Si vous êtes impacté.e par l’annulation de la Fashion Week Haute Couture et Homme, le nouveau challenge qui émerge sur la toile pourrait au moins vous donner le sourire. Lancée par deux mannequins françaises, la Fashion Week Quarantine vient en aide à la Fondation des Hôpitaux de France.

Pendant le confinement, les mannequins et influenceuses se mobilisent. Elles récoltent des dons pour la Fondation des Hôpitaux de France avec le #FashionWeekQuarantine challenge. Crédits : ©Julia Frauche
Pendant le confinement, les mannequins et influenceuses se mobilisent. Elles récoltent des dons pour la Fondation des Hôpitaux de France avec le #FashionWeekQuarantine challenge. Crédits : ©Julia Frauche

Avec le confinement, plusieurs événements ont été annulés. Et la Fashion Week n’y a pas échappé. Si les mannequins et nouvelles collections ne pourront pas défiler cette fois, cet événement mode et saisonnier s’invite désormais à la parodie chez nous.

En effet, Camille Hurel et Estelle Chen ont lancé le mouvement mode solidaire Fashion Week Quarantine. Fort de son succès, de nombreuses mannequins, influences françaises et internationales comme Pauline Hoarau et Ophélie Guillermand ont participé au défi. 

https://www.instagram.com/p/B_Ai9bYoB5S/

Les deux jeunes femmes nous incitent donc à contribuer à un challenge sur le ton de l’humour. Parez-vous de vos tenues préférées ou les plus loufoques, prenez la pose et faîtes-en des caisses. Tournez le tout à la dérision, prenez-vous en photo lors d’une activité typique du confinement : sieste, cuisine, lecture, couture… Oui, la Fashion Week débarque à la maison. 

https://www.instagram.com/p/B_DWWxbgmXw/

Un challenge pour soutenir la Fondation des Hôpitaux

Si le challenge séduit et fait rire, il a surtout de très bonnes intentions. L’objectif est de récolter des dons pour la Fondation des Hôpitaux de France. Voilà une façon originale de soutenir nos soignants tout en s’occupant.

Pour y participer, il vous suffit de poster votre photo sur Instagram en indiquant le lien de la cagnotte en ligne qui sera ensuite reversée à la Fondation des Hôpitaux de France. Pour que votre photo soit relayée sur @myfashionweekquarantine, votre légende devra également contenir le hashtag #fashionweekquarantine. 

https://www.instagram.com/p/B_IM-AiKeGc/

Tous les dons sont les bienvenus et nos soignants en ont véritablement besoin. Alors tous à notre #FashionWeekQuarantine challenge !

Article de Nina Hossein.

Depuis maintenant 30 ans, les professionnels de la mode peuvent retrouver le salon Première Classe en marge de la Fashion Week parisienne. Pour marquer cet anniversaire, Première Classe a prévu de nombreux événements du 27 au 30 septembre.

Le salon Première Classe s’est fait une réputation internationale en proposant une sélection de marques et de créateurs d’accessoires et prêt-à-porter originaux depuis 30 ans. Deux fois par an, en parallèle des Fashion Week parisiennes de mars et septembre, le salon monte ses tentes au cœur de la capitale française. Réservé aux professionnels de la mode, il ouvre ses portes au public en cette édition 2019 à travers un pop-up Face to Face et prévoit de nombreux événements pour célébrer son 30e anniversaire.

Première Classe mettra ainsi en avant, comme à son habitude, des jeunes créateurs au style débordant de créativité. Du 27 au 30 septembre, on pourra (re)découvrir sur le salon 400 marques d’accessoires et 50 de prêt-à-porter. Pour cette 30e édition au Jardin des Tuileries, Première Classe a invité l’artiste floral Jefferson Fouquet.

Le pop-up store Face to Face

Créé en 2017, Face to Face a dans l’optique d’organiser une rencontre directe entre les clients et les créateurs. Le pop-up s’installera dans la tente Concorde sur 150 mètres carrés à l’esprit « Urban Flower ». DJ, café, ou encore coin vintage sont au programme. On pourra y découvrir des marques de bijoux (Elise Tsikis Paris, Marie Gold, Clap Paris, Equinox Ecuador), de maroquinerie (Ephyre Paris, Karen Vogt, Sainte Isaure, Studio Catherine Roger), d’accessoires (Sat Nam, Paloma Germin) et même de lingerie (Simplement Lingerie).

Une collection inédite

L’événement invite également des créateurs qui ont marqué son histoire à présenter des pièces inédites. Cette « collection 00 » s’articule autour de la question « Et si c’était à refaire, qu’est-ce que je ferais ? » et sera exposée dans la tente Louvre. Parmi les designers qui y participent, on retrouve An+Ka, Histoire de Voir ou encore Olivia Oberlin.

Des jeunes créateurs

Première Classe s’est rendu maître en l’art de dénicher une sélection pointue des perles de la mode. Pour l’occasion, d’anciens finalistes et lauréats de prix prestigieux sont invités sur le salon. Le Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode à Hyères sera bien représenté avec cinq anciens finalistes. L’ANDAM, qui récompense les jeunes talents de la mode, ne sera pas en reste avec les trois lauréats 2019 présents sur le salon.

On retrouvera pour la seconde fois Not Showroom qui fera découvrir des marques chinoises aux visiteurs. Première visite en Europe pour VHM, Soft People Area et Mayali à cette occasion. Pareil pour Exposed et sa grande offre de lingerie et maillots de bain, qui sera présent pour la deuxième fois, ainsi que des créateurs tels que Simone Wild et Anja Paris.

Une mode engagée

Le milieu de la mode s’intéresse de plus en plus aux questions d’écologie et d’éthique. Pour preuve, Première Classe invite la plateforme de mode éthique Goooders. Destinée aux voyageurs, celle-ci présentera des marques éthiques et responsables telles que les pantoufles Calla faites à la main qui recyclent des vieux tapis Boucharouites.

Première Classe s’associe aussi avec 1.618, le salon du luxe durable. L’occasion de découvrir de nouvelles marques de mode, cosmétique, art contemporain et de nombreux domaines du luxe au goût savoureux d’une production durable et positive.

Article de Juliette Cardinale

Un jour peut-être ça changera.

Un paradoxe parmi tant d’autres, mais qui me gêne et je ris jaune – de toute façon, je bois trop de café. Tandis que nous, médias féminins chanceux de bénéficier d’une brillante liberté d’expression, venons à prôner la diversité des corps et le mouvement body positive, nombreux sont les membres de notre communauté et industrie pro à souffrir d’une véritable obsession de la balance. Plus qu’une promotion, un changement de vie, un mariage ou un bébé ; une prise ou perte de poids devient un véritable sujet de discussion. « Allez balance, c’est quoi ton secret ».

C’est l’hôpital qui se fout de la charité, je sais. Faîtes un tour sur la plupart des sites féminins occidentaux aujourd’hui : vous y verrez des couleurs, des rondeurs, des différences et une pluri-culture des corps. Et si le poids ou les origines ne sont pas supposées être des critères de recrutement – contrairement au sexe qui reste un problème mais là n’est pas le sujet de ce papier – les chiffres qui nous désignent sur cette bonne vieille balance restent un sujet de débat adulé par nos camarades de la presse internationale.

Taille 52 pour mon shoot mais pas plus de 52 kilos sur ma balance 

Oui, le poids est apparemment passionnant – venant à rythmer davantage de conversations, presque plus que de réelles discussions sur notre société ou la une de l’actualité. « Son cul, c’est l’Amazonie » : voilà six mois que j’entends cette phrase dans Paris. Par-contre, les incendies ayant touché la foret sud-américaine n’ont fait le buzz que 24 heures sur Instagram.

Prenons, parce qu’on le connaît plutôt bien, le marché français pour exemple. Peut-être que je devrais me passer de ces commentaires mais j’aimerais toutefois souligner quelques vérités. J’approche la trentaine à petits pas, j’ai écumé quelques postes dans la rédaction et j’en arrive aujourd’hui au même constat. Il y a 10 ans, lorsque j’ai posé une première patte dans un journal, j’ai compris que l’industrie pouvait être physiquement toxique et qu’elle le resterait.

Alors oui, certaines bonnes âmes échappent à la règle et on répétera aussi que les potins sont identiques dans la majorité des boîtes mais je vais simplement partir du principe que nous bossons notamment dans la sphère mode parisienne et que – on ne va se mentir – la maigreur… ben oui, c’est beau et ça vend. Du moins, c’était beau et ça vendait à l’époque de Kate Moss. Décennie où s’affamer pour mieux dépenser dans la coke était cool.

La faute à qui ?

Le seul truc qui me dérange vraiment, c’est qu’il y a vingt ans, on ne s’alimentait pas de trois feuilles de roquette pour ensuite rédiger quatre pages sur un projet body positive. On ne faisait pas poser des modèles aux corps différents et allant au-delà du 46 parce que la diversité est le « miroir de notre société d’aujourd’hui » pour finalement moquer sa boss entre collègues car elle a « pris des joues pendant l’hiver« . Non, à cette époque, on prônait fièrement la perte de poids, les régimes, les os qui dépassent et les mannequins blancs toujours plus minces en cover. C’était crade, mais plutôt honnête au final. Du moins, on ne faisait pas face à une hypocrisie permanente du rapport au corps et aux courbes.

Désormais, la tendance s’est inversée. Les marques, comme les magazines, recrutent la différence en première ligne. On veut des gens qui ne se ressemblent pas – jusqu’à pousser le bouchon trop loin et mettre les personnes banales (donc moi, toi et peut-être ta voisine) mal à l’aise. Donner le sentiment qu’on ne possède pas d’artifice, qu’on ne fait pas partie de la « nouvelle norme » ou de ce qui est considéré comme « beau » aujourd’hui. Et qu’est-ce qu’on s’en fout, me direz-vous. Les enseignes de prêt-à-porter jouent le jeu aussi, en élargissant notamment leur panel de tailles pour une offre plus élargie et inclusive. Cool et surtout, ENFIN, me direz-vous.

Body negative du off

Sauf que la bonne blague, parce que ces situations se répètent encore et toujours : tu vas découvrir ces nouvelles collections lors d’événements presse bien sympas, saluer tes connaissances d’un large sourire avec une arrière-pensée. Ouais, laquelle va me complimenter si j’ai perdu quatre kilos ? Et qui va gentiment fermer sa bouche et attendre que je me barre pour demander si le bonheur pèse sur ma balance ou si je suis sous cortisone ? Questions rhétoriques, et mes consoeurs me comprendront, on sait à qui nous avons affaire. Alors certes, la vérité veut que l’on ait trouvé quelques alliées, des collègues et rencontres qui nous veulent du bien mais personne ne pourra en démordre : le poids est un sujet de discussion qui fonctionne toujours et évite les « blancs ».

Ce qui m’attriste, et c’est une réalité, c’est que la machine est enfin lancée mais elle n’a pas tant changé – au fond d’elle. Comprenez ici que l’industrie de la mode a beau évoluer ; ses codes internes restent pour le moment quasi-identiques. Même les personnalités les plus bienveillantes utilisent le poids comme un sujet de discussion ouvert, comme si on n’avait rien d’autre à se raconter.

Une mission pas impossible

Alors faisons l’effort, chères consoeurs et confrères, de se lancer sur d’autres sujets et d’aider cette pyramide à s’inverser. Oui, le poids et le physique sont des points de discussions forts dans n’importe quel bureau au sein de notre chère et belle nation. Sauf que ma maman commerciale, ma soeur dentiste ou ma copine directrice de boutique n’ont aucun pouvoir d’éducation là-dessus : elles ne sont pas porteuses d’un manifeste via un magazine national. Elles peuvent s’exprimer sur le sujet via les réseaux, mais on ne leur donne pas une plume, quotidiennement, pour mettre noir sur blanc ce message important. Visons donc, et cette fin d’année 2019 pourra peut-être en témoigner, à travailler de manière moins hypocrite et à réellement diffuser des valeurs que nous appliquons à notre environnement professionnel et à chacun d’entre nous.

Un article de Margaux Rouche