick reminder : toute initiative de ce genre est bonne à prendre. Et merci Ugg pour Feel Good. Si ça, ce n’est pas un bel exemple à suivre ! 

Article de Clémence Bouquerod 

La situation en Biélorussie commence à être inquiétante. Depuis le 9 août, les citoyens sortent dans les rues pour protester. Parmi les manifestations, des marches pacifistes, exclusivement composées de femmes. 

Re-contextualisons : depuis un mois, les Biélorusses manifestent tous les dimanches dans Minsk pour contester la réélection du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans. Ce président avait déjà été réélu quatre fois, et aurait cette fois-ci fraudé pour rester au pouvoir. Ce qu’on lui reproche ? Un manque total de liberté politique. Sans compter son manque d’empathie pendant la situation inédite du coronavirus. 

Ce dimanche, les Biélorusses étaient plus de 100 000 à manifester dans les rues de Minsk. Et parmi eux, 630 ont été arrêtés par la police.

Les « femmes en blanc »

Ces manifestations étant sous forte répression des forces de l’ordre locales, beaucoup de femmes ont décidé, depuis le 12 août, de manifester pacifiquement, vêtues de blanc et avec un bouquet de fleurs à la main. Ces manifestations des « femmes en blanc » ont lieu pour dénoncer, non seulement la réélection du président, mais surtout les violences. Les violences policières, domestiques, envers les femmes… Elles dénoncent les forces de l’ordre, trop présentes depuis le 9 août, trop violentes. Des forces de l’ordre qui agressent et arrêtent des citoyens. 

Plus que des manifestations, ce sont des chaines humaines de femmes, d’abord présentes par centaines, maintenant par milliers. On pourrait presque parler de révolution féministe. Mais ça, seul le temps nous le dira. 

La disparition de Maria Kolesnikova

Lundi matin, l’une des seules opposantes au pouvoir encore présente en Biélorussie, Maria Kolesnikova, aurait été enlevée. En plein Minsk, par des individus masqués et en civil. Interpellation, exil ou kidnapping ? Impossible encore de le déterminer. Deux autres membres de l’opposition auraient eux aussi disparu. 

Après des informations contradictoires relayées par les médias mardi matin, Maria Kolesnikova aurait en fait été arrêtée à la frontière ukrainienne, n’ayant pas voulu être exfiltrée de force. Affaire à suivre…

Article de Clémence Bouquerod 

Comme seulement 6,1 % des rues bruxelloises portent des noms de femmes, la secrétaire d’État à l‘Égalité des chances et la ministre de la Mobilité belges ont décidé de renommer le pont Léopold II. 

Belle initiative ! Et en plus, ce seront les Bruxellois.e.s qui choisiront le nom. Durant tout le mois de septembre, ils.elles pourront faire des propositions sur le site internet de Bruxelles Mobilité. C’est un comité d’expert.e.s qui sera chargé d’établir une liste à partir des propositions, et les citoyens pourront à nouveau interagir et voter pour le nom définitif en novembre. 

La décision a été prise par Nawal Ben Hamou, secrétaire d’État à l’Égalité des chances, et Elke Van den Brandt, ministre de la Mobilité, alors que les travaux de rénovation du pont touchent à leur fin. Selon Nawal Ben Hamou pour le média Le Soir, « nous sommes convaincus qu’une Région plus égalitaire passe aussi par une féminisation de l’espace public ». Et en effet, cette féminisation est belle et bien nécessaire, puisque seulement 6,1 % des rues de Bruxelles portent des noms de femmes. 

Quelle situation en France ?

En France, moins de 5 % des rues portent des noms de femmes. C’est encore beaucoup trop peu, même si déjà mieux qu’en 2015 où le chiffre s’abaissait à 2 %. Et ce n’est pas mieux dans les grandes villes. 0,6 % à Marseille, 1,1 % à Lyon et 1,2 % à Clermont-Ferrand… 

Certaines villes ont toutefois déjà imaginé des projets de féminisation des noms de rues, notamment Paris, dont le chiffre s’élève à un peu plus de 5 %, Nantes, et Strasbourg. Nantes est celle qui a le projet le plus ancien, datant déjà de 2018. Paris a suivi de près, en s’y attelant en 2019, et Strasbourg le plus récemment, en mai 2020. En espérant que la tendance ne s’arrête pas en si bon chemin…

Article de Clémence Bouquerod

Pour que la honte change de camp, et que nos comportements ne minimisent plus les violences sexuelles.

En France, chaque année, ce sont 93 000 femmes qui subissent viol ou tentative de viol, selon une lettre de l’Observatoire nationale des violences faites aux femmes. Parmi ces victimes, seulement un cinquième porte plainte. 60 % d’entre elles sont découragées ou rejetées par la police. Et 1 % de ces affaires uniquement donne lieu à une condamnation du violeur. Un pour cent. C’est tout. Le chiffre file la nausée. 

Et puis, il y a la nomination de Gérald Darmanin. Accusé de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance en 2017 par Sophie Patterson-Spatz, il vient d’accéder au poste de ministre de l’Intérieur. Trois semaines après la réouverture de l’enquête le concernant. Premier policier de France au sein d’un gouvernement qui était censé faire de l’égalité femmes-hommes la « grande cause du quinquennat » : ça aussi, ça file la nausée.

Aux militantes qui s’insurgent, l’Etat brandit la présomption d’innocence comme un bouclier infaillible. Seulement la journaliste et féministe Fiona Schmidt l’énonce très justement dans un post Instagram : « Ce n’est pas la présomption d’innocence d’un ministre de l’Intérieur accusé de viol que l’on met en cause, mais l’éthique de ceux qui l’ont nommé et confirmé à ce poste. Ce ne sont pas les faits qui sont reprochés à Gérald Darmanin que nous jugeons, c’est votre absence totale de considération pour les victimes de violences sexuelles et sexistes. Est-ce que Gérald Darmanin doit cesser de travailler parce qu’il a été accusé de viol ? Non. Mais n’y avait-il pas d’autres candidatures au poste de chef.fe des flics qu’un homme accusé de viol, dont l’enquête a été rouverte il y a 3 semaines et se trouve être toujours en cours ? En cherchant bien ? »

https://www.instagram.com/p/CCqozD9CoAJ/

En guise de comparaison, elle cite le cas de deux anciens ministres. « François Bayrou et François de Rugy ont démissionné du gouvernement précédent pour des accusations d’emplois fictifs et de mangeage de homard, des faits manifestement considérés comme beaucoup plus graves que le viol. »

Et c’est là tout le problème : la façon, en France, dont est « considérée » le viol. La gravité qu’on manque parfois de lui associer et qu’on remplace par une certaine fatalité. On parle de culture du viol. Un concept sociologique utilisé pour qualifier un ensemble de comportements et d’attitudes partagés au sein d’une société donnée qui minimiseraient, normaliseraient voire encourageraient le viol.

Il ne s’agit pas de dire que l’on pousse au crime sexuel en tant que société, mais plutôt que l’on ne condamne pas assez fermement l’acte. Par les blagues, la banalisation ou encore la culpabilisation des victimes. 

Pour lutter contre ces comportements, et donc contre le viol, on peut agir à notre niveau. Voici comment, en cinq points d’une liste non-exhaustive.

1- La nommer

L’expression ne fait pas l’unanimité. « On pense à un encouragement, à une célébration du viol, alors qu’il s’agit surtout d’inertie et de vieux réflexes », écrit la journaliste Maïa Mazaurette dans une chronique pour Le Monde, qui puise son inspiration dans le livre En finir avec la culture du viol (éd. Les Petits Matins), de Noémie Renard. Raison de plus pour ne pas avoir peur de la prononcer. De donner sa définition, de dénoncer sa présence insidieuse dans toutes les strates de la société. D’expliquer en quoi son existence contribue à passer ces crimes sous silence, et à rendre quasi impossible la condamnation de leurs auteurs. Et pourquoi il faut qu’elle cesse.

2- Intervenir lors de conversations avec ses proches

N’importe qui peut en être coupable. Notamment dans notre entourage. Alors, on confronte chacun.e de nos proches lorsqu’il ou elle excuse un viol, plaisante autour du viol, culpabilise la victime de viol. En ne prenant pas ces paroles à la légère et en les condamnant, aussi inconfortables soient les discussions qui en découlent. « La culture du viol n’est pas seulement le fait de prédateurs », poursuit Maïa Mazaurette. « Elle existe dans nos mots, dans nos lâchetés, chez vous, chez moi : un constat à la fois accablant et enthousiasmant, qui nous pose toutes et tous en position de responsabilité. Et, de fait, une culture se modifie, se contourne, se conteste. » Alors modifions-la.

https://www.instagram.com/p/CBpupcAnzxi/

3- Traquer les éléments de langage qui blâment les victimes et adopter une tolérance zéro 

Les mots, justement. Ils ont un sens et ici, ils jouent un rôle déterminant. Ce sont ces mots, ces « elle l’a cherché », « elle était saoule », « t’as vu comment elle était habillée ? », « en même temps, de quoi elle se plaint ? Elle l’a dragué toute la soirée ! », qui viennent cautionner le viol. Et qu’il faut bannir sévèrement, dans notre propre bouche ou celle de ceux et celles qui nous entourent.  « Lorsque l’on discute de cas de violence sexuelle, la sobriété, les vêtements et la sexualité d’une victime n’ont pas à entrer en ligne de compte », martèle l’ONU Femmes. « Vous pouvez choisir d’abandonner les expressions et les paroles qui poussent à blâmer les victimes, à objectiver les femmes et à excuser le harcèlement sexuel. Les vêtements qu’une femme porte, ses consommations ou la quantité d’alcool qu’elle a pu boire, l’endroit où elle se trouvait, ne sont pas des invitations à la violer. »

4- S’éduquer et éduquer

Tout commence avec l’éducation. Et dans ce cas précis, ceux qu’il est impératif d’éduquer, ce sont les garçons. Dès le plus jeune âge. Loin des « boys will be boys » destructeurs. Dans un article publié sur The Conversation, la doctorante en études Culturelles Camille Zimmermann écrit : « La culture du viol commence dès que l’on estime que les petits garçons qui soulèvent les jupes des filles c’est normal, de leur âge, un simple jeu, et que les petites filles n’ont qu’à mettre un pantalon ou porter un short sous leur robe. C’est apprendre dès le plus jeune âge aux fillettes qu’elles doivent se faire à l’idée qu’on les touchera toujours, même et surtout sans leur consentement. »

Il faut parler à ses neveux, à ses frères, à ses enfants. Et ne pas hésiter à se lancer dans de périlleuses leçons de rattrapage auprès des adultes. Même si l’énergie dépensée épuise, et que le boulot devrait être fait de leur côté. La lutte, c’est – malheureusement – aussi ça.

« C’est à nous qu’il revient d’inspirer les futures féministes du monde », affirme l’ONU Femmes. « Remettez en question les stéréotypes sexistes et les idéaux violents auxquels sont si fréquemment exposés les enfants dans les médias, dans la rue et à l’école. Faites savoir à vos enfants (et ceux qui vous entourent, ndlr) que votre famille est un lieu sûr où ils peuvent s’exprimer tels qu’ils sont. Confirmez leurs choix et enseignez-leur l’importance du consentement même à un jeune âge ».

https://www.instagram.com/p/CCs4tt5nn8F/

5- Écouter et soutenir les victimes

« Je te crois ». Trois mots qui changent tout. Plutôt que de questionner le contexte, apportons une oreille bienveillante, une épaule sororale aux victimes de violences sexuelles. En leur laissant la place d’exprimer ce qu’elles souhaitent, quand elles le souhaitent. En lisant, aussi, les récits de celles qu’on ne connaît pas. Pour mieux comprendre le traumatisme avec lequel elles vivent, et par conséquent savoir davantage comme recevoir leur témoignage pour qu’elles se sentent en sécurité. Pour que la honte, enfin, change de camp.

Article de Pauline Machado

On parle globalement du féminisme, mais ce mouvement international est mutli-forme. Féminismes dans le monde – 23 récits d’une révolution planétaire dresse les portraits de ces féminismes autour d’entretiens passionnants. 

Féminismes dans le monde - 23 récits d’une révolution planétaire dressent les portraits de ces féminismes autour d’entretiens.   Crédits : ©Lindsay Lamont
L’ouvrage Féminismes dans le monde dresse les portraits d’un mouvement hétérogène. Crédits : ©Lindsay Lamont

Cet ouvrage met en lumière le concept pluriel de la révolution féministe à travers le monde. Un mouvement qui gronde de part et d’autre du globe sous diverses formes et sur divers combats. Pauline Delage, sociologue et Fanny Gallot, historienne ont œuvré ensemble pour nous livrer cette petite pépite qu’est Féminismes dans le monde. Respectivement spécialisées dans le domaine des violences faites aux femmes et des inégalités de genre dans les conditions de travail – et de fait la participation des femmes dans les conflits ouvriers, elles nous offrent un tour d’horizon très complet de ces différentes facettes du féminisme. 

Faire entendre les voix de ces femmes en mouvement 

Féminismes dans le monde, c’est un recueil de témoignages pour rendre compte d’un mouvement hétérogène dans ses formes et ses revendications. Chercheuses, journalistes, sociologues ou encore militantes, toutes racontent leur engagement dans cette cause internationale. Une lutte qui puise sa source de manière générale dans un événement commun : un acte de violence sexuelle. Poignant quand on prend également conscience des raisons de l’ampleur de #MeToo.

Les mobilisations féministes sont aussi la conséquence d’un contexte politico-juridique local. Cet ouvrage donne donc la parole à ces femmes engagées dans une lutte parfois compliquée. Parce que oui, cette mobilisation s’avère plus difficile selon le pays dans lequel elles vivent. Pour s’en rendre compte, les récits ont été récoltés en Chine, en Argentine, en Équateur, en Russie ou encore en Thaïlande. 

https://www.instagram.com/p/CAatI0ZAC7f/

Comment ce mouvement prend-il de l’ampleur ?

Les manifestations se multiplient et se connectent également à d’autres mouvements sociaux, à l’exemple du féminisme écologique ou de féminisme décolonial pour ne citer qu’eux. Et s’il y a bien un moyen de faire raisonner encore plus fort les prises de position et les mobilisations, c’est en utilisant les réseaux sociaux. Oui, Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat sont des outils dont profitent ces causes. Un moyen pour chacune d’entre nous de relayer les combats, de mieux se solidariser et de ne plus jamais rester effacées dans ce système patriarcal. Tous ces mécanismes, Pauline Delage et Fanny Gallot les mettent en lumière dans cet ouvrage qui décortique habilement les panoramas du féminisme.

Article de Nina Hossein

Un abécédaire du féminisme sur Youtube? C’est ce que propose She! De courtes vidéos pédagogiques pour décrypter tous les termes de ce mouvement, et ça vaut le détour!

Elle apparaît sur un fond coloré, face caméra, pleine de bonne humeur. Son exercice? Définir et décrypter tout en simplicité, des termes féministes -et pas seulement-. She Tout Court envahi le Youtube Game grâce à sa série de vidéos « Qu’est-ce que quoi ?! » qui marie pédagogie et bienveillance. Body positive, charge mentale, féminité et même grossophobie, tout y passe.

Avec son style bien à elle, impossible de la louper. Sa première phrase de présentation sur son blog? « Bienvenue ici, moi c’est She. Je suis étudiante, en Droit mais avant tout passionnée de tout plein de choses […] ». La suite vaut également le détour. « Ce que je peux vous dire sur moi: je suis souvent en retard, malgré toute la bonne volonté du monde. Je nourris une passion dévorante pour les Gifs, je peux même tenir toute une conversation rien qu’avec ça. J’ai été emo, puis goth girl […] ». Pour le reste, on vous laisse la surprise…

« L’idée, c’est de vulgariser »

La première vidéo de She est sortie le 8 mars, date symbolique puisqu’il s’agit de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Depuis, chaque dimanche à midi, elle s’applique à décortiquer un nouveau mot issu du mouvement féministe, en suivant l’ordre alphabétique. En moins de trois minutes la photographe et vidéaste aux influences pop passe en revue une courte définition du terme choisi. Sans oublier un petit point d’histoire pour une culture g implacable.

Quand ChEEk Magazine a demandé à She l’objectif de ses vidéos, la réponse était claire. « L’idée, c’est de vulgariser le vocabulaire féministe pour les gens, jeunes ou moins jeunes, qui s’y intéressent vaguement et qui ont envie d’en apprendre davantage. C’est aussi un outil pour les féministes et allié·e·s qui voudraient sensibiliser leur entourage sur une ou plusieurs notions précises. Je suis passionnée par la culture web et tout le positif qu’on peut tirer des réseaux sociaux. » Un positif auquel contribue la jeune femme dans une démarche éducative que l’on ne refuse pas! Que l’on soit militante convaincue, que l’on mette un premier pied dedans, que l’on en est assez d’expliquer à notre entourage ou tout simplement que l’on soit curieux, cette interface répond à toutes nos questions. Enfin, pour l’instant seulement jusqu’à la lettre L, mais le reste arrive très vite…

Il est également possible de retrouver She sur son blog She Tout Court, « le blog qu’on sait pas trop de quoi il parle mais il en parle ». Cette fois le rendez-vous est donné chaque mardi, mais pas de dépaysement quant à l’univers artistique de la jeune femme, toujours fidèle aux influences pop et colorées, pour une énorme dose de bonne humeur. Et s’il y a un post qu’on devrait vous conseiller, ce serait celui-ci : « Mieux se connaître – Ce que le confinement m’a appris de moi ».

Article de Aurélie Rodrigo.

Ce qui est bien avec ce confinement, c’est qu’on a le temps. Le temps de lire, de cuisiner, de se chouchouter et – on ne va pas se mentir – d’éplucher les catalogues des plateformes de streaming auxquelles on est abonné.e.s. À court d’idées sur la prochaine série que tu devrais regarder ? Je te donne ici 5 bonnes raisons de commencer Mrs. America, la nouvelle série évènement diffusée sur Canal+ depuis le 16 avril ! Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux États-Unis.

Crédit : Allociné

1.Mrs. America raconte de façon originale un moment historique clé du combat féministe aux Etats-Unis
Mrs. America dépeint une Amérique des années 70 tiraillée entre deux camps de femmes politisées aux revendications contraires. L’intrigue se concentre sur le personnage historique de Phyllis Schlafly, une mère au foyer conservatrice à la formation de juriste. Alors qu’elle aurait voulu participer davantage aux débats sur la lutte contre la menace nucléaire, Phyllis se retrouve finalement à batailler contre le mouvement féministe en créant la campagne ‘Stop ERA’. L’ERA, ou l’Equal Right Amendment, est un amendant constitutionnel pour l’égalité des sexes. Après une première version proposée au Congrès en 1923, le texte est finalement réintroduit au coeur des débats politiques par des féministes issues de la seconde vague. Parmi elles, Gloria Steinem, Shirley Chisholm et Betty Friedan, trois figures de proue de la lutte féministe américaine que l’on retrouve à l’écran.

Crédit : Allociné

2.On y découvre un casting cinq étoiles
Mrs. America est l’occasion pour Cate Blanchett de tenir pour la première fois un rôle central dans une série. Coiffée d’un chignon tiré à quatre épingles et présentant sans cesse un sourire figé, l’actrice australienne déjà couronnée de multiples prix incarne remarquablement le rôle de Phyllis Schlafly, une anti-héroïne dont la personnalité est complexe.
Se joignent à elle des acteurs et actrices de qualité dont Rose Byrne dans le rôle de Gloria Steinem, Uzo Abuda dans celui de Shirley Chisholm, Tracey Ullman interprétant Betty Friedan, ainsi que Sarah Paulson et Margo Martingale.

Crédit : Allociné
Crédit : Allociné

3.Dahvi Waller est la créatrice de la série
Si vous ne savez pas qui est Dahvi Waller, vous connaissez pourtant certainement quelques unes des séries qu’elle a créées (et on parie que vous les avez adorées !). En effet, Dahvi Waller n’est autre que celle qui est à l’origine de Desperate Housewives et de Mad Men !

4.On adore la BO de la série
Les années 70 sont aux États-Unis le temps de la guerre du Vietnam, des revendications féministes, et l’apogée du mouvement hippie. Mais les seventies, c’est aussi une époque où la musique tient une place mémorable. Mrs. America est donc l’occasion de découvrir – ou de re-découvrir – certains des titres et des artistes phares de la décennie: les Rolling Stones, Elton John, Eagles, The Kinks, … On vous voit déjà shazamer chacune des musiques devant votre télé !

5.La série résonne avec l’actualité
Regarder Mrs. America, c’est faire un bond en arrière vers une époque où Shirley Chisholm devient la première femme noire élue au Congrès, dans une Amérique venant à peine d’abolir la ségrégation raciale. C’est également suivre de près certains des débats majeurs de la seconde vague féministe, comme l’égalité des salaires ou la légalisation de l’avortement. S’il s’agit d’une série historique, Mrs. America résonne cependant fortement avec l’actualité américaine qui connait depuis l’élection du Président Donald Trump de nombreux backlash contre le mouvement féministe. Aujourd’hui, les inégalités de salaire perdurent et le droit à l’avortement reste menacé aux États-Unis. Quand à l’ERA, il aura fallu attendre le début de l’année 2020 pour que la Virginie ne le ratifie, devenant alors le dernier État à approuver cet amendement : mieux vaut tard que jamais !

Article de Léah Boukobza

On était habitué à découvrir des films et séries relatant le parcours extraordinaire de militantes féministes et progressistes. Un moyen de mieux connaître toutes ces femmes ayant œuvré pour nos droits et pour l’égalité des sexes. Mais la série Mrs America nous offre une nouvelle perspective : celle d’activistes antiféministes qui se sont mobilisées contre l’émancipation des femmes.

Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.
Mrs America dresse le portrait de militantes comme Phyllis Schlafly, conservatrice et anti-féministe. Crédits : ©FX Production.

La mini-série a été imaginée par Dahvi Waller, scénariste pour quelques séries comme Mad Men et Desperate Housewives. Plongée dans les années 70 alors qu’émerge le mouvement de la seconde vague, Mrs America retrace l’histoire de Phyllis Schlafly, avocate, mère au foyer et activiste conservatrice. 

Phyllis Schlafly, une militante pour que rien ne change

Profondément patriotique et conservatrice, Phyllis Schlafly, incarnée par Cate Blanchett, ne veut pas voir les femmes s’émanciper. Elle s’oppose fermement aux féministes de la deuxième vague et principalement à une de leur idée phare : l’Equal Rights Amendment (ERA). Il avait pour objectif de rétablir l’égalité des droits juridiques de tous les citoyens américains, quel que soit leur sexe. Alors Phyllis Schlafly a lancé sa campagne « STOP ERA ». Selon elle, cet amendement allait supprimer les privilèges sexospécifiques qui profitent aux femmes telles que certaines prestations sociales.

https://www.instagram.com/p/B-9zu9_l55s/

Implanter le décor dans les années 1970 

Mrs America met en lumière deux camps diamétralement opposés sans jamais en faire valoir un plus que l’autre. La série rend compte des tensions qui se sont immiscées entre les féministes et les anti-féministes. Les années 1970 sont une période charnière pour les féministes qui ont tenté de faire évoluer les droits et rôles des femmes, ainsi que les moeurs. On y retrouve notamment des figures emblématiques de la seconde vague : Gloria Steinem et Betty Friedan.

https://www.instagram.com/p/B-wxesLAyoT/

Mrs America nous permet d’avoir un autre regard sur le mouvement de libération des femmes. D’observer cette lutte entre femmes progressistes et conservatrices.

Vous pouvez dès à présent retrouver cette série sur Canal+ et Hulu.

Article de Nina Hossein.

En cette période délicate, nous tenions à partager avec vous ce petit guide féministe spécial confinement. Le programme ? S’éduquer, se divertir, en apprendre plus sur son corps, mais aussi aider les personnes en situation de précarité ou victimes de violences. Pour un confinement pendant lequel nous continuons de nous soutenir et de tenir le coup, ensemble !

Entre recommandations Instagram, propositions d’activités et possibilités d’entraide, voici notre petite contribution pour vous aider à traverser au mieux ce confinement (comme le disait si bien Amel Bent) « toujours le poing levé ! »

@memespourcoolkidsfeministes

Les incontournables d’Instagram

Lieux virtuels d’entraide, de réflexions, de rires et de lâcher prise, voici pour commencer quelques comptes féministes à suivre illico :

  • @feministangst : Pourquoi ? Un cocktail tonique et parfait entre textes fouillés et engagés, mèmes géniaux, posts artistiques et questionnements sur la reproduction des schémas patriarcaux dans la pop culture de notre adolescence. Rien que ça.
  • @barbarabutch : Pourquoi ? Tous les jours, l’iconique Barbara nous propose musique et discussions live et ce, jusqu’à la fin du confinement. Et le week-end ? Elle nous fait tous danser depuis chez nous, avec ses DJ sets enflammés transmis en direct sur le facebook live de @lappartchezmoi ! Des moments qui font du bien.
  • @lesfoliespassageres : Pourquoi ? Un compte profondément bienveillant qui brise les tabous avec beaucoup d’humour, via des œuvres d’art jouissives. Bonus ? Son génial « répertoire féministe queer » très complet spécial confinement à retrouver ici.
  • @aggressively_trans : Pourquoi ? Parce que la convergence des luttes est primordiale et que le féminisme est inclusif, ou bien n’est pas. Le compte de Lexie, qui milite pour les droits et la visibilité des personnes trans et/ou non binaires est un condensé d’informations, de déconstructions, d’apprentissages et d’humanité. Cette période de confinement peut être particulièrement précaire voire dangereuse pour les personnes trans, un sujet que Lexie aborde dans un récent post. Un compte puissant et nécessaire.
  • @memespourcoolkidsfeministes : Pourquoi ? Beaucoup de fun et d’engagement, sur la page créée par @AnnaToumazoff (à l’origine du hastag #UberCEstOver). On rit tout en s’éduquant, que du bonheur, en soit.
  • @astrologouine : Pourquoi ? Soyons honnêtes, peut-on vraiment (sur)vivre sans un compte astro ? Et dans celui-ci, on a droit à un mélange savoureux d’analyses version pop culture de nos différents signes, de mèmes hilarants et de références féministes géniales. Foncez !

Activités ludiques

  • Jeu de société féministe : le jeu de cartes « Bad Bitches Only » remixe à sa sauce la recette du Time’s Up pour célébrer les femmes et minorités de genre qui ont marqué l’histoire. Dans un temps limité, il faut faire deviner leurs noms aux autres participants. Rires (et apprentissage) ga-ran-tis ! Si vous ne l’avez pas en votre possession, il est disponible ici.
  • Sexo : l’activiste féministe et sex-positive @métauxlourds vient tout juste de lancer sa chaîne youtube « Diplodocul » pour parler de sexualité de manière décomplexée. Sa première vidéo explique ainsi pourquoi il est si important de se muscler le périnée (pour sa santé globale, oui, mais aussi pour plus de plaisir sexuel !). Elle tient depuis quelques temps un blog du même nom, dans lequel vous pourrez retrouver de nombreux conseils sexo ultra-pertinents et dévorer ses reviews de sextoys. On adore.

Point Culture

  • Magazines accessibles en ligne :

« Polysème » : la version numérique de la quatrième édition nommée « Sexualités » de ce très beau magazine artistique, féministe et indépendant est exceptionnellement disponible en PDF pour 4 euros juste là.

« Gang de biches » : ce magazine féministe nantais qui avait du arrêter sa production l’an dernier, met à votre disposition ses six numéros inédits en ligne, gratuitement. Consultables en ligne ou téléchargeables au format PDF, ici.

  • Livres accessibles en ligne :  

-Nous avons déniché pour vous deux livres féministes cultes, à consulter dès maintenant en ligne ! Le e-book du célèbre manifeste King Kong Théorie, de Virginie Despentes, est ainsi disponible au téléchargement (pour la modique somme de 6 euros) juste .

-Les éditions Zones proposent l’incontournable Sorcières, de Mona Chollet, en version numérique, accessible directement et gratuitement ici, dans son intégralité.

  • Séries/films féministes :

-Séries : Si on devait vous citer quelques-uns de nos coups de coeur, il y aurait, du coté des séries « feel-good et empowerement » : Fleabag, The Bold Type, Good Girls, Sex Education, The Marvelous Mrs. Maisel ou encore Sense8.
Tandis que du côté « dystopie, drame et thriller », on pourrait retrouver les incroyables The Handmaid’s Tale et Big Little Lies, ainsi que la moins connue mais non moins brillante Killing Eve.

-Films : Tous les jours durant le confinement, @feministangst propose un post et une analyse sur un film féministe à découvrir. Ceux dont elle a parlé pour l’instant ? Foxes, Bandes de Filles, le documentaire Too Much Pussy, Les Ogres, The Punk Singer et La Naissance des Pieuvres. Ça ne vous dit rien ? Filez sur son compte ! À cette liste, on est tentés de rajouter quelques idées comme l’incontournable Mustang (2015), Moonlight (2016), (disponibles sur Netflix) ou encore le Portrait de la jeune fille en feu (2019), (disponible à l’achat/location sur Youtube Movies à tout petit prix ici).

  • Exposition : visite virtuelle du musée Frida Kahlo

Baptisée Faces of Frida, cette rétrospective présente via la plateforme Google Arts & Culture
plus de 800 œuvres picturales de cette icone de l’art post-révolutionnaire mexicain, ainsi que des éléments biographiques, extraits de journaux et de nombreuses photos. Pour y déambuler c’est par ici !

Possibilités d’entraide via les cagnottes solidaires

Nous vous parlions récemment ici de la mise en place d’une collecte par la Fondation des Femmes pour aider les femmes victimes de violences dans ce contexte particulier (et potentiellement dangereux) de confinement. D’autres cagnottes existent pour venir en aide aux personnes en situation de vulnérabilité.

  • Cagnotte « Pot Solidaire » mise en place par Tan, anthroposexologue et dominatrice, très active sur les réseaux via son projet solidaire Par et Pour. Cette cagnotte s’adresse à toutes les personnes en situation précaire, personnes sans domicile fixe, travailleur.se.s du sexe, personnes exilées, au chômage… Plus de 8000 € ont déja été collectés.
  • Cagnotte de Soutien d’urgence aux TDS (Travailleur.se.s Du Sexe).
  • Cagnotte FAST (Fond d’Action Sociale Trans) pour les personnes trans en situation de précarité.
@lesfoliespassageres

Nous ne vivons pas tou.te.s le confinement dans les mêmes conditions. Se renseigner et contribuer, chacun.e à notre échelle, en ces temps compliqués est important. Une manière de confirmer que ce lien et cette solidarité qui nous unissent, ne s’effilochent pas en temps de crise, au moment où ils deviennent plus que nécessaires. Soutenons-nous, continuons à apprendre, à nous éduquer, à lâcher prise aussi parfois, à rire, à se reposer. Prenons surtout soin les uns des autres. Prenez bien soin de vous.


Article d’Alexandra Hostier

Alors qu’elles sont encore étudiantes à Sciences Po, Cécile et Julie décident de se lancer dans l’aventure de Feminists of Paris. Leur but ? Mêler art, histoire et féminisme à travers des visites guidées originales à Paris, Lyon et Bordeaux.

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C’est en mars 2018 que Feminists of Paris voit le jour. Après avoir chacune étudié dans des universités au Royaume-Uni, Julie et Cécile se rencontrent sur les bancs de Sciences Po où elles suivent un master. Partageant un intérêt commun pour les questions sur les inégalités de genre, elles décident d’associer leur engagement féministe à leur connaissance de la culture française et créent Feminists of Paris.

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Feminists of Paris propose des visites guidées engagées à Paris, Lyon et Bordeaux. S’il n’existe actuellement qu’un seul parcours à Lyon et à Bordeaux, un plus large choix de circuits est proposé dans la capitale. Grâce à Feminists of Paris, partez à la découverte de divers quartiers et voyagez à travers les époques tout en questionnant la place des femmes dans la culture française. Que vous optiez pour une découverte du Louvre, du Musée d’Orsay ou du Centre G. Pompidou à travers le prisme du féminisme, ou que vous préfériez plutôt une visite en extérieur, comme ‘Simone de Beauvoir et le féminisme’, ‘Les femmes au Père Lachaise’, ‘Street Art et Féminisme’ ou ‘La libération sexuelle contée par des hystériques’, chaque programme annonce un moment original, ludique, enrichissant, convivial et utile !

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Pour en savoir plus sur Feminists of Paris et s’inscrire à l’une des prochaines visites guidées (entre 13 et 29 euros), c’est par ici !

Article de Léah Boukobza

Marre des éternels date nights dans des restaurants ou des bars bondés, envie de faire quelque chose de différent, seul.e ou accompagné.e ? Tenté.e de tester gentiment le féminisme de votre nouveau crush (ou même le vôtre) ? Ou simplement de passer un beau moment plein de réflexions et de rires ?
Filez voir le spectacle de Noémie de Lattre : « Féministe pour Homme » : promis, vous allez aimer !

Noémie Delattre : féminisme, féminité et humour

Jouée pour la première fois en 2017, la pièce de théatre « Féministe pour Homme » de l’actrice, autrice et metteuse en scène française Noémie de Lattre revient cette année encore au Théatre de la Pépinière.

Ce n’est pas la première fois qu’elle aborde le sujet du féminisme. Loin de là. Elle traite de cette cause qui lui tient à cœur dans ses pièces de théâtres précédentes (« Femmes libérées »), ses chroniques sur France Inter ou encore l’essai qu’elle publie en 2016 « Un Homme sur deux est une femme ».

Dans ce dernier, elle commence déjà à tacler les clichés : être féministe ce n’est pas être « forcément » contre les hommes et contre la féminité, non. C’est vouloir l’égalité entre les hommes et les femmes. Pas donneuse de leçons, elle cherche plutôt à nous faire réfléchir sur les stéréotypes qui entourent les féministes et sur la répulsion étrange que semble susciter le mot lui même.
Et pour ce faire, quelle meilleure arme que l’humour qu’elle manie si bien ?

Le féminisme est l’avenir de l’homme

Pendant une heure et demie, la pièce « Féministe pour Homme » (nommée tout récemment éligible aux Molières 2020), mélange joyeusement les genres : entre danses de cabaret et confessions plus intimes, entre manifeste et moments chargés en émotions, on obtient un show surprenant, très drôle et parfois bouleversant.

Alors que le spectacle commence, elle annonce la couleur : on est là pour dé-dra-ma-ti-ser le terme « féminisme » et pour le comprendre ensemble. En riant (beaucoup).
Les sujets abordés ? Le plaisir féminin, la charge mentale, la maternité, le harcèlement de rue… tous traités avec pertinence et ce qu’il faut d’humour (et parfois de gravité), sans tomber dans le règlement de comptes hommes-femmes.

Noémie de Lattre a en effet écrit son spectacle en pensant aux hommes et croit en l’émergence d’une nouvelle espèce : « l’homme féministe ». Parce qu’on a tout à gagner en avançant main dans la main. (Un sujet sur lequel elle s’exprime dans la vidéo Instagram ci dessous.)

https://www.instagram.com/p/B5vCxrkAJ9g/

Elle profite de la fin de son spectacle pour rappeler (et c’est important) ses privilèges (en tant que femme blanche, bourgeoise, cis, valide et hétéro, vivant en France) et parler de toutes ces femmes à travers le monde qui voient leurs droits et leurs libertés bafoués.
Quand la salle se vide, des sourires émus et beaucoup d’applaudissement, des petites larmes qui s’essuient discrètement. On en ressort touchés, hommes comme femmes, revigorés, l’esprit éclairci. Un beau moment.

Intéressé.e.s, intrigué.es ? La bonne nouvelle : le spectacle est prolongé jusqu’au 27 avril !
Alors, prenez votre bande d’amis sous le bras, et filez prendre vos places ici !

Article d’Alexandra Hostier

Dans cette vidéo d’une dizaine de minutes, Vice France met en lumière une maladie chronique complexe encore mal comprise : l’endométriose.

Questionnant la prise en charge de cette maladie sous-diagnostiquée par la médecine classique, ce reportage (visible ici) est un témoignage de quotidiens impactés, mais également de la solidarité dans la quête du mieux vivre avec la maladie.

C’est quoi un « Apéro Testo » ?

Le point de départ ? Un article écrit par Juliet Drouar dans Cheek Magazine en novembre 2018 : « À quand une pilule de testostérone micro-dosée pour les femmes ? » L’activiste remarque en effet dès la première prise de testostérone que ses intenses douleurs de règles s’arrêtent. Après avoir lu l’article, deux femmes cisgenres atteintes d’endométriose, Fanny Godebarge, (présidente de Cyclique et fondatrice du festival sur la santé gynécologique Sang Rancune) et Célia, entrent en contact avec Juliet et décident d’essayer.

Elles se rendent ainsi tous les mois chez Juliet pour prendre de très petites quantités de testostérone : 1/4 ou 1/3 d’ampoule d’Androtardyl. Avec des doses aussi faibles, il n’y a pas de transformation physique notoire, mais elles observent un impact sur leurs douleurs et sur leur état mental.

Au delà de la question des bienfaits de la testostérone, ce reportage pose un éclairage cru et réaliste sur l’endométriose. Une maladie encore minimisée par une communauté médicale qui normalise les douleurs de règles. Sous pilule depuis ses 12 ans, diagnostiquée seulement à 30 ans, Fanny raconte ainsi son errance médicale.

Un rendez-vous perçu comme une forme de lutte féministe

L’impact psychologique de la maladie est également abordé. L’endométriose entraîne ainsi très souvent des états dépressifs, à cause de fortes douleurs chroniques (parfois constantes et non uniquement pendant les règles : il est important de rappeler qu’il existe autant de types d’endométrioses que de personnes touchées par la maladie) mais également à cause d’une lourde charge mentale. Fanny l’explique ainsi : toute sa vie devait être organisée autour de la maladie. RTT posés à tout prix sur ses jours de règles, une vie sociale en dents de scie, un quotidien imprévisible.
La force de ce reportage est de rappeler que l’endométriose affecte bien plus que les organes génitaux. La vison de son propre corps, la difficulté à maintenir les relations familiales, amicales, mais également amoureuses et sexuelles.

Une maladie qui affecte fortement l’intimité et la vie sexuelle

L’endométriose est en effet l’une des causes des dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels). Un sujet difficile et encore tabou dans une société où l’on lie encore beaucoup trop le rapport sexuel à une obligatoire pénétration.
Le sujet de la libido est ainsi également évoqué. Si les traitements hormonaux progestatifs et oestroprogestatifs ont très souvent pour effet secondaire une baisse de la libido, Fanny remarque que ces micro-injections de testostérone ont cependant permis à la sienne de remonter en flèche. Célia, elle, observe une véritable diminution des douleurs qui l’empêchaient auparavant d’avoir des rapports avec pénétration. Des dyspareunies qui impactaient son état mental, sa confiance en elle et ses relations.

Finalement, ce court reportage permet de mieux comprendre l’impact complexe de l’endométriose sur la vie des personnes touchées (des personnes qui, comme le rappelle cette vidéo, ne sont pas exclusivement des femmes cisgenres). La maladie peut ainsi impacter la sphère professionnelle, relationnelle, sexuelle et le bien-être mental. Ce 20 décembre 2019, Juliet Drouar publiait dans Mediapart un nouvel article intitulé : « La testostérone, un traitement pour l’endométriose et un antidouleur ? »

Une piste à creuser. L’objectif étant de réussir à offrir un meilleur quotidien aux personnes touchées, les écouter et ne plus minimiser leurs douleurs. Pour mieux les prendre en charge et les accompagner.

Article d’Alexandra Hostier