La situation en Biélorussie commence à être inquiétante. Depuis le 9 août, les citoyens sortent dans les rues pour protester. Parmi les manifestations, des marches pacifistes, exclusivement composées de femmes. 

Re-contextualisons : depuis un mois, les Biélorusses manifestent tous les dimanches dans Minsk pour contester la réélection du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 26 ans. Ce président avait déjà été réélu quatre fois, et aurait cette fois-ci fraudé pour rester au pouvoir. Ce qu’on lui reproche ? Un manque total de liberté politique. Sans compter son manque d’empathie pendant la situation inédite du coronavirus. 

Ce dimanche, les Biélorusses étaient plus de 100 000 à manifester dans les rues de Minsk. Et parmi eux, 630 ont été arrêtés par la police.

Les « femmes en blanc »

Ces manifestations étant sous forte répression des forces de l’ordre locales, beaucoup de femmes ont décidé, depuis le 12 août, de manifester pacifiquement, vêtues de blanc et avec un bouquet de fleurs à la main. Ces manifestations des « femmes en blanc » ont lieu pour dénoncer, non seulement la réélection du président, mais surtout les violences. Les violences policières, domestiques, envers les femmes… Elles dénoncent les forces de l’ordre, trop présentes depuis le 9 août, trop violentes. Des forces de l’ordre qui agressent et arrêtent des citoyens. 

Plus que des manifestations, ce sont des chaines humaines de femmes, d’abord présentes par centaines, maintenant par milliers. On pourrait presque parler de révolution féministe. Mais ça, seul le temps nous le dira. 

La disparition de Maria Kolesnikova

Lundi matin, l’une des seules opposantes au pouvoir encore présente en Biélorussie, Maria Kolesnikova, aurait été enlevée. En plein Minsk, par des individus masqués et en civil. Interpellation, exil ou kidnapping ? Impossible encore de le déterminer. Deux autres membres de l’opposition auraient eux aussi disparu. 

Après des informations contradictoires relayées par les médias mardi matin, Maria Kolesnikova aurait en fait été arrêtée à la frontière ukrainienne, n’ayant pas voulu être exfiltrée de force. Affaire à suivre…

Article de Clémence Bouquerod 

On parle globalement du féminisme, mais ce mouvement international est mutli-forme. Féminismes dans le monde – 23 récits d’une révolution planétaire dresse les portraits de ces féminismes autour d’entretiens passionnants. 

Féminismes dans le monde - 23 récits d’une révolution planétaire dressent les portraits de ces féminismes autour d’entretiens.   Crédits : ©Lindsay Lamont
L’ouvrage Féminismes dans le monde dresse les portraits d’un mouvement hétérogène. Crédits : ©Lindsay Lamont

Cet ouvrage met en lumière le concept pluriel de la révolution féministe à travers le monde. Un mouvement qui gronde de part et d’autre du globe sous diverses formes et sur divers combats. Pauline Delage, sociologue et Fanny Gallot, historienne ont œuvré ensemble pour nous livrer cette petite pépite qu’est Féminismes dans le monde. Respectivement spécialisées dans le domaine des violences faites aux femmes et des inégalités de genre dans les conditions de travail – et de fait la participation des femmes dans les conflits ouvriers, elles nous offrent un tour d’horizon très complet de ces différentes facettes du féminisme. 

Faire entendre les voix de ces femmes en mouvement 

Féminismes dans le monde, c’est un recueil de témoignages pour rendre compte d’un mouvement hétérogène dans ses formes et ses revendications. Chercheuses, journalistes, sociologues ou encore militantes, toutes racontent leur engagement dans cette cause internationale. Une lutte qui puise sa source de manière générale dans un événement commun : un acte de violence sexuelle. Poignant quand on prend également conscience des raisons de l’ampleur de #MeToo.

Les mobilisations féministes sont aussi la conséquence d’un contexte politico-juridique local. Cet ouvrage donne donc la parole à ces femmes engagées dans une lutte parfois compliquée. Parce que oui, cette mobilisation s’avère plus difficile selon le pays dans lequel elles vivent. Pour s’en rendre compte, les récits ont été récoltés en Chine, en Argentine, en Équateur, en Russie ou encore en Thaïlande. 

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Comment ce mouvement prend-il de l’ampleur ?

Les manifestations se multiplient et se connectent également à d’autres mouvements sociaux, à l’exemple du féminisme écologique ou de féminisme décolonial pour ne citer qu’eux. Et s’il y a bien un moyen de faire raisonner encore plus fort les prises de position et les mobilisations, c’est en utilisant les réseaux sociaux. Oui, Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat sont des outils dont profitent ces causes. Un moyen pour chacune d’entre nous de relayer les combats, de mieux se solidariser et de ne plus jamais rester effacées dans ce système patriarcal. Tous ces mécanismes, Pauline Delage et Fanny Gallot les mettent en lumière dans cet ouvrage qui décortique habilement les panoramas du féminisme.

Article de Nina Hossein