On parle globalement du féminisme, mais ce mouvement international est mutli-forme. Féminismes dans le monde – 23 récits d’une révolution planétaire dresse les portraits de ces féminismes autour d’entretiens passionnants. 

Féminismes dans le monde - 23 récits d’une révolution planétaire dressent les portraits de ces féminismes autour d’entretiens.   Crédits : ©Lindsay Lamont
L’ouvrage Féminismes dans le monde dresse les portraits d’un mouvement hétérogène. Crédits : ©Lindsay Lamont

Cet ouvrage met en lumière le concept pluriel de la révolution féministe à travers le monde. Un mouvement qui gronde de part et d’autre du globe sous diverses formes et sur divers combats. Pauline Delage, sociologue et Fanny Gallot, historienne ont œuvré ensemble pour nous livrer cette petite pépite qu’est Féminismes dans le monde. Respectivement spécialisées dans le domaine des violences faites aux femmes et des inégalités de genre dans les conditions de travail – et de fait la participation des femmes dans les conflits ouvriers, elles nous offrent un tour d’horizon très complet de ces différentes facettes du féminisme. 

Faire entendre les voix de ces femmes en mouvement 

Féminismes dans le monde, c’est un recueil de témoignages pour rendre compte d’un mouvement hétérogène dans ses formes et ses revendications. Chercheuses, journalistes, sociologues ou encore militantes, toutes racontent leur engagement dans cette cause internationale. Une lutte qui puise sa source de manière générale dans un événement commun : un acte de violence sexuelle. Poignant quand on prend également conscience des raisons de l’ampleur de #MeToo.

Les mobilisations féministes sont aussi la conséquence d’un contexte politico-juridique local. Cet ouvrage donne donc la parole à ces femmes engagées dans une lutte parfois compliquée. Parce que oui, cette mobilisation s’avère plus difficile selon le pays dans lequel elles vivent. Pour s’en rendre compte, les récits ont été récoltés en Chine, en Argentine, en Équateur, en Russie ou encore en Thaïlande. 

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Comment ce mouvement prend-il de l’ampleur ?

Les manifestations se multiplient et se connectent également à d’autres mouvements sociaux, à l’exemple du féminisme écologique ou de féminisme décolonial pour ne citer qu’eux. Et s’il y a bien un moyen de faire raisonner encore plus fort les prises de position et les mobilisations, c’est en utilisant les réseaux sociaux. Oui, Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat sont des outils dont profitent ces causes. Un moyen pour chacune d’entre nous de relayer les combats, de mieux se solidariser et de ne plus jamais rester effacées dans ce système patriarcal. Tous ces mécanismes, Pauline Delage et Fanny Gallot les mettent en lumière dans cet ouvrage qui décortique habilement les panoramas du féminisme.

Article de Nina Hossein

A l’heure où la question de l’égalité des hommes et des femmes est cruciale, le 8 mars reste une date à inscrire dans vos agendas !

Léa Augereau

Officialisée en 1977 par les Nations Unies, la Journée internationale des droits des femmes (International Women’s Day, en anglais) a pour origine les luttes des ouvrières et suffragettes durant le XXème siècle. Pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote, les femmes (et les hommes) du monde entier manifestent encore le 8 mars. Des associations s’organisent chaque année pour faire entendre leur voix et améliorer la condition des femmes. La Ville de Berlin a décidé le 23 janvier dernier de faire de cette journée un jour férié, et ce dès cette année. A quand la France ? En attendant, Paulette vous a concocté une liste des événements à ne pas louper. Femmes et hommes sont convié.e.s. 

Les événements en France

Pour l’occasion, ARTE se mobilise à sa manière, en mettant à l’honneur une programmation spéciale, du 3 au 8 mars, de films et documentaires, d’artistes, des créatrices, des combattantes et des femmes courageuses. 

A Bordeaux, un rassemblement et une manifestation sont prévus à 14h30, place de la Comédie. Pour clôturer la journée, une manifestation de nuit non mixte est au rendez-vous à 19h30, place du Parlement.

A Lille, un programme spécial a été organisé. A 14h, a lieu, place de l’Opéra, un rassemblement puis marche. Il y aura vers 16h, des stands associatifs et syndicaux, expositions, dans la salle du Gymnase, où se finira la marche. Et à 19h45, une soirée festive est prévue.

Le Collectif Droits des Femmes 69 organise une marche et appelle les Lyonnais.es à les rejoindre à la Place Bellecour, à 15h.

Un appel national à la grève féministe a été lancé, car oui, le salaire des femmes est inférieur de 26 % à celui des hommes. A partir de 15h40, elles travaillent ainsi gratuitement. Instauré pour la première fois en 2000, le collectif
#8mars15h40 rassemble de nombreux syndicats et associations. On retrouve notamment Alerta Feminista, Alliance des Femmes pour la démocratie, Association Nationale des Etudes Féministes, Femmes Egalité, Femmes Libres Radio Libertaire, Fédération Nationale Solidarité Femmes, Femen, Femmes migrantes debout, et bien d’autres encore. Armez-vous d’un foulard violet !

Un appel à la mobilisation a été également lancé partout en France. Toutes les informations en fonction de votre ville sont à retrouver sur le site internet des Grandes Gagnantes.

Et à Paris ?

De 16h à 20h au Zénith de Paris, vous pourrez assister à Debout citoyennes. Plein d’événements sont prévus : des concerts, des expériences, des conférences, etc.

Dimanche à 19h, Florence Foresti donnera une représentation spéciale de son spectacle Épilogue, au profit de l’association Women Safe, à L’Olympia. Et pour cette unique représentation, elle sera accompagnée de ses ami.e.s. Vous pouvez déjà réserver vos places sur son site internet.

Toujours à Paris, la Journée des Sorcières a été organisée ! Parmi les invitées, on retrouve Odile Chabrillac, Camille Sfez, Séverine Perron, Josée-Anne Sarazin-Coté venue du Canada, Maëva Morin qui vous attendent pour de nombreuses conférences, ateliers, partages, et expos. Vous pouvez d’ores et déjà acheter vos billets sur leur site internet.

Rappelons que le 8 mars est une date dédiée aux droits de la Femme mais que les femmes se battent tout au long de l’année pour leurs droits !

Article de Sofia Rogozarski

Le 7 Novembre dernier a eu lieu, au Musée du Quai Branly, la deuxième édition des Trophées Elles de France. Une cérémonie pas comme les autres, qui récompense l’engagement, le combat, la carrière et la force de cinq Franciliennes ultra inspirantes. Focus. 

Elles sont entrepreneures, militantes, scientifiques, journalistes ou responsables d’associations caritatives… Elles, ce sont les 45 femmes d’exception en lice pour recevoir 5 prix récompensant leurs belles actions en faveur d’une société plus juste, plus moderne, plus égalitaire et plus innovante. Une façon pour la Région Île-de-France, à l’initiative de cet événement, de mettre en lumière les différentes démarches de chacune des participantes à travers la remise de récompenses significatives comme le prix de l’innovation, le prix de la création, le prix du courage et le prix de la solidarité. 

Si un jury composé de 18 personnalités (journalistes, médecins, écrivains, scientifiques, entrepreneurs, musiciens…) a été chargé de départager toutes les concourantes, le prix Simone Veil, a quant à lui, été attribué grâce aux votes du public. Il distingue sa gagnante par sa détermination, son dévouement à une grande cause, mais aussi sa bravoure face aux obstacles rencontrés tout au long de son chemin. Des récompenses, qui ont été remises par la Présidente de cérémonie et de la région Île-de-France, Valérie Pécresse. 

Remise des trophées Elles de France au Musée du Quai Branly

Et les gagnantes sont… 

Après quelques roulements de tambour et de longues minutes de suspens, le nom des gagnantes a été annoncé. Le premier des cinq prix, est celui de la solidarité. Il permet de valoriser les initiatives des femmes en faveur de la cohésion sociale, de la réussite et du respect d’autrui. Celui-ci a ainsi été décerné à Bernadette Rwegera pour avoir fondé en 1997, une association baptisée Ikambere (la maison accueillante) afin de venir en aide aux femmes atteintes du VIH en situation d’isolement ou de grande précarité. En tout, sa structure accueille entre 30 et 40 personnes par jour et les aide à améliorer leur conditions de vie. Une belle initiative. 

Le trophée du courage et du dépassement a été attribué à Nora Fraisse dont le parcours est particulièrement émouvant. Mère d’une adolescente souffrant d’harcèlement scolaire, elle déploie une énergie incroyable pour tenter de briser le tabou autour de ce problème épineux dont sa fille a été victime. A 13 ans seulement, Marion à en effet mis fin à ses jours en 2013, après des mois de silence autour de sa situation. Depuis ce drame, Nora a créé avec son mari, l’association « Marion la main tendue ». Ils ont également obtenu la mise en service d’un numéro court d’aide aux victimes (30 20) et la création d’une journée nationale contre le harcèlement. Des gestes solidaires qui permettent aujourd’hui à de nombreux jeunes adolescents de renouer le dialogue avec des personnes adultes et de pouvoir trouver des solutions adaptées à leur situation. 

Le troisième prix est celui en faveur de l’innovation. Il vise à promouvoir l’esprit entrepreneur des femmes franciliennes qui prennent le risque de se lancer à leur compte tout en faisant avancer la recherche. Celui-ci a été attribué à Alice de Maximy, à qui l’on doit l’application « hkind ». Elle permet de mettre en lumière des initiatives solidaires menées par des acteurs majeurs de la santé. Loin de vouloir s’arrêter en si bon chemin, elle crée quelques années plus tard, la plateforme « Femmes De Santé » qui met en lumière des femmes qui font bouger le domaine de la santé de manière positive. Rien que ça ! 

Dans la catégorie création, c’est Naoëlle d’Hainaut, gagnante de l’émission Top Chef, qui a obtenu le trophée visant à encourager les artistes féminines faisant de la Région Île-de-France une terre de culture. Une reconnaissance méritée puisque cet enfant de Saint-Ouen a maintenant ouvert, accompagnée de son mari sommelier, son propre restaurant baptisé L’Or Q’idée à Pontoise. En janvier 2019, elle a même obtenu sa toute première étoile au guide Michelin… Une battante dont le parcours sans faute inspire à rêver. 

Le dernier, le prix Simone Veil, est un peu particulier puisqu’il est décerné par le public et plus spécifiquement par les internautes qui ont du choisir entre 9 nominées venant d’horizons très différents. Il a été remporté par la journaliste, activiste de la laïcité et ancienne collaboratrice de Charlie Hebdo, Zineb El Rhazoui. Si son combat est vaste, elle lutte, entre autres, pour la sécularisation du Code pénal marocain et l’abrogation des articles de loi inspirés de la charia. Des batailles qui l’on menée à se distinguer parmi 9 autres candidates de prestige dont Isabelle Adjani, l’ingénieure centralienne Lucie Basch, l’enseignante engagée pour la paix Samia Essaba, la chercheuse au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement Valérie Masson-Delmotte, la directrice générale d’Air France Anne Rigail, l’auteure engagée dans la lutte contre la précarité Henrienne Steinberg et l’auteure de BD et réalisatrice franco-iranienne, Marjane Satrapi. 

Bien au-delà de n’être qu’un simple concours, le Trophée Elles de France permet de mettre en avant les différentes initiatives solidaires qui sont menées par des femmes bienveillantes qui croient en leur projet et qui agissent sous un seul et même drapeau, celui de l’entraide. On aime. 


Depuis quelques mois maintenant, des collectifs anti-féminicide ont émané afin d’alerter la population et la justice sur cette situation dramatique. Et pour la première fois, dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 novembre, des femmes ont été arrêtées

« Féminicides : état coupable, justice complice »

C’est leur slogan poignant du moment. Ce collectif a choisi depuis quelques jours de le coller directement sur les murs des tribunaux. Pour la première fois, dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 novembre, certaines de ces militantes ont été arrêtées à la suite de ces collages sauvages. Quatre à Lyon et trois à Paris. Cette année encore, c’est 219 000 femmes qui ont été victimes de violences conjugales et 127 femmes qui ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Des chiffres qui malheureusement ne cessent de s’accroitre. Des meurtres intolérables et un bilan insoutenables que le collectif tente de faire entendre. Notamment en collant des affiches à messages clairs sur les façades des murs. Dans un communiqué publié récemment, elles justifient leurs actes en clamant qu’elles n’ont pas le choix. Sans agir dans l’illégalité, l’état et la justice ne les écouteraient pas et continueraient de fermer les yeux face à des chiffres révoltants.

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@Collage_Feminicides_Paris | Instagram


« Nous nous trouvons dans l’obligation de prendre la parole pour toutes celles qui ne le peuvent plus. Nous sommes révoltées de devoir crier notre colère dans toutes les rues de France pour alerter sur l’inertie des pouvoirs publics. »

Extrait du communiqué des « Colleuses » 04/11/19

Marguerite Stern, à la tête de la campagne 

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Militante pour le droit des femmes depuis des années. Cette ancienne Femen, aujourd’hui à la tête de cette campagne, s’entoure de centaines de femmes venues l’aider et se mobiliser dans ce combat commun. L’objectif étant évident bien plus compliqué qu’il n’y parait : arrêter de compter nos mortes.

70% des auteurs de féminicides avaient déjà commis des violences sur la victime, et les pouvoirs publics en avaient été alerté seulement dans 1 cas sur 3. Rien n’est réellement fait pour mettre fin à ce massacre

Leur combat continuera tant que la justice ne mesurera pas l’extrême gravité de ces meurtres et ne se mobilisera en conséquence.

Article par Juliette Boulegon


Le 16 septembre, la marque de bijoux P D PAOLA a lancé sa nouvelle collection Aisha. Engagée pour les droits des femmes, celle-ci s’inspire de l’expédition au Kenya de la fondatrice de la marque Paola Sasplugas.

P D PAOLA « AISHA »

P D PAOLA est une marque de bijoux fantaisie barcelonaise créée en 2014 par Paola Sasplugas avec un objectif : proposer des pièces uniques à des femmes d’exception. Entre esprit minimaliste et touches graphiques soignées, la marque est caractérisée par le design travaillé de ses bijoux et la qualité des détails et des finitions.

Une collection qui lutte pour la liberté et les droits des femmes

En avril 2019, la fondatrice de la marque et son équipe créative voyagent au Kenya pour aider l’ONG Afrikable. Celle-ci a en effet développé un projet de commerce équitable visant à permettre l’autonomisation des femmes par le travail et l’éducation protégée de leurs enfants. Après une période de bénévolat auprès de la fondation, Paola Sasplugas a voulu inscrire cet engagement dans la durée. Comme elle l’explique sur le site de la marque : “Cette expérience nous a ouvert les yeux, nous avons simplement ressenti le besoin de trouver un moyen de collaborer en tant que P D PAOLA, comme une marque et comme personne. Aisha est le résultat.”

Ainsi, une partie des revenus de la collection Aisha sera distribuée au projet de la fondation Afrikable, des bénéfices qui serviront à la maintenance et à l’équipement des installations créées pour répondre aux besoin de ces familles locales.

Un design élégant et réfléchi

Le design des bijoux d’Aisha s’inspire des formes naturelles et des couleurs des paysages d’Afrique de l’Est. Violet, pomme, pêche et cerise, des bijoux colorés fabriqués à partir d’argent massif 925 et de plaqué or 18 carats. Les mots clés ? Élégance et simplicité.

Au-delà des formes, la collection n’utilise pas les mots au hasard. Chaque bijou porte ainsi le nom d’une femme ou d’un enfant soutenu par l’ONG Afrikable, des personnes rencontrées par Paola pendant son voyage. Le nom de la collection même est porteur de sens. « Afrikable » signifie « prendre soin » et le mot « Aisha » signifie « partager ».

Elégante et engagée, cette collection solidaire est disponible sur le site internet de la marque.

Article d’Alexandra Hostier